CORPUS  STAMPENSE LATINUM
 
Thion Chef-de-Fer
Notices sur Vierville, fief étampois
vers 1094
Plus quelques dizaines dautres documents relatifs aux personnages qu’elles mentionnent.

Laboureur anglosaxon (calendrier, 2e quart du XIe siècle)

SOMMAIRE

     Voici quatre notices rédigées sur deux parchemins à la fin du XIe siècle et au début du XIIe, résumant dix-huit transactions impliquant deux cents personnes. Toutes sont relatives au village de Vierville (actuellement en Eure-et-Loir), où étaient possessionnés plusieurs nobliaux d’Étampes et de son arrière-pays. Un certain chevalier seigneur de Denonville, dans la partie chartraine du pays étampois, a pris l’habit des moines de Marmoutier, Thion Chef-de-Fer. Il s’efforce de faire tomber dans l’escarcelle de son prieuré tous les fiefs entre lequels est alors morcelé ce village.
     Je donne en Annexes quelques dizaines d
autres documents, dont 35 traduits en français pour la première fois, de nature à éclairer ces notices un peu arides mais d’une grande importance documentaire pour qui sait les lire, dans une période très peu étudiée, en donnant à voir tout ce que l’on peut savoir des individus en question et des institutions au sein desquelles ils évoluaient. Ils constitueront de plus un dossier intéressant à consulter pour les étudiants en histoire médiévale qui ne pratiquent pas le latin.

1ère édition (1er juin 2008)
2e édition (18 juin)
     J’avais seulement soupçonné jusqu’ici que Vierville avait appartenu à la belle famille de Thion Chef-de-Fer, et que sa femme Hersent était apparentée de près aux vidames de Chartres. Il s’avère que la dite Hersent était tout bonnement la fille du défunt vidame Guerry, et donc la sœur du vidame en exercice Hugues, dont Thion Chef-de-Fer était le beau-frère. La présente troisième édition contient d’autres menues corrections, précisions et additions de moindre importance, notamment sur Hugues de Gallardon.
3e édition (janvier 2009)
     Pour citer cet article on voudra bien utiliser cette référence: Bernard GINESTE [éd.], «Thion Chef-de-Fer: Notice sur Vierville (fin du XIe siècle)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cls-11-vierville.html, 2008. Avant de le citer vérifiez que vous en avez la dernière version.

Vierville en 2006 (photographie aérienne de Michel De Pooter)
© Michel De Pooter

Introduction

       Voici un nouveau document à verser au dossier un peu maigre de l’histoire du onzième siècle étampois. Il s’agit de quatre notices rédigées sur deux parchemins à la fin du XIe siècle et au début du XIIe. Toutes sont relatives au village de Vierville, actuellement en Eure-et-Loir, mais où étaient alors possessionnés plusieurs nobliaux étampois. Du reste Vierville releva du baillage d’Étampes tout au long de l’Ancien Régime.

     Ces notices ont déjà connu une édition fragmentaire et une traduction partielle par Édouard Lefèvre en 1867 dans ses Documents historiques et statistiques sur les communes du canton d’Auneau, mais personne ne semble y avoir pris garde depuis, ni être retourné consulter les originaux beaucoup plus détaillés pourtant disponibles aux Archives départementales de Chartres*.


     Thion Chef-de-Fer, fils d’Étienne Chef-de-Fer, était au départ un nobliau possessionné notamment à Denonville (également aujourd’hui en Eure-et-Loir, mais relevant alors du pays d’Étampes). Cette famille était vassale des châtelains de Courville-sur-Eure, qui l’étaient eux-mêmes des sires de Gallardon, eux-mêmes dépendant de l’autorité des sires de Fréteval. Thion avait épousé une fille du vidame de Chartres Guerry dénommée Hersent, qui lui avait donné deux enfants, à savoir Hardouin Chef-de-Fer et sa sœur Milsent, elle-même mariée à Gauthier II d’Aunay-sous-Crécy.


     Thion Chef-de-Fer, du vivant de son épouse, prit l’habit des moines de Marmoutier, apparemment à leur prieuré de Chuisnes, fondé semble-t-il vers 1080. Il entreprend alors, vers 1090, d’acquérir, au bénéfice des moines, tout le village de Vierville. Il convainc d’abord son gendre Gauthier et sa fille Milsent, qui l’avait eu en dot, de leur céder tout ce qu’ils y détenaient.

     Mais cela obtenu, la tâche ne fait que commencer. La seigneurie de Vierville est en effet morcelée en un grand nombre de fiefs qu’il importe de récupérer de ci de là, avec à chaque fois l’accord des parents du donateur ou du pseudo-donateur (car la plupart de ces donations sont en fait des ventes déguisées). La détention des biens fonciers est alors régie par le système féodal, qui est une structure pyramidale où chaque transaction, don, vente ou échange nécessite l’accord de tous les échelons de cette pyramide, avec à chaque fois l’accord de tous les ayant-droit de chaque intervenant.
Autoportrait du copiste bénédictin Hugues de Jumièges (ms Bodl. 717, f°287v, fin XIe siècle)
     * Les remarquables érudits de l’ancien département de Seine-et-Oise de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, débordés par la tâche, n’ont pas pu explorer toutes les ressources documentaires du pays chartrain. Depoin fait deux fois allusion à nos notices mais en les situant aux Archives du département de l’Eure. Quant à Merlet, dans son inventaire-sommaire des Archives d’Eure-et-Loir publié en 1897, il ne paraît pas connaître l’édition partielle qu’en avait donnée Lefèvre en 1867. En 1912, Métais cite nos notices mais en donne un résumé plutôt confus, largement erroné.
     Ces nombreuses transactions se déroulent en différents lieux, dont certains seulement sont cités expressément, où Thion se déplace pour solliciter l’accord des personnes concernées. Plusieurs habitent à Étampes. Ces transactions ont un caractère essentiellement oral et rituel, et c’est pourquoi il est absolument nécessaire d’enregistrer à chaque fois le nom des personnes qui pourraient éventuellement en témoigner s’il s’élevait une contestation du donateur ou de ses ayant-droit, ce qui se produit fréquemment, et comme c’est apparemment déjà le cas du vivant de Thion. Au total sont mentionnées d’une manière ou d’une autre plus de deux cents personnes.

     C’est une lourde tâche que de les identifier une par une, en essayant d’en retrouver la trace dans d’autres documents de la même époque, soit du côté étampois, soit du côté chartrain. C’est ce que j’ai entrepris ici en consacrant à chacune des personnes nommées une notice où se puissent enregistrer au fur et à mesure toutes les données disponibles, éparpillées dans divers documents dont certains ne sont pas encore édités. Cette tâche ne sera pleinement terminée que lorsqu’auront été collectées toutes les données disponibles sur toutes les personnes connues dans le secteur à la période considérée, tâche qui prendra plusieurs années
*. La recherche est en effet compliquée par le fait que toute enquête sur les personnages concernés nécessite des recherches dans au moins quatre de nos départements actuels: Essonne, Eure-et-Loir, Yvelines et Loiret, sans parler de ce qui se pourrait trouver à Paris. Or la présente première édition de ce texte ne représente qu’un an de travail.
     * Je dois remercier ici Michel Martin de m’avoir communiqué un relevé onomastique numérisé de son cru, qui m’a aidé à repérer plusieurs données intéressantes et complémentaires dans des documents que je n’avais pas encore consultés.
     Il semble que la rédaction de nos quatre notices s’échelonne de la fin du XIe siècle (entre 1092 et 1096 pour les dix premières) au début de XIIe, peut-être sur plus d’une dizaine d’années, au fur et à mesure des succès qu’enregistre le moine Thion Chef-de-Fer. La première est celle à laquelle j’ai donné le nom de A, au début du premier parchemin. Elle est reprise, détaillée et complétée par la notice B, qui occupe le deuxième parchemin. Plus tard, apparemment au début du XIIe siècle, sont notées de nouvelles transactions à la suite de la notice A sur le premier parchemin: ce sont les notices C et D.

      Ces quatre notices sont ici traduites et annotées. Après un bref commentaire, on y joint et on joindra, en Annexe 6, 7 et 8, le texte de quelques dizaines d’autres chartes mettant en scène les mêmes personnages, déjà éditées pour la plupart, mais ici traduites pour la première fois. Ce sont des chartes qui ne concernant pas directement le pays d’Étampes. Par ailleurs en effet je renvoie et renverrai à d’autres chartes où apparaissent les mêmes personnages, mais qui méritent chacune d’être éditées à part dans notre Corpus Étampois.

     On notera que cette édition, qui n’a rien de définitif, prend le risque de traduire des textes qui présentent un grand nombre de données prosopographiques et toponymiques, c’est-à-dire un grand nombre de noms propres. Il s’y glissera donc presque nécessairement des erreurs, ou des hypothèses qui ne s’imposent pas. On mise ici sur l’indulgence des internautes et des chercheurs, et surtout sur leur réactivité. N’hésitez pas à nous communiquer vos réactions ou suggestions, quelles qu’elles soient.

     Merci de nous signaler également toutes les coquilles ou incohérences que vous constateriez dans ce travail, qui n’a pas encore acquis sa forme définitive

Bernard Gineste, 11 mai 2008
(révisé en janvier 2009)

 
RÉSUMÉ


A. Pays d’Étampes sous influence chartraine

     Les notices que nous éditons ici concernent donc un village situé dans une zone frontière relevant à la fois du pays d’Étampes et de celui de Chartres, et il est nécessaire pour en comprendre les données d’avoir une idée générale de la situation du point de vue chartrain, situation nettement mieux connue que celle du pays étampois à la même époque, pour laquelle une synthèse serait actuellement prématurée.

     Il existe à l’époque considérée un comte de Chartres (comes), un vicomte de Chartres (vicecomes), et un vidame de Chartres (vicedominus).

     1. Le comté de Chartres appartient alors à la famille des comtes de Blois. A Thibaut III (1037-1089) succède son fils Étienne-Henri (1089-1102), époux d’Adèle d’Angleterre, fille de Guillaume le Conquérant. Étienne-Henri part en Palestine de 1096 à 1098, puis de 1101 à 1102, date de sa mort lors la bataille de Rama, en Palestine. Il laisse un enfant de neuf ans qui sera Thibaud IV dit le Grand (1102-1152), sous la régence d’Adèle, sœur d’Henri Ier d’Angleterre, amie d’Yves de Chartres et d’Anselme de Cantorbéry, jusqu’en 1107. Le comte n’apparaît pas ni n’est même mentionné dans nos notices; le secteur semble dépendre alors seulement du vicomte, Hugues Blavons.

     2. La vicomté de Chartres fut donné en effet en 1073 par Thibaud III à Hugues Ier du Puiset, dit Blavons, cadet d’un vicomte précédent, Évrard. Hugues Blavons s’était emparé du château royal du Puiset en 1067, profitant des troubles de la minorité du roi Philippe Ier. En 1079, le nouveau seigneur du Puiset, désormais vicomte, mène une fronde victorieuse contre l’autorité du roi, dont l’armée est battue à plates coutures devant le Puiset.
     Marié à la fille d’un autre grand vassal du roi, Guy Ier de Monthléry, il meurt selon
les conjectures de Dion, reprises sans examen par Depoin, en 1094: mais nous trouvons dans le Cartulaire de Saint-Père une charte de lui datée expressément de 1096.
     C’est à sa cour, réunie en pleine Beauce à la grange de Boisville-Saint-Père, et non pas à celle du roi de France, que le chevalier étampois Payen fils d’Anseau donne son assentiment à la donation de Vierville aux moines de Marmoutier.
     C’est une bonne preuve de l’éclipse que connaît alors l’autorité royale dans le secteur, dont les historiens ne paraissent pas avoir pris la mesure jusqu’ici. En revanche, vers 1123, c’est-à-dire sous Louis VI, qui a vengé en 1111 l’humiliation du Puiset, le consentement du même Payen d’Étampes à des donations dans le même secteur se fera en présence du roi.

     3. Le Vidamé de Chartres d’abord tenu par un certain Renaud était passé à son premier fils Aubert, mort en 1032, puis à son cadet Hugues I encore vivant en 1059. En 1063 nous voyons que c’est son fils Guerry qui a pris le relais; il est paraît être mort vers 1089, date à partir de laquelle nous voyons sa veuve Helsent tutrice de leur fils Hugues II.
     Guerry et Helsent avaient eu également une fille dénommée Hersent, qui avait épousé le chevalier Thion Chef-de-Fer et lui avait donné deux enfants, Hardouin Chef-de-Fer et Milsent. Il avaient eu aussi un deuxième fils
, Étienne, qui fut plus tard abbé de Saint-Jean-en Vallée, puis patriarche de Jérusalem, de 1128 à 1130.
     Helsent et son fils Guerry étaient possessionnés dans le secteur, comme on le voit par les trois exemples suivants, respectivement à Roinville-sous-Auneau, Manterville et Vierville:
     1)
En 1079 il est mentionné que l’église Saint-Georges de Roinville-sous-Auneau est détenue pour moitié par Hersent (et par son fils Hardouin Chef-de-Fer), et pour moitié par Ade, veuve du vidame Hugues I et mère du vidame Guerry.
     2) Helsent était possessionnée tout près de là
à Manterville, comme on le voit d’une des ses donations vers 1108 au bénéfice du monastère de Saint-Jean-en-Vallée.
     3)
Hugues détenait la moitié de Vierville, dont il était aussi le dominus capitalis, seigneur principal, notion qui reste à éclaircir, mais qui semble supposer que lorsque le village avait été légué en fait à sa sœur Hersent (qui l’avait elle-même donné à sa fille Milsent), on avait réservé les droits de son frère aîné sur ce bien.
     Un fait est de plus à remarquer, comme particulièrement troublant et intéressant pour l’histoire d’Étampes: tant à Vierville qu’à Manterville la seigneurie est partagée entre la famille vicomtale de Chartres et certains Étampois, qui paraissent de ce fait avoir une ascendance commune. Une moitié de Vierville est tenue par Gauthier de Guillaume, fils de Bernoal d’Étampes, et la villicatio ou mairie de Vierville est tenue par Payen fils d’Anseau. Or nous retrouvons le même Payen fils d’Anseau possessionné à Manterville lors de la donation qu’en fait Helsent vers 1108.
     Tout semble indiquer que Payen fils d’Anseau était apparenté à la famille des vidames de Chartres, dont son père était sans doute sorti à la génération précédente. Nous y reviendrons.

     4. La châtellenie d’Auneau est alors tenue par Hugues de Gallardon, fils aîné d’Hervé Ier de Gallardon, mort en 1092, et de Béatrice d’Auneau, elle-même fille de Guy Ier de Montlhéry et d’Hodierne de Gometz, sœur d’Alais de Montlhéry. Hugues de Gallardon est par suite le neveu de la femme d’Hugues Blavons du Puiset, vicomte de Chartres.
     C’est à cette période semble-t-il que se dessine pour des siècles le sort de cette zone frontière relevant à la fois de Chartres et d’Étampes. 
Le secteur d’Auneau dépendait à l’origine du puissant comté de Rochefort, dont les seigneurs étaient vraisemblablement possessionnés à Étampes même, d’où sans doute l’actuelle rue au Comte, dont le nom est attesté dès 1237, bien avant qu’il y ait eu des comtes d’Étampes.
     Mais ce comté de Rochefort fut progressivement démembré, et la seigneurie d’Auneau tomba vers cette époque dans la zone d’influence des vicomtes de Chartres, eux aussi possessionnés à Méréville, à Étampes, et à Morigny.









Denier de Thibaud III de Chartres
Denier de Thibaud III de Chartres (1050-1090)
















Donjon d'Auneau élévé par Hugues de Gallardon entre 1090 et 1100
Donjon d’Auneau, élevé par
Hugues de Gallardon entre 1090 et 1100



B. Les familles des donateurs principaux, Gautier et Milsent

     1. La famille d’Aunay. Le donateur principal de Vierville est un certain Gautier d’Aunay. J’ai réuni en Annexe 7 toutes les chartes que j’ai trouvées dans le secteur qui relatives à cette famille et je crois avoir établi les faits suivant.
    
Gautier I d’Aunay-sous-Crécy (près de Dreux) est son premier membre connu. Il paraît essentiellement possessionné en Beauce, et, mentionné dès les alentours de 1067, il est mort avant 1082. Gautier, qui semble avoir épousé une sœur du chevalier Hugues de Nonant-le-Pin, laisse cinq fils: Gounier, Jocelyn, Gautier II, qui est notre homme, donateur de Vierville, Arnoux et Garin.
     
Rainaud d’Aunay est son frère cadet; il est aussi appelé, d’après l’une de nos notices, Rainaud des Têtières, hameau d’Unverre en Dunois où il est possessionné. Il paraît encore vivant à l’époque de la donation de Vierville, vers 1094, et paraît même survivre à son neveu Gautier II.
     Gounier succédant à son père Gautier, s’appelle d’abord Gounier de Molitard, près Châteaudun, ce qu’il indique qu’il est possessionné de ci de là depuis Dreux jusque dans le pays dunois. Je propose d’identifier ce personnage à un chevalier du même nom qui tenait Bayeux en 1105 pour le compte le duc de Normandie Robert Courteheuse, et qu’Orderic Vital nous dit avoir été un neveu d’Hugues de Nonant-le-Pin, lui même gouverneur de Rouen à la même époque: il est alors fait prisonnier par Henri Beauclerc, roi d’Angleterre. Dès 1108 nous le voyons de retour au pays, et qualifié de Saint-Avit, ayant récupéré cette terre après la mort de son frère cadet sans descendance. Vers 1115 il paraît résider pour un temps à Orléans. Il vit longtemps, sans doute près de quatre-vingts ans, car on a encore trace de lui vers 1146.
     Jocelyn paraît être mort jeune et sans postérité.
     Gautier II reçoit Saint-Avit-les-Guespières en héritage; il épouse Milsent, fille du chevalier Thion Chef-de-Fer, qui reçoit en dot Vierville, possession de sa mère Hersent, dame de Denonville, qui le tenait elle-même de son père le vidame Guerry, son frère aîné Guerry en demeurant le dominus capitalis; mais, sans postérité, ils cèdent Vierville aux moines de Marmoutier dont Thion Chef-de-Fer a pris l’habit du vivant de sa femme.
     Nous voyons Gautier résider avec sa femme, au moment de la donation, à Saint-Avit-les-Guespières, où ils ont un régisseur particulier de ce domaine, tout à fait en dehors de notre secteur.
Une charte de Saint-Père de Chartres nous le montre en conflit avec ce monastère au sujet de l’église d’Épeautrolles, entre Saint-Avit et Chartres, qui avait été donnée aux moines par Hugues de Dreux. Avec sa femme il est cité cependant comme bienfaiteur par l’obituaire de Saint-Jean-en-Vallée Chartres.
     Après la mort de Gautier, ses biens semblent être retournés à son frère aîné, qui prend nom Gounier de Saint-Avit, vers 1108.
     Arnoux d’Aunay ne nous est connu que par deux de nos notices (qui en revanche ne mentionnent ni Gounier ni Jocelyn, le premier peut-être absent alors de la région, et le second mort jeune sans descendance).
      Garin, témoin de l’une de nos transactions, par contre est bien documenté, et nous connaissons même les noms de ses cinq enfants survivants. Il fut surnommé Torcul, c’est-à-dire Pressoir, sans doute parce qu
il pressurait ses tenanciers, surnom quil transmis à son fils Aubert, dit Payen Torcul.

Etienne Chef-de-Fer et ses fils

     2. La famille Chef-de-Fer. Si Vierville est aux mains de Gautier II d’Aunay, c’est que sa femme Milsent l’a reçu en dot, de sa mère Milsent,
fille du vidame Guerry, sœur du vidame Hugues et dame de Denonville, qui avait épousé un chevalier du château de Courville-sur-Eure, Thion Chef-de-Fer, lui-même possessionné, semble-t-il, à Chuisnes.
     Étienne Chef-de-Fer
est cité entre 1048 et 1060, avec ses deux fils Thion et Aimon.
     Un Vivien Chef-de-Fer est cité dans le Vendômois vers la même époque (de 1065 à 1069) dans l’entourage du chevalier Guismand de Vendôme (fils de Guismand de la Chappe et d’Aimeline fille d’Hugues Doubleau, ce dernier fondateur de Montdoubleau et fidèle d’Eudes II de Chartres). C’est sans doute l’un de leur parents proches.
     Thion Chef-de-Fer, fils d’Étienne, est cité à Courville entre 1064 et 1079 comme témoin, avec son oncle Aimon et son fils Hardouin. Puis en 1079, avec sa femme Hersent et son fils Hardouin comme possessionné à Roinville. Vers 1080 à Bréthencourt comme s’étant fait moine de Marmoutier. Viennent ensuite nos notices, antérieures au moins pour les premières à 1096, et postérieures à 1092.
     Hardouin est ensuite cité à plusieurs reprises, notament par une charte qui précise qu’il est un chevalier du sire de Courville. Il aura lui-même un fils nommé Hugues.
     Je donne en Annexe 6 tout ce que j’ai trouvé pour l’instant sur cette famille.

Henri Ier Beauclerc (enluminure du XIIIe siècle)
Henri Ier Beauclerc d’Angleterre,
qui prit Bayeux en 1105 à Gounier d’Aunay,
frère de notre Gauthier II d’Aunay
















Chevalier (tapisserie de Bayeux, vers 1077)
La sorte de heaume qui donne
son nom à la famille Chef-de-Fer

C. La pyramide féodale

     A Vierville Gautier détient (du chef de sa femme) le village même de Vierville, l’église avec l’enclos qui l’entoure, où est le cimetière, la dîme et de droit de sépulture afférents, et une terre de deux charrues qui doit constituer la réserve seigneuriale, exploitée directement par les serfs du maître des lieux. Gautier et Milsent paraissent seigneurs de tout le finage, qui est donné à fief à différents exploitants principalement étampois, où sont prélevés le champart, redevance en nature due à la moisson,
et les autres droits coutumiers, tant dans le village même qu’à l’extérieur.

     Il s’agit d’un fief qui est tenu pour une moitié du vicomte de Chartres, 
dominus capitalis du village. Ce dernier terme est ambigu. Faut-il comprendre que le dominus capitalis est le détenteur du droit de chevage, exigible de chaque résident? Je tendrais plutôt à croire qu’on est plutôt en présence ici d’un principe féodal formulé explicitement à une époque ultérieure, et qui réserve à la branche aîné d’une famille le droit de récupérer un bien qui tomberait en déshérence par extinction de la branche cadette qui l’a reçu en partage. Quoi qu’il en soit, l’autre moitié du village est tenu par Gautier en fief d’un Étampois, Guillaume fils de Bernoal.

     La pyramide féodale paraît ici relativement complexe, car on remarquera que l’autorisation du seigneur d’Auneau paraît requise pour ce qui est des donations de Gautier et de Guillaume fils de Bernoal, mais non pas pour celle du vidame de Chartres. Il faut donc intercaler le seigneur d’Auneau dans cette pyramide entre le vicomte de Chartres, seigneur principal du village, et Guillaume d’Étampes. Intervient-il ici comme héritier de droits ayant appartenu originellement à la châtellenie de Rochefort?

     Quoi qu’il en soit, Vierville, reçu en dot par Milsent, était une possession de sa mère, dame de Denonville, qui l’avait elle reçu en dot, en même temps que Denonville et que, nous le savons par ailleurs, la moitié de l’église Saint-Georges de Roinville-sous-Auneau. L’autre moitié de cette église de Roinville-sous-Auneau était détenue par Ade, veuve du vidame Hugues et mère du vidame Guerry. L’avait-elle reçu en douaire de son mari, ou apportée en dot? Il nous manque certains chaînons pour démêler avec certitude l’origine de la situation complexe que nous constatons vers 1094. Ainsi nous constatons qu’ont alors des droits sur Vierville deux descendants de lits différents de la vidamesse Ade, Hugues fils de son premier mari Guerry, et l’Étampois Payen, petit-fils de son second mari Jocelyn II de Lèves.

     Gautier d’Aunay, qui réside en fait avec sa femme Milsent dans son propre fief de Saint-Avit-les-Guespières, n’exploite pas lui-même ce domaine, qui est donné en fief, depuis sans doute déjà la génération précédente, à des gens du pays d’Étampes, qui ont acquis au fil du temps des droits et des possessions héréditaires difficiles mais non impossibles à démêler.

       Ainsi par exemple l’Étampois Aubert fils d
Anseau, détient pour sa part deux tenures, avec le champart afférent. Il les a données en fief à un certain autre Étampois.

      Plus curieusement son frère aîné Payen fils d’Anseau détient ce qui semble être la mairie du village (villicatio), c’est-à-dire probablement le titre de régisseur (villicus ou major) et surtout les revenus et droits afférents à cette charge. Il l’a donnée en fief aux deux frères Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury: deux tiers au premier, le troisième tiers au deuxième. Il y détient certainement aussi des tenures comme son frère cadet.

***

     D’où viennent les droits sur Vierville (comme aussi à Manterville) des Étampois Payen et Aubert fils d’Anseau? Selon toute apparence de leur père Anseau: car il faut l’identifier, contrairement à ce qu’en a écrit jadis Joseph Depoin, avec un certain Anseau fils de Jocelyn, c’est-à-dire de Jocelyn II de Lèves, qui avait épousé la même Ade ou Adèle après la mort de son premier mari.

     Adèle avait eu de son premier mari le vidame de Chartres un fils, Guerry, qui lui succéda et eut lui même pour fils Hugues II. Après la mort d’Hugues Ier, après 1059, Adèle se remaria avec Jocelyn II de Lèves dont elle eut, outre Jocelyn III, un Anseau fils de Jocelyn qui s’installa à Étampes, et qui fut le père de notre Payen fils d’Anseau (dont le véritable nom de baptème était Isembard). De la sorte Guerry et Anseau étaient frères utérins, et par suite, l’Étampois Payen fils d’Anseau et le vidame Hugues II fils de Guerry, cousins germains, issus tous deux de la vidamesse Adèle, dont tout indique qu’elle avait été la première détentrice de la seigneurie de Vierville.





Cérémonie d'hommage (XIIIe siècle)
Cérémonie d’hommage féodal (XIIIe siècle)
D. Les exploitants réels

     Avec les deux frères Arnaud et Godéchal, nous atteignons semble-t-il le plus bas niveau de la pyramide seigneuriale et nous nous rapprochons de celui des exploitants réels du village. Ils sont frères, mais par un parent seulement, situation à l’époque extrêmement fréquente; et nous ne savons pas lequel, car l’un est dit fils d’Aubrée (cette femme étant apparemment celle qui a donné son nom au hameau d’Aubray dans le territoire de l’actuelle commune, toute proche, de Mérobert), et l’autre fils d’Oury de Vierville. Cet Oury dit de Vierville était selon toute apparence déjà lui-même fieffé des vidames de Chartres, sans doute surtout au titre de sa femme Aubrée.

     1. Arnaud, qui est Étampois, et que nous connaissons par ailleurs comme bienfaiteur de l’abbaye de Morigny, est le mieux loti. Il tient en fief la moitié du village, à savoir semble-t-il la partie que Gautier tient lui-même du vidame de Chartres; il a de plus pris à fief de Payen d’Étampes les deux tiers du fermage
(villicatio) de Vierville.

     2. Godéchal pour sa part réside à Méréville; il détient huit tenures, dont il perçoit le champart et les dîmes afférentes, plus le tiers restant du fermage (villicatio), et encore d’autres menus biens et droits, qu’il finit par donner intégralement, sentant la mort venir, contre le droit de revêtir à son dernier jour l’habit monachal qui le mettra sous la protection de saint Benoît.

     3. Amaury Roux d’Ablis, autre Étampois, tient encore à fief deux tenures d’Aubert, frère cadet de Payen.

     Par ailleurs, apparemment quelques années plus tard, deux autres exploitants nous sont signalés par leurs donations; ils exploitent peut-être des alleux échappant à la pyramide féodale, car aucun consentement n’est donné à leurs donations, hormis celles de leurs propres parents et collatéraux; cependant on peut aussi penser qu’il s’agit de terres qu’ils tenaient en fief des donateurs précédents, et qu’ils étaient donc, dès avant leurs donations, passés sous la seigneurie des moines de Marmoutier:

    4. Rainaud fils de Thiou donne une terre non identifiée du nom de Lomlu.

     5. Geoffroy de l’Eau, ou de l’Ève, ou de Lèves, fils de Félicie, enfin, donne également une terre d’une charrue et trois tenures. C’est sans doute le fils d’un Thibaud de l’Eau (ce qui se disait en ancien français de
l’Ève), ou de Lèves signalé à Étampes en 1082 par une charte de Philippe Ier. Dans le cadre de l’hypothèse que nous avons développée plus haut au sujet d’Anseau, qui serait Anseau de Lèves, on pourrait imaginer que ce Thibaud ait été son frère, également installé à Étampes, et que notre Geoffroy ait été un autre cousin de Payen fils d’Anseau.
Adam laboureur (Saint-Zenon de Vérone, XIe siècle)
Labour au XIe siècle (Saint-Zénon de Vérone)

E. Installation de nouveaux serfs

     Les donateurs, Gautier et son épouse Milsent, envisagent dès le départ la faculté pour les donataires d’installer à leur gré de nouveaux hôtes sur le terroir de Vierville.

     De fait Hersent et Hardouin, mère et frère de Milsent, à la sollicitation de Thion Chef-de-Fer, leur ex-époux et père, donnent à cet effet ultérieurement aux moines quatre familles de colliberts, c’est-à-dire de serfs, celles des fils et filles d’un certain Geoffroy.

     On entrevoit aussi dans le secteur un certain Constance, serf
des moines de Marmoutiers originaire de leur prieuré champenois de Ventelay; ils paraissent gérer leurs ressources humaines, comme on dit aujourdhui, à léchelle nationale.

F. Résumé des 18 transactions

      1. Gautier d’Aunay se rend à Marmoutier pour poser l’acte de donation du village de Vierville sur l’autel de saint Martin. — 2.
Milsent Chef-de-Fer fait le même don à Saint-Avit-les-Guespières: elle donne rituellement un rameau de sureau à un serf censé représenter le prieur de Marmoutier de passage à Chuisnes. — 3. Arnaud fils d’Aubrée, chez lui à Étampes, donne la moitié de Vierville qu’il tient à fief de Gautier, plus une part de l’autre moitié du village qu’il tient à fief de l’Étampois Payen fils d’Anseau, avec l’accord de son frère Godéchal fils d’Oury. — 4. Hardouin Chef-de-Fer, frère de Milsent, consent à Chuisnes à la donation faite par sa sœur. — 5. Le vidame de Chartres Hugues fils de Guerry, seigneur principal de Vierville, et sa mère Helsent, de qui Gautier tient à fief la moitié de Vierville, consentent à la donation. — 6. Guillaume fils de Bernoal d’Étampes, de qui Gautier tient à fief la deuxième moitié de Vierville, consent, à Étampes, à la donation. — 7-8. Godéchal fils d’Oury donne progressivement tout ce qu’il détenait à Vierville. — 9. L’Étampois Amaury Roux d’Ablis donne aussi ce qu’il détenait à Vierville, avec l’accord de sa femme et de ses deux fils, et l’autorisation d’Aubert d’Étampes de qui il tenait ce bien à fief. — 10. A la grange de Boisville-la-Saint-Père (qui paraît un fief chartrain de la famille d’Aunay), en présence du vicomte de Chartres Hugues I du Puiset, dit Blavons, un envoyé de l’Étampois Payen fils d’Anseau, frère aîné d’Aubert, autorise en son nom les donations d’Arnaud et de Godéchal: il donne rituellement son gant. — 11. A Auneau, Hugues de Gallardon, seigneur du lieu, autorise les donations faites par Gautier, Guillaume fils de Bernoal et Arnaud fils d’Aubrée. — 12. Arembour, veuve de Godéchal et leur fils Eudes consentent la donation du défunt Godéchal. — 13. Anseau Robert fils de Béguin et sa mère Eudeline consentent à la donation de Godéchal et d’Amaury. — 14. Hersent et son fils Hardouin Chef-de-Fer, à Chuisnes, donnent quatre familles de serfs pour mettre en valeur Vierville. — 15. Gautier d’Aunay et sa femme Milsent Chef-de-Fer consentent, à Chartres, à cette donation. — 16-17. Rainaud fils de Thiou donne la terre de Lomlu, moyennant des contre-dons à lui-même et aux siens. — 18. Geoffroy fils de Félicie et son épouse Gile donnent une terre à Vierville.



Autoportrait du copiste bénédictin Hugues de Jumièges (ms Bodl. 717, f°287v, fin XIe siècle)

G. Datation précise de nos transactions

     Malgré tous mes efforts je ne suis arrivé à trouver qu’une fourchette chronologique relativement large pour ces transactions, qui ont dû de toutes façons s’étaler sur plusieurs années.
     Malgré le grand nombre de personnes concernées, nous sommes en manque de dates précises à une époque où l’usage ne s’est pas encore généralisé de dater tout document écrit.
     Il serait intéressant par exemple de dater la période précise où fut en fonctions le prieur de Marmoutier Robert de Vierzon, mentionné par les transactions 2 et 4.
     La transaction 10 est antérieure à 1096, date du départ en croisade de son témoin Nivelon II de Fréteval, qui ne reviendra pas au pays avant 1108.
     La transaction 11 est postérieure à 1092, date de la mort d’Hervé de Gallardon, puisqu’elle nous montre son fils Hugues de Gallardon agissant en seigneur et maître du secteur d’Auneau
en lieu et place de son père.
     La transaction 12, qui prend place après plusieurs donations de Godéchal fils d’Oury de Vierville, et même après sa mort, est cependant antérieure à 1098, date à laquelle son témoin Hardouin, prieur d’Épernon, semble déjà remplacé dans cette charge par un certain Guillaume.
     En revanche les transaction 16 à 18 peuvent avoir été conclues bien des années plus tard, par exemple dans les premières années du XIIe siècle, quoique du vivant de Thion Chef-de-Fer; car il semble bien que Gautier d’Aunay lui-même soit alors décédé; d’ailleurs l’écriture des notices C et D est très nettement du XIIe siècle; mais il est vrai qu’elles ont pu être recopiées tardivement sur le premier manuscrit, sans pour cela être être elles-mêmes fort tardives.


 
SOMMAIRE
NOTICE A
(première partie du premier parchemin)

     Notitia de Vervilla quam dedit nobis Gualterius de Alneto. Carnoti.
     Notice sur Vierville, que nous a donné Gautier d’Aunay. Chartres
     Nouerint omnes posteri quod Gauterius de Alneto et uxor eius Milesindis dederunt beato Martino Maioris Mona[2]sterii et nobis suis monachis pro animabus suis uillam quandam quę dicitur Veriuilla et ecclesiam et decimam et sepulturam et terram [3] ad duas carrucas cum decima et camparcio et omnes hospites qui in eadem uilla hospitari uoluerint ita ut nobis reddant omnes [4] consuetudines nec alicui respondeant de aliquo nisi nobis, preter camparcium quod retinuerunt sibi extra uillam: hoc red[5]dent eis in eadem uilla, non alias deferentes. Pepigerunt uero nobis, si illud quod retinuerunt sibi vellent dare quandoque uel uendere [6] nulli alii se daturos  uel uendituros nisi nobis. Vnam aream tantum retinuerunt sibi in eadem uilla ad domum sibi faciendam, [7] de qua tamen reddent nobis omnes consuetudines sic alii hospites. Factum est hoc apud Sanctum Auitum in domo ipsius [8] Gauterii, presente patre uxoris eius Milesindis* Teudone Capite de Ferro, et Rotberto de Virsone nostris monachis, [9] quibus ipsa Milesindis* dedit hoc donum per unum baculum, quoniam id maxime pertinebat ad eam, et Archembaldo [10] famulo Theudonis monachi et Theudone milite de Cramisiaco.

     * corrigé par une deuxième main: Milesendis.
     (2) Que tous nos successeurs sachent que Gautier d’Aunay et sa femme Milsent ont donné à saint Martin de Marmoutier et à nous ses moines, pour le salut de leurs âmes, un certain village appelé Vierville, l’église, la dîme, le droit de sépulture, une terre de deux charrues avec sa dîme, et son champart et tous les tenanciers qui voudraient être accueillis dans le dit village sous condition de nous rendre tous les devoirs coutumiers et de ne dépendre de personne d’autre que de nous, exception faite du champart qu’ils se sont réservé en dehors du village; on le leur donnera dans le dit village, sans le transporter ailleurs. Mais ils nous ont promis que si un jour ils voulaient donner ou vendre ce qu’ils se sont réservé, ils ne le donneraient ni ne le vendraient à personne d’autre qu’à nous. Ils se sont réservé seulement un emplacement dans le dit village pour s’y construire une maison, mais ils nous rendront pour elle tous les devoirs coutumiers comme les autres hôtes. Cela s’est fait à Saint-Avit dans la maison du dit Gautier, en présence du père de son épouse Milsent, Thion Chef-de-Fer, et de Robert de Vierzon, nos moines, à qui la dite Milsent a fait cette donation par le moyen d’un bâton, puisque c’est surtout à elle que cela appartenait; ainsi que d’Archambaud, serviteur du moine Thion, et du chevalier Thion de Crémisay.
     Concessit hoc etiam donum nobis Harduinus [11] Caput de Ferro frater ipsius Milesindis* apud Choinam in claustro nostrorum monachorum. Qui etiam huic dono inter[12]fuerunt: Teudo Caput de Ferro pater ipsius Harduini, Tetbaldus prior, Rotbertus prior claustri Maioris Mona[13]sterii, Euanus, Ebroinus, Guastho, Fulco, Gingomarus Erneisius, Odo famulus.
     * corrigé par une deuxième main: Milesendis.
     (4) Cette donation en notre faveur a été aussi autorisée par Hardouin Chef-de-Fer, frère de la dite Milsent, à Chuisnes dans le cloître de nos moines. Ont aussi assisté à cette donation: Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin; le prieur Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques; Gimard Ernèse; le serf Eudes.
     Hoc etiam donum ipsius [14] Gauterii de Alneto et uxoris eius Milesindis* concessit nobis Hugo filius Guerrici et mater eius Helisindis, a quibus [15] habebat idem Gauterius in feuo partem unam illius uillę Veriuillę, testibus istis: Iuone filio Norberti, [16] Tetbaldo filio Stephani, Pagano filio Girardi Mariscalci, Guarino filio Amalrici Biseni**, Alberto filio [17] Alberti d’Vlmeio.
     * corrigé par une deuxième main: Milesendis.
     ** corrigé par une deuxième main: Besenis
.
     (5) Cette donation du dit Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent en notre faveur a encore été autorisée par Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent, de qui le dit Gautier tenait en fief une part du dit village de Vierville, en présence des témoins suivants: Yves fils de Norbert; Thibaud fils d’Étienne; Payen fils de Girard Maréchal; Garin fils d’Amaury Bisen; Aubert fils d’Aubert d’Ormoy.
     Aliam uero partem huius sepe dictę uillę Veriuillę concessit nobis Guillelmus filius Bernoalii de [18] Stampis, quam habebat ille Gauterius in feuo ab illo. Testes sunt huius rei Arraldus patruus illius Guillelmi, [19] Bernoalius abbas Sanctę Marię de Stampis, Albertus frater eius, Godefridus* de Bardul Villa, Haubertus [20] filius Haimelini, Hugo Bornus, Vrso de Petris, Bernardus clericus iuuenis, Gaufredus clericus [21] de Sancto Sigio, Arnaldus filius Balduini, Harpinus de Stampesio, Petrus filius Gerberti Barbati, [22] Eblonius frater Arraldi, Teudo monachus Caput Ferri.

     * corrigé par une deuxième main: Godefredus.
     (6) Quant à l’autre partie de ce village plusieurs fois mentionné de Vierville, sa donation en notre faveur a été autorisée par Guillaume, fils de Bernoal d’Étampes, parce que le dit Gautier la tenait de lui en fief. Les témoins de cette affaire sont: Airaud, oncle paternel du dit Guillaume; l’abbé de Notre-Dame d’Étampes Bernoal; son frère Aubert: Geoffroy de Baudreville; Aubert fils d’Aimelin; Hugues Borgne; Ours de Pierrefitte; le jeune clerc Bernard; le clerc de Saint-Cyr, Geoffroy; Arnaud fils de Baudouin; Harpin de l’Étampois; Pierre fils de Gerbert Barbu; Éblon frère d’Airaud; le moine Thion Chef-de-Fer.
     Sciendum est etiam quod Godescalis filius [23] Hulrici de Veruilla concessit sancto Martino et nobis monachis suis decimam de sex hospitibus qui erant [24] in eadem uilla. Huius concessionis testes sunt hi: Teudo Caput Ferri, Galdinus filius Ausuei de Mereruilla, Lisiardus de Stampis, Rotbertus filius Arraldi, Herbertus de Danonuilla.
     (7) Il faut savoir encore que Godéchal fils d’Oury de Vierville a concédé à saint Martin et à nous ses moines la dîme de six tenanciers qui se trouvaient dans le dit village. Les témoins de cette autorisation sont les suivants: Thion Chef-de-Fer; Gaudin fils d’Ausoué [Lisez: Ansoué] de Méréville; Lisiard d’Étampes; Robert fils d’Airaud; Hébert de Denonville.
 
NOTICE B
(deuxième parchemin)

     Cette deuxième notice reprend d’abord les choses au début en les précisant. Il semble en fait qu’il y ait eu deux cérémonies de donation, la première par Gautier à Marmoutier, la deuxième par son épouse, qui était la propriétaire réelle du bien en question, à Saint-Avit.

     Noticia de Veriuilla quam dedit Gaulterius de Alneio beato Martino Maioris Monasterii et monachis eius. CARNOTIS
     Notice sur Vierville, que Gautier d’Aunay a donné à saint Martin de Marmoutier et à ses moines. Chartres
     Nouerint posteri nostri quod Gauterius de Alneio et uxor eius Milesendis et Ernaldus filius Alberedę dederunt beato Martino Maioris Monasterii et nobis monachis suis, pro animabus ipsorum, totum corpus uillę quę dicitur [2] Verisuilla, id est quicquid in ipsa hospitari poterimus Carnotensibus arpennis nichil sibi omnino retinentes ex ea. Dederunt etiam sancto et nobis terram ad duas carrucas ab omnibus consuetudinibus absolutam, ecclesiam quoque cum decima, et omnibus quę ad ipsam [3] attinent. De exteriori uero terra nichil omnino retinuerunt, sed sancto et nobis  omnia dederunt, excepto camparcio quod in ipsam uillam et non alias  eis deferetur, et hoc etiam, quod si quantumlibet de eadem* exteriori terra propriis bubus colere uoluerint, faci[4]ent in cimitherio unam uel duas domos si eis placuerit, et de ipsis reddent censum monachis. Conuenit etiam hoc inter ipsos et monachos, quod si aliquid eorum quę sibi retinuerunt uel dare uel uendere uel commutare uoluerint, non** facient alicui nisi nobis [5] Z

     * Le scribe avait oublié eadem et l’a ajouté au-dessus de la ligne.
     ** Pour non, l’le scribe de la notice D utilise exactement la mêm abréviation que pour A, ce qui tend à démontrer que la main qui a rédigé D est la même qui avait mis A par écrit.
     (2) (3) Que nos successeurs sachent que Gautier d’Aunay et son épouse Milsent ainsi qu’Arnaud fils d’Aubrée ont donné à saint Martin de Marmoutier et à nous ses moines, pour le salut de leurs âmes, le corps entier du village appelé Vierville, à savoir tout ce que nous pourrons y loger d’arpents chartrains, sans rien s’en réserver du tout. Ils ont encore donné au saint et à nous une terre de deux charrues libre de tout droit coutumier, ainsi qu’une église avec sa dîme et tous les biens afférents. Quant au finage ils ne s’en sont rien réservé du tout, mais ont tout donné au saint et à nous, excepté le champart. Il leur sera apporté au village même et non pas ailleurs. Et encore ceci: s’ils souhaitent cultiver une partie du finage (autant qu’il leur plaira avec leurs propres bœufs), ils se feront une, voire deux maisons, dans le cimetière, si c’est leur volonté, et ils en paieront le cens aux moines. Il a été convenu entre eux et les moines que s’ils veulent donner ou vendre ou échanger quelqu’un des biens qu’ils se sont réservés, ils ne le feront à personne d’autre qu’à nous.

     Ipsum hoc donauit predictus Gaulterius in capitulo Maioris Monasterii, et ipsam donationem super altare posuit, testibus multis, tam monachis quam militibus et famulis. Z
     (1) Le susdit Gautier a fait la dite donation au chapitre de Marmoutier, et il a posé la dite donation sur l’autel en présence de nombreux témoins, tant moines que chevaliers et que serfs.
     Quod etiam predicta Milesendis auctorizauit postea apud Sanctum Auitum in domo ipsius Gaute[6]rii mariti sui, et quia eadem uilla maxime pertinebat ad ipsam, dedit eam domno Rotberto de Virsone monacho pro sancto et monachis aliis et Archenbaldo famulo per baculum uice ipsius monachi, presente eodem uiro suo Gaulterio de Alneio et Theudone Capite Ferri [7] patre ipsius et Theudone milite de Cramisiaco et Rotberto maiore suo de Sancto Avito qui ambo cum ea* erant. Z

     *Le mot ea a été oublié, et le scribe a mis a sa place une croix; il a fait suivre erant d’une autre croix, puis a écrit ea.
     (2) La susdite Milsent y a encore donné sa permission à Saint-Avit, dans la demeure du dit Gautier son mari, et, parce que le village lui appartenait surtout à elle, elle l’a donné au moine monsieur Robert de Vierzon au bénéfice du saint et des autres moines, et au serf Archambaud, par le moyen de la baguette, en lieu et place du dit moine, en présence de son dit mari Gautier d’Aunay, et de son père à elle Thion Chef-de-Fer, ainsi que du chevalier de Crémisay Thion, et de Robert, son régisseur de Saint-Avit, qui tous deux étaient avec elle.
     Predictus etiam Ernaldus filius Alberedę qui sepedictę Veriuillę medietatem tenebat de Gaulterio predicto dedit sicut superius determinauimus hoc donum beato Mar[8]tino et nobis, nec non etiam duas partes uillicationis predictę uillę quam* tenebat de Pagano filio Anselli dedit, in domo sua apud Stampas, concedente fratre Godiscale, cui domnus Theudo Caput Ferri dedit propter hoc ipsum X solidos et beneficium nostrum utrique ipsorum. Si uero idem Er[9]naldus aliquando desiderans fieri monachus precatur, dato quicquid de eadem uilla sibi retinuerat omnino, sic eum ad monachilis habitus conuentum nostrum admittemus. Huius igitur donationis et concessionis sunt testes: Albertus filius Gondagri, Albertus filius Anselli, Petrus filius [10] Erardi, Rainerius filius Alberti, Gaufredus filius Girelmi, Godefredus de Balduluilla, Arnulfus maior de Roureio, Paganus filius Harduini, Rainaldus Teuldi filius, Iohannes filius Pagani, Hugo minerius*, Herbertus de Danunuilla. Z

     * sic.
     *ou bien Minerius?

     (3) En outre le susdit Arnaud fils d’Aubrée, qui tenait en fief du susdit Gautier la moitié du souvent mentionné Vierville, en a fait le don, comme nous l’avons indiqué plus haut, à saint Martin et à nous; et en plus de cela, il a donné deux parts du fermage du susdit village qu’il tenait en fief de Payen fils d’Anseau, dans sa demeure d’Étampes, avec l’autorisation de son frère Godéchal, à qui monsieur Thion Chef-de-Fer a donné pour cela deux sous, ainsi qu’une place chez nous à tous deux. Si donc le dit Arnaud, désirant un jour se faire moine, en fait la demande, une fois qu’il aura donné tout ce qu’il s’est réservé dans le dit village, nous l’admettrons dans notre communauté de vie monastique. Ainsi donc de cette donation et autorisation sont témoins: Aubert fils de Gondagre; Aubert fils d’Anseau; Pierre fils d’Airard; Rainier fils d’Aubert; Geoffroy fils de Gireaume; Geoffroy de Baudreville; Arnoux régisseur de Rouvray; Payen fils d’Hardouin; Rainaud fils de Thiou, Jean fils de Payen; le minier Hugues*; Hébert de Denonville.

     * ou bien Hugues Minier.
     Idem etiam donum concessit et auctorizauit nobis Hardu[11]inus Caput Ferri apud Coina, frater predictę Milesendis in claustro monachorum. Qui etiam huic dono interfuerunt, Teudo Caput Ferri pater ipsius Harduini, Tetbaldus prior, Rotbertus prior claustri Maioris Monasterii, Euanus, Ebroinus, Guastho, Fulco, Gingomarus, Odo famu[12]lus. Z
     (4) Le même don en notre faveur a été autorisé et permis, à Chuisnes, par Hardouin Chef-de-Fer, frère de la susdite Milsent, dans le cloître des moines. Ceux qui ont assisté à cette donation sont: Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin; le prieur Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques; Gimard; le serf Eudes.
     Hoc ipsum donum fecit predictus Gaulterius de Alneio concedi a Hugone filio Guerrici et matre ipsius Helisendę, qui eiusdem uillę est capitalis dominus, a quo etiam habebat idem Gaulterius medietatem prefatę Veriuillę in feuo. Huius concessionis testes sunt: Iuo filius Norberti, Tetbaldus [13] filius Stephani, Paganus filius Girardi Mariscalis, Guarinus filius Amalrici Biseni, Albertus de Vlmeio. Z
     (5) Le susdit Gautier a obtenu l’autorisation de la dite donation auprès d’Hugues fils de Guerry et de sa mère Helsent, lui qui est le seigneur percevant le chevage du dit village, de qui le dit Gautier tenait encore la moitié du susdit Vierville en fief. De cette autorisation sont témoins: Yves fils de Norbert; Thibaud fils d’Étienne; Payen fils de Girard maréchal; Garin fils d’Amaury Bisen; Aubert d’Ormoy.
     Hoc ipsum donum annuit et auctorizauit Guillelmus filius Bernoali de Stampis et dedit beato Martino et nobis, a quo sepedictus Gaulterius habebat in feuo medietatem prefate Veriuillę. Domnus etiam The[14]udo Caput Ferri dedit propter hoc ipsum ei X solidos et de beneficio beati Martini reuestuit eum. Huius rei sunt testes: Arraldus patruus ipsius Guillelmi, Ebulo frater eius, Bernoalus abbas Sanctę Marię de Stampis, Albertus frater eius, Godefredus de Bauduluilla, Aubertus filius Hamelini, [15] Hugo Bornus, Vrso de Petris, Bernardus clericus iuuenis, Gaufredus clericus de Sancto Sigio, Ernaldus filius Balduini, Harpinus de Stampis, Petrus filius Herberti Barbati, Teudo Caput Ferri. A
     (6) Cette donation a été consentie et permise et faite par Guillaume fils de Bernoal d’Étampes à saint Martin et à nous, parce c’est de lui que le souvent mentionné Gautier tenait en fief la moitié du susdit Vierville. Monsieur Thion Chef-de-Fer à cet effet lui a donné dix sous et il l’a vêtu de neuf par un effet de la générosité de saint Martin. De cette affaire sont témoins: Airaud oncle paternel du dit Guillaume; son frère Éblon; Bernoal abbé de Notre-Dame d’Étampes; son frère Aubert; Geoffroy de Baudreville; Aubert fils d’Aimelin; Hugues Borgne; Ours de Pierrefitte; le jeune clerc Bernard; le clerc de Saint-Cyr, Geoffroy; Arnaud fils de Baudouin; Harpin d’Étampes; Pierre fils d’Hébert Barbu; Thion Chef-de-Fer.
     Sciendum preterea quod Godiscalis filius Vlrici dedit beato Martino Maioris Monasterii [16] et nobis monachis eius tertiam partem uillicationis totius predictę Veriuillę et decimam totius terrę quam in ea habebat. Huius doni sunt testes: Teudo Caput Ferri, Gaudinus filius Ansei de Merer Villa, Lisiardus de Stampis, Rotbertus filius Arraldi, Herbertus de Danouilla. Z
     (7) Il faut savoir en outre que Godéchal fils d’Oury a donné à saint Martin de Marmoutier et à nous ses moines le tiers de tout le fermage de tout le susdit Vierville et la dîme de toute la terre qu’il y détenait. De cette donation sont témoins: Thion Chef-de-Fer; Gaudin fils d’Ansoué de Méréville; Lisiard d’Étampes; Robert fils d’Airaud; Hébert de Denonville.
     Postea uero dedit [17] idem Godiscalis eidem sancto et nobis octo hospitalia quę in predicta Veriuilla habebat, et quicquid denique in ea habebat, excepto terragio quod illi qui in predictis hospitalibus hospitabuntur deferent ei, uel ad Mereruilla uel ad Bertolcuriam, ad quod horum [18] ipsi placuerit, ita tam ut unus predictorum hospitum de quo securus erit seruet idem terragium*, ei, et nullus eorumdem colat alicuius terram ante illam quam de ipso habemus. Cui etiam dedit ob hoc domnus Teudo Caput Ferri monachus XXX solidos Carnotensis monetę, et beneficum nostrum. Pepigit [19] quoque ei quod quando mortuus fuerit, sepeliet eum monachus qui in predicta Veriuilla morabitur ad ęcclesiarum nostrarum quamlibet, si tamen hoc ipsi mandauerit. Huius rei testes sunt: Gaulterius de Stampis, Amalricus Rufus de Ableis, Girbertus major de Seenuilla. [20], Richerius mercator de Stampis, Herbertus de Danunuilla. Z
     * Le scribe avait oublié terragium et l’a ajouté au-dessus de la ligne.
     (8) Mais après cela le dit Godéchal a donné, au même saint et à nous, huit tenures qu’il avait dans le dit Vierville, et pour finir tout ce qu’il y possédait, excepté le terrage. Ceux qui seront établis sur les susdites tenures le lui apporteront, soit à Méréville ou bien à Bréthencourt, au lieu qu’il lui plaira, de telle manière qu’un seul des susdits tenanciers, auquel il fera confiance, aura la garde de son terrage, et qu’aucun des susdits ne cultivera la terre de qui que ce soit d’autre avant celle que nous tenons de lui. Pour cela monsieur Thion Chef-de-Fer lui a encore donné trente sous de monnaie chartraine, et une place chez nous. Il lui a aussi promis que, quand il sera mort, il sera enterré par le moine qui résidera au dit Vierville, dans celle de nos églises qu’il voudra, si du moins il le lui demande. De cette affaire sont témoins: Gautier d’Étampes; Amaury Roux d’Ablis; le régisseur de Sainville, Gibert; le marchand d’Étampes Richer; Hébert de Denonville.
     Sciendum quoque quod Amalricus Rufus de Ableis dedit in eadem sepedicta Veriuilla beato Martino et nobis monachis eius duas ut ita dicam hospitalitates et quicquid omnino ibi habebat, nichil [21] inde sibi retinens propter campartium, quod ei ad Stampas uel ad  Bertoucuriam portabitur, quod unus eorum duorum qui ibi hospitabuntur uersabit ei, de quo securior erit, qui etiam nullam aliam terram colent ante eam de qua reddent ei terragium. Factum est autem [22] hoc apud Stampas, concedente Alberto filio Anselli de cuius casamento erat eadem terra, concedentibus etiam uxore sua, id est Amalrici eiusdem, duobusque filis et filia, dante sibi propter ipsum Teudone Capite Ferri monacho X solidos. Huius [23] rei testes sunt: Ernaldus filius Alberedę, Christoforus Rex, Obertus de Stampis, Girbertus canonicus, Guillelmus de Stampis Veteribus, Rotbertus de Cimiterio, Baldricus de Fossato, Herbertus de Danunuilla. T.
     (9) Il faut savoir aussi qu’Amaury Roux d’Ablis a donné dans le souvent mentionné Vierville, à saint Martin et à nous ses moines, deux, pour ainsi dire, tenures, et tout ce qu’il y détenait, ne s’en réservant rien du tout, mis à part le champart, qui lui sera porté soit à Étampes ou bien à Bréthencourt, et que l’un de ceux qui les tiendront lui versera, celui en qui il aura le plus confiance; ils ne cultiveront en outre aucune autre terre avant celle de laquelle ils lui paieront le terrage. Cela a été conclu à Étampes, avec l’autorisation d’Aubert fils d’Anseau, de la mouvance de qui relevait la dite terre; avec l’autorisation de son épouse, c’est-à-dire de celle d’Amaury, et celle de ses deux fils, et de sa fille; le moine Thion Chef-de-Fer lui donnant pour cela dix sous. De cette affaire sont témoins: Arnaud fils d’Aubrée; Christophe Roi; Obert d’Étampes; le chanoine Gibert; Guillaume des Vieilles Étampes; Robert du Cimetière; Baudry du Fossé; Hébert de Denonville.
     Preterea quoque sciendum quod Paganus filius Anselli concessit et [24] dedit in grangia Boesuillę beato Martino Maioris Monasterii et nobis per cyrotecam Anselli filii Aremberti idem donum uillacationis totius iam dictę uillę, quod dederant Ernaldus filus Alberedę et Godescalis filius Vlrici, testibus his: Alberto filio Anselli, qui hoc fecit ab eo conce[25]di, Gaulterio de Alneio, Hugone uicecomite Castelliduni, Hugo de Puteolo, Niuelone filio Fulcherii, Guarino de Friesia. Z.
     (10) En outre il faut savoir que Payen fils d’Anseau a autorisé et donné, dans la grange de Boisville, à saint Martin de Marmoutier et à nous, au moyen du gant d’Anseau fils d’Arembert, la dite donation de Vierville, qu’avait opérée Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury, en présence des témoins suivants: Aubert fils d’Anseau, qui a obtenu cette autorisation, Gautier d’Aunay; Hugues vicomte de Châteaudun; Hugues du Puiset; Nivelon fils de Foucher; Garin de Friaize.
     Sciendum quod Hugo de Gualardone concessit et auctorizauit in domo monachorum de Alneello et dedit predicto sancto [26] et nobis idem ipsum donum Veriuillę, quod dederant Gauterius de Alneio et Guillelmus filius Bernoali et Ernaldus filius Alberedę, rogatu domni Teudonis Capitis Ferri et Costabli monachorum. Huius doni sunt testes: Guido filius Serli, Amalricus filius Raherii, Marinus prepositus [27] de Alneello, Rotbertus Britto, Iohannes Vitulus, Rotbertus de Adunuilla et Adelelmus frater eius, Hugo Canis, Osmundis de Gualardone. T.
     (11) Il faut savoir qu’Hugues de Gallardon a autorisé et permis, dans la maison des moines d’Auneau, et qu’il a accordé, au susdit saint et à nous, la dite donation de Vierville opérée par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée, à la supplique des moines monsieur Thion Chef-de-Fer et Costable. De cette donation sont témoins: Guy fils de Serlon; Amaury fils de Rahier; le prévôt d’Auneau Marin; Robert Breton; Jean Veau; Robert d’Adonville et son frère Aleaume; Hugues Chien; Osmond de Gallardon.
     Preterea sciendum quod Eremburgis uxor predicti Godiscalis filii Vlrici et Odo filius ipsorum concesserunt donationem quam idem Godescalis fecerat [28] de Veriuilla beato Martino Maioris Monasterii et nobis monachis eius, testibus, Gaudino filio Ansue de Merervilla, Rainardo Farinardo, Baldrico de Fossato, Harduino priore Sparronensi et Ermengiso famulo eius, Gaufredo de Moreth, Odone de Paniceriis, [29] Rainaldo de Alneio. Cui, id est Aremburgi, dedit domnus Theudo Caput Ferri tres solidos propter hoc ipsum donum. T
     (12) En outre il faut savoir qu’Arembour, épouse du susdit Godéchal fils d’Oury, et Eudes, leur fils, ont autorisé la donation que le dit Godéchal avait opérée de Vierville à saint Martin de Marmoutier et à nous ses moines. En sont témoins: Gaudin fils d’Ansoué de Méréville; Rainard Farinard; Baudry du Fossé; Hardouin prieur d’Épernon et son serf Ermengise; Geoffroy de Moret; Eudes de Pannecières; Rainaud d’Aunay. Monsieur Thion Chef-de-Fer lui a donné, à savoir à Arembour, trois sous en raison même de cette donation.
     Notum sit omnibus tam futuris quam presentibus quatinus  illud donum quod Godiscal et Amalricus de terra quę Veriuilla dicitur beato Martino et monachis dederunt,  [30] illud ipsum donum Ansellus Rotberti filius Beguini et Odelina mater eius pro sua suorumque salute partimque propter VII solidos quos Teudo monachus ob hoc Odeline tribuit nobis concesserunt. Huic dono interfuerunt: Radulfus Gauscelini filius de Danunuilla et Gaufredis clericus. [31] Ex nostra autem parte: Gaulterius famulus, et de Extolui Gaulterius*, et de Ludone Fulchaldus*. T.

     * Le manuscrit porte bien de Extolui Gaulterius et de Ludone Fulchaldus, peut-être parce que ces éponymes avait été surajoutés à la première rédaction au dessus de la ligne, comme on le constate souvent dans les originaux, et qu’il ont été mal reportés dans notre texte. On a une inversion analogue en  C32-33.
     (13) Qu’il soit connu de tous, tant présent qu’à venir que la donation du village appelé Vierville qui avait été opérée par Godéchal et Amaury à saint Martin et aux moines, cette même donation, Anseau Robert fils de Béguin et sa mère Eudeline nous l’ont autorisée, pour leur salut et celui des leurs, et pour une part à cause des sept sous que le moine Thion  a donné à cet effet à Eudeline. A cette donation ont assisté: Raoul fils de Gauscelin, de Denonville, et le clerc Geoffroy. Et de notre côté: le serf Gautier, Gautier de Léthuin et Fouchaud de Ludon.
     Nouerint omnes nostri successores quod Hersendis et filius eius Harduinus Caput Ferri dederunt pro suis suorumque animabus beato Martino et monachis Maioris Monas[32]terii, admonitione Teudonis Capitis Ferri iam monachi, patris predicti Harduini, quatuor familias collibertorum de Danonisuilla, id est Gaufredum cum filiis filiabusque suis. Vnde et donationem fecerunt apud Coinam domno Tetbaldo priori Coinę pro [33] domno abbate per ramum sebuci. Cuius rei testes sunt, de monachis: Teudo Caput Ferri, Harduinus prepositus Carnotensis, Guarinus clericus. De laicis: Hugo Malueil, Guerrisius filius Herberti, Rotbertus de Dallei Monte, Rainaldus famulus Gau[34]fredis de Bello Monte, Guillelmus Rufus de Coina et alii plures.
     (14) Que tous nos successeurs sachent que Hersent et son fils Hardouin Chef-de-Fer ont donné, pour le salut de leurs âmes et de celles des leurs, à saint Martin et aux moines de Marmoutier, sur les représentations de Thion Chef-de-Fer désormais moine, père du dit Hardouin, quatre familles de colliberts de Denonville, à savoir Geoffroy avec ses filles et ses filles. De quoi ils ont aussi fait la donation à Chuisnes au prieur de Chuisnes monsieur Thibaud tenant lieu de monsieur l’abbé par le moyen d’une tige de sureau. De cette affaire sont témoins, du côté des moines: Thion Chef-de-Fer; le prévôt de Chartres, Hardouin; le clerc Garin; et du côté des laïcs: Hugues Malveil; Guerrise fils d’Hébert; Robert de Dolmont; le serf de Geoffroy de Beaumont, Rainaud; Guillaume Roux de Chuisnes; et de nombreux autres.
     Hoc ipsum donum concesserunt Gaulterius de Alneio et uxor eius Milesendis predictę Hersendis filia, sororque prefati Harduini aput* Carnotum, testibus istis: Iuone filio Herberti, [35] Rotberto Flagello, Guarino de Baillole, Hugone de Tracheto, Gaulterio de Sancto Germano, Harduino de Adonis Villa, Arnulfo fratre Gaulterii de Alneio.

     * sic.
     (15) Cette même donation a été autorisée par Gautier d’Aunay et sa susdite femme Milsent fille d’Hersent, sœur du susdit Hardouin, à Chartres, en présence de ces témoins: Yves fils d’Hébert; Robert Fléaud; Garin de Bailleau; Hugues de Tracy; Gautier de Saint-Germain; Hardouin d’Adonville; le frère de Gautier d’Aunay, Arnoux.
 
NOTICE C
(deuxième partie du premier parchemin)

     Cette notice a été portée sur la partie du premier parchemin qui restait vierge, mais par une autre main que la première et dans une écriture caractéristique du XIIe siècle.

     [25] Nouerint nostri presentes et posteri sancti Martini monachi quod Rainaldus Tetulfi filius quandam terram que Lomlu [26] uocatur sancto Martino tribuit* tota ex integro et quicquid in ea habebat, concedente Petro fratre eius et matre eius que Ermentrudis dicitur, ac conce[27]dentibus sororibus eis, Arenburge scilicet et Roscelina atque Ascelina. Testes huius donationis sunt isti: Albericus presbiter, [28] Guido Serlonis filius, Arraldus de Dordano, Hungerius de Villa Illa, Milo Bosonis filius, Albertus Vaslinus, Gualterius faber, Raherius molen[29]dinarius, Rodbertus Grimaldi filius, Albertus Burchardi filius.
     Huius donationis gratia nostri, monachi, id est domnus Teudo qui Caput de Ferro dicitur [30] ac domnus Constabilis Rainaldo et matri eius ac sororibus certisque parentibus XXti Vque solidos denariorum dederunt
**, Petro autem fratri germano Vque, [31] Falconi autem unam spatam et Majoris Monasterii beneficium. Quod uidit et audiuit Arnulfus de Alneto, Guarinus frater eius, Rainaldus de [32] Testiariis, Herueus armiger. Ex parte monachorum adfuerunt isti: Tamueius presbiter, Guauterius de Anglica Terra famulus, de Venti[33]laio, Constancius famulus et Guauterius de Veruilla famulus.

     * Le scribe a  oublié: sancto Martino tribuit, et l’a lui-même ajouté au dessus de la ligne.
     ** Il a aussi ajouté: dederunt au dessus de la ligne.
     (16) Que tous les moines de saint Martin, présents aussi bien qu’à venir, sachent que Rainaud fils de Thiou a offert à saint Martin une certaine terre qui s’appelle Lomlu, dans son entier, indivise, et tout ce qu’il y possédait, avec l’autorisation de son frère Pierre et de sa mère qui s’appelle Ermentrut, ainsi qu’avec l’autorisation de ses sœurs, à savoir Arembour et Rosceline ainsi qu’Asceline. Les témoins de cette donation sont les suivants: le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard.

     (17) A cause de cette donation, nos moines, à savoir monsieur Thion, surnommé Chef-de-Fer, et monsieur Costable ont donné à Rainaud et à sa mère, ainsi qu’à ses sœurs et à certains parents: vingt-cinq sous; à son frère de père et de mère Pierre: cinq sous; à Faucon, une épée et une place à Marmoutier. Cela a été vu et entendu de: Arnoux d’Aunay; son frère Garin; Rainaud des Têtières; l’écuyer Hervé. Du côté des moines, y ont assisté: le prêtre Tamoué; le serf Gautier d’Angleterre,
le serf Constance de Ventelay*, et le serf de Vierville Gautier.

     * De Ventelay se rapporte à ce qui suit et non à ce qui précèce, comme nous l’apprend une autre charte du prieuré de Bréthencourt (ici donnée en Annexe 6e). On constate une autre inversion du toponyme éponyme en B 31.
 
NOTICE D
(troisième partie du premier parchemin)

     Notificamus successoribus nostris quod Godefredus de Aqua filius Felicie [34] et Gila uxor eius dederunt sancto Martino Maioris Monasterii et monachis eius terram ad unam carrucam et tres hosticias in uilla quę Veruilla [35] dicitur et totum scilicet quicquid in ea possidebat pro salute animarum suarum et suorum antecessorum. Dederunt tamen monachi eis in caritate so[36]lidos XXXta Vque Stanpensis monetæ. Huic donationi affuerunt plures ex parte monachorum et ex parte illorum. Ex parte illorum fuerunt [37] hii: Rotbertus medicus de Stampis, Amalricus Rufus, Harduinus clericus, Guarinus quidam famulus eorum. Ex parte monachorum fuerunt hii: Tamueius presbiter [38] de Stonno, Adelardus de Bertoldicuria et Rodbertus eiusdem Adelardi socius. Monachus qui hoc donum recepit et ceteris fratribus Maioris Monasterii detulit, [39] domnus Teudo Caput Ferri fuit. Sciendum uero est quod isdem* Teudo eis beneficium Maioris Monasterii tribuit, ea scilicet conuentione ut si [40] aliquo tempore ad monasterium pergerent ab abbate et ceteris fratribus omnibus reciperent.

     *Lisez: idem.
     (18) Nous faisons savoir à nos successeurs que Geoffroy de l’Eau fils de Félicie et son épouse Gile ont donné à saint Martin de Marmoutier et à ses moines une terre d’une charrue et trois tenures au village qui s’appelle Vierville, ainsi que tout ce qu’il y possédait, pour le salut de leur âmes et de celles de leurs prédécesseurs. Les moines leur ont cependant donné par charité 35 sous en monnaie d’Étampes.

     A cette donation ont assisté bon nombre de personnes du côté des moines et de leur côté. De leur côté il y a eu ceux-ci: le médecin d’Étampes Robert; Amaury Roux; le clerc Hardouin; un certain Garin leur serf. Du côté des moines il y a eu ceux-ci: le prêtre de Léthuin Tamoué; Allard de Bréthencout; et Robert compagnon du dit Allard. Le moine qui a reçu ce don et l’a fait connaître aux autres frères de Marmoutier a été monsieur Thion Chef-de-Fer. Il faut savoir que le dit Thion leur a accordé une place à Marmoutier, à savoir qu’il a été convenu que si un jour ils veulent gagner le monastère, ils aient gain de cause auprès de l’abbé et des autres moines.

   
Laboureur anglosaxon (calendrier, 2e quart du XIe siècle)
SOMMAIRE

Introduction

Résumé
     A. Pays d’Étampes sous influence chartraine.
     B. Les familles des donateurs principaux, Gautier et Milsent.
     
C. La pyramide féodale.
     
D. Les exploitants réels.
     
E. Installation de nouveaux serfs.
     F. Résumé des 18 transactions.
     
G. Date précise de nos transactions.
Texte
NOTICE A
NOTICE B
NOTICE C
NOTICE D
Annexe 1
Répertoire analytique des lieux cités par nos dix-huit notices (49 entrées).
Annexe 2
Répertoire analytique des personnes et familles citées par nos dix-huit notices (199 entrées).
Annexe 3
Répertoire du vocabulaire concernant les Statuts des personnes et des biens dans nos dix-huit-notices.
Annexe 4
Édition et traduction partielle de ces notices par Édouard Lefèvre (1867)
Annexe 5
Analyse archivistique de ces notices par Merlet (1897)
Annexe 6
Dossier sur la famille Chef-de-Fer (8 documents)
Annexe 7
Dossier sur la famille d’Aunay (29 documents)
     7a. Gautier I d’Aunay se porte caution pour un jardin (vers 1068).
     7b. Gautier I d’Aunay et ses fils consentent à une donation près de Boisville (avant 1079).
     7c. Gautier I d’Aunay renonce à l’église d’Épeautrolles (entre 1079 et 1082).
     7d. Gautier I et Gautier II d’Aunay consentent à une donation à Abonville (avant 1079).
     
7e. Gautier I et Rainaud d’Aunay témoins d’un affranchissement (entre 1079 et 1082).
     7f.
Raynaud d’Aunay témoin à Quémonville (Boisville-la-Saint-Père) (entre 1079 et 1101).
     7g. Donation de voiries en Beauce autorisée par Gounier d’Aunay (7 mars 1082).
     7h. Autorisation par Gounier d’Aunay d’une vente de voiries en Beauce (1082 ou peu après).
     7i. Gauthier II d’Aunay témoin pour Hugues Blavons en 1096 (1096).
     7j. Décès de Gautier II d’Aunay, de son épouse Milsent Chef-de-Fer et de belle-mère Hersent (dates incertaines).
     7j2. Mentions d’un Gautier d’Aunay témoin, de son épouse Milsent Chef-de-Fer et de belle-mère Hersent (avant 1112-vers1114).
     7j3. Un Gautier d’Aunay non identifié témoin trente ans plus tard (vers 1128).
     7k. Gounier de Saint-Avit donne une terre à Raville près Dreux (entre 1100 et 1120).
     7l. Gounier d’Aunay gouverneur de Bayeux en 1105 (témoignage d’Orderic Vital).
     7m. Garin d’Aunay témoin d’une donation d’Helsent (1108 ou 1109).
     7n. Gounier d’Aunay renonce à la dîme de Gouillons (1108 ou 1109).
     7o. Gounier d’Aunay renonce à la dîme de Thivars (après 1115).
     7p. Restitution d’une terre par Garin d’Aunay aux moines de Saint-Père (non datée).
 
   7q. Gounier d’Aunay témoin d’une charte du comte Thibaud (vers 1128).
     7r. Donation de Garin d’Aunay sur son lit de mort (après 1130).
     7s.
Gounier témoin de plusieurs actes du Cartulaire de Bonneval (de 1118 à 1141).
     7t. Gounier témoin d’un consentement de Geoffroy IV de Châteaudun (1140).
     7u.
Gounier d’Aunay autorise une donation à Unverre (vers 1146).
     7v. Mention d’Obert d’Aunay dit Payen Torcul, fils de Garin (avant 1151).
     7w. Répertoire un peu vieilli des membres de la famille d’Aunay donnée par Lépinois (1854).
Annexe 8
Dossier sur Hugues de Gallardon, sire d’Auneau
Bibliographie Éléments de bibliographie
   
ANNEXE 1
RÉPERTOIRE DES LIEUX CITÉS
Notes de toponymie

Le secteur de Vierville sur la carte de Cassini (1756)
Le secteur de Vierville sur la carte de Cassini (1756)

de Ableis (B 19, 20): Ablis
     Le contexte ne permet pas de préciser le genre de ce toponyme, qui paraît ici à l’ablatif pluriel. En 1218, une charte du Cartulaire de l’abbaye du Porrois (n°53) porte le féminin (apud Abluyas), qui permettrait de supposer ici un nominatif *Ableae ou *Ableiae. Cependant il faut sans doute reconnaître ici une forme indéclinable. Dans le
Cartulaire des Vaux-de-Cernay, on trouve ultérieurement trois formes indéclinables concurrentes, Abluies vers 1168 (n°XXXI, p. 49), en 1207 (n°CXLV, p. 160), 1227 (n°CCLXXV, p.261), 1240 (n°CCCXCIX, p. 366), 1241 (n°CCCCIV, p. 370), 1243 (ibid. n°CCCCXVII, p. 383), Abluis en 1239 (n°CCCXCVI, t. I, p. 363), 1241 (n°CCCCIX, p. 375), 1246 (n°CCCCXLIV, p. 405), 1300 (n°DCCCCXC, p. 980), 1321 (n°MXLIV, t. II, p. 62), et Ablues en 1227 (n°CCLXXV, p. 261). Ultérieurement on trouvera aussi de Ablusiis, pour qualifier Geoffroy d’Ablis (célèbre inquisiteur mort à Lyon entre 1316 et 1319). On a avancé une étymologie fondée sur un anthroponyme romain Apilius, hypothèse assez gratuite, et qui, outre un très difficile passage du p ou b, expliquerait mal pourquoi le mot semble toujours avoir été perçu comme pluriel.
Amalricus Rufus de Ableis      Aujourd’hui commune du canton Saint-Arnoult-en-Yvelines,  arrondissement de Rambouillet (Yvelines).
     
Lieu éponyme d’Amaury Roux d’Ablis (Amalricus Rufus de Ableis), qui paraît cependant résider à Étampes (transactions 8 et 9).
Adunuilla (B 27), Adonis Villa (B 35): Adonville
     Voici la seule graphie ancienne que donne Merlet dans son Dictionnaire topographique du département d’Eure-et-Loir de 1861 (pp. 1-2): Adunvilla (1202, charte de l’abbaye de Belhomert).
     A titre de comparaison, notons plusieurs graphies anciennes données pour le toponyme lorrain Haudonville (Henri Lepage, «Dictionnaire géographique de la Meurthe», in Mémoires de la Société d’archéologie lorraine, 2e série, III, 1860, p. 129): Haidonvilla (1156, 1164), Haidunvilla (1182), Hadunvilla et Haydunville (1186), Adonvilla (1195), Haldonville (1393), Hadonville (1414), Hauldonville (1433).
     Aujourd’hui hameau de la commune de Denonville (
canton d’Auneau, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir). Merlet (ibid.) note que le fief d’Adonville relevait du duché de Chartres et ressortissait pour la justice à Auneau.
     
Lieu éponyme de trois nobliaux mentionnés par la notice B. Il est d’abord question d’un Robert d’Adonville et son frère Alleaume (B 27), témoin à Auneau d’une concession d’Hugues de Gallardon (transaction 11), puis d’un Hardouin d’Adonville, témoin à Chartres d’une concession de Gautier d’Aunay (transaction 15): tous trois paraissent des nobles voire des chevaliers.
Alneellum (B 24, 26): Auneau
Donjon d'Auneau élévé par Hugues de Gallardon entre 1090 et 1100      Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.6): Auneellum (1111, charte de l’abbaye de Bonneval); Alnetellum, 1130 (id.); Alneolum (cartulaire des Vaux-de-Cernay, p. 48); Alneelum, 1172 (charte de l’abbaye de Josaphat); Auneel (1279, charte de l’abbaye de l’Eau); Aulnel (1469, registre des contrats du chapitre de Chartres); Aulneau (1565, terrier de Reboulin); Saint-Remy d’Auneau (1736, pouillé).
     Actuellement chef-lieu de canton et de la communauté de communes de la Beauce alnéloise (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir). Alors siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Bonneval. Merlet (ibid.) note qu’Auneau était d’une part une baronnie vassale du duché de Chartres et ressortissant pour la justice au bailliage de Chartres; il ajoute d’autre part que c’était chef-lieu d’un doyenné dépendant de l’archidiaconé de Chartres et comprenant les paroisses d’Auneau, Aunay-sous-Auneau, Béville-le-Comte, la Chapelle-d’Aunainville, Denonville, Francourville, Gellainville, Gouillons, Houville, Léthuin, Levesville-la-Chenard, Louville-la-Chenard, Maisons, Mondonville-Saint-Jean, Moutiers-en-Beauce, Oinville-sous-Auneau, Ouarville, Prasville, Prunay-le-Gillon, Roinville-sous-Auneau, Saint-Germain-la-Gâtine, Sours et Villeau.
     C’est chez les moines d’Auneau, en présence du prévôt (prepositus) d’Auneau, Marin, qu’a lieu la concession d’Hugues de Gallardon (transaction 11).
     De fait Hugues de Gallardon était alors seigneur d’Auneau, seigneurie qu’il tenait de sa mère, fille du seigneur de Rochefort.

Alnetum (A titre, 1, 14; B 31), Alneium (D titre, 1, 6, 11, 24, 25, 28, 33, 34): Aunay-sous-Crécy, et non Aunay-sous-Auneau
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet pour Aunay-sous-Crécy: Alnetum (vers 1080), Alaretum (sic selon Merlet, 1110, charte de l’abbaye de Saint-Père-en-Vallée), Altum et Covetum (vers 1250, pouillé), Alnetum-juxta-Covetum (1310, charte de l’abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois), Saint-Martin d’Aunay-sous-Couvé (1736, pouillé). Notons aussi, pour mémoire, celles qu’il donne pour Aunay-sous-Auneau (p.6): Aunetum (1118, charte de l’abbaye de l’Ouïe); Alnetum (1389, id.); Alnetum-sub-Alneolo (1432, charte de l’abbaye de Josaphat); Saint-Éloy d’Aunay-sous-Auneau (1736, pouillé).
     Il ne s’agit pas d’Aunay-sous-Auneau, comme l’ont cru Lefèvre et Depoin, commune du canton d’Auneau dans l’arrondissement de Chartres (qui était un fief vassal du duché de Chartres et ressortissant pour la justice au bailliage de Chartres), mais d’Aunay-sous-Crécy, commune du canton de Dreux.
     
1) Gautier, époux de Milsent et gendre de Thion Chef-de-Fer, en tire son nom dans les notice A et B. Il est accompagné une fois de son frère Arnoux (transaction 15).
     2) Dans la notice C, sans doute postérieure à sa mort, c’est son frère Arnoux qui est titré d’Aunay (transaction 17), accompagné cette fois de son frère Garin.
     3) La notice B cite aussi un Rainaud d’Aunay (transaction 12), qu’il faut identifier à Rainaud des Têtières, cité juste après Arnoux et Garin (transaction 17).
     Le recoupement des données présentées par un certain nombre de documents du temps permet d’affirmer qu’un certain noble, originaire d’Aulnay-sous-Crécy et possessionné depuis Dreux jusqu’au pays Dunois, eut deux fils, Gautier I d’Aunay et Rainaud d’Aunay dit aussi des Têtières. Gautier I a eu lui même six fils: Gounier titré tantôt d’Aunay, tantôt de Molitard et tantôt de Saint-Avit; Jocelyn; Gautier II d’Aunay; Arnoux; et Garin surnommé Torcul.
     Cette famille est clairement possessionnée depuis le secteur de Dreux jusqu’au pays dunois
.
Anglica Terra (B 32): Angleterre
     S’agit-il de l’Angleterre, conquise en 1066 par le duc de Normandie Guillaume, ou bien d’un lieu-dit Angleterre, comme il en
existe bien par exemple dans la commune d’Andeville (canton de Méru, arrondissement de Beauvais, Oise)? Ce surnom semble avoir été porté par des personnes de condition modeste. C’est ainsi par exemple qu’un Guillaume d’Angleterre, de statut incertain, est cité entre des cuisiniers et un tailleur comme témoin d’une transaction des moines de Marmoutiers en 1072, en Vendômois (Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, n°XLIX, p. 49.)
     Ce nom d’Angleterre donne son nom à un serf des moines de Marmoutier, Guauterius de Anglica Terra, témoin quelque part entre Aunay et Vierville des contredons des moines à la parentèle de Rainaud fils de Thiou après la donation de la terre de Lomlu (transaction 17).
     (a) Ce serf nous est aussi connu, Gaulterius de Anglica Terra
, par une charte du prieuré de Bréthencourt d’environ 1080, dont nous donnons le texte en Annexe 6e.
     (b) Un autre (?) Gautier d’Angleterre, Gaulterius de Anglia, de statut incertain, est témoin, apparemment à Marmoutier même, d’une transaction relative à la terre de Bezai, en Vendômois, sous l’abbé Bernard soit entre 1081 et 1099 (Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, n°CLXXXI, p. 259).
Aqua (D 33): l’Eau ou L’Ève ou Lèves, lieu-dit non identifié
     Il existe un lieu dit l’Eau près de Chartres (actuellement Eau-lès-Chartres, hameau de la commune de Ver-lès-Chartres), mais cette dénomination n’est attestée par Merlet (p.62) qu’à partir du XIIIe siècle, lors de la fondation en ce lieu d’une abbaye féminine cistercienne par Isabelle, comtesse de Chartres): Pentoison (1226, Cartulaire de l’Eau, p.9); Panthoison (1229, cartulaire de Saint-Père-en-Vallée, p. 686); Pantoison (1229, charte de l’abbaye de l’Eau); Aqua-prope-Carnotum (1230, id.); Pontoison (1259, id.); l’abeie de l’Iau-de-lez-Chartres (1279, id.).
     Il faut par ailleurs remarquer que le latin aqua peut représenter un toponyme en ancien français L’Ève ou Lève (car eau se dit alors ève, d’où le mot actuel évier), qui pourrait constituer une latinisation curieuse mais possible du lieu-dit chartrain de Lèves, et ce d’autant que le prénom Geoffroy est bien attesté à cette époque dans la famille de Lèves, par Geoffroy de Lèves, seigneur du Tartre-Gaudran, chanoine de Notre-Dame de Chartres, qui sera évêque de Chartres de 1116 à 1149.

     Ce lieu dit donne son nom à un certain Geoffroy de Aqua fils de Félicie, époux d’une certaine Gile (Godefredus de Aqua filius Felicie et Gila uxor eius), qui possède des biens à Vierville et les donne, à Étampes (transaction 18).
     (a) Ce lieu-dit, où qu’il se trouve, donne apparemment son nom à une famille clairement installée à Étampes
, car nous trouvons comme témoin  d’une charte purement étampoise de 1082 un certain Thibaud de l’Eau, Tetbaudus de Aqua (éd. Prou, p. 276, l. 8, seule occurence du toponyme dans toutes les chartres de ce monarque).
     (b) Ce Thibaud est probablement le père de notre Geoffroy, la notice D datant vraisemblablement du début du XIIe siècle.
     (c) Il faut noter cependant la présence d’un chevalier apparemment chartrain Roger de Aqua à Courville en mars 1094, dans la liste de témoins suivante:
Philippa; son fils Yves; Nivelon, Garin de Friaize, Hardouin Chef-de-Fer; Thibaud fils de Suger; Fron fils de Themier; son fils Yves; Yves fils d’Hébert; Roger de l’Eau (Rogerius de Aqua), monseigneur l’évêque, etc (Nous éditons ce texte en Annexe 6g).
Baillolis (B 35): Bailleau
     Il existe trois Bailleau en Eure-et-Loir, tous trois dans l’arrondissement de Chartres: 1) Bailleau-le-Pin (canton d’Illiers-Combray, arrondissement de Chartres), pour lequel Merlet donne: Baliolus (vers 977, cart. de Saint-Père), Bauliolum (vers 1165, cart. du Grand-Beaulieu), Balliolum de Pinu (1215, ch. du chapitre de Chartres), Balliolum-Pinus (1221, ibid.), Balliolum-Pini (1270, ibid.), Balliolum-Spini (vers 1250, pouillé), Baillotum-Pini (1626, pouillé), Saint-Chéron de Bailleau-le-Pin (1736, pouillé); 2) Bailleau-l’Évêque (canton de Mainvilliers) pour lequel Merlet donne: Baliolum (vers 977), Baliolis-villa (vers 1080, cart de Saint-Père), Bajulolium (vers 1123 (cart. de Josaphat), Balliacum (1148, charte du chapitre de Chartres), Ballolium domini episcopi (1224, id.), Saint-Étienne de Bailleau-l’Evesque (1736, pouillé), Bailleau-les-Bois (1793); et enfin 3) Bailleau-Armenonville, dit aussi tout simplement Bailleau (canton de Maintenon, arrondissement de Chartres), pour lequel Merlet donne: Baillolium (vers 1250, pouillé), Balliolum-sub-Galardone (1626, pouillé), Saint-Martin de Bailleau-sous-Gallardon (1736, pouillé).
     Il doit s’agir de Bailleau-le-Pin
tout proche de Saint-Avit-les-Guespières, dans le même canton d’Illiers-Combray, et sur la route de cette ville à Chartres.
     Cette localité donne son nom à un certain Garin (Guarinus de Baillole), témoin à Chartres du consentement donné par Gautier d’Aunay et sa susdite femme Milsent au don de quatre familles de colliberts de Denonville par Hersent (transaction 15).
Bardul Villa (A 19), Balduluilla (B 9), Bauduluilla (D 13): Baudreville
     Ces trois anciennes graphies alternatives du toponyme de Baudreville sont intéressantes, car elles illustrent bien à quel point il faut se méfier des apparences en matière de toponymie. En effet, on serait tenté en première analyse de faire remonter Baudreville à un hypothéthique *Baldrici Villa, «domaine de Baudry» (comme dans le cas du Beaudrevilliers du Loiret, dans la commune de Bondaroy, qui s’écrit dans les chartes de Philippe Ier: Baldrivillare, Baldrevillare et Baldricivillare). Il existe aussi Baudreville dans le département de la Manche, et un autre, lieu-dit de la commune d’Erceville dans le Loiret: mais ils n’ont pas forcément la même origine étymologique, comme on va le voir.
     Les trois graphies divergentes de notre notice sont en effet d’accord pour attester qu’au XIe siècle le R de Baudreville était encore un L, ce qui ne peut s’accommoder d’une telle origine.
      La troisième graphie trahit la véritable prononciation de
la première syllabe au XIe siècle, qui est déjà la nôtre, bau-. On prononçait quelque chose comme *Baudoulville. La deuxième est une rétroversion mécanique de Bau- en Bal- (par analogie, cf. Baudouin, Balduinus). La troisième est la plus intelligente. L’auteur essaie de reconstituer l’anthroponyme qui est à la base du toponyme, et il s’inspire avec raison de la forme Bardoul, qui était illustrée encore de son temps par le fameux Hugues Bardoul.
     Baudreville était donc au départ le domaine (villa) d’un certain Bardulf, sous la forme Bardoul. *Bardoulville
a d’abord donné par assimilation *Baldoulville, d’où *Baudoulville au XIe siècle; ultérieurement, par rhotacisme, *Baudourville, et pour finir, par métathèse, Baudreville.
     Les anciennes graphies de ce toponyme données par Merlet (p.10) confirment ces conjectures faites avant d’avoir pu le consulter:
Baudorvilla (v. 1250, pouillé), Bauldrouville (1542, terrier de Reboulin); Baudreville (1626, pouillé); Saint-Fiacre de Baudreville (1736, pouillé).
     Actuellement commune du canton de Janville (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     Lieu éponyme d’un certain
Geoffroy de Baudreville, témoin deux fois à Étampes, la première d’une donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction 3), la deuxième fois d’une concession de Guillaume fils de Bernoal d’Étampes (transaction 6).
Bellus Mons (B 34): Beaumont (hameau de Chuisnes)
     Il s’agit d’un toponyme assez courant. Il  était par exemple représenté à l’époque de Philippe Ier à Beaumont-sur-Oise, siège d’un comté. Notre lieu-dit est ici mentionné parce qu’un des témoins est le serf ou domestique d’un certain Geoffroy de Beaumont (Rainaldus famulus Gaufredis de Bello Monte). Or précisément nous trouvons la signature de Geoffroy comte de Beaumont, $ Gaufredi comitis Bellimontis dans une charte de Philippe Ier donnée à Paris le 27 mai 1067, mais que Prou considère comme un faux d’époque composé entre 1071 et 1073 (p. 90, l. 37). C’est une fausse piste.On trouve en effet plusieurs Beaumont dans notre secteur: un Beaumont à Chalo-Saint-Mars (canton et arrondissement d’Étampes, Essonne), un autre à Valpuiseaux  (canton et arrondissement d’Étampes, Essonne). En Eure-et-Loir le Dictionnaire topographique de Marlet, page 12, ne signale pas moins de cinq Beaumont. Mais l’un d’eux s’impose absolument.
     C’est un hameau de la commune de Chuisnes, où témoigne précisément notre Rainaud. Il est cité en 1300 par le Polyptique de Chartres sous le nom de Bellus Mons, et en 1346 par une charte du chapitre de Chartres sous le nom de Beaumont-soubz-Courbeville; Le bois de Beaumont est mentionné en 1527 par une charte du chapitre de Chartres.

     Aujourd’hui hameau de la commune de Chuisnes (
canton de Courville-sur-Eure, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     Ce lieu donne son nom à un certain Geoffroy, dont le serf Rainaud est témoin, à Chuisnes, de la donation par Hersent et Hardouin, ex-épouse et fils de Thion, de quatre familles de colliberts en provenance de Denonville (transaction 14).

     (a) Nous possédons une charte de ce prieuré faisant état d’une donation de Hardouin Chef-de-Fer, où apparaît pour témoin le même Geoffroy de Beaumont, cette fois en personne.
Bertolcuria (B 17), Bertoucuriam (B 21), Bertoldicuria (D 38): Bréthencourt
     Les scribes de nos notices, et d’autres, semblent penser qu’il s’agissait au départ d’un anthroponyme masculin, Bertold-Berthoud, comme le marque très nettement la troisième graphie. Un autre copiste, vers la même époque, écrit pareillement: Bertolcor (Archives départementales d’Eure-et-Loir, H. 2261). On pourrait donc croire en première analyse à l’exactitude de cette rétroversion supposant une étymologie «Cour de Berthold», de même que dans le secteur Berthouvilliers, hameau de la commune de Neuvy-en-Beauce au canton de Janville, représente un «Villier de Berthold» et Baudreville, au même canton de Janville, un «Domaine de Bardoul».
     Cependant
une charte des environs de 1080, rédigée à Bréthencourt même en présence de la dame du lieu, écrit, bien différemment, Bertildis Curia (charte éditée ici en Annexe 6e): il s’agit donc plutôt d’un anthroponyme féminin, Berthilde, Berthaut (cf. Brunehilde-Brunehaut, Richilde-Richaut, Mathilde-Mahaut, etc.), puis, par métathèse, Brétaud. Une autre charte encore datée d’environ 1110, porte également Bertildis Curia (Archives d’Eure-et-Loir, H 2256)
     Autres preuves d’une prononciation vernaculaire en -haut, le Cartulaire de Saint-Père de Chartres interprète cette terminaison comme un diminutif masculin en -ellus, et écrit, dans un acte daté précisément de 1137, Bretelli Curia; et une autre charte du prieuré de Bréthencourt en date de 1176 porte de Bertotcurte (
Archives d’Eure-et-Loir, H 2256).
     Quant à la transition de *Brétaucourt à l’actuel Bréthencourt, elle ne présente pas la moindre difficulté. Nous constatons déjà dans nos notices déjà un flottement entre les son -an- et -au-, dans le cas de l’anthroponyme Ansoué écrit d’abort Ausoué (
A 24: Ausueus de Mereruilla, B 16: Anseus de Merer Villa; B 28: Ansue de Merervilla). Cette confusion existe d’ailleurs encore de nos jours à Étampes, où j’ai lu début juin 2008, dans la copie d’une collégienne, enrevoir pour au revoir.
     C’est un exemple intéressant des erreurs que pouvaient commettre les scribes du XIe siècle dans leur compréhension des toponymes dont ils percevaient nettement le fonctionnement étymologique sans pour autant être à l’abri d’erreur de détail.

     Aujourd’hui lieu-dit de la commune de Saint-Martin-de-Bréthencourt canton de Saint-Arnoult-en-Yvelines, arrondissement de Rambouillet, Yvelines), alors siège d’un prieuré de l’abbaye de Marmoutier.
     1) La notice B précise que deux donateurs, Godéchal et Amaury Roux d’Ablis, continueront à percevoir le champart de Vierville au lieu qui leur agréera, soit à Méréville pour l’un, et à Étampes pour l’autre, où ils résident respectivement, ou bien à Bréthencourt, où se trouve sans doute le grenier des moines de Marmoutier pour le secteur (transaction 8 et transaction 9).
     2) La notice C mentionne par ailleurs pour témoins un Allard de Bréthencout et Robert compagnon du dit Allard (transaction 18).

     (a) Une charte conservée aux Archives d’Eure-et-Loir, H.2261, datée par l’inventaire également de 1090 environ, et donnée plus bas en Annexe 6e, mentionne comme prieur de ce lieu un certain Geoffroy (Godefredus de Balae, prior de Bertolcor), en présence de Thion Chef-de-Fer déjà moine.
Boesuilla (grangia Boesuillę) (D 23): Boisville-la-Saint-Père
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.23): Bodasivilla (vers 954, Cartulaire de Saint-Père-en-Vallée); Boesvilla (vers 1090: c’est notre occurrence, et la date est celle qui est supposé par l’inventaire des Archives d’Eure-et-Loir), Boasi Villa (vers 1100, Cartulaire de Saint-Père-en-Vallée), Boeinvilla (vers 1250, pouillé), Boivilla (1252, charte du chapitre de Chartres), Besvilla (1270, charte de l’abbaye de Bonneval), Boevilla-Sancti-Petri (1272, charte du chapitre de Chartres), Boyville-la-Saint-Père (1366, registre des contrats du chapitre de Chartres), Boivilla-in-Belsia (1626, pouillé), Saint-Laurent de Boisville-la-Saint-Père (1736, pouillé).
     Aujourd’hui commune du canton de Voves (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir), alors siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Père-en-Vallée. Merlet note que le fief de Boisville-la-Saint-Père ressortissait pour la justice à Janville.
     C’est dans la grande de Boisville que l’Étampois Payen fils d’Anseau, représenté par Anseau fils d’Arembert, a autorisé les donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury, en présence notamment d’Hugues Ier du Puiset dit Blavons, d’Hugues vicomte de Châteaudun et de son beau-frère Nivelon fils de Foucher de Fréteval (transaction 10).
     (a) La famille d’Aunay semble avoir été possessionnée à Boisville, car une notice du Cartulaire de Saint-Père (dont nous donnons le texte en Annexe 7b) nous montre Gautier I d’Aunay consentir à la donation de la voirie d’Honville par son vassal Gautier fils de Fléaud, et une autre son frère Rainaud d’Aunay témoin à Quémonville (Annexe 7f).

     (b) Nous savons entre autres par une charte de Philippa de Courville en date de mars 1094 (Cartulaire de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, tome II, pp. 499-500, texte donné ici en Annexe 6g) qu’Hardouin Chef-de-Fer comme Garin de Friaize étaient vassaux (fideles feodalesque nostri) du seigneur de Courville, qui lui-même rendait hommage à son suzerain (patronus) Nivelon de Fréteval.
     (c) L’absence  lors de la cérémonie de la grange de Boisville du chaînon féodal intermédiaire entre la famille Chef-de-Fer et le sire de Fréteval, c’est-à-dire celle de Giroie (Gerogius), s’explique sans doute par le fait que c’est alors sa veuve Philippe (Philippa) qui tient Courville au nom de leur fils Yves.

Britto (B 27): Breton ou plutôt Berthon
     Breton, en latin Britto ou Brito, est un anthroponyme assez bien représenté dans le secteur à cette époque en temps que patronyme. C’est sans doute en fait une variante par métathèse et par analogie de l’anthroponyme Berthon, de même que Berthaucourt est déjà devenu alors Bréthaucourt (Bréthencourt), et que surtout, dans le secteur, Berthoni Villare (Cartulaire de Saint-Père, p. 53) est devenu Bretonvilliers, lieu-dit d’Aunay-sous-Auneau (aussi représenté à Maisse en Essonne, où la même étymologie est la plus vraisemblable). 
Carnotum (aput) (B 34), Carnotis (A titre; B titre), Carnotensibus arpennis (B 2), Carnotensis monetę (solidos) (B 18), Carnotensis (Harduinus prepositus Carnotensis) (B 33): à Chartres, arpents chartrains, monnaie chartraine, Hardouin prévôt de Chartres
     Le toponyme se décline (B 34); dans le titre Carnotis il faut sans doute voir la forme indéclinable du toponyme (comme souvent à cette date pour Étampes, Stampis).
     
Chartres (préfecture de l’Eure-et-Loir) est le siège du diocèse dont relève Vierville (A titre, B titre) et bien que ce village appartienne depuis toujours au pays d’Étampes, il se trouve clairement dans une zone frontière.
     Les moines de Chuisnes y comptent les surfaces en arpents chartrains (B2, transaction 1) et payent un noble de Méréville, Godechal, en sous chartrains (B 18, transaction 8). Le don à Chuisnes par l’ex-épouse de Thion, Hersent, et par leur fils Hardouin, de quatre familles de serfs en provenance de Denonville se fait en présence du prévôt de Saint-Martin de Chartres, Hardouin (B 33, transaction 14), et l’autorisation donnée à cette donation par Milsent et son mari Gautier d’Aunay est enregistrée à Chartres (B 34, transaction 15).

Castellidunum (B 24): Châteaudun
     La possession de certain biens à Châteaudun est confirmée aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190:  le prieuré de Châteaudun avec la chapelle dans laquelle demeurent les moines et avec l’église Saint-Jean de la Chaîne (prioratum Castridunense, cum capella in qua manent monachi et cum parrochiali ecclesia Sancti Johannis de Cathena).
     Chef-lieu d’arrondissement de l’Eure-et-Loir.
     Le vicomte de Châteaudun Hugues (avec son beau-frère
Nivelon fils de Foucher de Fréteval) est témoin de l’autorisation donnée par l’Étampois Payen fils d’Anseau fils d’Arembert aux donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury (transaction 10). C’est sans doute qu’il est alors avec eux à la cour de d’Hugues Ier du Puiset, dit Blavons (qui n’est pas mort avant 1096).
Cimitherium (B 4); Cimiterium (B 23): Cimetière
     Rappelons que le mot de cimetière est d’origine purement chrétienne et qu’il signifie étymologiquement “
dortoir” (dans l’attente de la résurrection). Michel Lauwers a montré récemment que les cimetières, pendant une courte parenthèse constituée par les dixième et onzième siècle, sont curieusement devenus des lieux de vie et d’habitation. Nos notices confirment pleinement cette vue.
Fouilles place Romanet de juillet 2007 (cliché Jacques Corbel)      Il est question d’une part du cimetière de Vierville où Gautier d’Aunay et sa femme Milsent se réservent le droit d’édifier une ou deux maisons, et d’autre part d’un cimetière qui donne son nom à un certain Étampois, Robert du Cimetière
(Rotbertus de Cimiterio), sans qu’on sache de quel cimetière il s’agit. Il est cité juste avant un Baudry du Fossé (Baldricus de Fossato): ils sont témoins de la donation d’Amaury Roux d’Ablis à Étampes (transaction 9).
     Rappelons que les fouilles de l’été 2007 opérées par l’INRAP sous la direction de Xavier Peixoto ont mis à jour des sépultures du XIe siècle rue de la République devant l’Hôtel-Dieu jusqu’au portail de la collégiale Notre-Dame, et plus haut, près de Saint-Basile. Ci-contre un cliché de Jacques Corbel lors d’une fouille plus haut dans la rue de la République, au niveau de la place Romanet, derrière Saint-Basile, où été mis à jour une trentaine de squelettes.
     Voir: Michel LAUWERS [né en 1963], Naissance du cimetière: lieux sacrés et terre des morts dans l’Occident médiéval [22 cm; 393 p.; bibliographie pp. 343-382; index], Paris, Aubier [«Collection historique»], 2005 [ISBN 2-7007-2251-5; 24€].
     Jacques CORBEL, “Le gisant de Saint-Basile”, in ID., Le Blog du Flâneur Étampois, http://flaneur-etampes.over-blog.com/article-6993248.html, 2007, en ligne en 2008.
Choina (A 11); Coina (B 11, 32a, 32b, 34): Chuisnes
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.49), les premières tirées de chartes du prieuré de Chuisnes: Vicus Choinensis (v. 1020); Choina (v. 1045); Cheoni (v. 1050); Chonia (1117); Chuenia (1239); Chuinia (1258); Chuene, Chuyne (1338); Chuisnes (1473); les autres tirées d’autres sources: Chenua (1215, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Chenia (cartulaire du Grand-Beaulieu, p.34), Chuesne (1384, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Saint-Martin de Chuisnes (1736, pouillé).
     Commune du canton de Courville-sur-Eure, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir, alors siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Marmoutier, fondé vers 1080.
     
1) C’est à Chuisnes qu’Hardouin vient donner son autorisation à la donation de Vierville faite par sa sœur Milsent (A 11 = B 11, transaction 4).
      2) C’est encore à Chuisnes qu’il vient avec sa mère Hersent faire la donation de quatre familles de colliberts de Denonville (B 32, transaction 14).
Il y a en effet à Chuisnes un cloître (A 11 = B 11), dont le prieur s’appelle Thibaud (domno Tetbaldo priori Coinę), qui représente l’abbé de Marmoutier. Chuisnes donne aussi son nom à un témoin ce cette même transaction qui y réside, Guillaume Roux de Chuisnes (B 34).
     (a) En 1083 le prieur est un certain Thierry (témoin de la donation par Giroie de Courville de Saint-Nicolas de Courville à Marmoutier, AD28, H.3385, éditée dans le
Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°2, p. 2: Theoderic prior de Chonia).
     (b) Le 29 novembre 1119 c’est un certain Henri (accord entre les les moines de Saint-Jean-en-Vallée et ceux de Marmoutier, Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°20, p. 14: S. Henrici Choiniae prioris).

Cramisiacum (A 10 = B 7): Crémisay
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.56): Cramisium (v. 1050, charte du prieuré de Vieuvicq); Cramisiacum (v. 1080, ibid.); Crémisy (1380, note d’Illiers).
     Hameau aujourd’hui disparu de Saint-Avit-les-Guespières.
     A ne pas confondre avec le moulin de Crémisay dans la paroisse de Villevillon, appelé Crimisium vers 1070 (Charte du prieuré de Vieuvicq ), Moulin de Crémisé en 1677 (Registres de Villevillon), Moulin de Crémisay en 1691 (Registres de Villevillon); ni avec Cramoisy, commune du canton de Montataire, arrondissement de Senlis, département de l’Oise (in territorio Vilcassino villam quae dicitur Cramisiacum au début du IXe siècle, Cramisiacus en 859, Villam Cramitiacum en 875, Guillelmus de Cramisiaco en 1007, apud Cramesy en 1136, Vuillelmum de Cramiseio en 1150, Cramoisi en 1177, 1358 et 1530, Cremoisi en la diocesse de Beauveiz en 1273, Johannes de Cramoysiaco en 1269, Cramoisy en 1349, 1480 et 1585, Kramoisi en 1363).
     Ce hameau donne son nom à certain chevalier, Thion de Crémisay (Theudone milite de Cramisiaco), qui se porte témoin de la donation de Vierville effectuée à Saint-Avit par Milsent selon le rite (transaction 2).
Dallei Mons (D 32): Dolmont
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.60), à qui celle-ci a échappé: Daullomons (1246, charte du chapitre de Chartres); Daulemont (1259, nécrologe du chapitre de Chartres); Dalemont (1274, charte du chapitre de Chartres); Domnont (1280, id.); Dalimons (1300, polyptique de Chartres); Dallimons (1351, registre des contrats du chapitre de Chartres); Dromont (1555, terrier des Sandarville). Merlet note que le fief de Dolmont était vassal du duché de Chartres.
     
Une autre graphie ancienne a échappé à Merlet, tant est déficient le précieux index que Guérard à donné dans son édition du Cartulaire de Saint-Père, ou bien lui a paru ne pas devoir être retenue, entre 1116 et 1124: Allemont (p.307: Radulfus de Allemont, corrigé dans le titre donné par le Cartulaire, p. 306, Radulfo de Dallemont).
     Dolmont, actuellement faubourg de Saint-Georges-sur-Eure (canton de Courville-sur-Eure, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     Dolmont donne son nom à un certain
Robert de Dolmont, qui est témoin à Chuisnes de la donation par Hardouin de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 14).
Danonuilla (A 24), Danunuilla (B 10; 20, 23, 30), Danouilla (B 16), Danonisuilla (B 32): Denonville
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.59): Danunvilla (vers 1080, charte du prieuré de Bréthecourt); Danonis-Villa (1109, id.); Danonvilla (vers 1250, pouillé); Denonvilla-in-Belsia (1626, pouillé); Saint-Léger de Denonville (1736, pouillé). Merlet note que le fief de Denonville était vassal d’Étampes et y ressortait pour la justice. Il a relevé de fait ultérieurement, très clairement et sans contestation, du bailliage d’Étampes.
     Aujourd’hui commune du canton d’Auneau (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     (1) Denonville donne son nom à un certain Hébert de Denonville, dont le nom conclut quatre listes de témoins de quatre transactions différentes toutes passées à Étampes: 1°
celle d’Arnaud fils d’Aubrée, faite à Étampes (transaction 3); — 2° une première donation de Godéchal fils d’Ourly, sans doute à Méréville (transaction 7); — 3° une autre donation du même Godéchal, à Étampes (transaction 8); — 4° une donation d’Amaury Roux d’Ablis avec l’autorisation d’Aubert fils d’Anseau, à Étampes (transaction 9). Cette position systématique en fin de liste indique peut-être que de Hébert était le clerc de la famille Chef-de-Fer. Voyez en effet ce qui suit:
     (2) Denonville donne son nom également à un certain Raoul fils de Jocelyn de Denonville, témoin en même temps qu’un certain clerc Geoffroy (Radulfus Gauscelini filius de Danunuilla et Gaufredis clericus) du consentement donné à la donation de Godéchal par Anseau Robert fils de Béguin et sa mère Eudeline, apparemment dans le secteur de Méréville (transaction 14).
     (3) Enfin ce sont quatre familles de colliberts de Denonville qui sont données par Hersent et Hardouin, respectivement ex-épouse et fils de Thion Chef-de-Fer, à savoir Geoffroy avec ses filles et ses filles, qui sont données aux moines de Marmoutier par Hersent et son fils Hardouin Chef-de-Fer, apparemment pour coloniser des terres de Vierville (transaction 14).
     
Il est clair que les Chef-de-Fer étaient possessionnés à Denonville, mais semble-t-il seulement du fait d’Hersent, ex-épouse de Thion et mère d’Hardouin et de Milsent, car une charte de Chuisnes faisant état d’une donation d’Hardouin Chef-de-Fer le qualifie de chevalier du château de Courville (de l’autre côté de Chartres).
Dordanum (B 28): Dourdan
     Hippolyte Cocheris (qui malheureusement ne cite pas ses sources) donne
, dans son Dictionnaire des anciens noms de communes de Seine-et-Oise: Dortenco (monnaie mérovingienne), Dordinga (936), Dordingha (956), Dordeneus villa (936), Doringa (956), Drodinga villa (956), Dordingum (986), Dordinchum (1147), Dordentium (1120), Dourdain, Dordan (1174), Dordanum (1222), Dordam (1257), Durdactum (1514).
Arraldus de Dordano      Chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Étampes (Essonne).
     Dourdan donne son nom à un certain
Airaud de Dourdan (Arraldus de Dordano), témoin de la donation de Lomlu, vraisemblablement à Vierville même (transaction 16).     
Extolui (B 30); Stonnum (C 38): Léthuin
     Voici les graphies anciennes extrêmemement variées que donne Merlet (p.101-102) pour ce toponyme qui a donné du fil à retordre aux scribes qui voulaient lui donner une forme latine, et qui devait alors se prononcer quelque chose comme *L’Estoin. Les premières dans des chartes du prieuré de Léthuin: Leston (vers 1050); Stoniae (vers 1120); Stonium (1154); Lestonium (1209); Lestuem (1210); Lestolium (1215); Lestuen-in-Belsia, Lestoen (1230); Estolium (1231); Leustonium (1247) Lestun-en-Beaulce (1487); les autres ailleurs: Estonium (vers 1120, charte du prieuré d’Épernon); Lestem (vers 1250, pouillé); Lestunum (1365, registre des contrats du chapitre de Chartres); Lestuing (1466, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Scone (1653, carte de Sansom d’Abbeville); Saint-Germain et Saint-Protais de Lestuin (1736, pouillé). Il est clair que le L initial du toponyme a été le plus souvent ressenti par les clercs, à tort ou à raison, comme un article, et qu’il a donc été omis en latin. La possession de l’église de Léthuin (ecclesiam de Lestonio) est confirmée aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190. Merlet note que le fief de Léthuin ressortissait pour la justice au bailliage d’Orléans.
     Actuellement commune du canton d’Auneau (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     C’était alors le siège d’un prieuré de l’abbaye de Marmoutier.

     Les notices C et D mentionne comme premier témoin des moines pour deux transactions un certain prêtre Tamoué (Tamueius presbiter, transaction 16), la notice D précisant qu’il est prêtre de Léthuin (Tamueius presbiter de Stonno,
transaction 16).
     Léthuin donne aussi
son nom à un certain Gautier d’Extolui, témoin du côté des moines, et vraisemblablement moine lui-même, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, du consentement d’Anseau Robert fils de Béguin et de sa mère Eudeline à la donation de Vierville par Godéchal et Amaury (transaction 13).
     
Une charte des environs de 1090 conservée aux archives départementales de l’Eure-et-Loir sous la cote H.2406, que j’éditerai l’un de ces jours, mentionne le don par Baudry Tuault, Baldricus cognomento Tuellus, de huit arpents de terre à Léthuin, apud Leston.
     Une autre charte
des environs de 1120 conservée sous la même cote, que j’éditerai également l’un de ces jours, mentionne le don par Aubert fils d’Anseau, Albertus Anselli filius, de tout ce qu’il possédait à Noir-Épinay, quidquid in Nigro Spineto habebat in corpore ville et deforis juxta villam. Chartes citées ici, pour l’instant, d’après l’Inventaire-Sommaire de Merlet, p. 261.
     La possession de l’église de Léthuin est confirmée aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190 (AD28, H.2234, d’après Merlet, Inventaire-Sommaire, p.237ecclesiam de Lestonio).
Fossatum (B 23, 28): le Fossé
     Il s’agit d’un secteur à Étampes.
     Ce Fossé d’Étampes donne son nom à Baudry du Fossé (B 23: Baldricus de Fossato), cité juste avant un Robert du Cimetière (Rotbertus de Cimiterio): ils sont témoins, témoin de la donation d’Amaury Roux d’Ablis à Étampes (transaction 9).
Friesia (D 25): Friaize
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.76): Friaxa (vers 1080, charte du prieuré de Chuisnes); Friase (vers 1150, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Friessa (vers 1160, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Friesia (1168, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Friasia (1171, id.); Friesa (1207, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Freisia (1223, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Frieze (1518, terrier de Landelles); Saint-Maurice de Friaize (1736, pouillé).
     Actuellement commune du canton de la Loupe (arrondissement de Nogent-le-Rotrou, Eure-et-Loir).
     Friaize donne son nom à Garin de Friaize (
vassal d’Yves de II de Courville dont les sources conservées nous gardent des traces de 1079 à 1120) dont l’importance est marquée par le contexte puisque, quoi qu’en fin de liste, il est mis sur le même plan qu’Hugues Blavons du Puiset, Hugues vicomte de Châteaudun et Nivelon de Fréteval; il est témoin avec eux de l’autorisation donnée par l’Étampois Payen fils d’Anseau (en fait représenté par Anseau fils d’Arembert) aux donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury (transaction 10); il est alors avec eux à la cour de d’Hugues Ier du Puiset, qui n’est pas mort avant 1096.
     Nous savons entre autres par une charte de mars 1094 (Cartulaire de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, tome II, pp. 499-500, texte donné ici en Annexe 6g) que Garin de Friaize comme Hardouin Chef-de-Fer étaient vassaux (fideles feodalesque nostri) du seigneur de Courville, qui lui-même rendait hommage à son suzerain (patronus) Nivelon de Fréteval. L’absence  lors de la cérémonie de la grange de Boisville du chaînon féodal intermédiaire entre la famille Garin et le sire de Fréteval, c’est-à-dire celle de Giroie (Gerogius), s’explique sans doute par le fait que c’est alors (en 1094 du moins) sa veuve Philippe (Philippa) qui tient Courville au nom de leur fils Yves cf. notre Annexe 6g).
Gualardo (B 25, 27): Gallardon
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.77): Galerdo (1024, charte du prieuré d’Épernon); Walardo (1028, charte de l’abbaye de Coulombs); Galardo (1094, charte de l’abbaye de Bonneval); Galardo (vers 1100, charte du prieuré d’Épernon); Galardum (vers 1130, cartulaire de Thiron); Gaillardon (plan de Châtillon); Saint-Pierre de Gallardon (1736, pouillé). Alors prieuré dépendant de l’abbaye de Bonneval. Merlet note que c’était le chef-lieu d’une seigneurie du chapitre de Chartres dont dépendaient les mairies de Gallardon, Bleury, Écrosnes et Germonval.
     Aujourd’hui commune du canton de Maintenon (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     
Gallardon donne son nom à Hugues de Gallardon, qui consent, dans la maison des moines d’Auneau, la donation de Vierville opérée par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11).
     Gallardon donne aussi son nom à un certain Osmond de Gallardon, témoin de ce même consentement (transaction 11).
     Selon Coüard et Depoin, (Liber Testamentorum, p. 98, note 384), Gallardon appartint d’abord à Aubert le Riche, qui eut trois fils: Aubert II, Garin et Thion. Aubert II n’eut que deux filles. Il légua Thimert à Froheline, épouse de Gasce, et Gallardon à Haubour (Hildeburge), épouse d’un certain Hébert de Paris. Hébert et Haubour eurent pour fils Hervé I de Gallardon. Hervé eut pour enfant: Hugues I, Garin, Guy, Milon et sans doute un certain Geoffroy de Gallardon, ainsi que la bienheureuse Haubour (Hildeburge), épouse de Robert d’Ivry. A la mort d’Hugues I, sans doute en Palestine, qui ne laissa qu’une fille, son frère Garin lui succéda. Garin mourut à son tour peu après, laissant un fils mineur, Hugues II, dont Guy fut pour un temps le tuteur.
Lomlu (C 25): lieu non identifié dans le terroir de Vierville
     La formation de ce toponyme est caractéristique du secteur où il se trouve, où l’élement final –lu est bien représenté. On trouve encore en effet rien que dans ce canton d’Auneau deux noms de communes ainsi formés: Ardelu et Orlu.
     
Considérant que le village d’Orlu (commune du canton d’Auneau, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir) est à deux kilomètres de Vierville, on peut se demander si ce nom de Lomlu n’a pas pu évoluer naturellement en Orlu. Voici les formes anciennes que donne Merlet (p.135) pour Orlu: Orleium (1154, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Orliacum (1162, id.); Orli (1285, charte du chapitre de Chartres); Orliarum locus (1435, registre des contrats du chapitre de Chartres); Saint-Médard d’Orlu (1736, pouillé).  Il faudrait imaginer d’abord un rhotacisme (Lomlu devenu *Romlu ou *Rolu), puis une métathèse (*Rolu devenu Orlu). En effet dans le même secteur on voit évoluer le nom de Baudreville dans le même sens: Baudulvilla (vers 1090) en Baudorville (1250) puis en Bau(l)drouvilla (1542), Baudreville (1626). Pareillement pour le nom de Dolmont, qui connaît une évoution provisoire du même genre au XVIe siècle: Daulemont (1259), Dromont (1555). De même Rotelu, hameau de Videlles près La ferté-Alais (orthographié ainsi au XIIe siècle et à nouveau de nos jours) est devenu Ortelu à l’époque de la carte de Cassini au milieu du XVIIIe siècle (et encore à l’époque de Gustave Estournet en 1944).Mais je ne crois pas trop moi-même à cette hypothèse, car nous ne voyons pas dans la suite qu’Orlu ait appartenu aux moines de Marmoutier.
     Cette terre de Lomlu est donnée par Rainaud fils de Thiou, vraisemblablement à Vierville même (transaction 16), moyennant des contre-dons (transaction 17).

Ludo (B 30): Ludon
     Voici la seule graphie ancienne que donne Merlet (p.106): Lueton (vers 1080, cartulaire de Saint-Père-en-Vallée, p. 225). Merlet note que le fief de Ludon était vassal de Frécot.
     Hameau de la commune de Saumeray (canton de Bonneval, arrondissement de Châteaudun, Eure-et-Loir), à 8 km de Saint-Avit-les-Guespières.
     Ludon donne son nom à un certain Fouchaud de Ludon, témoin du côté des moines, et vraisemblablement moine lui-même, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, du consentement d’Anseau Robert fils de Béguin et de sa mère Eudeline à la donation de Vierville par Godéchal et Amaury  (transaction 13).
Maius Monasterium (A, 1-2, 12-13; B titre, 1, 5, 15, 24, 28, 31-32; C 31, D 34, 38, 39), monasterium (D 40): Marmoutier
     L’Abbaye de Marmoutier se dressait
au nord de la Loire, face à l’ancienne ville de Tours, au lieu où se retirait pour prier saint Martin, évêque de Tours de la fin du IVème siècle. Les dépendances de cette abbaye bénédictine s’étendaient dans une bonne partie de la France. Il en subsiste les vestiges d’une ancienne église abbatiale plus grande que la cathédrale de Tours, et les grottes où séjournait Saint Martin. C’est aujourd’hui un lieu-dit de la commune de Sainte-Radegonde, dans le canton de Tours (Indre-et-Loire), où s’élève un établissement d’enseignement privé.
     Liste des abbés de Marmoutier pendant cette période:
Aubert (1037-1063/1064), Barthélémy (1064/1084), Bernard de Saint-Venant (1084-7 avril 1100), Heugaud/Hilgot (1100-10 août 1104), Guillaume de Nantes (Nanticensis, natif en fait de Combourg, 1105-1124). La doantion de Vierville eut donc lieu sous l’abbatiat de Bernard. Je n’ai pas pour l’instant pu consulter de relevé des prieurs de Marmoutier.
     (1) Robert de Vierzon, prieur de Marmoutier, est représenté à Saint-Avit-les-Guespières, lors de la cérémonie d’investiture de Vierville, par un serf du moine Thion (transaction 2).
     (2) En revanche il assiste personnellement, à Chuisnes, au consentement donné par Hardouin et Hersent à cette donation
(transaction 4).

     Voici une liste non exhaustive de prieurés dont la possession est confimée aux moines de Marmoutier dans son diocèse par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190 (
AD28, H.2234, d’après Merlet, Inventaire-Sommaire, p.237): le prieuré de Saint-Thomas d’Épernon avec l’église paroissiale du dit lieu (prioratum Santi Thomae Sparnonensis cum parrochiali ecclesia ejusdem loci); l’église Saint-Pierre et l’église Saint-Jean qui sont dans la même place forte (ecclesiam Sancti Petri, ecclesiam Sancti Johannis, que sunt in eodem castro); le prieuré de Chuisnes avec l’église du dit lieu (capellam de Bello Loco, prioratum de Chonia, cum parrochiali ecclesia ejusdem loci, ecclesiam Sancti Marini); l’église de Saint-Avit (ecclesiam Sancti Aviti); le prieuré de Châteaudun avec la chapelle dans laquelle demeurent les moines et avec l’église Saint-Jean de la Chaîne (prioratum Castridunense, cum capella in qua manent monachi et cum parrochiali ecclesia Sancti Johannis de Cathena).
     O
n notera que n’y sont pas mentionnés en temps que prieurés mais seulement en tant qu’églises, Léthuin (ecclesiam de Lestonio, ecclesiam de Villeael), ni Bréthencourt ni Vierville, cette dernière église cependant mentionnée juste après celle de Bréthencourt (ecclesiam Sancti Martini de Bertoldi Curia, cum capella Beate Marie Magdalene de castro, ecclesiam de Vervilla).
     On remarquera que nos notices parlent précisément d’Épernon (et de son prieur Hardouin, Harduino priore Sparronensi, B 28, également connu par un acte en date de 1092, et tandis que nous le voyons remplacé en 1098 par un Guillaume), de Chuisnes et de son prieur Thibaud, Tetbaldus prior Coinę, B 32; c’est à Chuisnes que sont passées trois des transactions en question, la dernière en présence d’un certain
Guillaume Roux de Chuisnes, Guillelmus Rufus de Coina, de Saint-Avit, où est passée une transaction, de Châteaudun, dont le vicomte Hugues, Hugo uicecomes Castelliduni, B 25, est présent à l’une des transactions, et de Léthuin, dont viennent deux témoins, le prêtre Tamoué, Tamueius presbiter de Stonno, C 32 et D 34-38, et un certain Gautier de Léthuin, Gaulterius de Extolui, B 31.
     Il est aussi question indirectement d’un prieuré champenois des moines de Marmoutier à Ventelay dont est originaire le serf Constance,
de Ventilaio, Constancius, C 32-33.
Mereruilla (A 24; B 17, 28), Merer Villa (B 16): Méréville
     L’étymologie de ce toponyme n’est pas évidente. Même graphie vers 1105 dans le
Liber testamentorum, qui mentionne comme témoin un Stephanus de Merervilla (voir notre Annexe 7). Cocheris note seulement (sans référence comme d’habitude), «Merezvilla et  Mereville (1262)».
     Le Cartulaire de Saint-Père de Chartres (p.402) contient une charte non datée entre 1069 et 1079 (p.CCCL) faisant état d’une donation d’un Ingelgerius de Merervilla, mais il est notable que dans la suite de ce document (et dans le titre) le copiste porte une orthographe différente, Ingelgerius de Merravilla (titre et p.403), Galterius de Merravilla (p.403). L’éditeur, Benjamin Guérard, porte dans le Dictionnaire géographique qu’il a mis en annexe (p828): «MERERVILLA , MERRAVILLA, peut-être Mérouville. Il y a plusieurs hameaux nommés Mèreville. V. aussi MERREVILLA. MERREVILLA, Marville-Moutier-Brulé.»

     Hors de notre secteur on trouve peu de piste. 1) Dans le Calvados Merville est noté Matervilla en 1078 (cartulaire de l’abbaye de la Trinité de Caen), Merravilla en 1268. 2) Le Méréville de Meurthe-et-Moselle a une autre étymologie, car il s’écrit encore au XIe siècle Amerelli villa. Dans le Calvados Merville est noté Matervilla en 1078 (cartulaire de l’abbaye de la Trinité de Caen), Merravilla en 1268. Notons ici à titre de curiosté ce qu’Henri Lepage a écrit des dénominations anciennes du Méréville de Meurthe-et-Moselle: «MÉRÉVILLE, canton de Nancy (Ouest). — Amerelli villa. 1065. H. L. [= Histoire de Lorraine par Dom Calmet], I, c. 456. — Sylva de Amerelli villa. 1094. Ib., c. 498 [= titre de fondation du prieuré de Saint Tiébaut (actuellement ferme Saint Thiébaut)]. — Ameralli villa. 1105. Ib., c. 516. — Merevilla. 1127-1168. — Abb. de Clairlieu. — Merelvilla. 1183. Ib. — Mereiville. 1349. Tr. des ch., 1. Fiefs de Lorraine, n° 21. — Le fief de Méréville relevait de la châtellenie de Nancy, bail, de cette ville. — Doy. du Saintois, dio. de Toul.» (Henri Lepage, «Dictionnaire géographique de la Meurthe», in Mémoires de la Société d’archéologie lorraine, Seconde série IIe volume, Nancy, Lepage, 1860, p.167). Quoi qu’il en soit, cette rétroversion suppose ou atteste une aphérèse (disparition de l’élément initial), en reconstituant un anthroponyme Amerel, formé sur la même racine germanique que dans Aimon ou Aimeric, avec un suffixe latin -ellus. Cet anthroponyme doit être à l’origine, me semble-t-il, des patronymes modernes Emerel, Emereau, Aimereau, Hemerel, Haimerel et Hemereau.
     Mais cette piste ne paraît pas concerner notre Méréville, où on n’a aucune raison de soupçonner une aphérèse.
     Il est certain qu’à l’époque de notre charte, le nom du personnage qui a donné son nom à Méréville est devenu méconnaissable et l’on prononce Mérerville sans reconstituer de génitif de l’anthroponyme, probablement sorti de l’usage et que le scribe ne tente pas de reconstituer. Cet anthroponyme est sans doute, à mon sens, Mérier (qui a survécu comme patronyme) et qui dérive selon toute apparence d’un anthroponyme germanique Mar-hari (latin théorique Marharius, Mararius).
Merervilla      Chef-lieu de canton, arrondissement d’Étampes, Essonne.
     1) C’est à Méréville (B 16) qu’habite habituellement Godéchal fils d’Oury de Vierville, puisque libre choix lui est donné de recevoir son champart à Méréville ou à Bréthencourt (transaction 8), de la même façon que pour Amaury Roux, qui est clairement un Étampois, le champart sera porté à son gré à Étampes ou à Bréthencourt.
Gaudinus filius Ansei de Merer Villa      2) Méréville donne son nom à un certain Gaudin fils d’Ansoué de Méréville (transaction 7, A 24: Galdinus filius Ausuei de Mereruilla, B 15: Gaudinus filius Ansei de Merer Villa: B 28: Gaudino filio Ansue de Merervilla), témoin de la première donation de Godéchal, peut-être à Méréville (transaction 7), puis, à Méréville sans doute également, du consentement de sa veuve et de son fils Arembour et Eudes (transaction 12), avec des nobliaux du pays, Geoffroy de Moret et Eudes de Pannecières.
Moreth (B 28): Moret
     Au milieu du IXe siècle, le Cartulaire de Saint-Père de Chartres enregistre la possession d’une petite ferme à Malaredum (éd. Guérad, 1840, p. 53:  in pago Stampense, in villa quæ dicitur Malaredus, mansum unum); il s’agit peut-être de Moret, bien qu’on ait aussi proposé, avec plus de vraisemblance, Melleray, à Oinville-Saint-Liphard; car la possession de ce manse est confirmée par Rainfroy évêque de Chartres, tandis que Moret est du diocèse de Sens.

     Moret, hameau de la commune de Méréville, chef lieu de canton, arrondissement d’Étampes, Essonne.
     Moret donne son nom à un certain Geoffroy de Morettémoin semble-t-il à Méréville du consentement à la donation de Godechal de sa veuve Arembour et de son fils Eudes (transaction 12), avec des nobliaux du pays, Gaudin fils d’Ansoué de Méréville et Eudes de Pannecières.
Paniceriae (B 28): Pannecières
      Il s’agit évidemment de Pannecières dans le Loiret. Il existe au moins six communes ou lieux-dits homonymes avec quatre graphies différentes qui s’expliquent par le fait que le nom commun qu’elles reflètent n’a jamais, très curieusement, été relevé par les auteurs des dictionnaires usuels, et qui était pourtant très répandu comme le montre la toponymie: Panissières (canton de Feurs, arrondissement de Montbrison, Loire) et Pannessières (canton de Conliège, arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura); un Pannecière à Chaumard (Nièvre), un Panissière à Lamure-sur-Azergues (Rhône), un Panissière à Meyrieu-les-Étangs (Isère), un Panissière à Bosjean (Saône-et-Loire).  Relevons peut-être aussi la commune de Panissage (Isère). L’étymologie de ces toponymes est transparente et dérive du latin panicum, “panic” (sorte de milet). Littré porte la définition suivante: “PANIC (pa-nik), s. m. Genre de plantes graminées dont fait partie le milet. Le panic d’Italie, ou milet à grappe, panicum italicum, Linnée. Le grand milet, ou panic, panicum jumentorum, Persoon. — ÉTYM. Lat. Panicum, qui vient probalement de panus, fil.”. Cependant la forme panic me paraît de formation savante, tandis que le Lexique de l’ancien français de Godefroy porte de fait un mot panil, substantif masculin disparu, dont il donne pour définition “panic”, et qui me paraît formé sur une forme diminutive (paniculum, paniclum). Le Dictionnaire Robert de 1977 est plus instructif: «“PANIC (-nik’) ou PANIS (-niss’), n. m., lat. panicum, dérivé de panus, “fil de tisserand”. Bot. Plante monocotylédone (Graminées), herbacée, annuelle ou vivace, cultivée comme céréale ou plante fourragère. Panic millet. Voir Mil 2, Millet. Panic d’Italie (“milet des oiseaux”). Panic ou Panis germanicum. Voir Moha.»
     Commune du canton de Malesherbes, arrondissement de Pithiviers, Loiret.
     Pannecières donne son nom à un certain Eudes de Pannecières, témoin à Méréville du consentement à la donation de Godechal de sa veuve Arembour et de son fils Eudes (transaction 12), avec des nobliaux du pays, Gaudin fils d’Ansoué de Méréville et Geoffroy de Moret.
Petræ (A 20; B 15): Pierrefitte
     Ce toponyme Petræ, littéralement les Pierres, clairement étampois (puisqu’il s’agit d’une liste de témoin étampois) s’est conservé ailleurs, en pays chartrain sous la forme Pierres. Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.143) cette commune homonyme au canton de Chartres-Sud-Est, autrefois du canton de Maintenon: Petra-ficta (774, diplôme de Carloman); Petræ (vers 1125, cartulaire de Thiron); Petra (1240, charte du prieuré d’Épernon); Saint-Gervais et Saint-Protais de Pierres (1736, pouillé). On y constate donc a même alternance Pierres / Pierrefitte qu’à Étampes.
Urso de Petris      Aujourd’hui Pierrefitte, hameau d’Étampes, au singulier puisqu’il ne reste plus guère qu’un seul menhir debout, les autres ayant été détruits à l’époque moderne.
     Ce toponyme donne son nom à un nobliau étampois: Ours de Pierrefitte (Urso de Petris, littéralement:
des Pierres), témoin à Étampes du consentement de Guillaume, fils de Bernoal, à la donation de Vierville par Gautier (transaction 6). Il s’agit vraisemblablement d’Ours II fils de Thion II, bien connu par ailleurs, et dont se plaint notamment l’évêque saint Yves de Chartres.
Puteolum (b 24): Le Puiset
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.143): Puteolum (1095, charte du prieuré de Saint-Martin de Chamars); Puisat (vers 1120, id.); Puseatum (1122, charte de l’abbaye de Bonneval); Puteacensum castrum (1129, charte de l’abbaye de Thiron); Pusiacum (1179, charte du chapitre de Chartres); Puteacum (1217, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Puysatum (1230, id.); Pusatum (1232, charte de l’abbaye de Bonneval); Puisiolum (1240, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Puisatum (1299, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Pusacium (Orderic Vital, t. II, p. 412); Le Puisas (Chanson d’Antioche, vol. II, p. 112).
     Commune du canton de Janville (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     Le Puiset donne son nom à son seigneur Hugues Ier du Puiset, qui n’est pas mort avant 1096, rebelle à son suzerain le roi de France Philippe, à qui il a infligé un sévère défaite en 1079 devant le Puiset, et à la cour duquel il ne reparaîtra jamais. Le seigneur du Puiset, vicomte de Chartres, est témoin du consentement
de l’Étampois Payen fils d’Anseau (en fait représenté par Anseau fils d’Arembert) aux donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury (transaction 10).
     Il ne peut pas s’agir d’Hugues II, seigneur du Puiset de 1097 à 1106 puisque pendant qu’il en fut le seigneur, avant de partir en Palestine dont il ne reviendra pas, Nivelon de Fréteval, qui signe aussi, était déjà parti en Palestine, dont il ne reviendra pas avant 1108.

     Il semble bien qu’à cette date encore Hugues du Puiset soit plus puissant dans le secteur que le roi de France Philippe Ier. Il a à sa cour le vicomte de Châteaudun, le seigneur de Fréteval, le seigneur de Friaize, et deux des plus puissants chevaliers d’Étampes, Payen et Aubert, les deux fils d’Anseau fils d’Arembert. Personne ne paraît songer à faire appuyer ces donations par un acte de l’autorité royale.
Roureium ou plutôt Rovreium (B 10): Rouvray
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet: Rubridum (vers 1080, charte de l’abbaye de Saint-Denis-en-France); Rivereium (vers 1250, pouillé); Rouvrayum-Sancti-Dionysii (1626, pouillé); Rouvray-les-Chaumes (1793).
     Il s’agit d’après le contexte très vraisemblablement de Rouvray-Saint-Denis, actuellement commune du canton de Janville, arrondissement de Chartres, car il est question du maire ou régisseur de Rouvray juste après un certain Geoffroy de Baudreville, village distant de 7 km de Rouvray-Saint-Denis et situé dans le même canton.
     Le maire ou régisseur de Rouvray-Saint-Denis, Arnulfus maior de Rovreio, est témoin à Étampes de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction 3).
Sancta Maria de Stampis (A 19, B 14): Notre-Dame d’Étampes
     On notera cette rétroversion Sancta-Maria, tandis qu’on aura plutôt, ultérieurement Beata-Maria.
     Collégiale fondée autour de l’an mil.
     L’abbé de Notre-Dame d’Étampes, Bernaol (A 19: Bernoalius abbas Sanctę Marię de Stampis, B 14: Bernoalus abbas Sanctę Marię de Stampis) est témoin à Étampes du consentement donné par son parent Guillaume fils de Bernoal d’Étampes à la donation de Vierville (transaction 6).
Sanctus Avitus (A 7; B 5, 7): Saint-Avit-les-Guespières
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet: Sanctus-Avitus-Guesperiae (vers 1250, pouillé); Sanctus-Avitus-juxta-Guesperiam (1359, registre des contrats du chapitre de Chartres); Saint-Avy-la-Guespière (1485, charte du prieuré de Nottonville); Sanctus-Avitus-prope-Illerium (1541, charte de l’abbaye de Thiron). La possession de l’église de Saint-Avit est confirmée aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190 (ecclesiam Sancti Aviti).
     Commune du canton de Brou (arrondissement de Châteaudun, Eure-et-Loir), à 22 km de Chuisnes, à 48 km de Denonville, à 56 km de Vierville. Merlet note qu’il y avait là un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Calais.
     Saint-Avit est selon toute apparence le lieu de résidence habituel de Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent. Ils y ont leur demeure (domus), où Milsent accomplit le rite de la donation de Vierville en donnant un rameau de sureau au serf Archambaud, représentant un moine de Chuisnes  qui n’a pas fait le déplacement (comme le précise la la notice B alors que la notice A avait masqué le fait). En revanche est présent un certain Thion de Cramisay, hameau de saint-Avit, qui leur est peut-être apparenté (transaction 2). La même notice précise un témoin oublié par la première rédaction,
Robert, son régisseur de Saint-Avit (B 7: Rotberto maiore suo de Sancto Avito).
Sanctus Germanus (B 35): Saint-Germain
     Merlet (p.164) ne relève pas moins de huit Saint-Germain dans le diocèse de Chartres entre lesquels il est difficile de trancher.
     Plutôt que du lieu-dit d’Alluyes appelé Saint-Germain, au canton de Bonneval, qui n’est qu’à 9 km de Saint-Avit-les-Guespières, il doit s’agit de Saint-Germain-le-Gaillard, à 5,5 km de Chuisnes, et comme cette commune dans l’orbite de Courville-sur-Eure, où se trouve un château dont dépendent les chevaliers de la famille Chef-de-Fer.
     Cette localité donne son nom à un certain Gautier (Gaulterio de Sancto Germano), témoin à Chartres du consentement donné par Gautier d’Aunay et sa susdite femme Milsent au don de quatre familles de colliberts de Denonville par Hersent (transaction 15).
Sanctus Sigius (A 21; B 15): Saint-Cyr-la-Rivière
     Cette graphie étonnante reflète en fait une prononciation vernaculaire où le R final s’est amui, comme l’atteste aussi une graphie Sanctus-Ciacus attestée en 1116 selon Merlet pour le hameau de Saint-Cyr dans la commune de Senonches (arrondissement de Dreux, Eure-et-Loir) qui reflète clairement une prononciation *Saint-Cy. L’identification de ce lieu est légèrement douteuse, car il peut s’agir théoriquement autant du hameau de Saint-Cyr dans la commune de Senonches (arrondissement de Dreux, Eure-et-Loir), que de Saint-Cyr-sous-Dourdan (canton de Saint-Chéron, arrondissement d’Étampes, Essonne) ou de Saint-Cyr-la-Rivière. Le contexte pointe cependant vers cette dernière solution. Pour Saint-Cyr-la-Rivière Hippolyte Cocheris donne seulement (sans références, comme d’habitude), S. Ciricus et S. Ciriacus.
     
Saint-Cyr-la-Rivière, au canton de Méréville, arrondissement d’Étampes, Essonne.
     Saint-Cyr donne son nom à un certain Geoffroy clerc de Saint-Cyr (Gaufredus clericus de Sancto Sigio), qui apparaît dans une liste de témoins clairement étampois du consentement donné par Guillaume, fils de Bernoal d’Étampes, à la donation de Vierville (transaction 6).
     Une charte de 1222 conservée aux archives départementales de l’Eure-et-Loir sous la cote H.2368, que j’éditerai l’un de ces jours, mentionne un bail donné à un certain Thomas clerc de Saint-Cyr d’Étampes, Thome clerico de Sancto Ciriaco Stampensi, c’est-à-dire de Saint-Cyr-la-Rivière.
Seenuilla (B 19): Sainville
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.143): Segetis-Villa, c’est-à-dire “domaine”, villa, de la récolte, seges, segetis (1084, charte du chapitre de Chartres); Sainvilla (vers 1130, charte du chapitre de Saint-Jean-en-Vallée); Seenvilla (1208, charte de l’abbaye de Saint-Chéron); Saivilla (vers 1250, pouillé); La maladrye du Petit-Saintville (1487, charte de prieuré de Léthuin); Saint-Pierre de Sainville (1736, pouillé). Ajoutons-y une graphie plus ancienne encore Sigenvilla (1067, charte de Philippe Ier). Je ne cacherai pas ici mon opinion, suivant laquelle il s’agit étymologiquement d’une “domaine de Seguin où l’anthroponyme revêtait probablement sa forme Sewin.
Girbertus major de Seenvilla      Sainville est ici représenté par le maire ou plutôt régisseur Gibert (Girbertus major de Seenuilla). Cette mairie appartenait au monastère de Saint-Benoît-sur-Loire. La charte de Philippe Ier de 1067 nous montre aussi comme témoin un maire de Sainville, au milieu d’autres maires de domaines appartenant à Saint-Benoît-sur-Loire; mais le texte est lacunaire et l’on ne connaît pas l’étendue de la lacune (quelques lettre ou plusieurs mots?): Gilbertus, major ipsius terræ, et frater ejus Rodulfus All[...] major Sigenvillæ, Gosfridus, major d’Alton, c’est-à-dire: Gibert, régisseur de la dite terre [probablement Saint-Pierre d’Étampes] et son frère Raoul  All... régisseur de Sainville, Geoffroy régisseur d’Authon. Apparemment en 1067 le maire de Sainville est déjà le frère d’un certain Gibert lui aussi maire, et le Gibert de notre notice, maire de Sainville à la génération suivante, est vraisemblablement le fils de l’un d’entre eux, sans doute de Raoul. Il apparaît comme témoin à Étampes de la donation de Godechal (transaction 8).
     Vers 1127, le régisseur de Sainville est un certain Ascelin (Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°40, p. 25: Ascelinus major de Seinvilla).
Sparronensis (Harduinus prior) (B 28): d’Épernon
     Voici les graphies anciennes d’Épernon que donne Merlet (p.143), les premières dans des chartes du prieuré d’Épernon: Sparro (1024 [erreur probable de Merlet à corriger en 1052]); Sparnaicum (1095); Esparnonium (vers 1120); Esparlo (vers 1150); Parlo (1208); Espernonne (1450); les autres ailleurs: Esparlum (cartulaire de Thiron); Sparnonium (vers 1130, charte du prieuré de Bréthencourt); Sparlo (vers 1130, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Sparnotum (vers 1140, charte de  prieuré de Chuisnes); Sperno (1415, id.); Esperlio (chron. Trivetti); Asparlo (Orderic Vital, t. III, p. 347); Esparnon (1282, charte du chapitre de Chartres); Esparno (vers 1297, cartulaire des Vaux-de-Cernay, p. 949); Espernon, qui jadis s’appelait Autrist, puis Espierremont (1603, terrier de Dancourt).    
     Commune du canton de Maintenon,
arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir, où les moines de Marmoutier avaient un prieuré.
     Le prieur d’Épernon Hardouin, avec son serf Ermengise, est témoin de la concession
faite par Arembour, veuve de Godéchal fils d’Oury (transaction 12) peut-être à Étampes, ou bien quelque part dans le pays de Méréville (les témoins étant des nobliaux de Méréville, de Moret et de Pannecières). Cet Hardouin est le premier prieur connu du prieuré Saint-Thomas d’Épernon (dont le roi Henri Ier a entériné la fondation par une charte donnée à Étampes en 1052). Il est aussi connu par une charte de 1092 entérinant à Blois un accord passé devant le comte Étienne (Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois).
     Il paraît être mort avant 1098, date à laquelle le prieur de Saint-Thomas s’appelle Guillaume.
     Un accord en date de 29 novembre 1119 entre les les moines de Saint-Jean-en-Vallée et ceux de Marmoutier (Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°20, p. 14) nous montre que le prieur de Chuisnes s’appelle alors Henri (S. Roberti Sparnonensis prioris).
     Voir: Émile LEDRU, «Le Prieuré Saint-Thomas d’Épernon» (daté 1897), in Charles MÉTAIS, Archives du diocèse de Chartres. III. Pièces détachées pour servir à l’Histoire du diocèse de Chartres. 1er volume. Études et documents publiés par L. l’Abbé Ch. Métais, Ch. Honoraire de Chartres [448 p.], Chartres, Ch. Métais, 1899, pp. 293-340, spécialement pp. 327 et 328.
Stampae (A 18, 19, 24; B 8, 13, 14, 15, 16, 19, 20, 21, 22, 23; D 37), Stampis Veteribus (B 23bis), Stanpensis moneta (D 36): Étampes, les Vieilles-Étampes, monnaie d’Étampes
     L’étymologie d’Étampes (chef-lieu d’arrondissement de l’Essonne) n’est pas établie. Toponyme attesté depuis l’époque mérovingienne.
Lisiardus de Stampis      Étampes est le lieu de résidence de plusieurs témoins, et celui de plusieurs transactions, bien que cela ne soit pas indiqué explicitement. Voici les données explicites.
     Deux transactions sont localisées explicitement à Étampes, la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, chez lui (
in domo sua apud Stampas, B 8, transaction 3) et
celle d’Amaury Roux d’Ablis (Factum est autem hoc apud Stampas, B 21-22, transaction 99), ce dernier habitant également Étampes puisque contrat précise que son champart lui sera réglé soit à Bréthencourt, soit à Étampes (B 21: ad Stampas uel ad  Bertoucuriam).
Rotbertus medicus de Stampis      Neuf personnages tirent leur nom ou leur dénomination d’Étampes:
     1)
Guillaume fils de Bernoald d’Étampes (A 18-19: Guillelmus filius Bernoalii de Stampis; B 13: Guillelmus filius Bernoali de Stampis) qui consent, à Étampes, à la donation de Vierville par Gauthier d’Aunay (transaction 6).
     2) Bernoal abbé de Notre-Dame d’Étampes
(A 19: Bernoalius abbas Sanctę Marię de Stampis, B 14: Bernoalus abbas Sanctę Marię de Stampis), témoin du même consentement (transaction 6).
(So)lidos XXXta Vque Stanpensis monetae      3) Harpin d’Étampes (B 15: Harpinus de Stampis), également témoin de ce consentement, quoique la première rédaction l’appelle plutôt Harpin de l’Étampois (A 21: Harpinus de Stampesio) (transaction 6).
     4) Lisiard d’Étampes
(A 24 = B 16: Lisiardus de Stampis) témoin, peut-être à Étampes, de lapremière donation de Godéchal fils d’Oury (transaction 7).
     5)
Gautier d’Étampes (B 19: Gaulterius de Stampis), témoin de la donation de Godéchal effectuée à Étampes (transaction 8).
     6)
Richer marchand d’Étampes (B 20: Richerius mercator de Stampis), témoin de la même donation de Godechal effectuée à Étampes (transaction 8).
     7) Obert d’
Étampes (B 23: Obertus de Stampis), témoin de la donation d’Amaury Roux d’Ablis à Étampes (transaction 9).
     8)
Guillaume des Vieilles Étampes (B 23: Guillelmus de Stampis Veteribus), témoin de la même donation d’Amaury Roux d’Ablis à Étampes (transaction 9).
     9)
Robert médecin d’Étampes (C 37: Rotbertus medicus de Stampis) témoin à Étampes de la donation par Geoffroy de l’Eau d’une terre de Vierville (transaction 18).
     Il faut y joindre d’autres personnages dont les noms renvoient clairement à des toponymes étampois:
Baudry du Fossé (B 23: Baldricus de Fossato), Robert du Cimetière (B 23: Rotbertus de Cimiterio), cités juste après Guillaume des Vieilles Étampes (B 23: Guillelmus de Stampis Veteribus): ils sont témoins, témoin de la donation d’Amaury Roux d’Ablis à Étampes (transaction 9), et encore Ours de Pierrefitte (Urso de Petris, littéralement: des Pierres), témoin à Étampes du consentement de Guillaume, fils de Bernoal, à la donation de Vierville par Gautier (transaction 6).
Stampesium (A 21): l’Étampois (le pays d’Étampes)
     C’est à ma connaissance la première occurence de ce terme, qui paraît synonyme du tour plus classique pagus Stampensis.
Harpinus de Stampesio      Ce toponyme donne son nom à Harpin de l’Étampois, du moins dans la première version de la transaction n°6, opérée à Étampes (A 21: Harpinus de Stampesio), car dans sa deuxième rédaction il s’appelle tout simplement Harpin d’Étampes (B 15: Harpinus de Stampis).
de Stonno (B 38): Léthuin; voir de Extolui
Testiariae (de) (B 32): les Têtières.
     Ce terme de Têtière est encore en usage dans la microtoponymie du pays chartrain, et désigne, au moins en patois beauceron, la partie élevée d’un champ ou d’un tertre, aussi appelée sommière; et c’est ainsi par exemple qu’une terre de la commune de Vierville s’appelle encore la Têtière à Tureau, au témoignage de Raymond Bouquery (voir notre bibliographie).
     Il s’agit ici d’un hameau de la commune d’Unverre dans le Dunois (arrondissement de Châteaudun).
     Ce toponyme donne son nom à un certain Rainaud des Têtières, témoin en un lieu indéterminé des contre-dons des moines à Rainaud fils de Thiou et à sa parentèle après la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 17).
     Il n’est pas douteux que
ce Rainaud des Têtières, cité après la mort de Gautier, juste après Arnoux d’Aunay et son frère Garin (B 32: Arnulfus de Alneto, Guarinus frater eius, Rainaldus de Testiariis) soit à identifier avec le Rainaud d’Aunay (B 29: Rainaldus de Alneio), frère des précédents et témoin de la transaction 12. Son neveu Gounier d’Aunay, aîné de Gauthier II, est lui même qualifié ailleurs, comme nous le montrerons, Gounier de Molitard, puis Gounier de Saint-Avit.
Trachetum (D 34): lieu-dit non identifié: Tracy.
     Ce toponyme est difficile. Il qualifie un certain
Hugues, témoin à Chartres du consentement de Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent Cherf-de-Fer à la donation par Hardouin de quatre famille de collierts de Denonville (transaction 15).
      Liste des témoins: Yves fils d’Hébert; Robert Fléaud; Garin de Bailleau; Hugues de Tracy; Gautier de Saint-Germain; Hardouin d’Adonville; le frère de Gautier d’Aunay, Arnoux.
     Ce qui ne nous aide pas, c’est que tant Bailleau et Saint-Germain peuvent pour leur part être identifiés difficilement.
     On cite ultérieurement un Giraud ou Girard de Tracheto, auteur de Vies des frères prêcheurs (Vitae fratrum ord. Praedicatorum a Geraldo de Tracheto), au XIVe siècle [B.-M. REICHERT (éd.), Fratris Gerardi de Tracheto O.P. Vitae fratrum ordinis praedicatorum necnon Cronica ordinis ab anno 1203 usque ad 1254, ad fidem codicum manuscriptorum accurate recognovit notis breviter illustravit Benedictus Maria Reichert (24 cm; 362 p.), Romae ("Monumenta ordinis fratrum praedicatorum historica" 1), 1896.
     Il existe un Traceium dans la Calvados, aujourd’hui Tracy (Narcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, Caen, Hardel, 1857, t. III, p. 566: Ecclesia de Tracheio), un autre Tracy dans l’Oise près Compiègne et un Tracy-sur-Loire dans la Nièvre.

     Dans notre secteur, rien. S’agirait-il d’une altération de Tron- en Tra-? De fait il existe un lieu-dit le Tronchet, à Chalo-Saint-Mars; en 1177 ou 1178, une charte de Jocelyn d’Auneau a pour témoin un Ricardus de Troncheio (Recueil de chartes et documents de Saint-Martin-des-Champs, t. II, p. 365): Depoin propose alors Le Tronchay-Maquereau, comm. de St-Arnoult-des-Bois, ca. Courville, ar. Chartres (Ibid., n. 372), mais pourquoi pas Le Tronchet étampois, plus proche?
     
Il reste cependant que cette supposée altération de Tron- en Tra- ne paraît pas bien explicable, ni bien satisfaisante. Il s’agit donc sans doute d’un lieu-dit Tracy, homonyme de celui du Calvados, aujourd’hui disparu.
Ventilaium (B 32-33): Ventelay
     Il s’agit de Ventelay, en latin Ventiliacum ou Ventilaium (canton de Fismes, arrondissement de Reims, Marne). Thibaud Ier de Blois, comte de Chartres, de Blois, de Châteaudun, de Tours, de Sancerre, et de Champagne avait fondé en 1040, de concert avec sa mère, un prieuré de Marmoutier à Ventelay, près de Reims (Henry Arbois de Jubainville, Histoire des ducs et des comtes de Champagne, 1859, p. 380).
     Les moines de Marmoutier paraissent avoir envoyé à Vierville un des serfs de leur prieuré champenois de Ventelay, près de Reims, qui est témoin quelque part entre Aunay et Vierville des contredons des moines à la parentèle de Rainaud fils de Thiou après la donation de la terre de Lomlu,  Constance de Ventelay (transaction 17).
     Ce moine nous est aussi connu par une charte du prieuré de Bréthencourt datée environ de 1080 et dont nous donnons le texte en Annexe 6e.
Vervilla (A titre, 23; B 33; C 34), Veriuilla (A 2, 15, 17, 18; D 1, 6, 11, 12, 15, 16, 18, 19, 22, 25, 27, 28), Verisuilla (D 2): Vierville
Gauterius de Vervilla famulus      Mise à part une graphie aberrante et isolée, Verisvilla, la rétroversion latine habituelle de ce toponyme est Verivilla, «Domaine de Vérus». Toutefois, à quatre reprises, transparaît ce qui doit être prononciation vernaculaire du XIe siècle, Vervilla, «Verville», d’où notre Vierville.
     Citons ici Lefèvre (1867): L’origine de Vierville est très-ancienne, si l’on en juge par les noms latins que ce lieu porte dans les chartes du moyen-âge: Verisvilla, Verivilla, Vervilla, Viervilla. Nous y trouvons deux étymologies: Veris-villa (la ville ou résidence du printemps, par opposition avec la résidence de l’hiver — Hyemis-villa — Janville. — Veri Villa, la villa ou ferme de Verus, appellation toute romaine. Cette dernière semble justifiée par les ruines anciennes que nous allons exhumer. L’argument de l’existence de ruines romaines n’a guère de valeur, car de nombreux lieux d’occupation gallo-romaine ont été rebaptisés au cours des âges et on a fort peu d’exemples avérés de conservation d’un toponyme gallo-romain pour des villages de cette taille. Surtou l’élément final -ville n’est pas compatible avec une étymologie gallo-romaine.
     On remarquera que dans le cas du lieu-dit homonyme Vierville-sur-Mer, en Normandie, on rapporte ce nom à un anthroponyme germanique
Wivar, car on trouve antérieurement pour ce lieu-dit les graphies Wiarevilla (1158) et Viarvilla (1264). Cependant cette évolution n’est pas supposable dans une région comme la notre ou le W- initial s’altère régulièrement en G-.
     Il reste donc à supposer que nous sommes en présence d’une aphérèse par déglutination (de même que dans le cas bien documenté du village voisin de Manterville, Ermentardivilla en 1111, Mentarvilla en 1257); le toponyme originel était vraisemblablement
*Agobertivilla, prononcé *Aiverville ou *Averville, domaine d’un certain Aivert, évolution bien attestée localement, dès le XIe siècle, de l’anthroponyme Agobertus, représenté notamment dans le cas de l’évêque de Chartres dont nous donnons une charte de 1055 environ (Annexe 6a) et qui la signe Aivertus.
     Commune du canton d’Auneau, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir.
Villa Illa (B 28): Villeau
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.189): Villeel (vers 1125, cartulaire de Josaphat, p. 26); Vilael (vers 1250, pouillé); Villaelli (1300, polyptique de Chartres); Villeolum (1626, pouillé); Saint-Jean de Villeau (1736, pouillé).
     Actuellement commune du canton de Voves (arrondissement de Chartres, Ruere-et-Loir).
     Ce lieu donne son nom à un certain
Hongier, Hungerius de Villa Illa, témoin de la donation, vraisemblablement à Vierville même, de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 16).
     Les moines de Marmoutier avait là un prieuré, dont les Archives départementales de l’Eure-et-Loir conservent deux chartes de cette époque, l’une de 1080 environ (H.2416: apud villam Viledellum nuncupatam) et l’autre de 1096 (H.2418).
     Au reste la possession de l’église de Villeau est confirmée aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190, juste après celle de Léthuin (AD28, H.2234, d’après Merlet, Inventaire-Sommaire, p.237ecclesiam de Lestonio, ecclesiam de Villeael).
Virso (A 8 = B 2): Vierzon
     Lefèvre dans son édition partielle de 1867 a porté erronément de Ursione (qui n’a pas de sens) au lieu que le manuscrit porte de Uirsone. Il s’agit de Vierzon, c
hef-lieu d’arrondissement du Cher. La Chronique des Seigneurs d’Amboise (éd. Marchegay et Salmon, Chroniques d’Anjou, t. 1, 1866, p. 210) cite au Xe siècle un Ernulfus de Virsone. Une charte de Marmoutier des environs de 1037 (éditée 1844 par Benjamin Guérard en annexe au Polyptyque de l’abbé Irminon, p. 356) porte la signature d’une moine Geoffroy de Vierzon (S. Gausfredi de Virsone).
     Vierzon donne son nom au prieur de Marmoutier, Robert de Vierzon (Rotberto de Uirsone), à qui
Milsent fait la donation, nominalement et bien qu’il soit absent de Saint-Avit, de Vierville (transaction 2), mais que nous voyons plus tard présent à Chuisnes (transaction 4).
     Il ne s’ensuit pas que que personnage vienne d’aussi loin, car Robert de Vierzon n’est peut-être que de Vieuvicq, à la limite des pays chartrain et dunois.
     En effet plusieurs chartes datant de la période de 1050 à 1090, et relatives au prieuré que Marmoutier avait à Vieuvicq, aux confins des pays chartrain et dunois, font allusion à des alleux qui y avaient appartenu à un certain Geoffroy de Vierzon (Gausfredus de Virsonio) puis à son fils, un certain clerc Humbaud, Uncbaldum clericum filium Gausfredi de Virsonio (1061); Unbaldus de Virsone (vers 1070); ex alodiis Humbaud que fuerunt Huncbaldi de Virsone in confinio pagorum Carnotensis atque Carnotensis (vers 1070). Textes cités ici d’après l’Inventaire-sommaire de Merlet, sous les cotes H.2500 et H.2501, p. 271.
Vlmeium (A 17; B 12). Ormoy
     Ulmeium est une variante fort courante en latin médiéval pour Ulmetum (“
lieu planté d’ormes”, de ulmus, “orme”). Il existe bien des Ormoy dans le secteur dont trois en Eure-et-Loir (une commune du canton de Nogent-le-Roi dans l’arrondissement de Dreux, un lieu-dit de la commune de Dammarie, dans le canton de Chartres-Sud-Est, et un lieu-dit de la commune de Courbehaye dans le canton d’Orgères-en-Beauce, arrondissement de Châteaudun) et deux en Essonne, Ormoy (commune du canton de Mennecy) et Ormoy-la-Rivière (commune du canton d’Étampes). Le contexte ne permet malheureusement pas ici de trancher.
     Cet Ormoy non identifié donne son nom à un certain Aubert (B 12: Albertus de Vlmeio), témoin de l’autorisation (en un lieu indéterminé) de la donation de Gautier d’Aunay par Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent; son père appelé aussi Aubert déjà en prenait nom (A 17: Alberto filio Alberti d’Vlmeio) (transaction 5).
 
Le secteur de Vierville sur la carte de Cassini (1756)
Le secteur de Vierville sur la carte de Cassini (1756)

ANNEXE 2
RÉPERTOIRE DES PERSONNES CITÉES
Notes de prosopographie


     Ce document mentionne nominativement plusieurs dizaines de personnes dont un certain nombre sont mentionnées par ailleurs dans des documents de même époque, dont l’analyse est à chaque fois nécessaire. L’analyse de ces données est en cours, mais elle est loin d’être terminée.

Aimelin (Haimelinus, A 20, Hamelinus, B 14), père d’Aubert
Aubertus filius Hamelini      C’est le père d’un certain Aubert (A 19-20: Haubertus filius Haimelini, B 14: Aubertus filius Hamelini), témoin à Étampes du consentement de Guillaume fils de Bernoal à la donation faite par Gautier (transation 6).
Airard, père de Pierre (Erardus, B 10), père de Pierre
     C’est le père d’un Pierre, témoin à Étampes de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée et du consentement de son frère Godéchal fils d’Oury de Vierville (transaction 3).
     (a) Airard est aussi connu en temps que tel par deux chartes étampoises de Philippe Ier, l’une de 1082 en faveur de Notre-Dame d’Étampes, qui nous fait connaître son deuxième fils Hugues, frère cadet d’Airard (p.
276, l.11: Petrus Airardi filius et Hugo frater ejus);
     (b) l’autre en faveur de la famille d’Eudes le maire de Chalo-Saint-Mard, non datée précisément, la date de 1085 apparaissant seulement dans une interpolation du XIIIe siècle (
éd. Prou, p. 425, l. 4: Petrus filius Erardi 1082).
     
(c) Une charte de Guy le Large de Pithiviers, datée de 1070 environ, nous fait connaître encore un troisième fils d’Airard appelé Thibaud peut-être décédé entre-temps. Elle porte la signature d’un Pierre d’Étampes, qui fut avec Thibaud, fils d’Airard (Bruel, Chartes de Cluny, tome IV, n°3438: S. Petri de Stampis, qui fuit cum Tetbaldo filii Arardi). On notera que Depoin, généralement très fiable, porte ici par erreur Airaud au lieu d’Airard dans une note de son édition du Liber Testamentorum, note 255, Araudi pour Arardi).
     On est donc fondé à croire qu’Airard d’Étampes a eu au moins trois fils, Thibaud, sans doute mort jeune, Pierre, aîné des survivants à l’époque de notre notice, et Hugues.

Airaud frère de Bernoal I d’Étampes et d’Éblon (Arraldus patruus illius Guillelmi, A 18, Arraldus patruus ipsius Guillelmi, B 14, Arraldus, A 22)
     Airaud est témoin à Étampes de la transaction 6. Il est l’oncle paternel du donateur Guillaume fils de Bernoal (A 18 = B 14); son frère Éblon est également témoin de la même transaction (A 20: Eblonius frater Arraldi; B 14: Ebulo frater eius).
Arraldus patruus illius Guillelmi      Le père commun de ces trois frères étampois, Bernoal I, Airaud et Éblon, était peut-être Geoffroy, lui-même fils du premier vicomte connu d’Étampes, Roscelin et frère cadet de Marc, successeur de Roscelin. En effet une notice du Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs datée par Depoin du début du XIIe siècle (n°XXVII, p. 36), mais qu’il faut peut-être dater plutôt d’avant nos transactions, cite comme témoin, avant même Payen fils d’Anseau, un certain Bernoal fils de Geoffroy fils de Roscelin (Interfuerunt autem ex parte ejus: Bernoalus filius Godefridi filii Roscelini, Paganus filius Anselli, etc.)
     On peut aussi s’interroger sur leur parenté avec Bernoal II, alors abbé de Notre-Dame d’Étampes et son frère Aubert (Albertus), cités juste après eux comme témoins de la transaction 6, ainsi qu’avec les autres Bernoal dont nous parlerons sous ce nom.
     D’autres documents mentionnent Airaud en temps que père de deux personages, Ours et Arnoux.
     (a) Une charte du Cartulaire de Longpont (éd. Marion, n°CCCXVIII, p. 254) datée des environs de 1100 nous fait connaître deux fils d’Airaud (Adraldus) qui est alors encore vivant quoique proche de la mort: Arnoux (Arnulfus, Adraldi filius, de Stampis) qui donne alors aux moines de Longpont une terre située à Favières; et Ours, alors décédé (pro anima fratris sui defuncti Ursonis).
     (b) Le même cartulaire de Longpont contient une charte de la même époque
où Arnoux fils d’Airaud est cité comme témoin juste après Geoffroy de Moret (éd. Marion, N°CCCXV, p. 253: Gaufredus de Moreto; Arnulfus, filius Arraldi). Rappelons que ce Geoffroy de Moret apparaît comme témoin de notre transaction 12 (B 28: Gaufredo de Moreth).
     (c) Une troisième charte non datée de ce cartulaire (n°CCCXXVI, pp.258-259
) nous montre Arnoux fils d’Airaud (Arnulfus, filius Arraldi de Stampis) témoin d’une donation d’un certain Bernoal d’Étréchy très vraisemblement apparenté aux deux Bernoal d’Étampes (Ce Bernoal a alors un fils survivant Hugues, Hugo, et un fils décédé Thibaud, Tebaldus).
Airaud (Arraldus, A 24, B 16), père de Robert.
Rotbertus filius Arraldi      Cet Airaud est le père d’un certain Robert, témoin de la première donation de Godéchal (transaction 7) qui semble avoir lieu quelque part dans le pays étampois, entre Étampes et Méréville. Nous n’avons aucune bonne raison de l’identifier à Airaud frère de Bernoal I d’Étampes et d’Éblon, et d’en faire un frère d’Arnaud et Ours, quoi qu’on ne puisse l’exclure a priori.
Airaud de Dourdan (Arraldus de Dordano, C 28)
Arraldus de Dordano      Airaud de Dourdan est le troisième témoin de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 16).
     D’après sa place, c’est un nobliau. Sont témoins avant avec lui:
le prêtre Aubry et Guy fils de Serlon; et après lui: Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard.
Allard de Bréthencourt (Adelardus de Bertoldicuria, D 38 bis)
     Témoin de la
donation de Geoffroy de l’Eau fils de Félicie (transaction 18) avec son compagnon (socius) Robert, peut-être à Vierville. L’étude des chartes de Brétencourt nous en apprendra peut-être plus sur ce personnage.
Alleaume, frère de Robert d’Adonville (Adelelmus frater eius, B 27)
     La notice B mentionne trois nobliaux qualifiés d’Adonville. Il est d’abord question d’un Robert d’Adonville et son frère Alleaume (B 27), témoins à Auneau du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11); plus tard un Hardouin d’Adonville sera témoin à Chartres d’une concession de Gautier d’Aunay (transaction 15): tous trois paraissent des nobles voire des chevaliers.
     Rappelons qu’ultérieurement, selon Merlet, le fief d’Adonville relevera du duché de Chartres et ressortissait pour la justice à Auneau.
     Des recherches plus poussées aux archives départementales de Chartres nous en apprendront peut-être plus sur ces personnages.
Amaury fils de Rahier Ier de Mondonville (Amalricus filius Raherii, B 26)
     C’est l’un des témoins à Auneau du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 10).
     Il est cité en deuxième place, après Guy fils de Serlon, mais avant et avant le prévôt d’Auneau, Marin.
     Il s’agit d’Amaury fils de Rahier Ier de Mondonville (Amalricus filius Raherii). Mondonville est un hameau de la commune d’Amilly, canton de Lucé, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir.
     (a) Nous le connaissons en effet par ailleurs comme auteur d’une donation à l’abbaye parisienne de Saint-Martin-des-Champs, avant 1096 (Liber Testamentorum, acte n°80).
Il donne alors une terre dans son fief, de l’aveu de son seigneur, Garin de Gallardon (frère d’Hugues de Gallardon mentionné par notre transaction 11). Sa femme s’appelle Richaut (Richildis) et ses fils Rahier II et Jocelyn (Raherius et Joscelinus). Plus tard, Mabile, veuve de Garin remariée à Aimon Roux d’Étampes, contestera cette donation.
     (b) On possède aussi le texte d’une notice enregistrant une donation d’Amaury sur son lit de mort (Cartulaire de Saint-Père, n°LVI, p. 309) qui ajoute à la liste de ses enfants les noms de ses filles Libour et Eustachie (annuentibus conjuge sua Richilde, filiis Raherio, Joscelino, Guarino, Pagano, Amalrico, filiabusque Letburge et Eustachia) et qui nous donne le nom de sa sœur, fille de Rahier I, Godhaut (Godechildis ejusdem soror).
Amaury Roux d’Ablis (Amalricus Rufus de Ableis, B 19, 20, Amalricus Rufus, D 37, Amalricus, B 22, 29)
     1) Amaury Roux d’Ablis est témoin, apparemment à Étampes de la deuxième donation de Godechal. Il est sans doute chevalier car alors cité en deuxième position après Gautier d’Étampes; viennent ensuite le régisseur de Sainville Gibert; le marchand d’Étampes Richer, et Hébert de Denonville (transaction 8).
Amalricus Rufus de Ableis      2) Il donne lui même juste après cela un bien à Vierville, en se réservant le champart, qu’il percevra à son gré à Bréthecourt, c’est-à-dire semble-t-il au grenier des moines, ou bien à Étampes, ce qui tend à indiquer que c’est là son lieu de résidence habituel (A titre de comparaison, Godéchal se réservait le droit de percevoir le champart à Brétencourt ou à Méréville). Du reste, cette transaction se passe clairement à  Étampes, car les témoins en sont: Arnaud fils d’Aubrée, Christophe Roi, Obert d’Étampes, le chanoine Gibert, Guillaume des Vieilles Étampes, Robert du Cimetière, Baudry du Fossé et Hébert de Denonville. La transaction se fait avec l’autorisation de son épouse, c’est-à-dire de celle d’Amaury, et celle de ses deux fils, et de sa fille (transaction 9).
     3) Il tenait cette terre en fief d’Aubert fils d’Anseau (frère de Payen) qui donne son consentement (transaction 9).
     4) La donation faite par Amaury (ainsi que celle de Godéchal) reçoit ultérieurement, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, le consentement d’Anseau Robert fils de Béguin et de sa mère Eudeline, on ne sait à quel titre (transaction 13).
     5) Enfin Amaury Roux est témoin de la donation de
Geoffroy de l’Eau fils de Félicie et de son épouse Gile (transaction 18). Il est alors cité en deuxième position après le médecin d’Étampes Robert; viennent ensuite: le clerc Hardouin et un certain Garin serf de Geoffroy et Gile.
     (a) Cet Amaury résidant à Étampes est vraisemblablement à identifier avec un certain Emmauricus, Stanpensis oppidanus, vir egregius, marié, avec des enfants (filiis suis et uxore concendentibus), signalé par la Chronique de Morigny (f°62v°) comme l’un de ses bienfaiteurs, qui a  donné à cette abbaye la chapelle de Saint-Julien, dont nous savons qu’elle était du côté de la Tour de Brunehaut, près Morigny. Reste à déterminer ce que veut dire ici oppidanus Stanpensis, car ce mot d’oppidanus a en latin médiéval tantôt l’acception de châtelain, tantôt tout simplement celle d’habitant.
Amaury Bésen, père de Garin Bésin (Amalricus Bisenus, ultérieurement corrigé en Amalricus Besenus, A 16, Amalricus Bisenus, B 13), père de Garin Bésin.
     C’est le père d’un certain Garin témoin du consentement d’Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent à la donation de Vierville par Gautier d’Aunay (transaction 5).
     (a) Nous savons par ailleurs par une charte de Philippe Ier que ce Garin s’appelait lui aussi Bisen
(éd. Prou, p. 21, l. 7: Guarinus Basinus): il signe en 1060 une charte de l’évêque Aivert de Chartres ensuite confirmée à Étampes par Philippe Ier.
     (b)
Garin appellera son propre fils aîné Amaury. Voyez notre article Garin Bésin.
Anseau Ier père de Payen et d’Aubert d’Étampes (Ansellus, B 8, 9, 22, 23, 24)
     On prononçait probablement encore Ansel au XIe siècle, mais nous adoptons ici des orthographes normalisées.  Il est probable par ailleurs que Ansellus, Anseau, est un hypocoristique d’usage pour Anselmus, Anseaume.
     Cet Anseau est le père défunt de Payen (B 8, 23), qui est clairement chef de famille dès la transaction 3, et d’Aubert (B 9, 22, 24a).
     (a) Joseph Depoin s’était jadis persuadé  que cet Anseau, père de Payen et d’Anseau, était lui-même le fils d’un certain Gautier d’Étampes (Walterius de Stampis) mentionné par le Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs, avant 1096, comme le père d’un Pierre et d’un Anseau.
     (b) Or Gautier d’Étampes (
Gaulterius de Stampis) intervient comme témoin de notre transaction 8. Il semble donc que Depoin se soit fourvoyé. En effet nous le voyons ici témoin à Étampes alors que Depoin suppose être son petit-fils y agit en chef de famille (dès la transaction 3) et que son arrière-petit-fils supposé Jean est suffisamment âgé pour être témoin (dès la même transaction 3).
     (c) Il me semble plutôt que cet Anseau est l’Anseau fils de Jocelyn (Ansellus, Gauslini filius) que mentionne une notice du Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs (n°XXVII, pp. 34-36), notice que Depoin date sans argument du début du XIIe siècle mais qui pourrait au contraire être antérieure à nos transactions. En effet la notice en question évoque en deux temps, d’abord la donation de Gautier, puis, après lamort de Gautier. Si j’ai raison, Payen serait né d’une première union d’Anseau, qui épousa ensuite Haugart, sœur d’un certain Geoffroy, qui ne peut-être que le frère de Marc, vicomte d’Étampes, et fils comme lui de Roscelin.
     Nous voyons d’ailleurs au passage que Gautier, loin d’être le père d’Anseau, était apparemment le mari d’une fille que Haugart avait eu d’un premier lit (Walterius qui habebat privignam uxoris ejus
).
     Surtout, dans la seconde partie de cette notice, qui prend place après la mort d’Anseau, nous voyons précisément surgir comme deuxième témoin, après Bernoal fils de Geoffroy fils de Roscelin (Geoffroy paraissant mort lui aussi ), Payen fils d’Anseau, qui n’intervient que comme témoin, après la mort de son père, n’ayant pas de droit sur le bien naguère cédé par sa belle-mère Augart.
     On notera que le lieu-dit concerné par la donation est mal identifié par Depoin qui parle de Janville. Mais le texte, qui porte en fait Al Junvilla (sic), est certainement corrompu, et, comme il est dit que ce lieu-dit se trouve à côté de Gouillons (terra nostra quam habemus apud Al Junvillam que est juxta Goelliolum
), ce qui ne s’accorde pas avec Janville, qui en est distant d’une trentaine de kilomètres, il faut certainement corriger, à mon sens, Abunvilla, Abonville, commune jouxtant bien, elle, celle de Gouillons.
     (d) On comprendrait ainsi comment il peut se faire que Payen fils d’Anseau détienne la villicatio du villlage d’un village tel que Vierville, dont est seigneur principal le vidame de Chartres. Son père Anseau aurait été le fils de Jocelyn II de Lèves et d’Adèle (Adila, Ada), veuve d’Hugues Ier (lui-même vidame de Chartres, au moins jusqu’en 1059). Ainsi donc Guerry et Anseau auraient été frères utérins, et par suite, l’Étampois Payen fils d’Anseau et le vidame Hugues II fils de Guerry auraient été cousins germains, issus tous deux de la vidamesse Adèle.
Anseau fils d’Arembert (Ansellus filius Aremberti, B 24)
     Cet Anseau fils d’Arembert qui représente à Boisville-la-Saint-Père Payen fils d’Anseau paraît être l’un de ses hommes liges (transaction 10).
     Nous connaissons ce personnage par ailleurs.
     (a) Anseau fils d’Arembert fut aussi témoin de la charte étampoise de Philippe Ier en faveur d’Eudes de Chalo (charte dont la date de 1085 est très douteuse). Voici le texte adopté par Prou (p. 425, l. 2): Anselmus (avec une variante Ansellinus) filius Aremberti (avec une variante Aramberti); Fleureau (p. 79) porte Anselinus filius Aremberti. On observe d’autres flottements entre les anthroponyme Anselmus et Ansellus dans les chartes de Philippe Ier éditées par Prou (p. 280, l. 29; p. 281, ll. 6 et17; p. 428,  l.3). Il faut donc conclure à l’identité de ces deux Ansel ou Ansellin fils d’Arembert.
     (b)
Anseau fils d’Arembert (Ansellus filius Arenberti) est aussi mentionné par la Chronique de Morigny comme un bienfaiteur de cette abbaye, à laquelle il a donné la moitié de l’église d’Étréchy (f°62v°), l’autre moitié étant donnée par Aimon fils de Sénhaut (Haimo filius Senechildis de Firmitate  Bauduini).
     (c) Il a aussi donné à cette abbaye (noster Ansellus), selon la même Chronique de Morigny (f°63), un sixième de l’église Saint-Germain de Morigny, un autre sixième étant donné par le moine Élie (dont deux cousin s’appellent Geoffroy et Bernard), deux autres par Ours et Arnaud les fils d’Aubrée, les deux sixièmes restant n’étant pas encore récupéré par les moines à l’époque de la Chronique.
Anseau Robert fils de Béguin et d’Eudeline (Ansellus Rotberti filius Beguini, B 30)
     La deuxième partie du nom de ce personnage est au génitif (Ansellus Roberti), ce qui indique qu’il s’agit ici d’un patronyme qu’il a hérité de son père Béguin, qui devait donc lui-même s’appeler Béguin Robert. Anseau et sa mère, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, consentent aux donations opérées par Godéchal et Amaury (transaction 13).
Ansoué de Méréville (Anseus de Merer Villa, B 16, Ansua, génitif Ansue, de Merervilla, B 28, Ausueus de Mereruilla, A 24), père de Gaudin.
Gaudinus filius Ansei de Merervilla
     Ansoué, dont le nom a donné du fil à retordre à nos scribes, qui hésitent sur la rétroversion latine à lui donner, était un chevalier possessionné à Méréville et apparement défunt, dont le fils Gaudin est témoin, quelque part entre Étampes et Méréville, de deux transactions relatives aux donations de Godéchal fils d’Oury de Vierville, l’une de son vivant (transaction 7), l’autre après (transaction 12).
Galdinus filius Ausuei      Il était peut-être apparenté à la veuve de Godéchal, Arembour, qui paraît résider, au moins depuis le décès de Godéchal, dans le secteur de Méréville. Le nom de leur fils Eudes doit être aussi rapproché de celui d’Eudes de Pannecières (transaction 12).
     (a) Il ne faut probablement pas l’identifier à un certain chevalier Anseis, père d’un certain Payen témoin à Longpont vers 1110
(Moreherius miles, Paganus filius Anseis), avec  d’autres Étampois (éd. Marion, p.191), et vivant vers 1105 (Anseius miles, Moreherius miles, ibid. p. 203), encore qu’il ait bien existé un Moreherius de Stampis (ibid., p. 225).
     Le flottement dans la transcription de la première syllabe (Au- dans la première rédaction, An- dans la deuxième) ne doit pas nous étonner daans un secteur où on constate qu’on passe facilement de *Brétaucourt à l’actuel Bréthencourt. Cette confusion existe d’ailleurs encore de nos jours à Étampes, où j’ai lu début juin 2008, dans la copie d’une collégienne, enrevoir pour au revoir.
Archambaud, serf du moine Thion (Archembaldus famulus Theudonis monachi, A 9-10, Archenbaldus famulus, B 6)
     La première rédaction nous dit simplement que ce domestique du moine Thion a été témoin à Saint-Avit-les-Guespières, au domicile de Gautier d’Aunay, de la donation de Vierville Milsent; la deuxième précise qu’il y remplaçait le prieur de Marmoutier, qui n’avait pas fait le déplacement de Saint-Avit
, et que c’est à lui que Milsent a donné rituellement le bâton d’investiture, baculum (transaction 2).
Arembert (Aremberti, B 24), père d’Anseau (Ansellus).
     Arembert est le père d’un Anseau qui paraît être un homme lige de de Payen fils d’Anseau, qu’il représente lors d’une cérémonie d’armortissement dans la grange de Boisville-Saint-Père (transaction 10).
     
Cet Arembert est aussi mentionné par la charte étampoise pour Eudes de Chalo (trafiquée au XIIIe siècle et daté douteusement 1085), Arenbertus, père d’Anselmus, altération d’Ansellus (éd. Prou, p. 425, l. 2; on observe d’autres flottements entre les anthroponyme Anselmus et Ansellus dans les chartes de Philippe Ier éditées par Prou, p. 280, l. 29; p. 281, ll. 6 et17; p. 428,  l.3; quant au texte de Fleureau, étonnamment négligé par Prou, il porte alors Anselinus; il est plus que probable, de toutes façons, qu’Ansellus et Anselinus étaient des formes hypocoristiques d’Anselmus).
Arembour, épouse de Godéchal fils d’Oury (Aremburgis, B 29, Eremburgis uxor predicti Godiscalis filii Vlrici, B 27)
     Arembour, veuve de Godéchal fils d’Oury, avec leur fils Eudes, leur fils, donnent leur consentement à la donation de Godéchal, se trouvant alors apparemment dans le secteur de Méréville, puisque les témoins sont alors notamment Gaudin fils d’Ansoué de Méréville, Geoffroy de Moret et Eudes de Pannecières (transaction 12).
Arembour, fille de Thiou (Arenburgis, C 27)
     Fille de Thiou et d’Ermentrud, sœur de Rainaud, Pierre, Rosceline et Asceline, elle consent à la donation de la terre de Lomlu opérée par son frère Rainaud (transaction 16). Elle fait ensuite partie de ceux qui reçoivent un contre-don (transaction 17).
Arnaud fils d’Aubrée et sans doute d’Oury de Vierville (Ernaldus filius Alberedę, B 1, 7, 24, 24, 26, Ernaldus, B 8-9), frère de Godéchal
Ernaldus filius Alberede      1) Arnaud tenait à fief de Gautier d’Aunay la moitié de Vierville, sans doute celle que ce dernier tenait à fief de Guillaume fils de Benoal (cf. transaction 3 et transaction 7).
     2)
Arnaud fils d’Aubrée tenait à fief de Payen d’Étampes les deux tiers de la mairie (villicatio) de Vierville, le tiers restant étant détenu par son frère Godéchal (cf. transaction 3).
     3) Il concède les unes et les autres. Cette donation se fait chez lui à Étampes (in domo sua apud Stampas) (transaction 3).
     4) Cette donation se fait avec l’accord de son frère Godéchal (B 8:
concedente fratre Godiscale), à qui monsieur Thion Chef-de-Fer a donné pour cela deux sous, ainsi qu’une place chez nous à tous deux (transaction 3).
     5) Les donations qu’il effectue nécessitent aussi le consentement de Payen fils d’Anseau, donné par l’intermédiaire d’Anseau fils d’Arembert à la grange de Boisville-Saint-Père en présente d’Hugues du Puiset; elle est nécessaire pour ce qui concerne les deux tiers de la villicatio (transaction 10).
     6) La donation d’Arnaud nécessite enfin le consentement d’Hugues de Gallardon, pour la part de Vierville qu’il tient en fief de Guillaume via Gautier, vassal du seigneur d’Auneau pour ce bien-ci. Hugues de Gallardon donne donc à Auneau son consentement à la donation d’Arnaud en même temps qu’à celles de Gautier et de Guillaume fils de Bernoal (transaction 11).
     (a) Cet Arnaud fils d’Aubrée nous est également connu par la Chronique de Morigny, qui rapporte que les fils d’Aubrée Ours et Arnaud (filii Alberee Urso et Arnaldus) ont donné aux moines de Morigny chacun le sixième de l’église de Saint-Germain qu’ils détenaient (f°63). On notera que le premier sixième en fut donné par Anseau fils d’Arembert (noster Ansellus), selon la même Chronique de Morigny (f°63), personnage qui intervient aussi pour représenter Payen fils d’Anseau lors de notre transaction 10.
     Il semble donc qu’Oury, veuf et père de Godéchal, avait épousé Aubrée, veuve et mère d’Ours, et qu’ils avaient eu ensemble pour fils Arnaud. On peut donc légitimement se demander si le premier mari d’Aubrée n’avait pas été Thion II d’Étampes, fils d’Ours I et père d’Ours II, qui doit peut-être être identifié à Ours de Pierrefitte.
     (b) Quant à sa mère Aubrée, c’est elle qui très probablement qui a donné son nom au hameau d’Aubray dans la commune de Mérobert (Essonne), non loin de Vierville (Eure-et-Loir), qui est appelé Albereth dans une charte de Saint-Jean-en-Vallée à Chartres antérieure à 1130.
Arnaud fils de Baudouin (Arnaldus filius Balduini, A 21, Ernaldus filius Balduini, B 15)
     Cet Arnaud est témoin à Étampes du consentement donné par Guillaume fils de Bernoal à la donation de Gautier d’Aunay (transaction 6).
Arnèse (Erneisius, A 13).
     S
urnom ou nom de famille porté par un certain moine de Chuisnes, Gimard (Gingomarus Erneisius), qui disparaît dans la deuxième rédaction (B 11: Gingomarus)
Arnoux d’Aunay, frère de Gautier II (Arnulfus de Alneto, C 31, Arnulfus frater Gaulterii de Alneio, D 34)
     Arnoux d’Aunay est le frère de Gautier d’Aunay et paraît lui succéder comme chef de famille.
     1) Il est témoin à Chartres de la dernière transaction enregistrée par la notice B: du consentement donné son frère aîné Gautier à la donation par son beau-frère de quatre familles de colliberts: 
Arnulfus frater Gaulterii de Alneio (transaction 15).
     2) Dans la notice C, qui paraît plus tardive et peut-être du début du XIIe siècle, alors que Gautier est probablement mort, il est cité comme témoin de la donation par Rainaud fils de Thiou et sa mère Ermentrut de la terre de Lomlu, ou plutôt des contre-dons des moines à la parentèle de Thiou,
quelque part entre Aunay et Vierville. Il n’est plus alors cité comme frère de Gautier, mais lui-même titré d’Aunay; en revanche est cité après lui, et pour la première fois, leur frère cadet Garin: Arnulfus de Alneto, Guarinus frater eius (transaction 17).
     (a) Un Arnoux d’Aunay est mentionné après 1062 (ce qui n’est malheuresement pas très précis) par une notice de Marmoutier pour le Vendômois (éd. De Trémault, Cartulaire pour le Vendômois, Paris, Picard, 1893, n°LXXXVII, p. 138: Arnulfo de Alneto).
     (b) Entre 1075 et 1085 le même Cartulaire mentionne un Arnoux qui est peut-être le même, qualifié de Spelteriis, toponyme qui recouvre peut-être Épeautrolles, où nous voyons Gauthier d’Aunay émettre de son côté des revendications sur l’église du lieu (ibid., n°22A, p. 310: Arnulfus de Spelteriis).

Arnoux, régisseur de Rouvray-Saint-Denis (Arnulfus maior de Roureio, B 10)
     Ce maire, c’est-à-dire régisseur, Arnoux est simple témoin de la deuxième donation d’Arnaud fils d’Aubrée, au domicile de ce dernier à Étampes (transaction 3).
Asceline, fille de Thiou (Ascelina, C 27)
     Fille de Thiou et d’Ermentrud, sœur de Rainaud, Pierre, Arembour et Rosceline. Elle consent avec eux à la donation de la terre de Lomlu opérée par son frère Rainaud (transaction 16) et fait ensuite partie de la parentèle qui reçoit des contredons (transaction 17).
Aubert fils d’Anseau (Albertus filius Anselli, B 9, 22, 24).
     Aubert fils d’Anseau est le frère cadet de Payen fils d’Anseau.
Albertus filius Anselli      1) Il est témoin de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, au domicile de ce dernier à Étampes (transaction 3).
     2) Lui-même détient un bien à Vierville, deux tenures, qu’il avait données à fief à Amaury Roux d’Ablis, et il consent à la donation de ce dernier (transaction 9).
     3) C’est lui qui obtient le consentement de son frère Païen fils d’Anseau aux donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godechal fils d’Oury (transaction 10).
     4) Il est donc le premier témoin cité de la cérémonie qui se déroule dans la grange de Boisville, avant même le vicomte de Châteaudun Hugues et le seigneur du Puiset Hugues, Nivelon fils de Foucher et Garin de Friaize, lorsque ce consentement est donné, au nom de Payen, par Anseau fils d’Arembert
(transaction 10).
     (a) Il est aussi cité comme témoin par la charte accordée par Philippe Ier à Notre-Dame d’Étampes en 1082 (éd. Prou, 276, l. 7) et cela juste avant Bernoal, abbé de Notre-Dame d’Étampes.
     L’on est donc naturellement porté à se demander si Aubert fils d’Anseau et Aubert frère de Bernoal abbé de Notre-Dame d’Étampes ne pourraient pas être une seule et même personne; d’où il découlerait encore et surtout que l’abbé de Notre-Dame serait aussi à mettre au nombre des fils d’Anseau: mais rien ne l’indique positivement).
     (b) Il sera encore cité en 1106 par une charte de Philippe Ier, qui nous fait aussi connaître son fils Mainier (éd. Fleureau, p. 483; éd. Menault, p. 41; éd. Prou, p. 390, ll. 15-16): Alberto ejusdem Pagani fratri, Manerio ejus filio.
     (c) Une charte de Louis VII en date de 1162 environ, en faveur du monastère des Vaux-de-Cernay, le mentionnera encore en temps que père d’un certain Guy (Guido, filius Auberti de Stampis, concedente filia sua Adeliza et genero, dedit vineas quas habebat apud Estrecheium sicut eas libere possidebat, et hoc per manum Ludovici regis Francorum, t.1, pp. 34-35, elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/vauxcernay1/acte24/); à moins qu’il ne s’agisse alors d’un certain Aubert fils d’Isembard cité par le cartulaire de Longpont (n°CVIII, CCXXXVI & CCLXXXI).
     (d) Il est possible qu’il faille l’identifier au suivant, s’il est le père du Rainier qui est témoin avec lui, et d’autres, de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, au domicile de ce dernier à Étampes (transaction 3: Aubert fils de Gondagre; Aubert fils d’Anseau; Pierre fils d’Érard; Rainier fils d’Aubert; etc.).
Aubert père de Rainier (Albertus, B 10), père de Rainier.
     Peut-être à identifier avec Aubert fils d’Anseau.
     En effet cet Aubert est le père d’un certain Rainier qui témoigne en même temps qu’Aubert fils d’Anseau
de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, au domicile de ce dernier à Étampes (transaction 3).
Aubert frère de l’abbé Bernoal (Albertus frater eius, A 19, B 14).
Albertus frater ejus      Avec son frère Bernoal abbé de Notre-Dame d’Étampes (cité comme tel par deux chartes de Philippe Ier en date respectivement de 1082 et 1104), il est ici témoin, à Étampes, du consentement donné par Guillaume, fils d’un autre Bernoal, à la donation opérée par Gautier d’Aunay et Arnaud fils d’Aubray (transaction 6)
     Rien ne nous permet d’identifier à l’un de ses homonymes, qui suivent. On notera cependant que dans la charte de 1082 précitée, on trouve mentionné dans la liste des témoins Aubert fils d’Anseau. S’il fallait identifier ces deux Anseau, il faudrait aussi faire de notre abbé un fils d’Anseau, frère de Payen d’Étampes.
Aubert Ier d’Ormoy (Albertus d’Vlmeio, A 17), père d’Aubert II d’Ormoy
     Seigneur d’un Ormoy à identifier, probablement dans le pays chartrain, alors probablement décédé, dont le fils s’appelle aussi Aubert d’Ormoy. Il n’est plus mentionné dans la deuxième rédaction (B 13) de la transaction 5.
Aubert II fils d’Aubert Ier d’Ormoy (Albertus filius Alberti d’Vlmeio, A 16-17, Albertus de Vlmeio, B 13)
     Cet Aubert fils d’Aubert, seigneur d’un Ormoy à identifier, probablement dans le pays chartrain d’Ormoy, est témoin du consentement donné par Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent à la donation de Gautier d’Aunay (transaction 5). On constate de fait fréquemment dans les chartes du temps que le nom du père n’est pas donné quand il est le même que celui du fils.
Aubert fils de Gondagre (Albertus filius Gondagri, B 9)
Albertus filius Gondagri      Cet Aubert paraît un personnage considérable, vu qu’il est cité comme le premier des témoins, à Étampes, de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, avant même Aubert fils d’Anseau et Pierre fils d’Érard (transaction 3).
     (a) Nous voyons par ailleurs la signature d’un certain Geoffroy fils de Gondacre, Gauffredi filii Gundacri dans une charte de Philippe Ier en date de 1074 ou 1075 (éd. Prou, p. 179, l. 5), confirmant une charte peut-être de dix ans antérieure de Geoffroy de Gometz  (Gometz, canton de Limours, arrondissement de Palaiseau, Essonne), charte qui donne aux moines de Marmoutier, encore eux, le domaine de Bazainville (canton de Houdan, arrondissement de Mantes-la-Jolie, Yvelines).
     (b) Vu la rareté de cet anthroponyme, conjuguée à la proximité géographique des secteurs concernés, et à l’intérêt marqué pour la cause des moines de Marmoutier, on est naturellement porté à conclure jusqu’à preuve du contraire que l’Aubert de notre notice est un frère de ce Geoffroy.

Aubertus filius Hamelini Aubert fils d’Aimelin (Haubertus filius Haimelini, A 19-20, Aubertus filius Hamelini, B 14)
       Ce personnage est témoin à Étampes du consentement de Guillaume fils de Bernoal à la donation faite par Gautier (transation 6).
Aubert Vaslin (Albertus Vaslinus, C 28)
     Ce personnage paraît être un chevalier; en tout cas il est plus considéré que le forgeron et le meunier du village où il se porte témoin de la donation de la terre de Lomlu; il est cité en sixième position: 
le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard (transaction 16).
Aubert fils de Bouchard (Albertus Burchardi filius, C 29)
     Ce personnage semble faire partie d’une petite communauté rurale où il ne joue pas les premiers rôles; il est cité comme le dernier des dix témoins de la donation de la terre de Lomlu, après le forgeron et le meunier. Voici la liste: le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard (transaction 16).
Aubrée (Albereda, B 1, 8, 23, 24, 26), mère d’Arnaud et sans doute son frère de Godéchal
     Mère d’Arnaud fils d’Aubrée, à elle a sans doute légué ses droits sur Vierville, et de Godéchal. Elle est aussi sans doute mère de Godéchal, qui donne son consentement à la donation d’Arnaud en temps que frère (B 8: concedente fratre Godiscale).
Ernaldus filius Alberede      (a) Elle nous est aussi connue, sous la graphie Alberea, par la Chronique de Morigny, qui rapporte que les fils d’Aubrée Ours et Arnaud (filii Alberee Urso et Arnaldus) ont donné aux moines de Morigny chacun le sixième de l’église de Saint-Germain qu’il détenait (f°63).
     (b) Elle paraît aussi avoir donné son nom au hameau d’Aubray dans la commune de Mérobert (Essonne), non loin de Vierville (Eure-et-Loir), qui est appelé Alberetum et Albereth vers 1127 dans des chartes de Saint-Jean-en-Vallée (Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°37, p. 23  et n°40, p. 25).
Aubry, prêtre (Albericus presbiter, C 27)
     Le prêtre Aubry est le premier témoin cité de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (peut-être Orlu). Sont témoins avec lui: Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard (B 27-29).
      L’étude des chartes du prieuré de Chuisnes permettra sans doute de l’identifier plus précisément.

d’Aunay (de Alneto): d’Aunay-sous-Crécy
     Les présentes notices mettent en scène trois personnages qualifiés d’Aunay: Gautier II et des frères Arnoux et Garin. Cette famille n’est pas originaire d’Aunay-sous-Auneau, comme l’a cru Depoin, mais très certainement d’Auneau-sous-Crécy près de Dreux, à ce qu’il ressort de plusieurs indices convergents:
     (a) Gounier d’Aunay est possessionné à Raville, commune de Chérisy, près de Dreux.
     (b) Un certain Hugues de Rua-Nova partage avec lui cette possession. Il s’agit apparemment de La Rue Neuve, dans la commune des Bréviaires (Yvelines).
     (c) Gauthier II d’Aunay revendique des droits sur la
dîme d’Épeautrolles qui a été donnée aux moines de Saint-Père de Chartres par un certain Hugues de Dreux.
     (d) Le seul lien conservé entre cette famile et le canton d’Auneau est la possession par Gautier II de Vierville, qui lui vient de son épouse Milsent Chef-de-Fer.

     Je donne ci-après la liste des quatre premières générations de cette famille, selon l’état actuel de mes recherches (mai 2008).
     (1) X. d’Aunay
-sous-Crécy.
     (2a) Gautier I d’Aunay, apparemment marié à une sœur de d’Hugues de Nonant (fils sans doute d’Aitard de Nonant); ses fils qui suivent en (3).
     (2b) Rainaud d’Aunay, dit aussi des Têtières (commune d’Unverre) sans alliance ni descendance connues.
     (3a) Gounier d’Aunay, aussi appelé Gounier de Molitard (commune de Conie-Molitard), puis de Saint-Avit (Saint-Avit-les-Guespières), sans descendance connue.
     (3b) Jocelyn, sans descendance connue, sans doute mort jeune.
     (3c) Gautier II d’Aunay, époux de Milsent Chef-de-Fer
, sans descendance connue.
     (3d) Arnoux d’Aunay
, sans descendance connue.
     (3e) Garin d’Aunay, dit Torcul, père de cinq enfants qui suivent.
     (4a) Adam.
(4b) Aubert d’Aunay dit Payen Torcul.(4c) Galeran.(4d) Hébert.(4e) Arembour. (4f) Perronelle.
     (5) Gautier III d’Aunay, d’ascendance inconnue, cité vers 1120-1130.
Barbu (Barbatus, A 21, B 15), surnom d’un certain Gibert ou Hébert.
     Ce surnom somme toute assez rare est porté par un certain Gerbert (première rédaction, A 20: Gerberti Barbati), ou Hébert (deuxième rédaction, B 15: Herberti Barbati), père apparemment défunt d’un certain Pierre, témoin semble-t-il étampois de la donation d’Amaury Roux et du consentement d’Aubert fils d’Anseau à cette donation (transaction 9).
Bardoul (Bardul Villa, A 19, Balduluilla, B 10, Bauduluilla, B 14) personnage qui a donné son nom à Baudreville
     Il s’agit peut-être d’Hugues Bardoul (cité entre autres par les chartes de Philippe Ier, éd. Prou, p. CXLIV; p. 15, l. 1; p. 17, l. 8; p. 276, l. 6
).
Baudry du Fossé (Baldricus de Fossato, B 23, 28)
Baldricus de Fossato      1) Ce Baudry est témoin à Étampes du don qu’y fait Amaury Roux d’Ablis de deux tenures à Vierville, ainsi que du consentement donné par Aubert fils d’Anseau à cette donation (transaction 9).
     2) Il est encore témoin
, cette fois apparemment dans le secteur de Méréville, du consentement donné par Arembour, veuve de Godéchal fils d’Oury, et Eudes, leur fils, à la donation du dit Godéchal.
Baudouin (Balduinus, A 21, B 15), père d’Arnaud.
     C’est le père apparemment défunt d’un certain Arnaud, témoin à Étampes du consentement donné par Guillaume fils de Bernoal à la donation de Gautier d’Aunay (transaction 6).
Béguin (Beguinus, B 30), père d’Anseau Robert, probablement lui-même dénommé Béguin Robert
     Béguin est mentionné comme l’époux défunt d’une certaine Eudeline et le père d’un certain Anseau Robert. Anseau et sa mère, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, consentent aux donations opérées par Godéchal et Amaury (transaction 13).
     Comme son fils s’appelle Anseau Robert (Ansellus Rotberti filius Beguini), il faut croire que Robert représente ici un patronyme qui aura été transmis par Béguin à son fils Anseau.
     
La deuxième partie du nom de ce personnage est au génitif, ce qui indique qu’il s’agit ici d’un patronyme qu’il a hérité de son père Béguin, qui devait donc lui-même s’appeler Béguin Robert.
Bernard, jeune clerc (Bernardus clericus iuuenis, A 20, B 15)
Bernardus clericus juvenis      Ce jeune clerc Bernard, à Étampes, avec un autre clerc, Geoffroy clerc de Saint-Cyr (A 20-21, B 15: Gaufredus clericus de Sancto Sigio), est témoin du consentement donné par Guillaume fils de Bernoal d’Étampes à la donation de Gautier d’Étampes (transaction 6).
     Faut-il identifier ce clerc Bernard au chapelain homonyme de Philippe Ier qui contresigne sa charte étampoise de 1082 en faveur de Notre-Dame d’Étampes (Rotbertus et Bernardus, cappellani)? Rien ne nous permet pour l’instant de l’affirmer, d’autant qu’il serait alors qualifié jeune après au moins douze ans de carrière; mais on se souviendra que les officiers de la chancellerie du roi étaient essentiellement recrutés parmi ses chapelains, précisément.
Chevalier (tapiserie de Bayeux, vers 1077) Bernoal d’Étampes père de Guillaume (Bernoalius de Stampis, A 17-18, Bernoalus de Stampis, B 13, Bernoalus, B 26), à ne pas confondre avec son homonyme abbé de Notre-Dame d’Étampes).
     1) C’est le père apparemment défunt de Guillaume d’Étampes, qui donne son consentement à la donation de Gautier d’Aunay (transaction 6).
     2) L’un de ses frères survivants, témoin de la dite donation, est Airaud (qualifié d’oncle paternel de Guillaume,
A 18: Arraldus patruus illius Guillelmi; B 14: Arraldus patruus ipsius Guillelmi).
     3) Un autre de ses frères survivants, également témoin, est Éblon (qualifié de frère d’Airaud,
A 20: Eblonius frater Arraldi; B 14: Ebulo frater eius).
     Le père commun de ces trois frères étampois, Bernoal I, Airaud et Éblon, est était peut-être Geoffroy, lui-même fils cadet de Roscelin et frère de Marc vicomte d’Étampes. En effet une notice du Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs datée par Depoin sans argument du début du XIIe siècle (n°XXVII, p. 36) cite comme témoin, avant Payen fils d’Anseau, un certain Bernoal fils de Geoffroy fils de Roscelin (Interfuerunt autem ex parte ejus: Bernoalus filius Godefridi filii Roscelini, Paganus filius Anselli, etc.)
***
     Ce nom est rare, et parfois semble-t-il mal compris des scribes car le deuxième élément qui le compose est peu productif; c’est, selon Ernst Wilhelm Förstemann (Altdeutsches Namenbuch, Bonn, P. Hanstein, Bonn, 1901-1916, col 1219), -valah. Il faut peut-être considérer les graphies avec un D (Bernodalius, Bernoardus, Bernoaldus) comme une rétroversion infondée. L’extrême rareté de cet anthroponyme et la concentration de toutes ses occurences connues dans le pays d’Étampes et dans ses alentours immédiats permet d’affirmer que tous ceux qui le portent sont étroitement apparentés. Malheureusement, pour l’heure, les données disponibles ne sont pas suffisamment claires pour comprendre exactement lesquels il faut identifier et quels sont les liens qui unissent les différents porteurs de ce nom.
     Citons:
     (a) Le Cartulaire de Notre-Dame de Paris cite un Bernoal Potin vers 1079 selon Depoin (quoique l’éditeur Guérard dise plutôt 1085), Bernodalius Potinus (n°XVI, p. 324) et son fils Baudouin, témoins d’une donation de Guy, seigneur de La Ferté (Guido de Firmitate), et de son épouse Alais (Adeleisda). Le même Bernoal Potin donne aux moines de Morigny l’église de Cerny (Chronique de Morigny, éd. Mirot, p. 4: Ecclesiam de Serni dedit nobis Bernodalius Potinus).
     (b) Un certain Bernoal, frère d’Adam de Milly est témoin en 1080 à Melun de deux chartes de Philippe Ier (éd. Prou, p. 260, l. 2 & p. 262, l. 20: Adam de Milli et Bernodalius frater ejus).
     (c) Adam de Milly a lui-même un fils appelé Bernoal, cité vers 1095 puis vers 1100 (Cartulaire de Longpont, n°CCXXII, p.196: Bernaole filius; n°CCXCI, p. 235: Bernoala filius ejus).
     (d) L’abbé de Notre-Dame d’Étampes, qui suit (et qui avait pour frère un certain Aubert), cité aussi en temps que tel par deux chartes de Philippe Ier (en 1082 et 1104).
     (e) Une charte non datée du Cartulaire de Longpont (éd. Marion, n°CCCXXVI, pp. 258-259) nous montre Arnoux fils d’Airaud d’Étampes (Arnulfus, filius Arraldi de Stampis) témoin d’une donation d’un certain Bernoal d’Étréchy (Bernoardus de Estrichio) très vraisemblement apparenté aux deux Bernoal d’Étampes (Ce Bernoal a alors un fils survivant Hugues, Hugo, et un fils décédé Thibaud, Tebaldus).
     (f) Un certain Bernoal de la Ferté, sans qu’on sache bien clairement s’il s’agit de Bernoal Potin (éd. Mirot, p. 4: Bernodalius nobilissimus de Firmitate) et sa femme Mahaut puis leur fils Lisiard sont cités par la Chronique de Morigny parmi ses bienfaiteurs: ils donnent aux moines l’église de Guigneville; après la mort de Bernoal, Mahaud donne encore un encensoir et un calice d’argent doré, et Lisiard le grand vitrail du chevet de l’église (éd. Mirot, pp. 3-4: Ecclesiam de Guinevilla dedit nobis Bernodalius nobilissimus de Firmitate, et uxor ejus Mathildis, quae nobis fecit thuribulum argenteum magnum, et calicem similiter argenteum deauratum, quae et prima ecclesiae fundamina jecit, et in aliquantam altitudinem eduxit, et Lisiardus Flandrensis filius eorum, qui nobis vitream majorem in capitio fecit.)
     (g) Une charte du Cartulaire de Longpont non datée 
(n°CXI) mentionne un Gaufredus Bernoala témoin d’une donation du chambellan Ougrin, chevalier étampois bien connu du début du XIIe siècle, à l’occasion des obsèques de son épouse. Joseph Depoin (La Chevalerie étampoise, p. 75) propose la correction Gaufredus Bernoalii, «Geoffroy (fils) de Bernoal»; mais cette correction à absolument irrecevable, car ce personage est en fait cité six fois par le même cartulaire, toujours de la même manière (n°CXI, p.135: Gaufridus Bernoala; n°CXL, p.148: Gaufredus Bernoala; n°CXLIII, p.150: Gaufredus Bernoala; n°CCIV, p.186: Gaufredus Bernoale; n°CCLXXXIV, p.230: Gaufredus Bernoala; n°CCCIX, p.249: Gaufredo Bernoala). Nous avons déjà vu ces graphies Bernoala et Bernoale. On se rappellera de plus que selon Förstemann, l’étymon est précisément Bern-valah. Est-ce une coïncidence? Quoi qu’il en soit, selon Depoin (Chevalerie étampoise, pp. 84-85), «ce Gaufroi (Gaufredus) ne fait qu’un peut-être avec le Gaufroi Sauvage (Godefredus Silvaticus), prévôt royal d’Etampes en 1141», ce dernier ayant probablement, à ce qu’il me semble, donné son nom au hameau de Villesauvage.
     (h) Vers 1135, une charte conservée par le Cartulaire de Longpont signale un Bernoale de Saviniaco (n°CXXXVIII, p.147, Bernoale étant d’après le contexte un ablatif)
     (i) Vers le début du XIIe siècle (selon les éditeurs), un Bernoal fils de Geoffroy fils de Roscelin (Bernoalus filius Godefridi filii Roscelini) est le premier témoin cité à Étampes d’une transaction enregistrée  par le Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs (éd. Coüard et Depoin, p. 36), avant même Payen fils d’Anseau: Bernoalus filius Godefridi filii Roscelini; Paganus filius Anselli; Arnulfus de Alvers; Rainaldus de Dordingo; Teobaldus filius Ursonis; Nivardus Burdinus.
     (j) Un Bernoalius est encore cité en 1123 par une charte de Thomas abbé de Morigny (Cartulaire de Saint-Jean en Vallée de Chartres, n°31, p.18; id. n°32, p. 19), comme le père d’un certain Jean, moine de Morigny, juste après un moine appelé Hugues de la Ferté
(S. Hugonis de Firmitate, Johannis filii Bernoalii). La donation est faite avec le consentement de Payen fils d’Anseau (Pagano Anselmi filio), et l’accord passé avec le monastère de Saint-Jean-en-Vallée a notamment pour témoins Payen et ses quatre fils, dont Jean, ainsi que par Geoffroy de Moret. Ce Jean fils de Bernoal est sans doute un frère du Guillaume de nos notices sur Vierville.
     (k) Le Cartulaire de Josaphat cite encore vers 1147 comme témoin d’une donation de Barthélémy le Riche d’Étampes officialisée à Chalo un certain Bernoal ou Bernaud, son gendre (texte cité par Depoin, Chevalerie étampoise, p. 91, alléguant Ms. lat. 10102, fol. 41: Testes Johannes, Bernaudus generi ejus). On peut cependant se demander ici si cette graphie Bernaudus peut représenter le même anthroponyme Bernoal que nous étudions ici. J’en doute fort, malgré l’autorité de Depoin et son flair souvent remarquable.
     (l) On trouve encore vers 1155 un Bernoal de la Ferté (Bernodalius de Feritate) dans une charte de l’abbaye d’Yerres éditée en 1944 par Estournet (et traduite par moi ici: http://www.corpusetampois.com/che-20-estournet1944lafertealais.html#piece1).
     Merci de me signaler tout autre porteur de cet anthroponyme qui viendrait à votre connaissance.
***
     Voici pour comparaison les seuls Bernoal que j’ai trouvés pour l’heure hors de notre secteur:
     (a) Les  premiers sont des serfs mentionnés à l’époque carolingienne par le Polyptyque de l’abbé Irminon (éd. Guérard, 1844, t. II, p. 274:  Bernoalus colonus et uxor ejus nomine Sigrada; cf. Theodor Aufrecht & Adalbert Kuhn, Zeitschrift für vergleichende Sprachforschung auf dem Gebiete des deutschen, griechischen und latineischen, Berlin, 1852, p. 241:
«Bernoala (Pol. Irm. s. 90) und Bernoalus (ebendaselbst s. 274) steht fuer Bernvala und Bernvalus»).
     (b) Amalgardus colonus et uxor ejus colona, nomine Berta. Isti sunt eorum infantes: Bernoala, Bernoardus (ibid., p. 90).
     (c) Un autre est mentionné comme prieur de Saint-Marien d’Auxerre puis abbé de de 1203 à 1206 (Abbé Lebeuf, Mémoires concernant l’histoire civile et ecclésiastique d’Auxerre, p. 521, citant p. 66 le latin frater Bernodalis prior).

Bernoal abbé de Notre-Dame d’Étampes (Bernoalius abbas Sanctę Marię de Stampis, A 19, Bernoalus abbas Sanctę Marię de Stampis, B 14).

Bernoalius abbas Sancte Marie Stampensis      L’abbé de Notre-Dame a pour frère un certain Aubert, témoin avec lui du consentement donné à Étampes par Guillaume fils de Bernoal d’Étampes à la donation de Gautier d’Aunay (transaction 6).
     Il est évident que cet abbé et son frère Aubert sont apparentés à Guillaume et à son défunt père Bernoal, mais à un degré qui nous échappe.
     (1) Bernoal est le premier abbé de Notre-Dame d’Étampes dont le nom nous ait été conservé, et il est mentionné en temps que tel par une charte de Philippe Ier de 1082 en faveur de Notre-Dame (éd. Prou, p. 275, l. 4: Bernodalio tunc temporis eorum abbate; le passage suivant est corrompu et Prou n’a pas vu que certains mots avaient été déplacés par un copiste maladroit, p. 276, ll. 5-6 et 7: tunc temporis ipsius ecclesie abbas... Bernodalius).
     (2) On remarque d’ailleurs que cette charte favorise aussi les moines originaires de Saint-Germain de Fly (qui n’occupent pas encore Morigny) en officialisant leur infiltration dans le chapitre de Notre-Dame. Comme par ailleurs le nom de Bernodalius est aussi représenté à Morigny et à Étréchy, et que nombre des premiers bienfaiteurs des moines de Morigny paraissent possessionnés dans le secteur de la Ferté et d’Étréchy, il en faut conclure avec une quasi certitude que l’abbé Bernoal lui-même était membre d’une famille de la Ferté.
Berthaut (Bertoldicuria, D 38, Bertolcuria, B 17, Bertoucuriam, B 21), dame qui a probablement donné son nom à Bréthencourt, littéralement Cour (de ferme) de Berthaut.
     Les scribes de nos notices et d’autres semblent penser qu’il s’agissait au départ d’un anthroponyme masculin, Bertold-Berthoud; cependant une charte des environs de 1080, rédigée à Bréthencourt même en présence de la dame du lieu, écrit Bertildis Curia
(AD28, H2253, charte que éditée ici en Annexe 6e): il s’agit donc plutôt d’un anthroponyme féminin, Berthilde-Berthaut (Cf. Brunehilde-Brunehaut). Autre preuve d’une prononciation vernaculaire en -haut, le Cartulaire de Saint-Père de Chartres interprète cette terminaison comme un diminutif masculin en -ellus, et écrit, dans un acte daté de 1137, Bretelli Curia.
     C’est un exemple intéressant des erreurs que pouvaient commettre les contemporains dans leur compréhension des toponymes dont ils percevaient nettement le fonctionnement étymologique sans pour autant être à l’abri d’erreur de détail.

Bésin (Besenus, A 16c, Bisenus, A 16, B 13), nom de famille
     Ce nom de famille est porté par un certain Amaury, père apparemment défunt d’un certain Garin (Guarinus filius Amalrici Biseni), témoin du consentement d’Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent à la donation de Vierville par Gautier d’Aunay (transaction 5).
     Cet anthroponyme n’est représenté qu’une fois, sous la forme Basinus dans les chartes conservées de
Philippe Ier, et il s’agit alors du même personnage qu’ici, sous le nom de Guarinus Basinus (éd. Prou, p. 21, l. 7), qui signe en 1060 une charte de l’évêque Aivert de Chartres ensuite confirmée à Étampes par Philippe Ier. On voit par là qu’il s’agit bien d’un patronyme transmis de père en fils.
Borgne (Bornus, A 20, B 15), nom ou surnom porté par un certain Hugues
     Hugues le Borgne apparaît parmi des témoins du pays étampois du consentement donné par Guillaume fils de Bernoal à la donation de Gautier d’Aunay.
     Ce surnom ou patronyme est apparemment relativement rare; c’est pourquoi il est difficile de voir une coïncidence dans le fait que nous trouvons un Hébert le Borgne mentionné par la Chronique de Morigny comme l’un des premiers bienfaiteurs de cette abbaye. Cet  Herbertus Bornius (folio 63 r°) donne Bléville (Belovilla), au tournant du XIe et du XIIe siècle, à son heure dernière (ibid., folio 69r°). Il laisse une sœur dont le mari Geoffroy conteste la donation (ibid., folio 69 v°). Bléville se trouve dans la commune de Césarville-Dossainville (canton de Malesherbes, arrondissement de Pithiviers, Loiret).
Boson (Boso, C 28), père de Milon
     Père d’un certain Milon témoin de la donation de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 16).
Bouchard (Burchardus, C 29), père d’Aubert.
     Bouchard est un personnage de condition modeste (inférieur en dignité au
forgeron Gautier et au Meunier Rahier), apparemment défunt, dont le fils Aubert se porte témoin de la donation de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 16).
Breton (Britto, B 27), surnom ou patronyme porté par un certain Robert (Rotbertus Britto).
     Ce nom ou surnom pose des problèmes.
     Voir notre article Robert Breton.

Heaume (Xe-XIe siècles) Chef-de-Fer (Caput de Ferro, Caput Ferri, passim), nom de famille porté par Thion et son fils Hardouin
Chevalier (tapiserie de Bayeux, vers 1077)      1) Pandulf Chef-de-Fer (Lombardie, Xe siècle). Ce surnom est attesté déjà en Italie au Xe siècle, où il est porté par Pandulf Ier, appelé Tête de Fer (Pandolfo Testaferrata ou Capodiferro, Pandulfus Caput Ferreum dans le latin des Annales Beneventani), prince lombard mort en mars 981, prince de Bénévent et de Capoue de 943 à 981, et prince de Salerne à partir de 978.
     2)
Vivien Chef-de-Fer (Vendôme, années 1060) est mentionné à quatre reprises par des chartes de Marmoutier pour le Vendômois (éd. de Trémault, Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, Paris, Picard, 1893); c’est apparemment un ami ou un féal du chevalier Guismand de Vendôme (fils de Guismand de la Chappe et d’Aimeline fille d’Hugues Doubleau, ce dernier fondateur de Montdoubleau et fidèle d’Eudes II de Chartres). En août 1065, après une donation de Guismand faite en présence du comte Foulques, il fait partie des témoins de la donation du manse (n°XXXIII, p. 56: testes de mansure traditione: … Vivianus Caput Ferri); vers 1066, il est témoin d’une convention entre les moines et Guismand (n°XXVIII, pp. 43-44: Testes hinc sunt: Vivianus Caput ferri — Drogo de Aziaco — Thomas homo ejus); il témoigne devant le comte Guy de Vendôme que Guismand a bien vendu un moulin aux moines, puis se porte témoin du jugement rendu, apparemment en 1069 (n°XXXII, p. 52: de qua emptione cum haberet testem Vivianum Caput ferri, judicatum est calumniam ejus injustam esse… p. 54: de nostris:… Vivianus Caput Ferri). Il est témoin enfin d’une autre transaction à une date indéterminée (n°LXXI, p. 113: Vivianus Caput de Ferro). Il est possible qu’il soit le frère du chevalier Étienne Chef-de-Fer que nous voyons de son côté chevalier des sires de Courville-sur-Eure, à 87 kilomètres de là; mais rien ne l’indique positivement.
     3) Guillaume Chef-de-Fer (1269) est un clerc (Guillelmus Caput Ferri) mentionné le 17 avril 1269 par la correspondance administrative d’Alphonse de Poitier (n°1098, f°34).
     4) Jehan Chief-de-Fer, Dame Ameline Chief-de-Fer et Olivier Chief-de-Fer (vers 1292), d’après le registre de la taille du lieu, habitent à Paris; le premier est un courroier résidant rue de Quiquempoist (Hercule Géraud, Paris sous Philippe-le-Bel d’après des documents originaux, Paris, Crapelet, 1837, pp. 70 et 86), la seconde habite la même rue (p.70), le troisième aussi (p.90), bien que vers 1308, selon
le censier de Saint-Merry, il habite rue Symon Franc (éd. L. Cadier et C. Couderc, Cartulaire et censier de Saint-Merry de Paris, p.178). Apparemment de la même famille de courroyer, Guillaume et Phelippe Chief-de-Fer (vers 1313) sont recensés à leur tour par le registre de la Taille de Paris: Crestienne, femme de Guillaume, et Phélippe habitent tous deux la même rue de Qui-qu’en-pois (éd. J.-A. Buchon, Chronique métrique de Godefroy de Paris, suivie de la taille de Paris, en 1313, Paris, Verdière, 1827, pp. 74 et 75).
     5) Au XVIe siècle encore un duc de Savoie, Emmanuel Philibert (1528-1580) est surnommé Chef-de-Fer (Caput Ferreum): c’est dire qu’il ne faut pas chercher nécessairement de liens généalogiques entre tous ceux qui portèrent ce surnom (et il faut prendre garde à les distinguer de ceux qui portèrent un surnom dérivé de toponyme tels que Cap-Feret).
     D’autres documents chartrains, que nous donnons en Annexe 6, nous font connaître la famille de chevaliers qui dans le secteur porta ce surnom sur au moins trois générations, depuis le père de Thion, un certain Étienne, mentionné vers 1055 (Voyez notre Annexe 6a). Nous reprenons ici ce qu’écrit Joseph Depoin dans sa Chevalerie étampoise, p. 82, et que nous avons déjà mis en ligne:
     Etienne apparaît dans un acte épiscopal pour l’abbaye de Saint- Père entre 1048 et 1060, avec ses deux fils Thion et Aimon: «Stephanus Caput-de-Ferro et filii ejus Teudo et Amo» [Collection MOREAU, XXIV, 152].
     Vers 1083 [Depoin corrigera plus tard lui-même: en 1079 (B.G.)], Thion Chef-de-Fer est cité comme l’un des seigneurs de l’église Saint-Georges de Roinville lorsqu’elle fut donnée à Saint Martin des Champs; il y consentit, ainsi que sa femme Hersende et leur fils Hardoin. Plus tard Hardoin ayant réclamé, le prieur Orson transigea en lui offrant cinq sous, et à son fils Hugues des bottes et des souliers [Liber Testamentorum, nn. XXXVIII et XXXIX, p. 49-52].
      Toute cette famille reparaît dans l’entourage de Giroie de Courville, lorsque ce châtelain donne à Marmoutier, du consentement de Geofroi Ier, évêque de Chartres (1064-1084), l’église Saint-Nicolas fondée par son père Ives Ier et dont il vient de chasser les chanoines. On cite alors à ses côtés: «Teudo, filius Stephani Caput de Ferro cognominati; Harduinus filius ejus; Haimo frater ejus» [Collection MOREAU, XXVIII, 157-168].
     Hersende survécut à son mari [N.B.: Depoin paraît ignorer que Thion-Chef-de-Fer n’a quitté ce bas-monde qu’en se faisant moine (B.G.)]; elle est nommée dans un acte où son fils Hardoin agit comme seigneur de Denonville et sa fille Mélissende comme dame de Vierville: celle-ci avait pour mari Gautier d’Aunay-sous-Auneau [Archives de l’Eure (Lisez: de l’Eure-et-Loir, B.G.), H 2254]. Hardoin fut aussi l’un des chevaliers du sire de Courville; il est appelé eu effet: «Harduinus miles dictus Caput Ferreum de castro Curvavilla» [Archives de l’Eure (Lisez: de l’Eure-et-Loir, B.G.), H 2309]. Les moines de Saint-Père de Chartres concédèrent à Hardoin, à sa femme nommée aussi Hersende, et à leur fils Hugues les revenus de la sacristerie, l’un des offices de leur communauté, à condition qu’il fournit tous les ans un cheval de service au monastère [Ms. lat. fol. 461.]

     Nous avons mis en Annexe 6 tout ce que nous avons trouvé sur cette famille dont nous ne connaissons que six membres: Étienne, ses fils Aimon et Thion (époux d’Hersent de Denonville), les enfants de Thion, Hardouin et Milsent (épouse de Gautier II d’Aunay), Hugues enfin, fils d’Hardouin.
Chien (Canis, B 27), nom de famille porté par un certain Hugues.
     Hugues Chien (
Hugo Canis) paraît être un chevalier d’Hugues de Gallardon: il est témoin à Auneau de son consentement aux donations de Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11).
     Il s’agit ici du nom d’un patronyme bien représentée en pays chartrain mais aussi à Étampes. Un Eudes Chien par exemple (Oddo Canis) est témoin à Chartres entre 1081 et 1089 de la donation de l’autel de Roinville-sous-Dourdan (Liber testamentorum, p. 11).
     
Dans notre notice est aussi mentionné un Girbertus canonicus (B 23, transaction 9) visiblement étampois qui est selon toute apparence le Gislebertus Canis mentionné en 1112 comme le dernier abbé de Saint-Martin d’Étampes (éd. Fleureau, p. 479).
     En Étampois, comme je l’ai montré (Cahier d’Étampes-Histoire 6, pp. 76-79) ce patronyme est à l’origine (prononcé Chan) de deux toponymes, *Chan-Cul (Canisculus) devenu ultérieurement *Chan-Dos (Champdoux) d’une part, et Chanval d’autre part.

Christophe Roi ou Leroi (Christoforus Rex, B 23)
     Christophe Roi est témoin à Étampes, en compagnie d’autres Étampois, du don qu’y fait Amaury Roux d’Ablis de deux tenures à Vierville (transaction 9).
     Sur son surnom, ou patronyme, voyez notre article Roi.
     (a) L’existence à Étampes d’un Roi (Rex) est à nouveau attestée à Étampes en 1226. A cette date, une charte de l’archevêque de Sens Gautier Cornu entérine le partage du centre ville entre les deux paroisses de Notre-Dame et de Saint-Basile (Fleureau, Antiquités, p. 404). L’un des points de répère alors donné est la maison de Sainte-Croix d’Étampes qui est à côté de la maison de Roi de Corbeil (juxta domum Regis de Corbolio), passage qui a d’ailleurs été mal compris par les historiens d’Étampes depuis Louis-Eugène Lefèvre a voulu en tirer la preuve que les locaux de la Boucherie appartenaient au roi.

Constance, serf (de Ventilaio Constancius famulus, C 33)
     Le serf Constance de Ventelay, qui appartient aux moines de Bréthencourt comme son compagnon Gauthier d’Angleterre, est témoin des contre-dons opérés par les moines en échange de la donation de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 17).
     Ce serf
des moines de Marmoutier est originaire de leur prieuré champenois de Ventelay près de Reims, de Ventilaio.
      (a) Il nous est aussi connu, avec Gautier d’Angleterre, par une charte du prieuré de Bréthencourt datant environ de 1080 et dont nous donnons le texte en Annexe 6e.

Coscable (Coscablus monachus, B 26, domnus Constabilis, C 30)
     Le moine Coscable (dont le nom signifie tout simplement, dans le français du temps, Constant), porte comme Thion Chef-de-Fer le titre de dom Coscable, ce qui semble simplement signifier qu’il est moine.
     1) Coscable accompagne Thion pour aller demander à Hugues de Gallardon son consentement
aux donations de Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée, consentement accordé à Auneau (transaction 11).
     2) Coscable s’associe à nouveau à Thion pour offrir à Rainaud fils de Thiou et à sa famille différents contre-dons en échange de la donation de la terre de Lomlu (transaction 17).
Éblon frère d’Airaud (Eblonius frater Arraldi, A 22, Ebulo frater eius, B 14), et donc comme lui oncle de Guillaume fils de Bernaol d’Étampes.
Eblonius      J’ai choisi ici arbitrairement la forme Éblon plutôt que la forme Ebles: en fait l’une et l’autre alternaient en ancien français selon que ce nom soit dans la phrase sujet (Ebles) ou complément d’objet (
Éblon).
     
Éblon est le frère d’Airaud, avec qui il est témoin à Étampes du consentement donné par leur neveu Guillaume à la donation de Gautier d’Aunay (transaction 6).
     Il est notable que dans la première version de la liste des témoins, il soit placé en fin de liste, comme s’il avait d’abord été oublié (A 22); tandis que dans la deuxième version il a été introduit en début de liste, juste après son frère Airaud (B 14): tel était le lot des cadtes survivants. Ce cas est à comparer à celui de Gautier d’Aunay et de ses deux frères Arnoux et Garin. Arnoux est mentionné après Gautier comme son frère tant que ce dernier est vivant, et Garin ne l’est même pas. Puis, quand Gautier paraît décédé, Arnoux est cité Arnulfus de Alneto, et Garin est alors cité en temps que son frère.

Ermengise serf du prieur d’Épernon Hardouin (Ermengisus famulus eius, B 28)
     Ermengise, serf d’Hardouin, qui dirige le prieuré d’Épernon appartenant comme Chuisnes aux moines de Marmoutier, est témoin avec son maître du consentement donné à la donation Godéchal fils d’Oury de Vierville par sa veuve et son fils, apparemment quelque part dans le secteur de Méréville (transaction 12).
Ermentrut (Ermentrudis, C 26), veuve de Thiou et mère de Rainaud
     Veuve de Thiou, mère de Rainaud, Pierre, Arembour, Rosceline et Asceline. Elle consent moyennant finances à la donation de la terre de Lomlu opérée par son fils Rainaud (transaction 16) et fait ensuite partie de la parentèle qui reçoit des contredons (transaction 17).
Étienne (Stephanus, A 16; B 13), père d’un certain Thibaud
     Étienne est le père apparemment défunt d’un chevalier vassal du vidame de Chartres Hugues fils de Guerry, témoin du consentement donné à la donation de Gautier par
Hugues et sa mère Helsent, de qui le dit Gautier tenait en fief une part du dit village de Vierville (transaction 5).
     Il est à noter que le père de Thion Chef-de-Fer, qui a lui aussi était un chevalier du pays chartrain, sans doute dépendant de la châtellenie de Courville, s’appelait aussi Étienne.     

Eudeline (Odelina mater eius, B 30a, Odelina, D 30b), veuve de Béguin et mère d’Anseau Robert.
     Eudeline, mère d’Anseau Robert fils de Béguin, et donc elle-même veuve de Béguin Robert, en compagnie de son filssans doute à Vierville même ou à Léthuin, consent aux donations opérées par Godéchal et Amaury (transaction 13).
Eudes de Pannecières (Odo de Paniceriis, B 28)
     Eudes de Pannecières est sans doute un chevalier du pays de Méréville possessionné dans ce lieu-dit. Il est témoin avec d’autres personnages du secteur du consentement donné à la donation de Godéchal fils d’Oury de Vierville par sa veuve Arembour et leur fils Eudes (transaction 12).
     Il était peut-être apparenté à la veuve de Godéchal, Arembour, qui paraît résider, au moins depuis le décès de Godéchal, dans le secteur de Méréville, et qui a donné à son fils le même nom d’Eudes.
Eudes fils de Godéchal fils d’Oury et d’Arembour (Odo filius ipsorum, B 27)
     Eudes, fils de Godechal fils d’Oury et d’Arembour, consent avec sa mère à la donation qu’avait opérée (fecerat) son père aujourd’hui défunt (transaction 12). Ceci semble dater la rédaction de la notice B d’après la mort de Godechal, puisque c’est à sa femme, apparemment veuve qu’est donnée une gratification, alors que l’enfant est en âge de donner son consentement, tandis qu’il n’était pas mentionné jusqu’alors. Il apparaît aussi que l’accord de la femme  de Godechal n’était pas nécessaire jusqu’alors, et qu’elle ne peut ici réclamer qu’au titre des intérêts de son fils. Il s’ensuit que les droits de Godéchal fils d’Oury de Vierville sur Vierville lui venaient de ses parents, spécialement sans doute de son père, mais non de sa femme.
Eudes, serf des moines de Chuisnes (Odo famulus, A 13, B 11-12)
     Il s’agit d’un serf des moines du prieuré de Chuines. Il assiste à Chuines au consentement donné à la donation de Vierville par Hardouin Chef-de-Fer. Liste des témoins: Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin; le prieur Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques; Gimard Ernèse; le serf Eudes (transaction 4).
     Tous ceux qui le précèdent dans cette liste paraissent être des moines, comme le confirme ce qui suit.

     (a) Eudes, serf des moines de Chuisnes, est aussi mentionné avec le prieur Thibaud et le moine 
Évain comme témoin d’une donation d’Hardouin Chef-de-Fer à leur prieuré (dont nous donnons le texte en Annexe 6f): Voici les moines: le prieur Thibaud, Moïse, Évain, Giraud. Les laïcs: le prêtre Raoul, son frère Sichier, Geoffroy de Beaumont, Guillaume Roux, Arnoux, Gauslin Serve-en-gré, le serf Eudes, le cuisinier Gauslin, les prêtres Jeannou, Thierry et Jean.
Évain (Euanus, A 13, B 11)
      Il s’agit d’un moine du prieuré de Chuines. Il assiste à Chuines au consentement donné à la donation de Vierville par Hardouin Chef-de-Fer. Liste des témoins: Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin; le prieur Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques; Gimard Ernèse; le serf Eudes (transaction 4).
     (a) Le moine Évain est aussi mentionné avec le prieur Thibaud et Eudes, serf des moines de Chuisnes, comme témoin d’une donation d’Hardouin Chef-de-Fer à leur prieuré (dont nous donnons le texte en Annexe 6f): Voici les moines: le prieur Thibaud, Moïse, Évain, Giraud. Les laïcs: le prêtre Raoul, son frère Sichier, Geoffroy de Beaumont, Guillaume Roux, Arnoux, Gauslin Serve-en-gré, le serf Eudes, le cuisinier Gauslin, les prêtres Jeannou, Thierry et Jean.
Évroin (Ebroinus, A 13, B 11)
      Il s’agit d’un moine du prieuré de Chuines. Il assiste à Chuines au consentement donné à la donation de Vierville par Hardouin Chef-de-Fer. Liste des témoins: Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin; le prieur Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques; Gimard Ernèse; le serf Eudes (transaction 4).
     (a) Un moine de ce nom est mentionné à Brou et/ou à Chartres les 29 et 30 octobre 1104 (Cartulaire de Saint-Père, p. 481).
     (b) Un moine du même nom est prieur d’Orsonville après 1096 selon le Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs (note 403, p. 103).

Farinard (Farinardus, B 28), patronyme ou surnom porté par un certain Rainard
     Rainard (Rainardo Farinardo), témoin apparemment dans le secteur de Méréville du consentement de la veuve et du fils de Godéchal à sa donation (transaction 12).
     Il faut sans doute considérer Farin- comme une épenthèse, par analogie avec le mot farine, de l’élément Farn-, qu’on retrouve dans les patronymes ultérieurs Franon, Farnèse, Farnoux, Farnier.

Faucon (Falco, C 31)
     Ce Faucon est un chevalier qui fait partie de la parentèle de Rainaud fils de Thiou ou de sa femme. Il reçoit, en un lieu indéterminé, peut-être à Léthuin ou à Vierville, une épée et le droit de  se retirer à Marmoutier pour prix de son consentement à la donation par Rainaud de la terre de Lomlu (transaction 17).
Félicie (Felicia, D 33), mère de Geoffroy de l’Eau
     Félicie est la mère d’un certain Geoffroy de l’Eau ou de Lèves, qui donne, moyennent un contre-don de 35 sous, une terre d’une charrue et trois tenures (transaction 18). Il est probable que Geoffroy tenait cette terre de sa mère, sous quoi elle ne serait probalement pas nommée ici.
     Ce nom de Félicie est illustré notamment par une certaine Félicie de Ramerupt, septième fille de Hilduin (Audouin) ou Gilduin de Ramerupt (septima filia…Hilduini), qui épousa le roi Sanche de Galice (Genealogiæ Scriptoris Fusniacensis 20, éd. MGH SS XIII, p. 256) et fut mère du roi Alphonse d’Aragon. Or il faut noter que la sœur ainée de cette Félicie, Béatrice de Ramerupt (comitis Hilduini de Rameruth maior natu filia dicta Beatrix) avait épousé de son côté Geoffroy, frère aîné du vicomte de Châteaudun Hugues que mentionne justement notre notice C.
     Autre piste relative à cette Félicie: on note aussi des Félix dans la région, qui sont les trois seuls que mentionnent les chartes conservées de Philippe Ier: un comte de Dreux (éd. Prou, p. 424, l. 4: Felix comes Drocensis), un Serlon Félix (Sarlo Felix) qui signe vers 1102 avec Payen d’Étampes (Paganus de Stampis) un acte non localisé (p. 372, l. 1) et le chevalier de Pithiviers Tescelin Felix (p. 255, l. 28: Tescelinus Felix miles Petverrensis).
Fléaud (Flagellus ou Flagellum, B 35), surnom ou patronyme porté par un certain chevalier Robert témoin à Chartres.
     Bien que le latin ait rendu son patronyme par un mot latin flagellum, qui rend le français fléau (à battre le blé), il faut ici sans doute reconnaître l’anthroponyme Fléaud (Coüard et Depoin écrivent plutôt Flahaud), en latin Fladaldus, Fledaldus ou Flealdus.
     Ce surnom Fléau, Flagellum, est également porté par un moine de Marmoutier, panetier au prieuré de Vendôme (Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, n°CLXXXVII, p. 267: Bernardi panetarii nostri cognomento Flagelli).
     Notre Robert Fléaud (B 35:
Rotberto Flagello) est témoin à Chartres du consentement donné par Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent du don de quatre familles de colliberts de Denonville par Hardouin Chef-de-Fer et sa mère (transaction 15).
     Sur ce que nous savons de Robert Fléaud et de son fils Philippe, voyez l’article Robert Fléaud.
***
Est-il apparenté à Gautier fils de Fléaud, vassal de la famille d’Aunay?
     Comme Robert Fléaud apparaît en temps que témoin d’une transaction commune aux Chef-de-Fer et à la famille d’Aunay, on doit se demander s’il est apparenté à certain Gautier fils de Fléaud mentionné dans le secteur tantôt comme vassal de l’une ou de l’autre des ces deux familles.
     (a) Une donation de Gautier fils de Fléaud (Walterium, videlicet filium Fladaldi) est enregistrée par le Cartulaire de Saint-Père (p. 203) sous l’abbé Hubert (entre 1067 et 1078). Elle reçoit le consentement des personnes de qui il tient cette terre à fief près de Boisville: à savoir Gautier I d’Aunay et de ses fils, dont notre Gautier II (VValterius de Alneto... filiique ejus Gunherius, Gauslinus, Gualterius).
     (b) Vers 1083, une charte du Liber testamentorum de Saint-Martin-des-Champs nous montre  Gautier fils de Fléaud (Walterius filius Fledaldi) avec son fils Rainaud (Rainaldus) faisant la donation de la moitié de l’église Saint-Georges de Roinville, qu’il tenait en fief  de Thion Chef-de-Fer, de sa femme Hersent et de leur fils Hardouin (éd. Coüard & Depoin de 1905, p.51, http://elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/smchamps/acte39/).
     (c) Gautier fils de Fléaud (Walterius filius Flealdi) est cité
comme auteur de la donation d’une vicairie en Beauce datée du 7 mars 1082 (ibid., éd. Guérard, 1840, p. 238 et surtout, pour la date, p. 423), avec sa femme Fersent (Fredesindis) et son fils Rainaud (Rainaldus).
     Gautier I d’Aunay est donc mort avant le 7 mars 1082
     (d) Une autre charte de Gautier lui-même
(ego Walterius, filius Fledaldi) conservée par ce même cartulaire (pp.224-225) mentionne son frère Rainaud (Rainaldus). On y apprend que sa femme et sa belle sœur avait pour père un certain Bérard (Berardus) dont le frère s’appelait Guénin (Guaningus). Ses beaux-parents étaient neveux du moine Foulques (Fulco monachus).
     (e) Plus tard encore, après la mort de Gautier I d’Aunay, une charte de Gautier fils de Fléaud (Ego Walterius, filius Flealdi... S. Gualterii, filii Flealdi) conservée par le Cartulaire de Saint-Père (pp.238-239), sous l’abbé Eustache, 1079-1101)  nous donne le nom de son seigneur, Gounier, évidemment d’Aunay (per consensum domni mei Gunherii). Gautier mentionne aussi Lisiard qui semble être son frère (Lisiardus), sa propre femme Fressent (Fredesindis), son fils aîné Rainaud ainsi que les frères et sœurs de ce dernier (et filio meo Rainaldo, cum fratribus et sororibus suis) dont la liste est un peu confuse (S. Gualterii, filii Flealdi. Fredesindis, uxoris. Rainaldi, filii ejus. Heliae. Hugonis. Lisiardi. Adeline, filiae ejus. Elisabeth: littéralement: Marque de Gautier fils de Fléaud. De Fressent son épouse. De Rainaud son fils. D’Élie. D’Hugues. De Lisiard. De sa fille Adeline. D’Élisabeth.)
***
     Il n’y a donc pas trace de parenté entre Robert Fléaud et Gauthier fils de Fléaud, bien qu’ils apparaissent dans le même milieu que Thion Chef-de-Fer et que Gautier d’Aunay.
Fouchaud de Ludon (Fulchaldus de Ludone, B 31)
     Fouchaud de Ludon est témoin du côté des moines, dont il fait peut-être partie, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, du consentement d’Anseau Robert fils de Béguin et de sa mère Eudeline à la donation de Vierville par Godéchal et Amaury  (transaction 13).
Foucher Ier de Fréteval (Fulcherius, B 25), père de Nivelon
     Foucher, mentionné ici comme le père de Nivelon, est le deuxième seigneur de Fréteval, site fortifié par son père Nivelon Ier. A cette date il est peut-être encore vivant, s’étant retiré dans un monastère: on ne connaît pas la date de sa mort.
     Il est assez bien connu depuis que Charles Métais a rassemblé de nombreuses données sur lui en introduction à son édition du cartulaire de Marmoutier pour le pays de Blois. Nous y renvoyons.
     Charles MÉTAIS, «Foucher, deuxième seigneur de Fréteval», in ID., «Notes généalogiques sur les seigneurs de Fréteval», in ID., Marmoutier. Cartulaire blésois [CXLIII+540 p.], Blois, E. Moreau et Cie, 1889-1891», pp. XXVIII-XXXIV. 

Foulques (Fulco, A 13; B 11)
      Il s’agit d’un moine du prieuré de Chuines. Il assiste à Chuines au consentement donné à la donation de Vierville par Hardouin Chef-de-Fer. Liste des témoins: Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin; le prieur Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques; Gimard Ernèse; le serf Eudes (transaction 4).
Garin de Friaize (Guarinus de Friesia, B 25)
     Garin de Friaize est (comme Hardouin Chef-de-Fer) un vassal d’Yves II de Courville, dont les sources conservées nous gardent des traces de 1079 à 1120. L’importance de ce personnage est marquée par le contexte puisque, quoi qu’en fin de liste, il est mis sur le même plan qu’Hugues Blavons du Puiset, Hugues vicomte de Châteaudun et Nivelon de Fréteval; il est témoin avec eux de l’autorisation donnée par l’Étampois Payen fils d’Anseau (en fait représenté par Anseau fils d’Arembert) aux donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury; il est alors avec eux à la cour de d’Hugues Ier du Puiset, qui n’est pas mort avant 1096 (transaction 10).
     (a) On notera par exemple dans le Cartulaire de Saint-Père une notice non datée, 
sous l’abbatiat d’Eustache (1079-1101), concernant Garin qui n’était pas encore marié (éd. Guérard, t. II, p. 323).
     (b) Nous savons entre autres par une charte de mars 1094 (Cartulaire de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, tome II, pp. 499-500, texte donné ici en Annexe 6g) que Garin de Friaize comme Hardouin Chef-de-Fer étaient vassaux (fideles feodalesque nostri) du seigneur de Courville, qui lui-même rendait hommage à son suzerain (patronus) Nivelon de Fréteval. L’absence  lors de la cérémonie de la grange de Boisville du chaînon féodal intermédiaire entre la famille Garin et le sire de Fréteval, c’est-à-dire celle de Giroie (Gerogius), s’explique sans doute par le fait que c’est alors (en 1094 du moins) sa veuve Philippe (Philippa) qui tient Courville au nom de leur fils Yves.
     (c) Garin de Friaize est encore mentionné entre 1020 et 1027 en tête des témoins laïcs d’un amortissement de son seigneur Foulques de Courville, en compagnie de ses fils Garin et Hugues, ainsi que d’Yves fils d’Hébert (éd. Merlet, Cartulaire de Saint-Jean en Vallée, n°28, pp. 16-17: Garinus de Friessa et filii ejus Garinus et Hugo, Ivo filius Herberti, etc.), ce dernier étant témoin de notre transaction 15 (Iuone filio Herberti).

Garin de Bailleau ( Guarinus de Baillole, B 35)
     Il doit s’agir de Bailleau-le-Pin tout proche de Saint-Avit-les-Guespières, dans le même canton d’Illiers-Combray, et sur la route de cette ville à Chartres (plutôt que des deux autres Bailleau de l’arrondissement de Chartres, Bailleau-l’Évêque et Bailleau-Armenonville près Gallardon).
     Ce Garin, sur lequel nous n’avons rien trouvé pour l’instant, doit être un chevalier possessionné à Bailleau; il est
témoin à Chartres du consentement donné par Gautier d’Aunay et sa susdite femme Milsent au don de quatre familles de colliberts de Denonville par Hersent (transaction 15).
Garin Bisen, fils d’Amaury (Guarinus filius Amalrici Biseni, A 16, avec une correction postérieure Beseni; Guarinus filius Amalrici Biseni, B 13)
     Ce Garin est témoin du consentement donné par Hugues fils de Guerry et sa mère Hélisende à la donation de Vierville par Gautier d’Aunay. Il est cité après Yves fils de Norbert, Thibaud fils d’Étienne et Payen fils de Girard maréchal. Après lui est Aubert fils d’Aubert d’Ormoy (transaction 5).
     Ce personnage nous est autrement connu comme témoin d’une charte de l’évêque Agobert de Chartres, Guarinus Basinus, charte confirmée à Étampes le 25 novembre 1060 par Philippe Ier (éd. Prou, p. 21, l. 7), et accordant à Aubert, abbé de Marmoutier, l’autorisation de construire une église à Orchaise (près de Blois) en l’honneur de Saint-Barthélémy.
     Il nous est encore connu par une charte de l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs que ses éditeurs datent de 1106 (éd. Depoin 1905, pp. 76-77 puis 1912, pp. 79-80) et qui nous fait connaître les noms de son fils Amaury (Almaricus, nom qui confirme l’identification proposée ci-dessus) et de trois de ses filles, Rosceline (Roscelina), Richaut (Richildis) et Jocelyne (Gauslena), ainsi que celui de son beau-père, Eustache de Boulaincourt (Eustachius de Booloncurte).
Sont alors témoins, outre Hugues (II) du Puiset et son frère Guy (d’Étampes), Payen fils d’Anseau et son fils (sans doute Jean d’Étampes).
Garin, frère d’Arnoux d’Aunay (Guarinus frater eius, C 31)
     Témoin, apparemment dans le secteur de Vierville, des contre-dons opérés par les moines en échange de la donation de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou, il est cité pour la première fois, après son frère Arnoux, lui-même qualifié d’Aunay: leur frère aîné Gautier d’Aunay est probablement alors décédé (transaction 17).
     Sur Arnoux d’Aunay, je n’ai trouvé qu’un Arnoux d’Aunay mentionné à Vendôme, dont il n’est pas sur qu’il s’agisse du même personnage, peut-être décédé à son tour sans descendance, tandis que nous avons gardé plusieurs traces ultérieures de Garin (Voyez nos Annexes 7).
     (a) Une notice non datée du Cartulaire de Saint-Père de Chartres (p.451) le cite avec son frère aîné Gounier (Garinus de Alneto... annuente Gunherio fratre suo).
     (b) Il est témoin vers 1108 d’une donation de la vidamesse Helsent, après la mort de son fils Hugues fils de Guerry (AD 28, H.3114, éd. Merlet, Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°IX,  t. I, p. 7: Garinus de Alneto).

     (c) Une deuxième notice du
Cartulaire de Saint-Père de Chartres (pp.463-464) précise qu’il était surnommé Torcul et qu’il laissa à sa mort quatre fils, Adam, Payen, Galeran et Hébert, ainsi que deux filles, Arembour et Perronnelle (filii ejus Adam, Paganus, Galerannus atque Herbertus, et filie Eremburgis et Petronilla).
     (d) Son deuxième fils Aubert fut surnommé à sa suite Payen Torcul, à ce qu’on lit dans une charte antérieure à 1151 (Métais, Cartulaire de Notre-Dame de Josaphat, n°CLXXXIII, t. I, p. 226-227: Obertus de Alneto qui et Paganus Torcul dicitur
).
     Ce surnom de Torcul porté par notre témoin Garin d’Aunay, puis par son fils ne doit pas être interprété «Tort-Cul» au sens de «Cul-Tordu», mais «Pressoir», du latin Torculum, synonyme de Torcular, «pressoir, lieu où est le pressoir», attesté dès l’époque classique chez des auteurs tels que Varon et les deux Pline; ou bien Torculus, synonyme de Torcularius, «pressureur», attesté dès l’époque classique chez un auteur comme Caton (Agr.1,4; 14,68).
     Il est vrai que ce mot de Torcul, qui peut donc signifier tant
«pressoir» que «pressureur», n’est pas relevé par le Lexique de l’Ancien Français de Godefroid; mais, tout d’abord, ce dictionnaire est loin d’être exhaustif (nous avons vu par exemple qu’il n’enregistre pas le mot de panicière pourtant bien attesté par la toponymie); d’autre part le mot de Torcul est attesté par la toponymie (le lieu-dit helvétique Torcul à Bex dans le district de l’Aigle, au canton de Vau n’est évidemment pas «un endroit où l´on se tord le cul à cause d´une montée raide et sinueuse», comme on a pu l’écrire, mais un lieu-dit où se trouvait jadis un pressoir); enfin le mot Torcul est bien attesté également en haut-allemand au sens de «pressoir» (H. F. Massmann, Gedrängtes althochdeutschen Wörterbuch, oder Vollständiger zu Graff’s althochdeutsches Sprachschatze, Berlin, Nicolaischen Buchhandlung, 1840, p. 243: «Torcul, n / Torcula, f = torcular, praelum»). Ajoutons que Trocul, Trocu et Trocut, altérations probables par métathèse de Torcul, sont attestés comme patronymes dans la noblesse d’Ancien Régime.
     
Il s’agit donc peut-être d’un surnom caractérisant quelqu’un qui «pressurait» ses tenanciers en exigeant d’eux des redevances excessives; Littré donnent deux emplois métaphoriques analogues en français moderne pour les mots pressoir et pressurer, chez Montaigne et Mme de Sévigné.

Garin, clerc (Guarinus clericus, B 33)
     Ce clerc est apparemment un clerc des moines de Chuisnes, c’est en tout cas l’un de leurs témoins à Chuisnes de la donation par Hardouin Chef-de-Fer de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 14)

     (a) On notera cependant que vers la même époque un clerc Garin (Guarinus clericus), chanoine de Notre-Dame de Chartres (canonicus sancte Marie) est aussi le premier témoin cité d’une donation d’Hugues de Gallardon (voyez notre Annexe 6i): c’est donc peut-être un représentant de l’évêque de Chartres.
Garin, serf (Guarinus quidam famulus eorum i.e. siue: Rotbertus medicus de Stampis, Amalricus Rufus, Harduinus clericus, siue: Godefredus de Aqua filius Felicie et Gila uxor eius, D 37).
     Serf de Geoffroy de l’Eau (ou de Lèves) fils de Félicie et de son épouse Gile, témoin en un lieu indéterminé de leur donation d’une
terre d’une charrue et de trois tenures à Vierville, contre 35 sous en monnaie d’Étampes (transaction 18).
Gaston (Guastho, A 13, B 12)
      Il s’agit d’un moine du prieuré de Chuines. Il assiste à Chuines au consentement donné à la donation de Vierville par Hardouin Chef-de-Fer. Liste des témoins: Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin; le prieur Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques; Gimard Ernèse; le serf Eudes (transaction 4).
Gaudin fils d’Ansoué de Méréville (Galdinus filius Ausuei de Mereruilla, A 24, Gaudinus filius Ansei de Merer Villa, B 16, Gaudinus filius Ansue de Merervilla, B 28)
Gaudinus filius Ansei de Merer Villa      1) Ce Gaudin est témoin, quelque part entre Étampes et Méréville, de la première donation de Godéchal. Voici la liste des témoins: Thion Chef-de-Fer; Gaudin fils d’Ansoué de Méréville; Lisiard d’Étampes; Robert fils d’Airaud; Hébert de Denonville (transaction 7).
Galdinus filius Ausuei      2) Il est ensuite témoin, apparemment dans le secteur de Méréville du consentement de la veuve et du fils de Godéchal à sa donation; en effet témoignent avec lui deux autres personnages du secteur, Geoffroy de Moret et Eudes de Pannecières (transaction 12).
Gautier d’Étampes (Gaulterius de Stampis, B 19).
     Gautier est témoin à Étampes de la deuxième donation de Godechal. Voici la liste des témoins: Gautier d’Étampes; Amaury Roux d’Ablis; le régisseur de Sainville, Gibert; le marchand d’Étampes Richer; Hébert de Denonville (transaction 8).
Gaulterius de Stampis      (a) Ce Gautier d’Étampes est aussi mentionné par le Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs, avant 1096 (n°XL, p. 52: Walterius de Stampis), comme époux d’une certaine Adèle (Adela) et père d’un Pierre et d’un Anseau (filii eorum, Walterii scilicet et Adelæ, Petrus et Ansellus).
     (b) Pour autant Depoin s’est visiblement fourvoyé lorsqu’il a voulu en faire le père de l’Anseau qui fut le père de Payen. En effet nous voyons ici ce Gautier
témoin à Étampes alors son petit-fils supposé — selon le seul Depoin — y agit en chef de famille (dès la transaction 3), et que son arrière-petit-fils supposé Jean est suffisamment âgé pour être témoin (dès la même transaction 3). En fait, le grand-père de Payen était Jocelyn II de Lèves.
     (c) Nous pouvons encore préciser que la femme de Gautier, Adèle, était une fille de Haugart, elle-même fille du vicomte d’Étampes Roscelin. Haugart l’avait eue d’un premier lit, avant d’épouser, une fois veuve, Anseau, fils de Joscelin de Lèves et père d’Isembard dit Payen fils d’Anseau. Notre source est ici une notice du Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs (n°XXVII, pp. 34-36), notice que Depoin date sans argument du début du XIIe siècle, mais qui en fait fait allusion à deux transactions, la première avant la mort d’Anseau (et donc avant nos notices), la deuxième après. Dans la première nous voyons Anseau, sa femme Haugart, ses beaux-frères Arnaud et Geoffroy (frère du vicomte Marc, de sorte qu’on peut se demander si le nom réel de Marc n’était pas Arnaud), ainsi qu’un certain Gautier, époux de la fille d’un premier de l’épouse d’Anseau (Walterius qui habebat privignam uxoris ejus).
     (d) Un
Gautier d’Étampes (Galterius de Stampis) est encore cité par le Cartulaire de Longpont (éd. Marion, n°CLXXVIII, p.168), vers 1140 selon Marion, comme témoin d’une donation de Jean fils de Payen (Domnus Johannes filius Pagani de Stampis) et de sa femme (Eustachia), en même temps que l’abbé Thomas de Morigny. Ce n’est sans doute pas le même, à moins que la datation proposée par Marion ne soit erronée. Thomas fut abbé dès 1111.
Gautier II d’Aunay (Gualterius de Alneto, A titre, Gauterius de Alneto, A1, 14, Gauterius, A8, 15, 18, B 5-6, Gaulterius de Alneio, B titre, 6, 12, 25, 34, 35, Gauterius de Alneio, B 1, 25, Gaulterius, B 5, 6, 12, 13)
     Nous ne reprendrons pas ici tout ce que disent nos notices de ce personnage qui est le principal donateur de Vierville.
     Gautier et Milsent ne paraisse pas avoir eu d’enfants, puisque qu’aucun n’est mentionné comme consentant à leur donation; au reste, lorsque Gautier n’est plus mentionné, dans les deux dernières transactions, seuls le sont ses deux frères cadets Arnoux et Garin.
     Gautier nous est connu par ailleurs, ainsi que sa femme Milsent Chef-de-Fer.
     (a) Gautier et Milsent sont notamment mentionnés par les obits du chapitre de Saint-Jean-en-Vallée de Chartres. Ils lui ont
la moitié de la dîme et de la terre qu’ils possédaient à Mondonville (obits du 25 mai et du 16 juillet), dans le même secteur donc.
     (b) Une charte de Louis VII de 1162 confirmant de nombreuses donations faites à l’abbaye des Vaux-de-Cernay (éd. Merlet et Moutié, t. I, pp. 31-36) garde mémoire d’une donation non datée de Gautier et de sa femme: Gauterius de Alneto et uxor ejus, concedentibus filiis suis, dederunt tres arpennos terre ad Aytam, permittente Aschone de Sancto Remigio, de quorum feodo erat. Il s’agit apparemment de notre homme.
     Voyez notre article sur son frère Garin.
Gautier de Saint-Germain (Gaulterius de Sancto Germano, B 35)
   Merlet (p.164) ne relève pas moins de huit Saint-Germain dans le diocèse de Chartres entre lesquels il est difficile de trancher.
     Il s’agit sans doute de Saint-Germain de Gaillard, à 5,5 km de Chuisnes, et comme cette commune dans l’orbite de Courville-sur-Eure, et ce Gauthier doit être un chevalier dépendant comme les Chef-de-Fer du château de Courville. Gautier est témoin à Chartres du consentement donné par Gautier d’Aunay et sa susdite femme Milsent au don de quatre familles de colliberts de Denonville par Hersent (transaction 15).
     Le Cartulaire de Saint-Père de Chartres nous fait connaître un Payen de Saint-Germain (Paganus de Sancto-Germano) par deux transactions qui eurent lieu l’une entre 1101 et 1016 (pp. 559-550) et l’autre entre 1101 et 1120 (p. 282). Comme Payen est un nom d’usage très à la mode, il n’est pas impossible qu’il s’agisse du même personnage; ou bien est-ce son fils.

Gautier de Léthuin (Gaulterius de Extolui, B 31)
     Gauthier de Léthuin paraît être un moine. Il est témoinsans doute à Vierville même ou à Léthuin, du consentement d’Anseau Robert fils de Béguin et de sa mère Eudeline à la donation de Vierville par Godéchal et Amaury  (transaction 13).
Gautier, forgeron (Gualterius faber, C 27)
     Le forgeron Gautier est cité comme septième témoin, en un lieu indéterminé, peut-être Vierville même ou Léthuin, de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu transaction 16).
     Dans cette liste instructive du point de vue de la hiérarchie sociale du temps, il est cité avant le meunier. Voici la liste:
le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard.
Gautier serf de Vierville (Guauterius de Veruilla famulus, C 33)
Gauterius de Vervilla famulus      Ce serf Gautier de Vierville est le dernier témoin cité, soit à Vierville ou à Léthuin, des contre-dons opérés par les moines en échange de la donation de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 17).
     Nous ne savons pas s’il s’agit du même que le suivant.

Gautier, serf des moines (Gaulterius famulus B 31), peut-être le même que le précédent, ou que le suivant.
     Ce serf Gautier est le dernier témoin cité, en un lieu indéterminé, du consentement Anseau Robert fils de Béguin et sa mère Eudeline  à la donation opérée par Godéchal et Amaury (transaction 13).
     Nous ne savons pas s’il s’agit du même que le précédent, ou encore d’un autre, serf de Bréthencourt qui nous est connu par une charte de ce prieuré de 1080 environ, et dont j’ai mis le texte en Annexe 6e.
Gautier d’Angleterre, serf des moines (Guauterius de Anglica Terra famulus, C 32-33)
     Témoin avec son compagnon Constance de Ventelay des contre-dons opérés par les moines en échange de la donation de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 17).
     C’est peut-être un prisonnier de guerre, postérieurement à la conquête de l’Angleterre par Guillaume de Conquérant en 1066, ou bien qui aura reçu ce sobriquet par suite de quelque épisode difficile à deviner.
     (a) Ce serf nous est connu par une autre charte du prieuré de Bréthencourt en date de 1080 environ, et dont nous donnons le texte en Annexe 6e, où il apparaît aussi avec Constance de Ventelay.
     (b) Un autre (?) Gautier d’Angleterre, Gaulterius de Anglia, de statut incertain, est témoin, apparemment à Marmoutier même, d’une transaction relative à la terre de Bezai, en Vendômois, sous l’abbé Bernard soit entre 1081 et 1099 (Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, n°CLXXXI, p. 259.
Geoffroy de Baudreville (Godefridus de Bardul Villa, A 19, corrigé postérieurement en Godefredus; Godefredus de Balduluilla, B 10; Godefredus de Bauduluilla, B 14)
Gaudefredus de Baudul Villa      1) Geoffroy de Baudreville est le sixième des douze témoins à Étampes de la double donation d’Arnaud fils d’Aubrée et du consentement de son frère Godéchal (transaction 3).
     2) Il est ensuite, toujours à à Étampes, le quatrième ou cinquième des treize témoins du consentement donné par Guillaume fils de Bernoal à la donation d’Ernaud (transaction 6).
Geoffroy de Beaumont (Gaufredis de Bello Monte, B 33-34)
     Ce Geoffroy de Beaumont paraît être un chevalier possessionné dans le hameau du même nom qui se trouve aujourd’hui dans la commune de Chuisnes. L’un de ses serfs, Rainaud (Rainaldus famulus Gaufredis de Bello Monte), est témoin, à Chuisnes, de la donation par Hersent et Hardouin, ex-épouse et fils de Thion, de quatre familles de colliberts en provenance de Denonville (transaction 14).
     (a) Geoffroy de Beaumont apparaît lui-même comme témoin à Chuisnes d’une donation postérieure d’Hardouin Chef-de-Fer au prieuré du lieu, dont nous éditons ci-après le texte en Annexe 6f.
     (b) Il ne s’agit évidemment pas ici du comte homonyme de Beaumont-sur-Oise (mentionné par exemple par une charte de Philippe Ier donnée à Paris le 27 mai 1067, mais que Prou, p. 90, l. 37, considère comme un faux d’époque composé entre 1071 et 1073, portant la signature de Geoffroy comte de Beaumont, $ Gaufredi comitis Bellimontis), ni d’un Josfredus de Beaumont, qui serait mort un 10 janvier 1068 ou 1069 ou 1070, et qu’on suppose, sans preuve et avec hésitation être le fils ainé du comte Yves de Beaumont.
Geoffroy de Moret (Gaufredus de Moreth, B 28)
     Geoffroy de Moret est témoin du consentement à la donation de Godéchal par sa veuve Arembour et leur fils Eudes (transaction 12).
     Voici la liste des témoins: Gaudin fils d’Ansoué de Méréville; Rainard Farinard; Baudry du Fossé; Hardouin prieur d’Épernon et son serf Ermengise; Geoffroy de Moret; Eudes de Pannecières; Rainaud d’Aunay (D 28-29).
     Bien que ce Geoffroy ne paraisse pas ici dans une position très flatteuse, il semble avoir été un nobliau important puisqu’il est cité vers 1090 entre Jean d’Étampes et Ougrin fils de Gunard, personnages non négligeables (Cartulaire de Longpont, éd. Marion, p. 134: Gaufredus de Moreto). Il est cité aussi comme témoin d’une donation aux moines de Longpont juste avant Arnoux fils d’Airaud d’Étampes (éd. Marion, n°CCCXV, p. 253: Gaufredus de Moreto; Arnulfus, filius Arraldi).
     Il est encore cité comme témoin vers 1123 par une charte de l’abbé de Morigny Thomas conservée par le Cartulaire de Saint-Jean en Vallée de Chartres dans une liste de nobliaux étampois (n°31, p. 18: Gaufridus de Moreth; id. n°32, p. 19),
où l’on voit apparaître d’autres personnages mentionnés dans nos notices, dont Payen fils d’Anseau et son fils Jean, ainsi qu’un Bernoal père d’un moine de Morigny appelé Jean.
Geoffroy de l’Eau (ou de Lèves?) fils de Félicie (Godefredus de Aqua filius Felicie, D 33), fils de Félicie
     Ce Geoffroy donne, moyennent un contre-don de 35 sous, une terre d’une charrue et trois tenures (transaction 18).
     Il est probable que Geoffroy tenait cette terre de sa mère, sous quoi elle ne serait probalement pas nommée ici.
     (a) On notera ce nom fort rare de Aqua, dont l’interprétation est problématique: de l’Eau? ou de Lèves? car «ève» se disait en ancien français «ève», d’où notre mot «évier».
     (b) Il est porté justement à Étampes par le témoin d’une charte de Philippe Ier, Thibaud de l’Eau, ou de Lèves, Tetbaudus de Aqua (éd. Prou, p. 276, l. 8 seule occurence du toponyme dans toutes les chartres de ce monarque).
     (c) Un autre indice de ce que c’est un Étampois est le fait qu’il soit payé par les moines en monnaie
d’Étampes.
     (d) Il faut noter cependant la présence d’un chevalier apparemment chartrain Roger de Aqua à Courville en mars 1094, dans la liste de témoins suivante: Philippa; son fils Yves; Nivelon, Garin de Friaize, Hardouin Chef-de-Fer; Thibaud fils de Suger; Fron fils de Themier; son fils Yves; Yves fils d’Hébert; Roger de l’Eau ou de l’Ève ou de l’Eau (Rogerius de Aqua), monseigneur l’évêque, etc. (Nous éditons ce texte en Annexe 6g).
     (e) Félicie, mère de Geoffroy, était peut-être l’épouse de ce Thibaud, car la notice n°17 dans laquelle apparaît notre témoin, ne date peut-être que du début du XIIe siècle.
     (f) On peut se demander pour finir si
Thibaud n’était pas un cousin de Payen fils d’Anseau, lui-même fils de l’Anseau fils de Jocelyn II de Lèves (Ansellus, Gauslini filius) dont nous parle une notice du Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs (n°XXVII, pp. 34-36): Thibaud de Aqua aurait été un autre fils de Jocelyn II de Lèves, lui aussi installé à Étampes.
Geoffroy fils de Gireaume (Gaufredus filius Girelmi, B 10)
     Geoffroy est le cinquième des douze témoins à Étampes de la deuxième donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction 3).
     C’est apparemment un nobliau étampois.
Geoffroy clerc de Saint-Cyr (Gaufredus clericus de Sancto Sigio, A 20-21, B 15, Gaufredis clericus, B 30)
     1) Ce clerc Geoffroy est le neuvième ou dizième des treize témoins, à Étampes, du consentement de Guillaume fils de Bernoal à la donation de Gautier d’Aunay. Il est alors cité juste après un autre clerc, le jeune clerc Bernard, Bernardus clericus iuuenis, Gaufredus clericus de Sancto Sigio (transaction 6).
     2) Il est ensuite témoin, quelque part dans le pays chartrain, des contre-dons que font les moines à Anseau Robert fils de Béguin et sa mère Eudeline en échange de leur consentement aux donations de Godechal et d’Amaury (transaction 13); il est cité témoin des donateur, Raoul fils de Gauscelin, de Denonville, et non du côté des moines.
     (a) On notera que vers 1123 lorsque Jean fils de Payen, mentionné par nos notices comme témoin à Étampes (transaction 3), cèdera lui-même à l’abbaye chartraine de Saint-Jean-en-Vallée (Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, éd. Merlet, n°36, p. 23) ses droits sur Manterville (Hermentarvilla), commune limitrophe de Vierville, après la mort de son père Payen (puisque seuls sont mentionnés les accords de ses frères et cousins, de sa femme et de son beau-frère Ferry de Corbeil), la charte aura encore pour témoin un Geoffroy clerc d’Étampes (Gaufredus clericus de Stampis), qui est sans doute notre homme, nettement plus âgé, à côté d’un Guy clerc de Corbeil (Guido clericus de Corbolio).
      (b) Ce même clerc Geoffroy (Gaufridus clericus) est encore témoin à Étampes (apud Stampas) vers 1127 (
Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, éd. Merlet, n°36, p. 25).
     Il semble quoi qu’il en soit que le terme de clerc (clericus) ait ici le sens technique de scribe (attesté par le Lexicon de Niermeyer) voire de conseiller juridique.

Geoffroy avec ses fils et ses filles (Gaufredus cum filiis filiabusque suis, B 32)
     Serf de Denonville, père de plusieurs garçons et filles, dont l’ensemble forme avec lui quatre familles de colliberts de Denonville, qui appartiennent à Hardouin Chef-de-Fer et à sa mère.
     Ces quatre familles sont données aux moines de Marmoutier pour coloniser Vierville par Hardouin Chef-de-Fer (transaction 14).
     Le consentement du beau-frère et de la sœur d’Hardouin, Gautier d’Aunay et Hersent, est ensuite recueilli à Chartres (transaction 15).
Gile épouse de Geoffroy de l’Eau, ou de Lèves (Gila uxor eius, D 34)
     Gile (dont le nom Gila bien attesté dans le pays Chartran par le Cartulaire de Saint-Père est une évolution de Gisla, Gisèle) est l’épouse du
Geoffroy de l’Eau ou de Lèves qui donne une terre d’une charrue et trois tenures à Vierville contre 35 sous en monnaie d’Étampes (transaction 18).
Gimard Arnèse (Gingomarus Erneisius, A 13, Gingomarus, B 11)
      Il s’agit d’un moine du prieuré de Chuines. Il assiste à Chuines au consentement donné à la donation de Vierville par Hardouin Chef-de-Fer. Liste des témoins: Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin; le prieur Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques; Gimard Ernèse; le serf Eudes (transaction 4).
     Dans la première rédaction il s’appelle Gimard Ernèse, mais ce deuxième élement, surnom ou patronyme, disparaît dans la deuxième.

Girard Maréchal (Girardus marescalcus, A 16, Girardus mariscalis, B 13), père de Payen.
     Ce Girard Maréchal est cité ici comme le père d’un certain Payen, Paganus filius Girardi Mariscalci, lui même témoin, quelque part dans le pays chartrain, avec d’autres chevaliers chartrains, du consentement donné par Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent à la donation par Gautier de la part de Vierville qu’il tenait d’eux en fief (transaction 5).
     Il ne semble donc pas y avoir de rapport entre ce Girard et un certain Girard d’Étampes que voici. La donation de l’église de Bondoufle à Notre-Dame de Longpont, effectuée d’abord à Corbeil par Ferry de Corbeil fils de Gaudry et par notre Payen fils d’Anseau d’Étampes, a pour témoin à Longpont même (où seul Ferry s’est déplacé) un Girard fils de Girard d’Étampes, accompagné de son sergent (serviens) Rainaud de Bondoufle et du frère de ce dernier Jean (Depoin, Les Vicomtes de Corbeil, p. 52: Girardus filius Girardi de Stampis; Raginaldus de Bonduflo serviens ejus et Johannes frater ejus).
Gibert ou bien Hébert Barbu (Gerbertus Barbatus, A 21, Herbertus Barbatus, B 15), père de Pierre
     Ce personnage dont le nom précis est incertain (première rédaction, A 20: Petrus filius Gerberti Barbati; deuxième rédaction, B 15: Petrus filius Herberti Barbati) est donné pour le père apparemment défunt d’un certain Pierre, témoin semble-t-il étampois de la donation d’Amaury Roux et du consentement d’Aubert fils d’Anseau à cette donation (transaction 9).
Gibert, régisseur de Sainville (Girbertus major de Seenuilla, D 19)
     Gibert est témoin à Étampes de la deuxième donation de Godéchal (transaction 8).
     Voici la liste des témoins:
Gautier d’Étampes; Amaury Roux d’Ablis; le régisseur de Sainville, Gibert; le marchand d’Étampes Richer; Hébert de Denonville.
Girbertus major de Seenvilla      On notera qu’une charte de Philippe Ier en date de 1067 et relative à notre secteur, et que j’ai récemment rééditée en ligne, présente la signature du régisseur de Sainville dans un passage malheureusement lacunaire, cette lacune étant d’une longueur absolument indéterminée, peut-être de quelques lettres seulement. Voici la partie de cette liste qui nous intéresse:
     Du côté de monsieur l’abbé Hugues, il a y eu des moines: Thoin et Thielin, prévôt du susdit domaine monastique, et des laïcs: Gibert, régisseur de la dite terre et son frère Raoul [lacune commençant par All ou all] régisseur de Sainville, Geoffroy régisseur d’Authon, le chevalier d’Étampes Thion fils d’Ours.
     En latin: Gilbertus, major ipsius terræ, et frater ejus Rodulfus All[...] major Sigenvillæ, Gosfridus, major d’Alton, etc.
     Notre notice relative à Vierville, qui mentionne précisément, vingt à trente ans plus tard, un régisseur de Sainville (major de Seenvilla) appelé lui aussi Gibert (Girbertus), invite à supposer que notre lacune n’était que de quelques lettres, et que le régisseur mentionné par notre notice est le neveu  de son homonyme de la génération précédente.
Gibert, chanoine (Girbertus canonicus, B 23)
     Le chanoine Girbert est témoin à Étampes de la donation d’Amaury Roux d’Ablis et du consentment simultané à cette donation d’Aubert fils d’Anseau (transaction 9).
     Voici la liste des huit témoins: Arnaud fils d’Aubrée; Christophe Roi; Obert d’Étampes; le chanoine Gibert; Guillaume des Vieilles Étampes; Robert du Cimetière; Baudry du Fossé; Hébert de Denonville.

     Girbert est-il un chanoine étampois; mais appartient-il au chapitre de Saint-Martin, ou bien à celui de Notre-Dame?
     (a) Première possibilité, la plus vraisemblable. Gibert est un chanoine de Saint-Martin d’
Étampes. Ce serait en ce cas probablement celui qui en fut abbé jusqu’en 1112. Quoiqu’il n’en porte plus le titre en 1112, qui vient d’être donné à l’abbé de Morigny, il est alors encore cité en tête des chanoines, avant le magister et le cantor, sous le nom de Gislebertus Canis (charte de Louis VI selon Fleureau, Antiquités, p. 479).
     J’ai montré dans un article paru dans un Cahier d’Étampes-Histoire, puis dans mon édition en ligne de la charte de 1046 qu’il a existé au XIe siècle à Étampes une puissante famille Chien (prononcé Chan, en latin Canis).
Dans le secteur d’Étampes, les Chiens ont donné leur nom à *Chancul (Canisculus, Cul de Chien), devenu ultérieurement *Chendous (Dos de Chien, Champdoux), d’où l’actuelle ferme de Champdoux; et à Chanval (Val de Chien), près Guillerval. Il est probable, d’après la charte de 1046, que Champdoux a été donné au tournant du Xe et du XIe siècle à Notre-Dame d’Étampes par le prévôt Archambaud, qui était donc lui-même probablement un Chien.
     Rappelons que notre notice mentionne un autre Canis, apparemment chartrain, puisqu’il est cité entre Robert et Aleaume d’Adonville et Osmond de Gallardon (Rotbertus de Adunuilla et Adelelmus frater eius, Hugo Canis, Osmundis de Gualardone).
     (b) Deuxième possibilité. On ne peut exclure la coïncidence de deux chanoines homonymes, même si nous ne trouvons pas en 1082 de chanoine de Notre-Dame de ce nom dans la liste des témoins de la charte de Philippe Ier en faveur de ce chapitre, que voici; nous y trouvons en effet Otbertus canonicus, alors que le témoin cité avant Girbert est un certain Obert d’Étampes (Obertus de Stampis); mais notre notice ne dit expressément pas qu’Obert ait été chanoine.
     Le plus vraisemblable reste que notre chanoine Gibert est ici le membre de la famille Chien qui deviendra ensuite le dernier abbé de Saint-Martin. Ou bien prend-il déjà garde de ne plus employer le titre d’abbé.
     Une charte du Cartulaire de Saint-Jean-en Vallée datée des environs de 1123 mentionne pour témoin à la suite d’une série de nobliaux très clairement étampois, un certain Guillaume Chien (Guillelmus Canis); mais comme il est suivi d’autres témoins pour leur part chartrains, le contexte ne permet pas de trancher (n°34, p. 21: Johannes filius Pagani filii Anselmi, Menerius filius Alberti, Guido frater ejus, Erchenbaudus de Catena, Guillelmus Canis, Paganus Rufus, Amauricus de Mesteno, etc.). En effet le personnage qui est cité après lui est apparemment chartrain: selon une charte de 1096 conservée par le Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs (éd. 1905, pp. 19-20), Payen Roux était le surnom de Ferry, fils de Seguin, et neveu d’Hugues de Voves (Habebat autem domnus Hugo duos nepotes, filios Siguini fratris sui, quorum unus, qui major natu erat, Fredericus vocabatur et Paganus Rufus cognominabatur; alter vero Mauricius dicebatur).
     Cependant on ne peut être exclure a priori que ce Guillaume Chien soit le même que Guillaume des Vieilles-Étampes.
Gireaume, père de Geoffroy (Girelmus, B 10)
     Gireaume est le père apparemment défunt d’un certain Geoffroy, qui paraît un nobliau étampois, cinquième des douze témoins à Étampes de la deuxième donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction 3).
Godéchal fils d’Oury de Vierville, frère d’Arnaud fils d’Aubrée (Godescalis filius Hulrici de Veruilla, A 22-23, Godiscalis filius Vlrici, B 15, 24, 27a, Godiscalis, B 17, 29, Godescalis, B 27b; Godiscalis frater, B 8), époux d’Arembour et père d’Eudes.
     Godéchal est le fils d’un certain Oury de Vierville, et il est le frère un certain Arnaud fils d’Aubrée, ce qui semble signifier qu’il ne partagent qu’un seul parent, qui semble être Oury de Vierville, puisqu’ils sont tous les deux possessionnés à Vierville.
     Nous connaissons par la Chronique de Morigny un autre fils d’Aubrée appelé Ours. Nous ne savons pas qui était l’aîné, et si Godéchal est né d’une union d’Ourly antérieure ou postérieure à son mariage avec Aubrée.
     Godéchal possède des biens à Vierville, qu’il tenait probablement de son père (ce dernier étant qualifié de Vierville par la seule première rédaction de la transaction
7). Comme Arnaud, il les tenait à fief de Payen fils d’Anseau, puisque le consentement de ce dernier est nécessaire, et recueill par la transaction 10. Néanmoins il paraît résider à Méréville, où il est question de lui apporter le terrage dont il garde la jouissance (transaction 8).
     1) Godéchal donne son consentement à la donation opérée par son frère (transaction 3)
     2) Godéchal donne lui-même dans un premier temps, apparemment à Étampes,
la dîme de six tenanciers de Vierville (transaction 7). La deuxième rédaction est légèrement différente: elle prétend que Godéchal a donné (devant les mêmes témoins) le tiers de tout le fermage de tout le susdit Vierville et la dîme de toute la terre qu’il y détenait (transaction 7, 2e version).
     3) Il donne dans un deuxième temps huit tenures qu’il avait dans le dit Vierville, et pour finir tout ce qu’il y possédait, excepté le terrage (transaction 8).
     4) Le consentement de Payen fils d’Anseau à cette donation (en même temps qu’à celle d’Arnaud) est recueilli à la grange de Boisville-Saint-Père, en présence d’Hugues du Puiset (transaction 10).
     5) Le consentement de sa veuve et de son fils est recueilli moyennant finances, apparemment dans le secteur de Méréville (transaction 12).

  Gondagre, père d’Aubert (Gondagrus ou Gondager, B 9)
     Gondagre est ici cité comme le père d’Aubert, qui paraît un chevalier d’un assez haut rang, puisqu’il est le premier cité des témoins, à Étampes, de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, avant même Aubert fils d’Anseau et Pierre fils d’Érard (transaction 3).
Albertus filius Gondagri      (a) Nous voyons par ailleurs la signature d’un certain Geoffroy fils de Gondacre, Gauffredi filii Gundacri dans une charte de Philippe Ier en date de 1074 ou 1075 (éd. Prou, p. 179, l. 5), confirmant une charte peut-être de dix ans antérieure de Geoffroy de Gometz (Gometz, canton de Limours, arrondissement de Palaiseau, Essonne), charte qui donne aux moines de Marmoutier, encore eux, le domaine de Bazainville (Yvelines).
     (b) Vu la rareté de cet anthroponyme, conjuguée à la proximité géographique des secteurs concernés, et à l’intérêt marqué pour la cause des moines de Marmoutier, on est naturellement porté à conclure jusqu’à preuve du contraire qu’il s’agit de deux fils du même Gondagre ou Gondacre, apparemment décédé dès avant 1065.

     Le nom de Gondagre est bien représenté dans les chartes de Marmoutier pour le Vendômois sous différentes graphies, porté par un nombre d’individus difficile à déterminer sans une étude approfondie de la question, mais seulement peut-être trois, l’un au IXe siècle, le deuxième au XIe et le troisième au XIIe siècle: 1) un Gundacrus en 833 (éd. Trémault, Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, Paris, Picard, 1893, n°Ia, p. 276); 2) un Gundacrius vers 1061 (n°CLXXIII, p. 247); 3) un Gundacrus avec son fils Mathieu entre 1043 et 1061 (n°CLXXVII, p. 258: S. Gundacri. S. Mathei filius sui); 4) un Gundacrius/Gundracus le bâtard à plusieurs reprises (vers 1060, entre 1060 et 1084, vers 1062, en 1064, en 1065 deux fois et vers 1065: n°XXV, p. 41: Gundraco Bastardo; n°CXXVIII, p. 221: Gundacrius bastardus; n°LX, p. 98, n°VII, p. 11, n°XXIII, p. 56, n°XC, p. 145, n°XXXIII, p. 56: Gundraco Bastardo), 5) un Gundacrius entre 1066 et 1075 (n°XII, p. 20); 6) un Gundacorius vers 1069 (n°XXXII, p. 54: Gundacorus) en même temps qu’un certain Vivien Chef-de-Fer témoin du côté des moines de Marmoutier, et qui en fait peut-être partie (p.52: de qua emptione cum haberet testem Vivianum Caput ferri, iudicatum est calumniam ejus injustam esse; p. 54: Vivianus Caput Ferri) et vers 1070 (n°LXXV, p. 120: Gundacorus); 7) un Gundragius vers 1120 (n°LXIVa, p. 379: Gundragio cum filio suo).
Grimaud (Grimaldus, C 29)
     Grimaud est le père apparemment défunt, et condition très modeste, d’un certain Robert qui est l’un des témoins de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 16).
     Dans la
liste de ces témoins, instructive du point de vue de la hiérarchie sociale du temps, il est cité avant le meunier: le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard.
     (a) Notons la mention d’un péagier Grimaud, Grimoldus pedagiarius, entre 1119 et 1129, dans le même canton, par le Cartulaire de Saint-Jean en Vallée de Chartres; c’était peut-être le petit-fils du nôtre, selon l’usage onomastique du temps. Or il est pareillement mentionné après les forgerons, dont la dignité paraît donc supérieure à celle des garde-barrières.
     (b) Voici le relevé de cet acte que m’a aimablement communiqué Michel Martin, et que je n’ai pas encore vérifié: Guy de Rochefort, Béatrice sa femme, Arnoux de Garancière, Thomas d’Authon, Bernard de Boulonville, Hubert d’Eddeville, Geoffroy forgeron, Payen forgeron, Bourdin de Bréthencourt, Bérolin son fils, Grimaud péager (Grimoldus pedagiarius).
Guerrise fils d’Hébert de Denonville (Guerrisius filius Herberti, B 33) et frère d’Yves.
     Guerrise semble être lui-même un chevalier du pays chartrain, témoin à Chuisnes de la donation par Hardouin de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 14).

Guerry, vidame de Chartres, père d’Hugues II, également vidame (Guerricus A 14, B 12), époux d’Helsent.
     Guerry était le vidame de Chartres, dont la veuve Helsent et le fils Hugues, lui-même vidame, consentent, apparemment quelque part dans la pays chartrain, à la donation par Gautier et Milsent d’une partie de Vierville qu’il tenait d’eux à fief; Milsent de fait, étant fille d’Hersent, était la petite-fille d’Helsent et nièce d’Hugues (transaction 5).
     (a) Voici ce qu’en écrit Depoin dans son édition du Cartulaire de Saint-Martin-des-Champs de 1912, p. 41, note 38: «Renaud, vidame de Chartres, eut trois fils de sa femme Ode: Aubert, mort le 10 juillet 1032, Hugues I, qui le remplacèrent successivement, et Haudoin, chanoine de Chartres. Hugues était marié dès 1045 à Ade ou Adèle, dont il eut trois fils: Guerri, Hugues, Aubert II (Cart. de Marmoutier pour le Dunois, p. 33). Il prit part au siège de Thimert en 1059. Guerri succéda directement à son père (Guérard, Cart. de St-Père de Chartres, p. 212); il était en charge en 1063. Hugues fut clerc. Aubert II suivit en Angleterre, en 1066, Guillaume le Conquérant (Merlet et de Clerval, Un manuscrit chartrain du XIe siècle, p. 117).»
     (b) Dans une notice du même cartulaire très précisément datée par Depoin de 1079, où apparaît Thion Chef-de-Fer comme encore laïc, et que nous éditons en Annexe 6d, le vidame Guerry (Werricus vicedominus) est simple témoin de la donation d’une partie de l’église de Roinville est faite par les enfants de la veuve de son père Hugues: 1° Jocelin III de Lèves, fils du second mari d’Ade, et de Jocelin II; 2° Aubert et 3° le clerc Hugues, tous deux fils de Hugues et d’Ade. Comme le consentement du vidame Guerry n’est pas requis, mais qu’il est simple témoin, il s’ensuit que le bien venait tout entier de la dote d’Ade et que Guerry n’était pas son fils, comme le croit Depoin, mais plus vraisemblablement celui d’un premier lit du vidame Hugues I.
     (c) Selon l’obituaire de Saint-Jean-en-Vallée (éd. Molinier, Obituaires de la province de Sens, t. II, p. 226), Guerry est mort un 10 janvier.
     (d)
Selon Lépinois Hugues I est mentionné de 1048 à 1068, Guerry de 1079 à 1088 et Hugues II de 1089 à 1100 (Histoire de Chartres, t. II, p. 613, sans référence précise pour la date de 1088). Guerry paraît donc être mort entre en 1088 ou 1089, laissant deux fils sous la tutelle d’Helsent, Hugues II et Étienne.
     (e) Le deuxième fils de Guerry,
Étienne, sera abbé de Saint-Jean-en-Vallée puis patriarche de Jérusalem.
     (f) Sur sa fille Hersent, voyez ce nom.

Guillaume fils de Bernoal (Guillelmus filius Bernoalii de Stampis, A 17-18, Guillelmus, A 18, Guillelmus filius Bernoali de Stampis, B 13, 26)
     1) Guillaume, à Étampes, donne son consentement à la donation de Gautier pour la partie de ce village que ce dernier tenait de lui en fief (transaction 6).
     Il a pour oncles parternels (patruus) un certain Airaud, témoin, ainsi qu’un certain Eblon, frère d’Airaud.
     On ne connaît pas son degré de parenté avec l’abbé de Notre-Dame d’Étampes homonyme de son père, ni avec le frère de ce dernier, Aubert.
     2) Plus tard, Thion Chef-de-Fer et son collègue moine Coscable estiment nécessaire de recueillir, à Auneau, le consentement d’Hugues de Gallardon à la donation aux donations opérées par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée.
     (a) Cela indique qu’il existe des liens de sang ou d’alliance entre Hugues de Gallardon et Guillaume d’Étampes de nature à permettre à Hugues d’élever des revendications sur le bien  donné par Guillaume.
     (b) Enfin, il est vraisemblable qu’il faut identifier ce Guillaume fils de Bernoal à un celui qu’une charte de Philippe Ier nous fait connaître en 1085 avec le titre de prévot d’Étampes (éd. Prou, n° CXIV, p. 288, l. 24: Guillermo preposito Stampis), curieusement mentionné dans la date de la charte: Fait à Étampes, l’an de l’incarnation du Verbe 1185, l’an 24 de notre règne, alors que Guillaume était prévôt d’Étampes.

  • Clercs (tapisserie de Bayeux, vers 1077) Guillaume des Vieilles Étampes (Guillelmus de Stampis Veteribus, B 23)
     Guillaume des Vieilles Étampes est témoin à Étampes du don qu’y fait Amaury Roux d’Ablis de deux tenures à Vierville (transaction 9).
     Voici la liste des témoins: 
Arnaud fils d’Aubrée; Christophe Roi; Obert d’Étampes (Obertus de Stampis); le chanoine Gibert (Girbertus canonicus); Guillaume des Vieilles Étampes; Robert du Cimetière; Baudry du Fossé; Hébert de Denonville (D 23).
     (a) Ce Guillaume était un prêtre. En effet notre notice confirme merveilleusement une conjecture de Joseph Depoin dans ses éditions d’une notice du Cartulaire de Saint-Martin-des-Champs, où il est question, bizarrement, d’un certain Willelmus de Stampis sacerdos Vetulus, littéralement
«Guillaume Étampes, prêtre vieux»; Depoin subodorait en 1905 qu’on avait là une corruption et qu’il fallait lire Vetulis, qui s’appliquerait à Stampis: Willelmus de Stampis Vetulis sacerdos, «Guillaume, curé du Vieil-Étampes». Dans l’édition de 1912, il ne reprend pas cette conjecture audacieuse. Elle était pourtant entièrement justifiée, comme le prouve notre notice sur Vierville.
     (b) C’était de plus un prêtre marié, car nous voyons dans une charte de Louis VI en date de 1112 deux de ses fils chanoines de Saint-Martin d’Étampes, Algrinus filius Guillelmi presbyteri et Guillelmus frater ejus (Fleureau, Antiquités, p. 479).
     (c) Ce même Augrin des Vieilles-Étampes est témoin avec son propre fils Arnoux vers 1123 d’une transaction entre l’abbaye de Morigny et celle de Saint-Jean-en-Vallée (Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°31, p.18: S. Augrini de Veteribus Stampis. S. Arnulfi filii ejus).
     (d) Une charte du Cartulaire de Saint-Jean-en Vallée datée des environs de 1123 mentionne pour témoin à la suite d’une série de nobliaux très clairement étampois, un certain Guillaume Chien (Guillelmus Canis); mais comme il est suivi d’autres témoins pour leur part chartrains, le contexte ne permet pas à lui seul de décider s’il est lui-même étampois ou chartrain (n°34, p. 21: Johannes filius Pagani filii Anselmi, Menerius filius Alberti, Guido frater ejus, Erchenbaudus de Catena, Guillelmus Canis, Paganus Rufus, Amauricus de Mesteno, etc.). Voyons cela.
     Les trois premiers, Jean, Mainier et Guy sont très clairement étampois.
     Le dernier, Amaury de Maintenon, est chartrain.
     L’avant dernier est aussi, apparemment chartrain: selon une charte de 1096 conservée par le Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs (éd. 1905, pp. 19-20), Payen Roux était le surnom de Ferry, fils de Seguin, et neveu d’Hugues de Voves (Habebat autem domnus Hugo duos nepotes, filios Siguini fratris sui, quorum unus, qui major natu erat, Fredericus vocabatur et Paganus Rufus cognominabatur; alter vero Mauricius dicebatur).
     Le précédent en revanche, Archambaud de la Chaîne, paraît étampois. Vers 1140, son fils Anseau est témoin d’une donation de Jean d’Étampes à l’abbaye de Longpont (Cartulaire de Longpont, éd. Marion, p. 168: Ansellus, filius Archembaldi de Catena
). En 1169 Manassé, évêque d’Orléans, fait allusion à une donation antérieure et simultanée de Guillaume Lisard et de Milon des Vieilles Étampes (eleemosinam Guillelmi Lisardi, & Milonis de Stampis veteribus); et la charte elle-même est signée à la fois de Milon des Vieilles Étampes et d’un Robert de la Chaîne (Milone de Stampis Veteribus; Roberto de Catena). Cette charte a été éditée par Fleureau, pp. 458-459, et je l’ai mise en ligne ici.
     Ainsi donc le Guillaume Chien de la charte de Saint-Jean-en-Vallée paraît bien appartenir à la série des nobliaux d’Étampes. Et comme Augrin n’y est pas cité comme dans d’autres, on est porté à croire que Guillaume Chien et Guillaume des Vieilles-Étampes sont une
même et seule personne.
Guillaume Roux de Chuisnes (Guillelmus Rufus de Coina, B 34)
     Guillaume Roux de Chuisnes est un laïc de Chuisnes qui y est témoin de la donation par Hardouin et sa mère Hersent de quatre familles de colliberts (transaction 14).
     (a) Il ne semble pas qu’il soit à identifier avec un certain Guillaume Rouaud (Willelmi filii Rotaldi, Guillelmus Rotaldi)
qui apparaît ailleurs comme témoin de trois donations d’Hugues de Gallardon (voyez notre Annexe 6i).
Guy fils de Serlon (B 26, Guido Serlonis filius, C 28, Guido filius Serli)
     1) Guy fils de Serlon est d’abord cité en tête des témoins à Auneau du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11).
     2) Il est ensuite cité comme le deuxième des témoins (après le prêtre Aubry) de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 16).
     Ce
Guy fils de Serlon nous est autrement connu.
     (a) Il est cité par une notice de l’abbaye parisienne de Saint-Martin-des-Champs, rédigée entre 1079 et 1096 (éd. Depoin, 1912
, t. I, p. 112: Widonem scilicet filium Serlonis), et relative à la moitié de la dîme d’Orsonville, qu’il tenait en fief d’une certaine Élisabeth (épouse de Bouchard de Macy), qui la tenait elle-même de Gautier d’Étampes (premier témoin de notre transaction 8) et de sa femme Adèle, cette dernière l’ayant reçue en dot de son père, un certain Hugues. Guy est alors accompagné de son fils dénommé Payen.
     Extrait:
Ainsi donc, puisque nous avons ainsi entrepris de tout rédiger, venons à ceux qui, s’ils n’avaient pas donné leur accord, auraient pu élever des contestations, à savoir à Guy fils de Serlon, qui tenait d’Élisabeth et de son mari la susdite dîme: comment dans le chapitre de Saint-Martin, en présence de Dieu et de l’assemblée de tous les moines, ainsi que des très nombreux témoins prescrits par la loi, il en a autorisé le don, lui et son fils appelé Payen; à cause de quoi il a reçu 40 sous et deux pelisses fourrées en peau d’agneau: il a donné l’une à son fils, et s’est vêtu de l’autre.
     (b) Il est aussi cité, en compagnie de Thion Chef-de-Fer encore chevalier, par une autre notice du prieuré de Bréthencourt datée d’environ 1080 et dont j’ai mis ici le texte en Annexe 6e.

Hardouin d’Adonville (Harduinus de Adonis Villa, B 35)
     Hardouin d’Adonville, chevalier apparemment possessionné dans ce hameau de Denonville, est témoin à Chartres du consentement donné par Gautier d’Aunay et sa femme à la donation par son beau-frère Hardouin de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 15).
     Liste des témoins: 
Yves fils d’Hébert; Robert Fléaud; Garin de Bailleau; Hugues de Tracy; Gautier de Saint-Germain; Hardouin d’Adonville; le frère de Gautier d’Aunay, Arnoux. Le premier est aussi de Denonville, Yves fils d’Hébert de Denonville.
     
Hardouin d’Adonville est sans doute apparenté à Robert d’Adonville (de Adunvilla) et son frère Alleaume qui ont eux été témoins à Auneau du consentement d’Hugues de Gallardon à la donation de Vierville. Rappelons les témoins d’alors: Guy fils de Serlon; Amaury fils de Rahier; le prévôt d’Auneau Marin; Robert Breton; Jean Veau; Robert d’Adonville et son frère Aleaume; Hugues Chien; Osmond de Gallardon (transaction 11).
     Rappelons qu’ultérieurement, selon Merlet, le fief d’Adonville relevera du duché de Chartres et ressortissait pour la justice à Auneau.
Heaume (Xe-XIe siècles) Hardouin Chef-de-Fer (Harduinus Caput de Ferro, A 10-11, Harduinus, A 12, B 11, 32, 34, Harduinus Caput Ferri, B 10-11, filius eius Harduinus Caput Ferri, B 31), fils d’Hersent et de Thion Chef-de-Fer.
     Voyez ci-dessus notre article Chef-de-Fer.
     Ajoutons-y que quelques années plus tard, apparemment après la mort de Thion, une charte du prieuré de Chuisnes le mentionne expressément comme chevalier du château de Courville (miles quidam nomine Harduinus congnomine Caput Ferreum de castello Curveville): il donne 23 deniers de cens sur l’église de Saint-Marin, et réussit de manière amusante à extorquer un couteau au prieur Thibaud. Nous donnons ce texte en Annexe 6f.
Hardouin, père de Payen (B 10, Harduinus)
     Hardouin est le père apparemment décédé d’un certain Hardouin, huitième des douze témoins, à Étampes, de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction 3).
Hardouin, prévôt de Chartres (Harduinus prepositus Carnotensis, B 33)
     Le prévôt Hardouin est témoin à Chuisnes du consentement du don de quatre familles de colliberts par Hardouin Chef-de-Fer et sa mère Hersent. Il est témoin du côté des moines, avec Thion chef-de-Fer et le clerc Garin (transaction 14).
     Il s’agit d’après le contexte non pas d’un prévôt laïc de la ville de Chartres mais d’un moine, officier ecclésiastique du prieuré
de Saint-Martin de Chartres (cf. Guérard, Cartulaire de Saint-Père, pp. LXXXIV-LXXXV), comme dans le cas de Marin, prévôt du prieuré d’Auneau.
Hardouin prieur d’Épernon (Harduinus prior Sparronensis, B 28)
     Le prieur d’Épernon Hardouin, avec son serf Ermengise, est témoin de la concession faite par Arembour, veuve de Godéchal fils d’Oury, apparemment quelque part dans le pays de Méréville, trois des témoins étant des nobliaux de Méréville, Moret et Pannecières (transaction 12).
     Cet Hardouin est le premier prieur connu du prieuré Saint-Thomas d’Épernon (dont le roi Henri Ier a entériné la fondation par une charte donnée à Étampes en 1052).
     (a) Il est aussi connu par une charte de 1092 entérinant à Blois un accord passé devant le comte Étienne (Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois, n°145).
     (b) Il paraît être mort avant 1098, date à laquelle le prieur de Saint-Thomas s’appelle Guillaume: il est cité parmi les témoins d’une charte donnée au prieuré de Basainville par Simon de Neaufle
(selon Auguste Moutié et Adolphe Dion, Cartulaire de Saint-Thomas d’Épernon, Rambouillet, 1878, p. 132); ce Guillaume est encore prieur en 1114 (éd. ID., ibid., n°2, p. 8: Willelmus prior).
     Voir: Émile LEDRU, «Le Prieuré Saint-Thomas d’Épernon» (daté 1897), in Charles MÉTAIS, Archives du diocèse de Chartres. III. Pièces détachées pour servir à l’Histoire du diocèse de Chartres. 1er volume. Études et documents publiés par L. l’Abbé Ch. Métais, Ch. Honoraire de Chartres [448 p.], Chartres, Ch. Métais, 1899, pp. 293-340, spécialement pp. 327 et 328.
Hardouin, clerc (Harduinus clericus, D 37)
     Ce clerc Hardouin est l’un des quatre témoins de Geoffroy de l’Eau fils de Félicie et son épouse Gile lors de leur donation, en un lieu indéterminé, d’une terre d’une charrue et trois tenures à Vierville (transaction 18).
Harpin de l’Étampois, ou d’Étampes (Harpinus de Stampesio, A 21, Harpinus de Stampis, B 15)
     Ce Harpin, ou Herpin, est curieusement qualifié d’Étampois dans la première rédaction, et plus normalement d’Étampes dans la deuxième. Il est le onzième ou douzième des quatorze témoins, à Étampes, du consentement de Guillaume fils de Bernoal à la donation de Vierville par Gautier d’Aunay (transaction 6).
Harpinus de Stampesio      (a) Armand Caillet (Puiselet-le-Marais, village de France, Largentière, Humbert, 1951, p.106), cité par Alain Devalay («Les seigneurs de Bois-Herpin», in Cahier d’Étampes-Histoire 8, 2007, p. 55) écrit que ce personnage avait obtenu vers 1080 l’inféodation d’une rue d’Étampes, mais on se demande bien d’où il a pu tirer ce renseignement bien surprenant et dont il est impossible de tenir compte tant qu’aucune source ne sera trouvée à son appui. De même il aurait tenu «le fief des buis, partie occidentale du finage de la paroisse de Puiselet». Il s’agit là peut-être de suppositions non documentées directement, mais très intrigantes: des sources restent certainement à découvrir, notamment aux Archives nationales, que certains érudits locaux ont dû parcourir sans pouvoir les exploiter pleinement.
Harpinus de Stampis      (b) On connaît mieux son fils Hébert (Herbertus Harpini filius) cité par une charte de Louis VI de 1112 conservée par le Cartulaire de Morigny (éd. Fleureau, Antiquités, p. 479; éd. Menault, Cartulaire, p. 41), par une autre de 1120 (Fleureau, p. 496: Menault, pp. 22-26), qui mentionne un four banal édifié par Harpin (furni Harpini); par une charte du Cartulaire de Sainte-Croix d’Orléans (éd. Thuillier et Jarry, p. 146) qui l’appelle Hébert le Valet (Herbertus Valestus) et mentionne déjà le lieu-dit Bois-Herpin (Nemus Arpini).
     (c) Par ailleurs une charte de Jean, prieur de Notre-Dame de La Ferté, éditée par Estournet en 1944 et que j’ai mise en ligne avec une traduction, mentionne un autre de ses fils, Anseau fils d’Harpin de Morigny (Ansellus filius Harpini de Mauriniaco). Elle est contemporaine de l’abbé de Morigny Aimery (Haimericus, Mauriniacensis abbas), dont on connaît une charte de 1173 (la dernière charte connue de son prédécesseur étant de 1169, et la première connue de son successeur est de 1192, selon Fleureau, Antiquités, p. 518).
     (d) Enfin Estournet fait état d’une charte inédite (Archives Nationale  S 5150B, n° 32, original) dont il ne donne malheureusement pas le texte, par laquelle
«Thierry Galeran acheta à Renaud Bachelier la mouvance des moulins du Saussay et la fit amortir moyennant 98 sous par Jean, Hugues et Menier, fils d’Amaury, devant Arnould, prévôt de Notre-Dame d’Étampes en présence d’Herbert Valet de Puiselet, Galeran d’Yerres, Pierre d’Auvers et Guillaume Goaut, prévôt d’Étampes».
     Voir: Alain DEVANLAY, «Les seigneurs de Bois-Herpin», in Cahier d’Étampes-Histoire 8, 2007, pp. 55-59, spécialement p. 55.
Hébert de Denonville ( Herbertus de Danonuilla, A 24, Herbertus de Danunuilla, B 10, 20, 23, Herbertus de Danouilla, B 16, Herbertus, B 33, 34), père de Guerrise et d’Yves
Herbertus de Danunuvilla      1) Hébert assiste à Étampes à la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, dont il est de douzième et dernier témoin; curieusement, il est omis par la première rédaction de cette transaction  dans la notice A (B 10, transaction 3).
     2) Hébert assiste, apparemment à Étampes, la première donation de Godéchal fils d’Oury de Vierville, dont il est le cinquième et dernier témoin (A 24 = B 16, transaction 7).
     3) Hébert assiste, apparemment à Étampes, la deuxième donation de Godéchal fils d’Oury de Vierville, dont il est à nouveau le cinquième et dernier témoin, ces témoins étant différents (B 20, transaction 8).
     4) Hébert assiste à Étampes à la donation d’Amaury Roux d’Ablis et au consentement simultané d’Aubert fils d’Anseau, dont il est le huitième et dernier témoin (B 23, transaction 9).
     On peut se demander si cette position systématique en fin de liste (combiné à son omission dans la première version de la transaction) ne peut pas s’expliquer par un rôle de secrétaire. Il faut de plus remarquer que dans la notice A, il n’est mentionné qu’en extrême fin du texte, comme dernier témoin de la dernière transaction enregistrée, ce qui pourrait correspondre à la signature d’une sorte de notaire.
     Hébert de Denonville est au moins un homme-lige de la famille Chef-de-Fer, qui de fait tient Denonville.
     Hébert n’apparaît plus dans les transactions suivantes, mais on voit que deux de ses fils continuent à accompagner Thion Chef-de-Fer lors de ses pérégrinations.
     5)
Guerrise fils d’Hébert assiste à Chuisnes à la donation par Hardouin de quatre famille de colliberts de Denonville. Il est alors le deuxième des cinq témoins cités nominativement (B 33, transaction 14).
     6)
Yves fils d’Hébert assiste à Chartres au consentement donné par Gautier d’Aunay et sa femme Milsent Chef-de-Fer à la dite donation par Hardouin de quatre familles de colliberts. Il est alors le premier en tête des témoins laïcs (B 34, transaction 15).
     Guerrise est rangé parmi les laïcs, en seconde position; Yves est le premier témoin cité. Il faut supposer qu’il s’agit d’une famille de chevaliers, ou d’écuyer de Denonville et d’hommes liges des Chef-de-Fer.
Hébert ou bien Gibert Barbu (Gerbertus Barbatus, A 21, Herbertus Barbatus, B 14), père de Pierre. 
     Voyez nos article Gibert Barbu et Barbu.
Helsent, veuve du vidame Guerry, mère du vidame Hugues II et d’Hersent (Helisindis, A 14, Helisendis, B 12)
     Helsent est la veuve de Guerry, l’ancien vidame de Chartres, et la mère de son successeur Hugues, ainsi que d’Hersent, qu’a épousée Thion Chef-de-Fer. Avec Hugues, elle consent, apparemment quelque part dans la pays chartrain, à la donation par Gautier et Milsent d’une partie de Vierville qu’ils tenaient d’eux à fief (transaction 5).
     (a)
Dans l’obituaire de Saint-Jean-en-Vallée, au 24 avril, date anniversaire de son fils Hugues, est noté le nom du père d’Helsent, Anschoux (éd. Molinier, Obituaires de la province de Sens, t. II, p. 229: Anscolfus, pater Helisendis vicedomine).
     (b) Helsent est veuve depuis au moins 1079, d’après une notice du Cartulaire de Saint-Martin-des-Champs très précisément datée par Depoin (et où apparaît Thion Chef-de-Fer comme encore laïc). Voyez notre article sur Guerry.
     (c) Le
Cartulaire de Saint-Père de Chartres contient un petit dossier sur une donation qui avait été faite par le vidame Guerry avant sa mort, et qui avait été ensuite confirmée par sa veuve et son fils et successeur Hugues II, sauf pour une part qu’il s’était appropriée; Helsent cependant reprend cette part à son fils et la restitue aux moines (éd. Guérard, pp. 561-652).
     (d)  Le
23 février 1103, Helsent (Helisendis), veuve du vidame Guerry (Guerrici vicedomini), et ses fils le vidame Hugues (Hugone videdomino) et Étienne (Stephano) ainsi que leur sœur Elisabeth (Elisabeth) font une autre donation (ibid., p. 563). On y retrouve un témoin, Thibaud fils d’Étienne (Theobaldo filio Stephani) qui est le même que dans notre notice (Tetbaldus filius Stephani, A 16, B 12-13).
     
(e) Helsent était possessionnée aussi dans le secteur à Manterville; vers 1108 elle cède au chapitre de Saint-Jean-en-Vallée tout ce qu’elle y possédait, en présence notamment du même témoin Thibaud fils d’Étienne, qui doit être un de ses vassaux (Cartulaire de saint-Jean-en-Vallée, n°7, p. 6, bis).
     (f) Vers la même date
, après la mort de son fils Hugues fils de Guerry, et alors qu’elle est de plus veuve de son second mari Barthélémy, elle donne une vigne à cette abbaye (AD 28, H.3114, éd. Merlet, Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°IX,  t. I, p. 7: Garinus de Alneto), avec l’accord de son fils Étienne et de son fils Girard, qu’elle avait eu de Barthélémy.
     (g) Selon Lépinois en effet (Histoire de Chartres, t. II, p.613), la vidamesse Hélisende, outre qu’elle apporta à son mari Guerry de grands biens situés à Tréon, après la mort de Guerry, épousa Barthélemy Boël ou Bodel, qui prit le titre de vidame et qui était frère de Foucher Boël ou Bodel, le héros du siège d’Antioche. Elle eut de ce second mariage Girard Boël. (Titres de Saint-Père.) Etienne, second fils de Guerry et d’Hélisende, et frère de Hugues II et d’Elisabeth, qui fut abbé de Saint-Jean[-en-Vallée], puis patriarche de Jérusalem (1120), est appelé quelquefois vidame. (Titres de Saint-Jean et de Saint-Père.)
     (h) Entre 1090 et 1101, nous voyons Barthélémy prendre le titre de vidame alors qu’il est témoin de l’affranchissement d’un serf de Saint-Père (
Cartulaire de Saint-Père, p. 297).
     Comme Helsent est possessionné en plusieurs lieux où le sont aussi les descendants d’Anseau d’Étampes, à Vierville, à Manterville, à Roinville, il est probable qu’il existait entre eux un lien de parenté étroit.

Hersent (Hersendis, B 31, 34), fille de Guerry, soeur du vidame Hugues II, ancienne épouse du moine Thion Chef-de-Fer, mère de Milsent et d’Hardouin Chef-de-Fer, belle-mère de Gautier II d’Aunay.
     Elle est mentionnée seulement pour la donation qu’elle fait, à Chuisnes, avec son fils Hardouin, de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 14).
     (a) Hersent est mentionné comme femme de Thion, encore chevalier, en 1079, lors de la donation à Saint-Martin-des-Champs de l’église Saint-Georges de Roiville-sous-Auneau (Voyez notre Annexe 6d). A cette date elle consent avec Thion et leur fils Hardouin à la donation d’une des moitiés de l’église, tandis que le consentement requis pour l’autre moitié est donné par les fils de la vidamesse Ade (l’un fils de son premier mari le vidame Hugues, Aubert, l’autre fils de son second mari Jocelin II de Lèves, Jocelyn III; le vidame Guerry étant seulement témoin, ce qui tend à démontrer qu’il n’était pas un fils d’Ade, mais d’un premier lit du vidame Hugues I.
     (b) La situation à Vierville est analogue mais non identique, puisque Milsent, fille de Thion et d’Hersent, en est dame, tenant le village pour moitié du vidame Hugues fils de Guerry, et pour moitié d’un Étampois, Guillaume fils de Bernoal, qui la tenait lui-même du seigneur d’Auneau, Hugues de Gallardon. On peut donc penser que les droits des Chef-de-Fer tant sur Vierville que sur l’église de Roinville-sous-Auneau leur venaient d’Hersent, c’est-à-dire de la famille des vidames de Chartres.
     (c) Hersent est mentionnée comme fille de Guerry par l’obituaire du monastère de Saint-Jean-en-Vallée dont son fils Étienne fut abbé (éd. Molinier, Obituaires de la province de Sens, t. II, p. 229d).
Hervé, écuyer (Herueus armiger, C 32)
     L’écuyer Hervé est cité comme témoin, peut-être dans le secteur de Denonville, des contre-dons opérés par les moines en échange de la donation de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 17).
     Témoignent avec lui:
Arnoux d’Aunay; son frère Garin; Rainaud des Têtières; l’écuyer Hervé. Du côté des moines, y ont assisté: le prêtre Tamoué; le serf Gautier d’Angleterre; le serf de Ventelay Constance; et le serf de Vierville Gautier.
Hongier de Villeau (Hungerius de Villa Illa, C 28)
     Hongier de Villeau est le quatrième témoin
de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 16).
     C’est apparemment un chevalier, d’après sa place dans la liste:
le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard.
Hugues Ier du Puiset (Hugo de Puteolo, B 25)
     Cet Hugues du Puiset est témoin à la grange de Boisville-Saint-Père du consentement donné par Payen fils d’Anseau (représenté par Anseau fils d’Arembert), à la donation effectuée par Gautier d’Aunay (transaction 10).
     1) De quel Hugues du Puiset s’agit-il?
     S’agit-il d’Hugues Ier, d’Hugues II, ou de Hugues III?
     Hugues Ier, dit Blavons, vicomte de Chartres, serait mort, à ce qu’on lit partout, en 1094; mais je donne en Annexe 7i une charte de lui qui date de 1096.
     Son fils aîné Évrard III lui aurait succédé avant de partir en croisade en 1096; mais cette hypothèse doit être révisée, puisque nous avons vu que son père Hugues Blavons est toujours de ce monde en 1096. Rappelons qu’avant de partir en croisade, il vend Morigny au roi Philippe Ier. Il meurt quoi qu’il en soit en 1097 à Antioche, laissant un enfant mineur, Hugues III.
     Hugues II, frère cadet d’Évrard, est de 1097 (?) à 1106 le tuteur d’Hugues III, avant de lui-même partir en Palestine, où il deviendra Hugues I de Jaffa. Guy lui succèdera comme tuteur d’Hugues III de 1106 à 1109, qui ne sera considéré comme majeur que vers 1110.
     Voici ce qui nous impose de reconnaître ici Hugues Ier: c’est qu’il a avec lui Nivelon de Fréteval, qui est parti avec lui en croisade, et dont nous savons qu’il ne revint pas en France avant 1108. La transaction 10 a donc eu lieu avant sa mort, survenue un 23 décembre, pas avant 1096.
     Ce qui appuie cette conjecture, c’est que la transaction 12 a pour témoin le prieur de Saint-Thomas d’
Épernon Hardouin, connu par une charte de 1092 entérinant à Blois un accord passé devant le comte Étienne (Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois), tandis qu’en 1098 le prieur de Saint-Thomas s’appelle Guillaume.
     2) Importance du personnage
     Il est particulièrement notable que l’accord de l’Étampois Payen fils d’Anseau soit donné à la cour d’Hugues Blavet, vassal rebelle du roi de France Philippe Ier depuis 1079, comme je l’ai montré dans mon édition en ligne d’une notice de l’abbé Eustache de Saint-Père; tandis que ni le nom ni même l’autorité du roi ne soit jamais mentionnées dans aucune de nos dix-sept notices.
     Son grand-père était le premier vicomte de Chartres connu, Geldoin, cité comme tel en 1019, et mort moine vers 1060. Le fils aîné de Gidoin, Hardouin, second vicomte, meurt en 1060 et son cadet Évrard Ier lui succède et meurt entre 1061 et 1066, laissant son comté de Breteuil à l’aîné Évrard II. Son troisième fils Hugues Ier dit Blavons hérite de la vicomté de Chartres. Hugues Blavons profite de la minorité de Philippe Ier pour s’emparer du château royal du Puiset en 1067. En 1073, le comte de Blois Thibaud III, également comte de Chartres, le fait vicomte de Chartres. En 1079, Hugues se révolte contre Philippe Ier et défait l’armée royale devant le Puiset. Il ne reparaît plus dès lors à la cour et paraît régner en maître dans le secteur, où l’autorité royale ne sera rétabli que sous le règne de Louis VI, spécialement après 1112 et la destruction du château du Puiset.
     Hugues a épousé Alais de Montlhéry, fille de Gui Ier de Montlhéry et d’Hodierne de Gometz. Sa femme est la tante d’Hugues de Gallardon, dont la mère est aussi une fille de
Gui Ier de Montlhéry.
     Ses enfants connus sont: Guillaume, mort jeune; Évrard III, qui ne lui succèdera que vers 1110, état auparavant sous la tutelle de ses oncles Évrard II puis Guy de Méréville, Gilduin, Galéran, Raoul, Humberge et Eustachie.
     On peut se demander si la cérémonie effectuée en sa présence ne constitue pas d’une certaine manière une sorte de reconnaissance, par Payen fils d’Anseau, de sa suzeraineté au moins sur ses biens de Vierville, qui relève pourtant théoriquement de la châtellenie d’Étampes et donc directement de l’autorité royale.
     Il est remarquable cependant que Payen n’ait pas fait le déplacement, et qu’il se soit fait réprésenter par Anseau fils d’Arembert.

Hugues, vicomte de Châteaudun (Hugo uicecomes Castelliduni, B 25)
     Hugues vicomte de Châteaudun
est témoin d’une autorisation de donation opérée au nom de Payen d’Étampes dans la grange de Boisville-la-Saint-Père (transaction 10).
     Voici la liste des témoins: Aubert fils d’Anseau, qui a obtenu cette autorisation, Gautier d’Aunay; Hugues vicomte de Châteaudun; Hugues du Puiset; Nivelon fils de Foucher; Garin de Friaize (D 24-25).
     Il s’agit de Hugues III dit Capelle, vicomte de Châteaudun de 1080 jusqu’au début du XIIe siècle. Il meurt entre 1110 et 1119.
     (a) Il est cité, Hugo, en 1060 le 11 janvier 1078 en temps que fils du vicomte Rotrou (Métais et Souancé, Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou 1031-1079. Histoire et Cartulaire, Vannes, 1899
, p. 19, n°VI; Cartulaire de Cluny, t. IV, p. 633, n°3517). Une charte non datée le cite comme vicomte, Hugo vicecomes Castriduni (Nogent-le-Rotrou, p. 116, n°XLIX), et une autre entre 1095 et 1100, Hugo vicecomes de Castroduno  (Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois, n°CL, p. 138). La dernière charte connue qui le mentionne comme tel, Hugo vicecomes Castriduni, est datée de 1110-1111 (Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois, n°CLXIV, p. 155) et la première à mentionner son fils et successeur Geoffroy III, Gaufridus de Castroduno, d’une manière qui suppose sa mort est de 1119 (Merlet, Cartulaire de l’abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron, t. I, p. 37, XXI).
     (b) Hugues de Châteaudun est le beau-frère de Nivelon fils de Foucher, dont il a épousé la sœur Agnès surnommée Comtesse.
     Voici ce qui établit ce fait. Une charte de Foucher, Fulcherius Nevelonis filius, donnée entre 1072 et 1084 note le consentement de ses filles Payenne et Comtesse, filiæ ipsius Comitissa et Pagana (Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois, p. 76,
n°LXXXVI). Une charte d’Hugues de Châteaudun, Hugo vicecomes, datée entre 1080 et 1100, note le consentement de son épouse la vicomtesse Agnès, uxor ipsius Comitissa (ibid., p. 131, n°CXI). Une charte de Nivelon de Fréteval,  Nevelo de Fracta Valle, datée entre 1096 et 1101, enregistre le consentement de sa sœur la vicomtesse Agnès, Agnes vicecomitissa soror sua (ibid., p. 56, LXIV). Enfin une autre donation de Hugues, entre 1095 et 1100, note le consentement de sa femme Comtesse, Comitissa uxor eius (ibid., p. 138, n°CL).
Hugues de Gallardon (Hugo de Gualardone, B 25)
     Hugues de Gallardon, dans la maison des moines d’Auneau, consent à la donation de Vierville opérée par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée, à la supplique des moines monsieur Thion Chef-de-Fer et Costable. De cette donation sont témoins: Guy fils de Serlon; Amaury fils de Rahier; le prévôt d’Auneau Marin; Robert Breton; Jean Veau; Robert d’Adonville et son frère Aleaume; Hugues Chien; Osmond de Gallardon (transaction 11).
     1) Ascendance.
     Selon Coüard et Depoin, (Liber Testamentorum, p. 98, note 384), Gallardon appartint d’abord à Aubert le Riche, qui eut trois fils: Aubert II, Garin et Thion. Aubert II n’eut que deux filles. Il légua Thimert à Froheline, épouse de Gasce, et Gallardon à Haubour (Hildeburge), épouse d’un certain Hébert de Paris. Hébert et Haubour eurent pour fils Hervé I de Gallardon. Hervé eut pour enfant: Hugues I, Garin, Guy, Milon et sans doute un certain Geoffroy de Gallardon, ainsi que la bienheureuse Haubour (Hildeburge), épouse de Robert d’Ivry.
     A la mort d’Hugues I, sans doute en Palestine, qui ne laissa qu’une fille, son frère Garin lui succéda. Garin mourut à son tour peu après, laissant un fils mineur, Hugues II, dont Guy fut pour un temps le tuteur.

     Hugues de Gallardon est le fils d’Hervé Ier de Gallardon (mort en 1092) et de Béatrice d’Auneau, elle-même fille de Guy Ier de Montlhéry et d’Hodierne de Gometz. La mère d’Hugues est donc la sœur d’Alais de Montlhéry, fille de Gui Ier de Montlhéry et d’Hodierne de Gometz. Hugues de Gallardon est donc le neveu de la femme d’Hugues Blavons du Puiset.
Donjon d'Auneau élévé par Hugues de Gallardon entre 1090 et 1100      2) Hugues de Gallardon en temps que seigneur d’Auneau
     Selon par exemple André Châtelain ("Auneau", in ID., Châteaux forts et féodalité en Île de France du XIe au XIIe siècle [507 p.], Paris, Créer, 1983, pp. 91-92) et d’autres auteurs, c’est Hugues de Gallardon qui aurait élevé le donjon d’Auneau entre 1090 et 1100 pour remplacer une vieille fortification carolingienne appelée Vieille Cour, emême tremps qu’il faisait passer Auneau de la vassalité du comte de Rochefort à celle du comte de Chartres.
     Nous le voyons cité par exemple par une notice du Cartulaire de saint-Père de Chartres, rédigée par l’abbé Eustache sous l’épiscopat de saint-Yves, donc entre 1090 et 1101 (t.II, p. 297).
     Le même Cartulaire de Saint-Père (t.II, p.314) nous le montre voisinant, comme témoin, avec deux personnages qui sont quant à eux cotémoins de notre transaction 5, Yves fils de Norbert et Thibaud fils d’Étienne: Teobaldus filius Stephani, Ivo Norberti, Hugo de Galardone (cf. transaction 5: testibus istis: Iuone filio Norberti, Tetbaldo filio Stephani, etc.).
 
     Hugues, fils d’Hervé de Gallardon, il avait pour frères Garin (Warinus), Gui (Wido) et Miles ou Milon (Milo), ce dernier archidiacre de l’église de Chartres en 1100, et une sœur Haubour (Hildeburgis) mariée à Robert d’Ivry (notice du Liber Testamentorumfol. XL, vers 1105, éditée et annotée par Depoin, pp. 102-103).
     A son départ il n’avait qu’une fille, Mahaut (unica mea Mahildi) comme le dit sa charte que nous éditons en Annexe 6i.
     La date du décès d’Hugues de Gallardon n’est pas connue et plusieurs auteurs supposent qu’il est mort vers 1101 en palestine, où il serait parti avec Évrard du Puiset et Nivelon II de Fréteval en 1096.
     3) Succession
     Comme il ne laissait qu’une fille, son frère Garin lui succéda. Il avait épousé une certaine Maubelle, qui après sa mort se remaria à Aimon Roux d’Etampes, comme on le voit par une notice du Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs consacrée à une donation de son vassal Amaury de Mondonville (voyez ce nom).
      Quand Garin mourut à son tour sur la route de la Palestine, le troisième de ces frères, Guy exerça sa tutelle sur Hugues II, fils de Garin. Il paraît s’être alors réservé la seigneurie d’Auneau, que nous voyons à partir de 1139 entre les mains de son propre fils Jocelin, neveu d’Hugues Ier et de Garin de Gallardon.

Hugues de Tracy (Hugo de Tracheto, B 35)
     Hugues de Tracy (voyez notre article sur ce toponyme énigmatique) est témoin à Chartres du consentement de Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent Cherf-de-Fer à la donation par Hardouin de quatre famille de collierts de Denonville (transaction 15).
      Liste des témoins: Yves fils d’Hébert; Robert Fléaud; Garin de Bailleau; Hugues de Tracy; Gautier de Saint-Germain; Hardouin d’Adonville; le frère de Gautier d’Aunay, Arnoux.

Hugues II, vidame de Chartres, fils de Guerry, vidame de Chartres, et d’Helsent (Hugo filius Guerrici, A 14; B 12)
     Guerry était le vidame de Chartres, dont la veuve Helsent et le fils Hugues, lui-même vidame consentent, apparemment quelque part dans le pays chartrain, à la donation par Gautier d’une partie de Vierville qu’il tenait d’eux à fief (transaction 5).
     (a) Selon Lépinois, le vidame Guerry, fils de Hugues I, est cité comme tel de 1079 à 1088, et Hugues II est cité de 1089 à 1100
(Histoire de Chartres, t.II, p. 613); mais cet ouvrage et ancien et ces dates sont données sans référence; nous avons vu au contraire qu’une charte précisément datée par Depoin de 1079 donne clairement à entendre que Guerry était décédé dès 1079. Voyez notre article Guerry.
     (b)
Le Cartulaire de Saint-Père de Chartres contient un petit dossier sur une donation qui avait été faite par le vidame Guerry avant sa mort, et qui avait été ensuite confirmée par sa veuve Helsent et son fils et successeur Hugues II, sauf pour une part qu’il s’était appropriée; Helsent cependant reprend cette part à son fils et la restitue aux moines (éd. Guérard, pp. 561-562).
     (c)
A une date située entre 1102 et 1105, Hugues II, vidame de Chartres, renonce à ses droits sur les hôtes de Saint-Martin à Roinville, avec le consentement de sa mère Helsent et de son frère Étienne et l’autorisation du comte de Chartres Guillaume et de sa mère Adèle (Depoin, Cartulaire de Saint-Martin-des-Champs, 1912, pp. 43-44).
     (d) Le 23 février 1103 (ibid., p. 563) la vidamesse Helsent (Helisendis), veuve du vidame Guerry (Guerrici vicedomini), et de ses fils le vidame Hugues (Hugone videdomino) et Étienne (Stephano) ainsi que de leur sœur Elisabeth (Elisabeth) font une autre donation. On y retrouve un témoin, Thibaud fils d’Étienne (Theobaldo filio Stephani) qui est le même que dans notre notice (Tetbaldus filius Stephani, A 16, B 12-13).
     (e)
Selon l’obituaire de Saint-Jean-en-Vallée (éd. Molinier, Obituaires de la province de Sens, t. II, p. 229), Guerry est mort un 24 avril.
      (f) Voici ce qu’écrit Depoin sur ce personnage: «Hugues II, vidame de Chartres, fils de Guerri (cf. note 38) et d’Hélisende, est cité de 1104 (sic) à 1118. Son frère Etienne fut abbé de St-Jean-en-Vallée et mourut en 1130. Isabeau ou Elisabeth, leur sœur et héritière, porta la vidamé de Chartres à son époux Guillaume de Ferrières.» (Cartulaire de Saint-Martin-des-Champs de 1912, p. 156, note 256).
     Notre notice est la première en date connue des mentions de ce personnage, entre le moment où son père meurt et celui où il accède à la majorité légale.
Hugo Bornus Hugues Borgne (Hugo Bornus, A 20, B 15)
     Hugues le Borgne est à Étampes le sixième ou septième des quatorze témoins du consentement donné par Guillaume fils de Bernoal à la donation de Vierville (transaction 6).
     La Chronique de Morigny connaît un Herbertus Bornius (folio 63 r°) qui lui est sans doute apparenté, et qui donne Bléville (Belovilla) à cette abbaye au tournant du XIe et du XIIe siècle, à son heure dernière (ibid., folio 69r°). Il laisse une sœur dont le mari Geffroy conteste la donation (ibid., folio 69 v°). Bléville se trouve dans la commune de Césarville-Dossainville (canton de Malesherbes, arrondissement de Pithiviers, Loiret).
Hugues Chien (Hugo Canis, B 27)
     Hugues est le huitième des neuf témoins, à Auneau, du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11).
     C’est sans doute un nobliau du pays chartain, vassal ou arrière-vassal d’Hugues de Gallardon.
     Sur son  nom, voyez notre article Chien.
Hugues Malveil (Hugo Malueil, B 33)
     Cet Hugues, dont le surnom est sans doute, qui semble être lui-même un chevalier du pays chartrain, est témoin à Chuisnes de la donation par Hardouin de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 14).
     Sur son surnom, voir Malveil.

Hugues, minier (Hugo minerius, plutôt que Minerius, B 10)
Hugo minerius      Cet Hugues est le onzième des douze témoins à Étampes de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée et du consentement de son frère Godéchal (transaction 3).
     Je considère non sans hésitation que minier est ici, plutôt qu’un anthroponyme, le nom commun rare d’un officier chargé à Étampes du minage (minagium), c’est-à-dire de la mesure du grain au moyen de la mine (mina) et de la perception de le la redevance seigneuriale afférente à cette mesure. Voyez notre article Minier.
Jean fils de Payen (Iohannes filius Pagani, B 10)
Johannes filius Pagani      Ce Jean est simple témoin de la deuxième donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction 6).
     Il s’agit du fameux Jean d’Étampes, qui a été l’objet de plusieurs confusions dans certaines chroniques médiévales puis chez les généalogistes, qui aurait vécu plus de trois siècles et aurait été comte d’Étampes et gendre de Louis VI: on a notamment confondu sa femme Eustachie, fille de Ferry de Châtillon, avec une prétendue fille de Philippe Ier homonyme qui n’a d’ailleurs jamais existé. Nous avons consacré une page à cette légende, déjà dénoncée par Dom Fleureau, mais que perpétuent encore quelques généalogistes.
     Il n’est pas impossible cependant que son père Payen ait prétendu un temps au titre de comte d’après une charte de l’abbaye de Longpont (éd. Marion CXCII, pp. 178-179) qui parle de Ferry fils de Payen d’Étampes qui fut comte (Fredericus, filius Pagani de Stampis, qui fuit comes)
. Cependant Fleureau signale que Jean ne prend jamais ce titre dans les chartes de sa femme Eustachie en faveur du monastère d’Yerre).
     (a) Jean apparaît aussi notamment comme témoin d’une charte étampoise de Philippe Ier en 1106 (éd. Prou, p. 390, l. 15).
     (b) A la génération suivante, Suger, dans son De administratione (chap. 14), fait allusion à une longue guerre privée entre le noble et vaillant Jean d’Étampes fils de Payen (Johannem Stampensem filium Pagani, virum nobilem et strenuum) et un autre chevalier de Pithiviers au sujet d’une terre de trois charrue située à Guillerval, qu’il acquiert en payant la terre aux deux compétiteurs. Le contrat est signé par un allié de Jean, Baudouin de Corbeil (favore parentum et amicorum, videlicet Balduini de Corboilo et multorum aliorum).

     (c) Une charte de l’abbaye de Longpont, vers 1130, (éd. Marion, Marion, n°CLXXXIII, p. 174) nous fait savoir que Jean (Johannis de Stampis) a épousé Eustachie, fille de Ferry de Châtillon (Eustachia Frederici filia de Castellonio), veuve de Baudouin de Beauvais (anteriori marito suo, Balduino scilicet de Belvaco) qui avait déjà un fils de ce premier lit, Ferry (Frederico).
     (d) Une autre (éd. Marion CLXXVIII, p.168) nous montre, vers 1140, Jean (Domnus Johannes filius Pagani de Stampis) avec sa femme (Eustachia), un des témoins étant un Gautier d’Étampes (Galterius de Stampis), le même que dans notre transac
tion 8 (B 19: Gaulterius de Stampis), un autre l’abbé Thomas de Morigny.
     On ne saurait ici relever toutes les mentions qui sont faites de ce Jean d’Étampes: il y faudra une page spéciale.

Jean Veau (Iohannes Vitulus, B 27)
     Ce Jean est le cinquième des neuf témoins, à Auneau, du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11).
     (a) L
e même Jean Veau (Iohannes Vitulus) apparaît ailleurs comme témoin d’une donation d’Hugues de Gallardon lui-même, avec Robert Breton, comme ici (voyez l’Annexe 6i).
     (b) C’est sans doute un nobliau du pays chartain, vassal ou arrière-vassal d’Hugues de Gallardon. De fait nous trouvons vers 1168 un Raoul Veau (Radulfus Vitulus) témoin d’une charte du neveu d’Hugues de Gallardon, Jocelin d’Auneau, Joscelinus de Alneolo (Cartulaire des Vaux-de-Cernay, t. I, p. 49), et à nouveau entre 1176 et 1180 (ibid. p. 64 bis).
     Sur son nom, voyez notre article Veau.
Jocelyn, père de Raoul de Denonville (Gauscelinus, B 30)
     Jocelyn est mentionné comme le père apparemment décédé d’un certain Raoul, de Denonville, premier témoin cité, en un lieu indéterminé, du consentement d’Anseau Robert fils de Béguin et sa mère Eudeline à la donation opérée par Godéchal et Amaury Roux d’Ably (transaction 13).
Lisiard d’Étampes (Lisiardus de Stampis, A 24, B 16)
Lisiardus de Stampis      Lisiard d’Étampes est témoin de la première donation de Godéchal fils d’Oury de Vierville  de la première donation de Godéchal (transaction 7).
     Voici la liste des témoins:
Thion Chef-de-Fer; Gaudin fils d’Ansoué de Méréville; Lisiard d’Étampes; Robert fils d’Airaud; Hébert de Denonville.
     (a) Il est probable qu’il s’agit du fils de Bernoal de la Ferté et de Mahaut qui nous est connu par la Chronique de Morigny comme continuant les bienfaits de ses parents: ils avaient donné aux moines l’église de Guigneville; après la mort de Bernoal, Mahaud donne encore un encensoir et un calice d’argent doré, et Lisiard le grand vitrail du chevet de l’église (éd. Mirot, pp. 3-4: Ecclesiam de Guinevilla dedit nobis Bernodalius nobilissimus de Firmitate, et uxor ejus Mathildis, quae nobis fecit thuribulum argenteum magnum, et calicem similiter argenteum deauratum, quae et prima ecclesiae fundamina jecit, et in aliquantam altitudinem eduxit, et Lisiardus Flandrensis filius eorum, qui nobis vitream majorem in capitio fecit).
    (b) On notera que la Chronique surnomme Lisiard Flandrensis. Ce surnom Flamand (ancien français Flamengel ou analogue) se retrouve curieusement vers la même époque pour un évêque d’Orléans (charte de Philippe Ier, éd. Prou, p. 256, l. 1: Raynerius Flandrensis episc. Aurel.)
    Lisiard signe en 1106 à Melun une charte de Louis VI (roi associé à son père) en faveur de Saint-Benoît-sur-Loire (éd. Prou et Vidier, p. 253-255); voici la liste des signataires après Louis, où presque tous paraissent étampois, curieusement, au point qu’on peut se demander si en fait la charte n’a pas été terminée contresignée à Étampes: Signum Guidonis comitis de Rocaforti. Signum Galterii Tiraldi. Signum Ursionis de Stampis. Signum Erluini. Signum Lisiardi de Stampis. Signum domni Simonis abbatis Floriacensis. Signum Gisleberti majoris ville. Signum Aimonis de Stampis. Signum Arnulfi Bassi. Signum Gisleberti mariscalci. Signum Rainaldi captivi.
     (c) Dans un diplôme de Philippe Ier donné à Poissy en 1071, par lequel il donne à Saint-Benoît-sur-Loire l’église du Petit-Saint-Mars d’Étampes (éd. Prou, pp. 144-145, cf. p. CXLVI), nous voyons que le tout dernier signataire est un certain chambrier Lisiard (Lisias camerarius). Comme on a plus haut la signature du chancelier Galeran, Prou, qui fait observer qu’
on ne possède qu’une copie de ce texte, suppose qu’il s’agit d’un subordonné de ce Galeran. Mais il faut observer que la signature de Lisias vient après celle d’un comte Hugues que Prou ne s’est pas aventuré à identifier ($ Hugo comes. $ Lisias camerarii); il ne s’agit pas en effet du frère du roi qui signe plus haut. Comme par ailleurs ce diplôme pose problème, parce qu’il n’a jamais été suivi d’effet à notre connaissance, et qu’on sait qu’il y a eu de vaines contestations des moines de Saint-Benoît relativement à la donation de Saint-Martin d’Étampes à ceux de Morigny, faisant état d’une donation antérieure en leur faveur, on peut se demander si notre texte n’est pas un faux, ou un grossier remaniement d’un diplôme d’Hugues Blavons, qui aurait pris un temps le titre de comte, et dont Lisiard aurait été le chambrier. Ce ne sont là évidemment que des hypothèses. On a une autre trace de prétention au titre de comte, de la part de Payen fils d’Anseau, dans une charte du Cartulaire de Longpont, datée des environs de 1120 (éd. Marion CXCII, pp. 178-179), puisqu’elle nous parle d’un certain Ferry fils de Payen d’Étampes qui fut comte (Fredericus, filius Pagani de Stampis, qui fuit comes).
     (d) Un Guillaume Lisiard apparemment étampois est aussi cité en 1169 comme l’auteur d’une ancienne donation près de Mérobes (à Audeville dans le Loiret), par une charte de l’évêque d’Orléans Manassé de Garlande, éditée par Fleureau (Antiquités, pp. 457-459) et dont j’ai mis en ligne une traduction: feodos nostros in prædicta villa..., videlicet villam de Mesrobrai, & eleemosinam Guillelmi Lisardi, & Milonis de Stampis veteribus.
Malveil (Malueil, B 33), patronyme ou surnom porté par un certain Hugues.
     Ce surnom ou patronyme représente sans doute un sobriquet signifiant Celui qui veille mal, analogue au sobriquet, représenté en 1082, dans une charte étampoise de Philippe Ier en faveur de Notre-Dame, Trop-il-dort (Tropodormit), acquis par un chevalier qu’on aura surpris à dormir pendant son tour de garde.
     Il est porté par un certain Hugues
qui semble être un chevalier du pays chartrain, témoin à Chuisnes de la donation par Hardouin de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 14).
Maréchal (Marescalcus, A 16, Mariscalis, B 13) surnom ou patronyme
     Maréchal est le surnom ou patronyme d’un certain Girard Maréchal est cité ici comme le père d’un certain Payen, Paganus filius Girardi Mariscalci, lui même témoin, quelque part dans le pays chartrain, avec d’autres chevaliers chartrains, du consentement donné par Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent à la donation par Gautier de la part de Vierville qu’il tenait d’eux en fief (transaction 5).
     Il s’agit selon tout apparence, d’après le contexte, d’un patronyme de chevaliers chartrains (qui n’était pas forcément tiré d’un nom commun car Maréchal a pu représenter un anthroponyme en lui-même, comme Godéchal et Ménéchal).
     (a) Un Geoffroy Maréchal apparaît comme témoin d’une donation
     (b) A titre de comparaison, voici un personnage qu’on trouve à Étampes vers 1090 et qui est lui est bien maréchal d’après le contexte, qui le cite entre un monnayeur et un serf: Gaufredus, monetarius; Willelmus, marescaudus; Raimbaldus famulus (Cartulaire de Longpont, éd. Marion, n°CIX, p. 134).
     (c) D’autres contexte sont moins clairs, comme dans le cas de ce Geoffroy Maréchal ou maréchal Geoffroy témoin d’une donation d’Hugues de Gallardon (voyez notre Annexe 6i), cité avant un cuisinier mais aussi avant les frères d’Hugues (Guarinus clericus, canonicus sancte Marie; Gaufridus mariscalcus; Hugo Fulcoini; Albericus coquus; Ansoldus de Mengervilla; Guido et Milo fratres mei; etc).

     (d) Même problème dans une autre donation citée par la même charte, ou il s’agit de témoins des moines de Bonneval: Guido de Barzileriis. Hugo filius Fulchoini. Isembardus Mariscalcus. Teudo de Nemore. Albericus quoquus. Gaufredus Mariscalcus. Willelmi filii Rotaldi.
Marin prévôt d’Auneau (Marinus prepositus de Alneello, B 26-27)
    Marin est témoin à Auneau du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 5).
     (a) Il semble s’agir d’après le contexte non pas d’un prévôt laïc de la ville d’Auneau mais d’un moine, officier ecclésiastique du prieuré d’Auneau (cf. Guérard, Cartulaire de Saint-Père, pp. LXXXIV-LXXXV), comme dans le cas de Hardouin, prévôt du prieuré de Chartres.
     (b) Cependant lorsque ce personnage apparaît ailleurs comme témoin de deux donations d’Hugues de Gallardon aux moines d’Auneau (enregistrées par la charte de ce personnage que nous donnons en Annexe 6i), sous la dénomination: Marinus prefectus, il semble bien être un laïc  au service d’Hugues et n’est pas rangé parmi les témoins des moines. La première fois est cité juste après lui Hardouin Chef-de-Fer, sous la dénomination Hardouin de Denonville (Marinus prefectus. Harduinus de Danovilla).

Martin (Saint) (beato Martino Maioris Monasterii, A 1-2; B titre, 1, 15, 24, 28, sancto Martino Maioris Monasterii, D 34, beato Martino, B 13, 20, 29, 31, sancto Martino, A 23, C 26, predicto sancto, B 25, eidem sancto, B 17, sancto, B 2, 3, 6)
     Cet anthroponyme n’est pas autrement représenté dans nos notices.
Mérier (Mereruilla, A 24, B 17, 28, Merer Villa, B 16), personnage qui semble avoir donné son nom à Méréville.
     A l’époque de notre charte, le nom du personnage qui a donné son nom à Méréville est devenu méconnaissable et l’on prononce Mérerville sans reconstituer de génitif de l’anthroponyme, probablement sorti de l’usage. Cet anthropomyne est sans doute cependant Mérier (qui a survécu comme patronyme) et qui dérive selon toute apparence d’un anthroponyme germanique rare Mar-hari (latin théorique Marharius, Mararius).

Milsent (Milesindis, A 1, 8, 9, 11, 14, texte corrigé ultérieurement dans les quatre derniers cas en Milesendis, Milesendis, B 5, 11, uxor eius Milesendis, B 1, uxor eius, Milesendis predictę Hersendis filia, sororque prefati Harduini, B 34), femme de Gautier d’Aunay, sœur de Hardouin Chef-de-Fer, fille d’Hersent et de Thion Chef-de-Fer.
     Milsent, fille de Thion Chef-de-Fer et d’Hersent, sœur de Hardouin Chef-de-Fer, réside à Saint-Avit-les-Guespières avec son époux Gautier d’Aunay.

     1) Elle donne Vierville aux moines de Marmoutier en accomplissant chez elle à Saint-Avit le rite d’investiture avec un bâton (per baculum) qu’elle donne à un serf des moines censé représenter le prieur de Marmoutier,
Robert de Vierzon (transaction 2).
     2) Plus tard, à Chartres, elle donne avec son mari son consentement à la donation par son frère Hardouin de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 15).
Milon fils de Boson (Milo Bosonis filius, C 28)
     Milon fils de Boson est le cinquième
des dix témoins, quelque part dans le pays chartrain, de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 16).
     C’est d’après le contexte apparemment un chevalier:
le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard.
? Minier ? (Minerius ou minerius B 10) qualification d’un certain Hugues à Étampes
     C’est ainsi qu’est titré un certain
Hugues, onzième des douze témoins à Étampes de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée et du consentement de son frère Godéchal (transaction 3).
     Faut-il considérer ce mot, minerius, comme un nom propre, surnom ou patronyme à Étampes d’un Hugues Minier, ou bien comme le titre d’un officier, le minier Hugues?
     Le contexte ou apparaît ce personnage permet de supposer qu’il n’est pas forcément chevalier comme ceux qui le précèdent dans la liste (le seul qui le suive, Hébert de Denonville, est en fin de liste, systématiquement dans les listes où il apparaît et doit être une sorte de notaire).
       Par ailleurs, à moins de corriger arbitraiement en Menerius, et
bien qu’il existe un saint Minère (Minerius) honoré comme un martyr à Noyon en Suisse, cet anthroponyme paraît bien isolé et problématique. Il n’est attesté ni par le Cartulaire de Saint-Père ni par aucune charte de Philippe Ier.
     C’est pour quoi j’ai tendence à y voir plutôt le titre d’un officier chargé à Étampes du minage (minagium), c’est-à-dire de la mesure du grain au moyen de la mine (mina) et de la perception de le la redevance seigneuriale afférente à cette mesure. Et ce bien que les dictionnaires en usage (de Blaise comme de Niermeyer) n’accordent pas ce sens au mot minerius, minarius, auquel il ne donnent que les suivants: gardeur d’animaux (de menare, mener), ou bien mineur, sapeur (de minare, miner).
Nivelon II fils de Foucher Ier de Fréteval (Niuelo filius Fulcherii, B 25)
     Nivelon fils de Foucher est témoin, dans la grange de Boisville-la-Saint-Père, du consentement donné par Payen d’Étampes (représenté par Anseau fils d’Arembert) à la donation de Gautier d’Aunay, en présence d’Hugues du Puiset et de son beau-frère le vicomte Hugues de Châteaudun (transaction 10).
     (a) Ce personnage est assez bien connu depuis que
Charles Métais a rassemblé de nombreuses données sur lui en introduction à son édition du cartulaire de Marmoutier pour le pays de Blois. Nous savons par exemple que sa sœur, épouse d’Huhugues de Châteaudun, s’appelait Agnès et qu’elle était surnommée Comtesse.
     (b) Mais le plus important pour ce qui nous occupe est que Nivelon II est parti en croisade en 1096 et qu’il n’est revenu au pays qu’à une date compris entre 1108 et 1114. C’est donc avant son départ qu’il assiste à la transaction 10, et c’est donc en présence d’Hugues Ier du Puiset, dit Blavons. Par ricochet, comme ce dernier et mort en soit en 1096 ou peu après, notre transaction est antérieure à 1096.
     (c) Nivelon sera encore témoin à Étampes en 1111, en compagnie cette fois de son fils Ours (Nevelo, Ursio filius ipsius) d’une libéralité de Louis VI qui cède à l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée son brenage à Manterville, dans le même secteur (Cartulaire 
de Saint-Jean-en-Vallée, n°13, p. 9).
     Charles MÉTAIS, «Nivelon II, troisième seigneur de Fréteval»
», in ID., «Notes généalogiques sur les seigneurs de Fréteval», in ID., Marmoutier. Cartulaire blésois [CXLIII+540 p.], Blois, E. Moreau et Cie, 1889-1891», pp. XXXVIII-XLIX.
Norbert, père d’Yves (Norbertus A 15, B 12)
     Norbert est le père apparemment défunt d’un chevalier Yves (Iuo filius Norberti) cité en tête des témoins du consentement donné par Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent à la donation de Gautier d’Aunay, en un lieu indéterminé du pays chartrain. Voici la liste des témoins: «Yves fils de Norbert; Thibaud fils d’Étienne: Payen fils de Girard maréchal; Garin fils d’Amaury Bisen: Aubert fils d’Aubert d’Ormoy» (transaction 15).
     (a) Le Cartulaire de Saint-Père de Chartres (p.422, cf. p. CCCL) enregistre la donation d’une terre par le même Yves fils de Norbert donne à ce monastère une terre entre 1069 et 1100 (De terra apud Alonas ab Ivone, filio Norberti, data).
Obert d’Étampes (Obertus de Stampis, B 23)
     Cet anthroponyme représenté trois ou quatre fois dans les chartes conservées de Philippe Ier sous les fomes
Obertus, Osbertus, Otbertus, doit sans doute être distingué d’Aubert, qui vient d’Adalbertus, via Albertus.
     Obert d’Étampes est témoin à Étampes du don qu’y fait Amaury Roux d’Ablis de deux tenures à Vierville. Voici la liste des témoins: Arnaud fils d’Aubrée; Christophe Roi; Obert d’Étampes (Obertus de Stampis); le chanoine Gibert (Girbertus canonicus); Guillaume des Vieilles Étampes; Robert du Cimetière; Baudry du Fossé; Hébert de Denonville (D 23).
     Comme on voit que l’auteur de la notice distingue bien Étampes des Vieilles Étampes, c’est-à-dire de Saint-Martin d’Étampes, on est fondé à supposer qu’Obert est au moins apparenté à un chanoine de Notre-Dame, et que c’est le même que mentionne la charte de 1082, où on trouve bien un Otbertus parmi les chanoines de Notre-Dame.
Osmond de Gallardon (Osmundis de Gualardone, B 27)
     Cet Osmond est le dernier des neuf témoins, à Auneau, du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11).
     (a) De fait nous trouvons ailleurs, témoin de trois donations successive d’Hugues de Gallardon lui-même, un certain Osmond d’Auneau (Osmundus de Alneel
), aussi appelé le chevalier Osmond (Osmundus miles) à côté de deux témoins de l’entourage d’Hugues que nous retrouvons également ici: Jean Veau et Robert Breton (Voyez notre Annexe 6i).
     
C’est donc un chevalier possessionné à Gallardon et/ou ou Auneau. Est-il de la famille même d’Hugues de Gallardon? Il a peut-être été d’abord oublié du fait de sa jeunesse, et ajouté ensuite, comme dans le cas de la première rédaction de la liste des témoins étampoise du consentement de Guillaume, où pour le frère d’Airaud, Éblon, remis en début de liste avec son frère lors de la deuxième rédaction.
Oury de Vierville (Hulricus de Veruilla, A 23, Vlricus, B 14, 23, 26)
     Oury de Vierville est le père défunt de Godéchal (Godescalis filius Hulrici de Veruilla, A 22-23, Godiscalis filius Vlrici, B 15, 24, 27a). La deuxième rédaction ne reprend pas la qualification de Vierville, que faut-il en penser?
     Godéchal est qualifié d’une part fils d’Oury de Vierville, et d’autre part le frère d’Arnaud fils d’Aubrée, ce qui semble signifier qu’il ne partagent qu’un seul parent, qui semble être Oury de Vierville, puisqu’ils sont tous les deux possessionnés à Vierville.
     (a) Nous connaissons par ailleurs un autre fils d’Aubrée appelé Ours.
La Chronique de Morigny rapporte que les fils d’Aubrée Ours et Arnaud (filii Alberee Urso et Arnaldus) ont donné aux moines de Morigny chacun le sixième de l’église de Saint-Germain qu’ils détenaient (f°63). On notera que le premier sixième en fut donné par Anseau fils d’Arembert (noster Ansellus), selon la même Chronique de Morigny (f°63), personnage qui intervient aussi pour représenter Payen fils d’Anseau lors de notre transaction 10.
     Il semble donc qu’Oury, veuf et père de Godéchal, avait épousé Aubrée, veuve et mère d’Ours, et qu’ils avaient eu ensemble pour fils Arnaud. On peut légitimement se demander si le premier mari d’Aubrée n’avait pas été Thion II d’Étampes, fils d’Ours I et père d’Ours II, dit aussi Ours de Pierrefitte.
     On notera que la donation que font ses deux fils de leurs biens de Vierville nécessite le consentement de Payen fils d’Anseau (transaction 10), ce qui peut laisser supposer qu’Oury les tenait lui-même à fief de ce dernier, ou du père de Payen, à savoir d’Anseau.
Urso de Petris Ours de Pierrefitte (Vrso de Petris, A 20, B 14)
     Le texte porte seulement Ours des Pierres, mais il s’agit presque certainement du lieu-dit qui s’appelle aujourd’hui Pierrefitte, où sous l’Ancien Régime encore on conservait plusieurs dolmens, dont il ne reste qu’un seul aujourd’hui. Inversement la commune chartraine de Pierres s’est parfois appelée Pierrefitte.
     Ours des Pierres fait partie des plus hauts personnages du pays d’Étampes témoins du consentement de Guillaume fils de Bernoal d’Étampes à la donation de Gautier d’Aunay (transaction 6).
     Voici la liste des témoins: Airaud, oncle paternel du dit Guillaume; l’abbé de Notre-Dame d’Étampes Bernoal; son frère Aubert: Geoffroy de Baudreville; Aubert fils d’Aimelin; Hugues Borgne; Ours de Pierrefitte; le jeune clerc Bernard; le clerc de Saint-Cyr, Geoffroy; Arnaud fils de Baudouin; Harpin de l’Étampois; Pierre fils de Gerbert Barbu; Éblon frère d’Airaud; le moine Thion Chef-de-Fer.

     L’identité de cet Ours est problématique.
 
   (a) Nous entendons parler par ailleurs à Étampes, vers la même époque, d’un Ours II (mentionné en 1096) fils de Thion II (mentionné de 1064 à 1082) fils de Ours I (mort avant 1064) fils de Thion I (entre 1008 et 1046). Voyez à cet égard notre édition de la Charte donnée par Henri Ier en 1046.
     (b) Nous entendons parler aussi par la Chronique de Morigny d’un Ours frère d’Arnaud et fils comme lui d’Aubrée. Mais il n’est pas impossible que cet Ours fils d’Aubrée, inconnu par ailleurs, ne soit qu’un frère utérin d’Arnaud et que son père ait été Thion II.
La Chronique de Morigny peut très bien de son côté ne l’avoir désigné comme fils d’Aubray que parce que c’est à ce titre qu’il partageait avec son frère utérin Arnaud des droits sur le bien qui fait l’objet de la donation qu’elle relate. En ce cas nous n’aurions ici qu’un seul et même personnage, sous trois dénomination: Ours de Pierrefitte, Ours fils de Thion, Ours fils d’Aubrée.
Payen fils d’Anseau (Paganus filius Anselli, B 8, 23; Pagani, B 10)
     1) C’est de Payen fils d’Anseau qu’Arnaud fils d’Aubrée tenait en fief deux tiers du fermage de Vierville, qu’il donne aux moines (transaction 3).
     2) Jean fils de Payen est témoin à Étampes de la donation qu’en fait Arnaud, et du consentement de son frère Godéchal (transaction 3).
     3) C’est de Payen aussi que Godéchal tient le troisième tiers du fermage de Vierville (transaction 7 et transaction 10).
     4) Le consentement de Payen a cette double donation est donné officiellement à la grange de Boisville-Saint-Père, en présence d’Hugues du Puiset; mais Payen n’a pas fait le déplacement et s’est fait représenter par Anseau fils d’Arembert, qui donne son gant en signe d’investiture (transaction 10).

     Nous ne donnerons pas ici tout ce que nous savons sur ce personnage important pour l’histoire du pays d’Étampes. Il y faudrait une page entière, que nous donnerons ultérieurement. Notons ici seulement ceci:
     (a) Il est témoin à Bourges d’une charte de Philippe Ier vers 1102 (éd. Prou, p. 372, l. 4: Paganus de Stampis, et note 1 p. 368).
     (b) Il est encore cité en 1106 dans une charte de Philippe Ier datée de Poissy adressé aux principaux nobles d’Étampes, dont il fait partie avec son fils Jean: à Marc, à son fils Hervé, à Ours, à Aimon, à Payen fils d’Anseau, à son fils Jean, à Aubert, frère du même Payen, à son fils Mainier.
     Ce passage important est mieux édité par Dom Basile Fleureau que par Maurice Prou (éd. Fleureau, p. 483; éd. Menault, p. 41; éd. Prou, p. 390, ll. 14-15; cf. Depoin, La Chevalerie étampoise, p. 75: au lieu de: «Haimoni Pagani Anselli filio»; il faut lire: «Haimoni; Pagano Anselli filio…»); on remarquera à ce sujet que Fleureau injustement négligé, porte le bon texte conjecturé indépendamment de lui par Joseph Depoin.
     (c) Il est cité dans des diplômes donnés par Louis VI à Étampes en 1112 et 1113 (cf. Luchaire, Louis VI le Gros, n° 144 et n°161) que nous éditerons ultérieurement en ligne.
     (c) Notons aussi une charte du Cartulaire de Longpont, daté des environs de 1120, qui pourrait relancer le débat sur le titre de Comte d’Étampes, refusé par Dom Basile Fleureau à son fils Jean d’Étampes comme non documenté jusqu’à présent, et apparemment inventé par l’historien Belleforest. Cette charte (éd. Marion CXCII, pp. 178-179) semble garder la trace que Payen a prétendu au moins un temps au titre de comte, puisqu’elle nous parle d’un certain Ferry fils de Payen d’Étampes qui fut comte (Fredericus, filius Pagani de Stampis, qui fuit comes). Cependant Fleureau signale que Jean ne prend jamais ce titre dans les chartes de sa femme Eustachie en faveur du monastère d’Yerre). Mais Payen? Le débat est ouvert. Il y a pu y prétendre un temps, à la fin du règne de Philippe Ier, particulièrement catastrophique pour l’autorité royale.
     (d) Il est cité (comme fils d’Anseaume, notez bien, Anselmi), dans une charte de l’abbé Thomas de Morigny des environs de 1123, conservée par le Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée (n°31 p.18), avec ses fils Jean, Anseau, Geoffroy et Ferry, comme autorisant une donation par un de leurs vassaux de Manterville (Pagano Anselmi filio... S. Pagani filii Anselmi. S. Johannis filii ejus, S. Anselmi filii ejus, S. Gaufridi filii ejus, S. Frerisi filii ejus). Tout le dossier de Manterville conservé par ce Cartulaire mentionne à plusieurs reprises les descendants de Payen.
     (e) Il est encore cité par trois autres chartes du Cartulaire de Longpont, qui nous apprennent qu’il s’appelait en réalité Isembard. La première est datée par Marion des environs de 1100
(n°CCLXXXIII, pp. 229-230), et Payen y est témoin du côté des moines de Longpont: Isembardus filius Anselli de Stampis qui vocatur Paganus.
     La deuxième n’est pas datée 
(n°CCXLIII, pp. 206-207), et cite comme témoin le même Isembardus cognomento Paganus filius Anselli.
     La troisième est datée sans doute par erreur des environs de 1130 par Marion (n°CLXXX, pp. 170-172): Isembardus cognomento Paganus filius Anselli de Stampis... domnus Paganus qui et Isembardus... supradictus Isembardus... Isembardus cognomento Paganus filius Anselli de Stampis... Isembardus de Stampis qui Paganus dicitur....
     Cette même charte nous apprend que Payen avait épousé Alais, sœur d’un certain Ferry fils de Gaudry, possessionné à Bondoufle (Aaliz soror ejusdem sepedicti Frederici, uxor videlicet supradicti Isembardi). La mère de ce Ferry est une certaine Arembour (Aremburgis). Les autres frères et
sœur mentionnés de ce Ferry sont Geoffroy (Gaufredus), Bégon (Bego), Gautier Tyreau (Gauterius Tyrellus) et Mahaut (Mathildis).
     La date de 1130 environ donnée par Marion pour cette charte repose apparemment sur la mention du prieur de Longpont Henri. Mais il mentionne dans son catalogue des prieurs de Longpont les dates avérées suivantes: Eude I de Péronne, 1076; Henry, 1086 et 1125; Landry, 1136. Cette datate de 1130 est certainement fausse, et de beaucoup.

     Sson père Anseau était selon toute apparence fils de Jocelin II de Lèves. Voyez notre article Anseau.
Payen fils de Girard Maréchal (Paganus filius Girardi Marescalci, A 16, Paganus filius Girardi Mariscalis, B 13)
     Payen fils de Girard Maréchal est le troisième des cinq témoins du consentement donné, quelque part dans le pays chartrain, à la donation de Vierville par le vidame de Chartres Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent (transaction 5).
      C’est sans doute l’un des vassaux du vidame. Voici la liste: Yves fils de Norbert; Thibaud fils d’Étienne: Payen fils de Girard Maréchal; Garin fils d’Amaury Bisen: Aubert fils d’Aubert d’Ormoy
.
Payen fils d’Hardouin (Paganus filius Harduini, B 1)
     Hardouin fils d’Hardouin est le huitième des douze témoins, à Étampes, de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction 3).
     C’est semble-t-il un nobliau étampois.

Pierre fils d’Érard (Petrus filius Erardi, B 10-11)
     Pierre fils d’Airard est témoin à Étampes de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée et du consentement de son frère Godéchal fils d’Oury de Vierville (transaction 3).
     (a) Il nous est aussi connu par deux chartes étampoises de Philippe Ier, l’une de 1082 en faveur de Notre-Dame d’Étampes, qui nous fait connaître son frère cadet Hugues (p.
276, l.11: Petrus Airardi filius et Hugo frater ejus); l’autre en faveur du maire de Chalo-Saint-Mard, non datée précisément, la date de 1085 apparaissant seulement dans une interpolation du XIIIe siècle (éd. Prou, p. 425, l. 4: Petrus filius Erardi 1082).
     
(b) Une charte de Guy le Large de Pithiviers, datée de 1070 environ, nous fait connaître encore un autre frère de Pierre appelé Thibaud peut-être décédé entre-temps. Elle porte la signature d’un Pierre d’Étampes, qui fut avec Thibaud, fils d’Airard (Bruel, Chartes de Cluny, tome IV, n°3438: S. Petri de Stampis, qui fuit cum Tetbaldo filii Arardi). On notera que Depoin, généralement très fiable porte par erreur Airaud au lieu d’Airard dans une note de son édition du Liber Testamentorum, note 255, Araudi pour Arardi).
     On est donc fondé à croire qu’Airard d’Étampes a eu au moins trois fils, Thibaud, sans doute mort jeune, Pierre, aîné des survivant à l’époque de notre notice, et Hugues.

Pierre fils d’Hébert Barbu (Petrus filius Gerberti Barbati, A 21, Petrus filius Herberti Barbati, B 15)
     Ce personnage dont le nom du père précis est incertain (première rédaction, A 20: Petrus filius Gerberti Barbati; deuxième rédaction, B 15: Petrus filius erberti Barbati) est donné pour témoin semble-t-il étampois de la donation d’Amaury Roux et du consentement d’Aubert fils d’Anseau à cette donation (transaction 9).
Pierre frère de Rainaud (Petrus frater eius, C 25, Petrus frater germanus, C 30), et donc sans doute comme lui fils de Thiou.
     Frère germain, c’est-à-dire de père et de mère, de Rainaud, il est donc fils de Thiou et d’Ermentrude, et frère d’Arembour, Rosceline et Asceline. Il consent à la donation de la terre de Lomlu opérée par son frère Rainaud (transaction 16).
     Il reçoit ensuite pour cela cinq sous (transaction 17)
.
Rahier Ier de Mondonville, père d’Amaury (Raherius, B 26)
     Ce Rahier est
Rahier Ier de Mondonville, père apparemment décédé de l’Amaury de Mondonville qui est témoin à Auneau du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 10).
     (a) Il est aussi mentionné (Raherius), en tant que père d’Amaury, par la notice n°80 du Liber Testamentorum de l’abbaye parisienne de Saint-Martin-des-Champs.
     (b) La même notice nous apprend que le fils aîné d’Amaury s’appelle aussi Rahier
(Raherius), selon l’usage onomastique du temps: Amalricus filius Raherii, assensu uxoris sue Richildis et filiorum suorum Raherii et Joscelini.
     (c) Il s’agit d’une donation autorisée par Garin de Gallardon, qui succéda à son frère aîné, l’Hugues de Gallardon de notre transaction 10: d’où il s’ensuit que les sires de Mondonville étaient bien vassaux de ceux de Gallardon, dès l’époque de Rahier Ier vraisemblablement.

Rahier, meunier (Raherius molendinarius, C 28-29)
     Le meunier Rahier est cité, dans un lieu indéterminé, peut-être à Vierville même ou à Léthuin, comme huitième témoin de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 16).
     Il est cité après le forgeron. Voici la liste, instructive dans une société aussi hiérarchisée:
le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard (C 27-29).
     L’étude des autres chartes du secteur permettra peut-être de le localiser.

Rainard Farinard (Rainardus Farinardus, B 28)
     Rainard Farinard est le deuxième des huit témoins, apparemment dans le secteur de Méréville du consentement donné par Arembour, épouse du susdit Godéchal fils d’Oury de Vierville et leur fils Eudes à la donation du défunt (transaction 12)
     Voici la liste des témoins: Gaudin fils d’Ansoué de Méréville; Rainard Farinard; Baudry du Fossé; Hardouin prieur d’Épernon et son serf Ermengise; Geoffroy de Moret; Eudes de Pannecières; Rainaud d’Aunay.

     (a) Il s’agit peut-être du Rainard fils Hermer qui est témoin avec Geoffroy de Moret, apparemment à Étampes et vers 1090, d’une donation d’Hugues de Champigny enregistrée par le Cartulaire de Longpont (éd. Marion, n°CIX, pp. 133-134). Voici les témoins d’alors: Marcus, filius Roscelini; Ansellus de Alvers; Arnulfus Basseth; ex parte sancte Marie: Ursus Dives, de Stampis; Aymo, frater ejus; Johannes, filius Anselli cognomento Pagani; Gaufredus de Moreto; Wlgrinus, filius Gunhardi; Reinardus, filius Hermeri; Gaufredus, monetarius; Willelmus, marescaudus; Raimbaldus, famulus; Teulfus, famulus.     
Rainaud fils de Thiou (Rainaldus Teuldi filius, B 10, Rainaldus Tetulfi filius, C 25, Rainaldus, C 30)
     C’est apparemment un chevalier étampois, fils de Thiou et d’Ermentrud, frère de Pierre, Arembour, Rosceline et Asceline (C 25-27). Il a d’autres parents dont un certain Faucon.
     1)
Hardouin fils d’Hardouin est le neuvième des douze témoins, à Étampes, de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction 3).
     2) Il donne plus tard lui-même aux moines de Marmoutier, alors qu’il se trouve alors semble-t-il en pays chartrain, la terre de Lomlu, avec l’accord de sa mère, de ses frères et sœurs (transaction 16).
     3) Il reçoit alors avec sa parentèle vingt-cinq sous; Pierre reçoit cinq sous; Faucon, une épée et une place à Marmoutier
(transaction 17).
     (a) On notera l’existence d’un Thibaud fils de Thiou (Teobaldus filius Teoli) premier témoin cité d’une donation d’Hardouin Chef-de-Fer et de son fils Hugues à Roinville, dans le Cartulaire de Saint-Martin-des-Champs, texte que nous rééditons en Annexe 6h. Comme il apparaît en lien étroit avec les Chef-de-Fer, on peut songer à en faire un frère de Rainaud, mais en supposant qu’il serait mort avant les transactions 16 et 17, où il n’apparaît pas dans la liste de la parentèle de Rainaud.
Rainaud d’Aunay (Rainaldus de Alneio, B 28) dit aussi Rainaud des Têtières (Rainaldus de Testiariis, C 31-32)
     1) Rainaud d’Aunay est le dernier des huit témoins, apparemment dans le secteur de Méréville, du consentement donné par Arembour, épouse du susdit Godéchal fils d’Oury de Vierville et leur fils Eudes à la donation du défunt (transaction 12)
     Voici la liste des témoins: Gaudin fils d’Ansoué de Méréville; Rainard Farinard; Baudry du Fossé; Hardouin prieur d’Épernon et son serf Ermengise; Geoffroy de Moret; Eudes de Pannecières; Rainaud d’Aunay.
     C’est sans doute l’oncle de Gautier II d’Aunay et frère de Gautier I que nous font connaître deux notices du Cartulaire de Saint-Père de Chartres; la première le mentionne
sous l’abbatiat d’Eustache, c’est-à-dire entre 1079-1101, mais avant la mort de Gautier I, et donc entre 1079 et 1082 (p.294: Gualterio de Alneto, Rainaldo fratre ejus), la deuxième sans date, mais sans doute après (p. 368: Rainoldus de Alneto). On peut aussi imaginer qu’il s’agit d’un fils de ce dernier, qui serait donc leur cousin.
     2) Il est ensuite, sous le nom de Rainaud des Têtières, témoin des contre-dons opérés par les moines en échange de la donation de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 17).
     Voici la liste des témoins: 
Arnoux d’Aunay; son frère Garin; Rainaud des Têtières; l’écuyer Hervé.
     Il s’agit du hameau les Têtières de la commune d’Unverre, près de Brou, dans le Dunois (arrondissement de Châteaudun), où il est apparemment possessionné. Il n’y a pas à s’étonner de cette variation de dénomination, car nous voyons bien aussi Gounier d’Aunay prendre lui-même ailleurs le nom de Gounier de Molitard, et plus tard encore de Gounier de Saint-Avit.
Rainaud, serf de Geoffroy de Beaumont (Rainaldus famulus Gaufredis de Bello Monte, B 33-34)
     Ce Rainaud est le serf d’un Geoffroy de Beaumont, qui paraît être un chevalier possessionné dans le hameau du même nom qui se trouve aujourd’hui dans la commune de Chuisnes. Rainaud est témoin, à Chuisnes, de la donation par Hersent et Hardouin, ex-épouse et fils de Thion, de quatre familles de colliberts en provenance de Denonville (transaction 14).
     (a) Son maître Geoffroy est lui-même témoin d’une donation postérieure de Hardouin au prieuré de Chuisnes, que j’édite ici en Annexe 6f.

Rainier fils d’Aubert (Rainerius filius Alberti, B 10)
     Ce Rainier fils d’Aubert est le quatrième des douze témoins cités, à Étampes, de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée et du consentement de son frère Godéchal (transaction 3).

     Il faut peut-être identifier son père avec Aubert fils d’Anseau. En effet Rainier qui témoigne en même temps qu’Aubert fils d’Anseau de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, au domicile de ce dernier Arnaud à Étampes (transaction 3).
Raoul fils de Jocelyn, de Denonville (Radulfus Gauscelini filius de Danunuilla, B 30)
     Ce Raoul, de Denonville est le premier témoin cité, en un lieu indéterminé, du consentement d’Anseau Robert fils de Béguin et sa mère Eudeline à la donation opérée par Godéchal et Amaury Roux d’Ably (transaction 13).
Richer, négociant d’Étampes (Richerius mercator de Stampis, B 20)
     Cet intéressant personnage, négociant d’Étampes, Richer, est le quatrième des cinq témoins cités, à Étampes, de la deuxième donation de Godechal (transaction 8).
     Ce Richer d’Étampes nous est aussi connu par une charte de 1123 conservée dans le Cartulaire de Saint-Jean en Vallée de Chartres (n°18), où l’on voit apparaître d’autres personnages mentionnés dans nos notices, dont un Bernoal (Bernoalius) et Geoffroy de Moret (Gaufridus de Moreth).
Robert d’Adonville (Rotbertus de Adunuilla, B 27)
     Ce Robert est le sixième des neuf témoins, à Auneau, du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée. Son frère Alleaume est cité juste après (transaction 11).
     (a) C’est sans doute un nobliau du pays chartain, vassal ou arrière-vassal d’Hugues de Gallardon possessionné à Adonville. Rappelons qu’ultérieurement, selon Merlet, le fief d’Adonville relevera du duché de Chartres et ressortissait pour la justice à Auneau.
 
     (b) Un Hardouin d’Adonville, chevalier apparemment également possessionné dans ce hameau de Denonville, et qui lui est sans doute apparenté, est témoin à Chartres du consentement donné par Gautier d’Aunay et sa femme à la donation par son beau-frère Hardouin de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 15).
Robert de Dolmont (Rotbertus de Dallei Monte, B 33)
     Ce Robert qui semble être un chevalier du pays chartrain possessionné à Dolmont. Il est témoin à Chuisnes de la donation par Hardouin de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 14).
      (a) Le Cartulaire de Saint-Père cite, entre 1116 et 1124 un personnage dont il n’est pas sûr qu’il soit de Dolmont, car le texte copié donné, p.307: Radulfus de Allemont, tandis que le copiste a porté en titre, p. 306: Radulfo de Dallemont. Il s’agit donc peut-être plutôt d’Allemant, village de la commune de Boutigny orthographié, selon Merlet, Alleman en 1180.
Robert fils d’Airaud (Rotbertus filius Arraldi, A 24, B 16)
Rotbertus filius Arraldi      Robert est témoin de la première donation de Godéchal (transaction 7) qui semble avoir lieu quelque part dans le pays étampois, entre Étampes et Méréville.
     Nous n’avons aucune bonne raison d’identifier son père à
Airaud frère de Bernoal I d’Étampes et d’Éblon, et d’en faire un frère d’Arnaud et Ours, quoi qu’on ne puisse l’exclure a priori.
Robert Breton (Rotbertus Britto, B 27)
     Robert Breton est
témoin à Auneau du consentement qu’il donne aux donations de Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11).
     Il faut savoir qu’Hugues de Gallardon a autorisé et permis, dans la maison des moines d’Auneau, et qu’il a accordé, au susdit saint et à nous, la dite donation de Vierville opérée par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée, à la supplique des moines monsieur Thion Chef-de-Fer et Costable. De cette donation sont témoins: Guy fils de Serlon; Amaury fils de Rahier; le prévôt d’Auneau Marin; Robert Breton; Jean Veau; Robert d’Adonville et son frère Aleaume; Hugues Chien; Osmond de Gallardon.
     Robert Breton est au moins un chevalier vassal d’Hugues de Gallardon; mais c’est peut-être aussi un de ses cousins.
     (a) Ce Robert Breton est également témoin d’un donation d’Hugues de Gallardon dont le texte a été édité par Édouard Lefèbvre en 1867, et que nous reproduisons en Annexe 7c.
***
1) Sur son nom ou surnom Breton
     (a) Une difficulté est présentée par
une charte du prieuré de Marmoutier à Bréthencourt, aussi signée par Thion Chef-de-Fer déjà moine, et datée par Merlet des environs de 1080, dont je donne le texte en Annexe 6e. Elle nous fait connaître un Garin Breton fils d’Hervé de Gallardon (Guarinus Britto filius Heruei de Gualardone), c’est-à-dire apparemment du même père qu’Hugues de Gallardon, Hervé, mort en 1092.
     (b) Ce
Garin Breton (Warinus Brito) est encore témoin d’une charte de Hugues II du Puiset confirmant un accord conclu entre Marmoutier et St-Martin-des-Champs, relatif à la terre d’Ouestreville et au cimetière du Puiset, entre 1102 et 1106 (Liber testamentorum Sancti Martini de Campis, n°LVI, p. 72).
     (c) Le même est encore
témoin en 1106 (Warinus brito) d’une donation contestée par Garin Bésin (Warinus Besenus, qui apparaît aussi lors de notre transaction 5, Guarinus filius Amalrici Biseni).
     Il semble inévitable donc d’identifier Garin Breton au frère cadet d’Hugues de Gallardon, qui lui succéda quand il mourut sans descendance masculine, en 1096 ou peu après, et qui mourut lui-même après être parti en croisade au commencement du XIIe siècle.

     Cependant cette identification entraîne des difficultés; pourquoi Garin Breton n’est-il pas titré de Gallardon entre 1102 et 1106?
     On se demande surtout qui sont, dans ce cas de figure, les différents Breton qui apparaissent dans l’entourage des sires de Gallardon, car Garin Breton et Robert Breton ne sont pas les seuls dans ce cas.
     (d) Nous trouvons aussi en effet un certain Hébert Breton cité comme témoin juste avant un certain Gautier de Gallardon (Herbertus Brito, Walderius de Guallardone) entre 1104 et 1114 à Notre-Dame de Chartres lors d’une donation de dîme à Orsonville (éd. Depoin, Recueil de chartes et documents de Saint-Martin des champs, n°144, t. I, p. 227)
.
     (e) La question est encore compliquée par l’existence d’un certain Robert de Gallardon fils de Gasce (Robertus de Galardone filius Wathonis). Sa fille Agnès se fait religieuse, et les fils sont Hugues, Robert, Simon, le clerc Gautier, Guillaume et Yves (Cartulaire de Saint-Père, p. 409, acté placé entre 1116 et 1140 par Guérard). Il est déjà mentionné juste après Hugues de Gallardon entre 1090 et 1100  selon Guérard: Hugo de Galardone; Robertus filius Guachonis (ibid., p. 313).
***
     La situation paraît embrouillée par l’existence de deux branches de la famille de Gallardon. Selon Depoin, Aubert II de Gallardon n’avait eu que deux filles. Aubour, dame de Gallardon, épousa un Hébert, dont elle eut Hervé, qui eut pour enfants Hugues I de Gallardon, Aubour, Garin, Guy et Milon. La deuxième fille d’Aubert II, Froheline, dame de Thimert, épousa Gasce, dont elle eut Hugues, Gasce et Robert.
     Hébert de Gallardon a eu trois enfants, Hervé, Foucher et Guibour, d’après le texte d’une dantion qu’il fit avant 1080
(Cartulaire de Saint-Père, pp. 223-224: quidam miles Herbertus nomine de Galardone... una cum consensu filiorum suorum, Hervei scilicet atque Fulcherii et unica filiae nomine Guiburgis).
     Cependant la théorie de Depoin ne rend pas compte en l’état de tous les faits énumérés ci-dessus. La question reste ouverte et nous sommes ouverts à toutes les suggestions. Qui sont Hébert Breton et Robert Breton? Et pourquoi Robert fils de Gasce s’appelle-t-il de Gallardon?
***
     On peut se demander si Robert Breton et Robert fils de Gasce (ou Gaston) ne sont pas un seul et même homme. Voici en effet les Robert qui interviennent comme témoins des donations successives enregistrées par la charte d’Hugues de Gallardon que nous donnons en Annexe 6i:
     Première donation: Iohannes vitulus... Osmundus de Alneel (=Osmond de Gallardon)... Robertus Brito (=Robert Breton)...
     Deuxième donation: Robertus filius Gasthonis... Harduinus de Danovilla (=Hardouin Chef-de-Fer)... Osmundus de Alneel (Osmond de Gallardon)... Johannes de Sclimonte (=Jean Veau?)... Seguinus frater Roberti filii Gastonis...
     Troisième donation: Robertus de Danonvilla. Osmundus miles (=Osmond de Gallardon)... Johannes de Sclimonte (=Jean Veau?)...
     Quatrième donation: Robertus Gathonis... Robertus nigro dorso...

Robert Fléaud (Rotbertus Flagellus, ou Flagellum, B 35)
     Robert Fléaud (B 35: Rotberto Flagello) est témoin à Chartres du consentement donné par Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent du don de quatre familles de colliberts de Denonville par Hardouin Chef-de-Fer et sa mère (transaction 15).
     (a) Robert Fléaud (Roberto Flagello) est cité par le Cartulaire de Saint-Père de Chartres à une date non précisée, comme le témoin du testament d’un certain Gaunard, serf (homo) de Saint-Père en faveur de ce même monastère (p. 317: Roberto Flagello, Roberto aurifabro, Roberto majore, Hernaldo botario, Odone pistore, Gaufrido coquo, Parente, Christiano scutelario; Rainardo, filio Aventii; Rainerio Torto, Christiano pelliparo; Odone, filio Gumbaldi).
     (b) Il est encore témoin (Robertus Flagellum), en même temps que Gautier fils de Fléaud, de la renonciation d’un certain Hugues fils de Baudouin à un certain droit coutumier alimentaire (ibid., p.
354: Paganus filius Flaaldi; Paganus de Dalunvilla, Hugo Bos; Ansoldus filius Godescalli; Robertus Flagellum, Osbertus monetarius, Suggerius pelliterius, Christianus pelliterius, Gaufridus cocus, Cochardus, Petrus Vigil).
     (c) Il est encore mentionné par le même cartulaire, sous l’abbé Guillaume, entre 1101 et 1129, comme témoin de la renonciation de Paulin fils d’Évrard, chevalier de Leni Villa, à sa revendication sur une famille de serfs de Saint-Père (ibid., p. 415: ex parte ejus, Roberto Flagello et Helia, milite suo; ex nostra, Huberto filio Balduini; Christiano pelliterio, Frollando pelliterio, Roberto marescallo).
     (d) Est ensuite mentionné, entre 1101 et 1129, son fils Philippe fils de Robert Fléaud, qui est neveu du moine Nivelon (ibid., pp. 335-336: Philippus filius Roberti Flagelli nepos domni Nivelonis),
et dont l’oncle Étienne de Haimonis Villa est également moine (ibid., p. 480: domnus Stephanus de Haimonis Villa avunculus ejus). Il est encore témoine entre 1113 et 1129 (p.483: Philippus filius Roberti Flagelli).
     (e) Il existe aussi un Aimelin Fléaud témoin de statut indéterminé entre 1130 et 1149 (ibid., p. 365: Hamelinus Flager), puis encore à une date indéterminée (p. 366, Hamelino Flagello), et enfin, entre 1130 et 1149, noté clairement comme chanoine (p. 389: ex canonicis: Hamelinus Flael etc.).
     (f) Il ne faut pas sans doute intégrer à cette famille celle de Gautier fils de Fléaud, qui paraît elle aussi avoir eu des liens avec celle des Chef-de-Fer. Voyez notre article Fléaud.
Fouilles place Romanet de juillet 2007 (cliché Jacques Corbel) Robert du Cimetière (Rotbertus de Cimiterio, B 23)
     Robert du Cimetière est témoin à Étampes du don qu’y fait Amaury Roux d’Ablis de deux tenures à Vierville (transaction 9).
     On ne sait pas si ce cimetière est celui de Saint-Martin d’Étampes, ou de Notre-Dame, mais il paraît clair qu’il y a sa demeure, de même que Gautier II d’Aunay envisage d’en construire une dans le cimetière de Vierville. Voyez notre article Cimetière.
     Rappelons que les fouilles de l’été 2007 opérées par l’INRAP sous la direction de Xavier Peixoto ont mis à jour des sépultures du XIe siècle rue de la République devant l’Hôtel-Dieu jusqu’au portail de la collégiale Notre-Dame, et plus haut, près de Saint-Basile. Ci-contre un cliché de Jacques Corbel lors d’une fouille plus haut dans la rue de la République, au niveau de la place Romanet, derrière Saint-Basile, où été mis à jour une trentaine de squelettes.
     Voiyez: Jacques CORBEL, “Le gisant de Saint-Basile”, in ID., Le Blog du Flâneur Étampois, http://flaneur-etampes.over-blog.com/article-6993248.html, 2007, en ligne en 2008.
Robert de Vierzon, prieur de Marmoutier (Robertus de Virsone, A 8, Robertus prior claustri Maioris Monasterii, A 12-13; B 11, domnus Rotbertus de Virsone monachus, B 6)
     Robert de Vierzon est alors le prieur de Marmoutier.
     1) La première rédaction semble dire que que Robert était personnellement présent à Saint-Avit-les-Guespières lors de la cérémonie d’investiture de Vierville Milsent, mais la deuxième précise que Milsent l’a donné
au serf Archambaud, par le moyen de la baguette, en lieu et place du dit moine (transaction 2).
     2) En revanche il a bien assisté personnellement, à Chuisnes, au consentement donné par Hardouin et Hersent à cette donation, a
vec le prieur de Chuines, Thibaud (transaction 4).
     Ce Robert était sans doute de Vieuvicq, plutôt que de Vierzon même.
     (a) En effet plusieurs chartes datant de la période de 1050 à 1090, et relatives au prieuré que Marmoutier avait à Vieuvicq, aux confins des pays chartrain et dunois, font allusion à des alleux qui y avaient appartenu à un certain Geoffroy de Vierzon (Gausfredus de Virsonio);
     (b) puis à son fils, un certain clerc Humbaud, Uncbaldum clericum filium Gausfredi de Virsonio (1061); Unbaldus de Virsone (vers 1070); ex alodiis Humbaud que fuerunt Huncbaldi de Virsone in confinio pagorum Carnotensis atque Carnotensis (vers 1070). Textes cités ici d’après l’Inventaire-sommaire de Merlet, sous les cotes
H.2500 et H.2501, p. 271.
Robert compagnon d’Allard de Bréthencourt (Rodbertus eiusdem Adelardi socius, D 38)
     Il est témoin d’une transaction non localisée: A cette donation ont assisté bon nombre de personnes du côté des moines et de leur côté. De leur côté il y a eu ceux-ci: le médecin d’Étampes Robert; Amaury Roux; le clerc Hardouin; un certain Garin leur serf. Du côté des moines il y a eu ceux-ci: le prêtre de Léthuin Tamoué; Allard de Bréthencout; et Robert compagnon du dit Allard (C 36-38).
Robert, régisseur de Saint-Avit (Rotbertus maior suus de Sancto Avito, B 7)
     Robert, régisseur de Saint-Avit pour le compte de Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent Chef-de-Fer, en compagnie du chevalier Thion de Crémisay, hameau aujourd’hui disparu de Saint-Avit-les-Guespières, se porte témoin de la donation de Vierville effectuée à Saint-Avit par Milsent selon le rite (transaction 2).
Robert, médecin d’Étampes (Rotbertus medicus de Stampis, D 37)
Robertus medicus de Stampis      Il est témoin d’une transaction non localisée: A cette donation ont assisté bon nombre de personnes du côté des moines et de leur côté. De leur côté il y a eu ceux-ci: le médecin d’Étampes Robert; Amaury Roux; le clerc Hardouin; un certain Garin leur serf. Du côté des moines il y a eu ceux-ci: le prêtre de Léthuin Tamoué; Allard de Bréthencout; et Robert compagnon du dit Allard (C 36-38).
Robert fils de Grimaud (Rodbertus Grimaldi filius, C 29)
     Robert fils de Grimaud semble faire partie d’une petite communauté rurale où son rang est inférieur à ceux du forgeron et du meunier, après lesquels il est cité comme témoin de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (peut-être Orlu). Voici la liste: le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard (B 27-29).
Robert (Rotberti, B 30), nom de famille.
     L’usage du génitif Roberti semble bien indiquer que Robert est ici un nom de famille légué par Béguin à son fils Anseau Robert.
Roi, ou Roué (Rex, B 23), patronyme étampois
     Il faut prendre garde à mon avis à ce que cet anthroponyme n’est pas nécessairement un surnom imagé. Rex peut représenter une latinisation abusive d’un anthroponyme germanique dégradé. On sait par exemple que Laetitia représente un anthroponyme germanique Lethuisa, dégradé en Lieuse puis par analogie en Liesse, d’où notre rétroversion en latin classique Laetitia. De même, nous avons vu que la latin Flagellum, dans notre notice, ne retranscrit pas en réalité un ancien français Fléau, même s’il est alors compris comme tel, mais beaucoup plus vraisemblablement Fléaud, c’est-à-dire une forme dégradé de l’anthoponyme germanique Fledald. De même, comme Rodhing a donné Roin (dans Roinville ou Roinvilliers par exemple), Rodulfus / Radulfus a donné Raoul puis Rou, compris Roux (comme dans le cas bien connu de Châteauroux qui est en réalité un chateau de Raoul, Rodolfus) et donc abusivement rendu en latin par Rufus.
     Aussi peut-on parfaitement imaginer que Roi, rononcé Rwé an ancien français, soit la forme dégradé d’un anthroponyme germanique Rodwig, qui, une fois dégradé en Rwé ou Rwi (comme Hlodewig a donné Lwi, écrit Louis). On voit bien en effet que dans la région l’élément -wig (ou -wech, si l’on préfère cette transcription) a évolué en -wé, comme le montre le cas de deux anthroponyme rares attestés par notre notice, Tamoué (
Tamueius) et Ansoué, pour lequel nos scribes hésitent beaucoup (Anseus / AnsuaAusueus de Mereruilla).
     (a) Un certain Christophe Roi (Cristoforus Rex) est témoin à Étampes, en compagnie d’autres Étampois, du don qu’y fait Amaury Roux d’Ablis de deux tenures à Vierville (transaction 9).
     (b) L’existence à Étampes d’un dénommé Roi (Rex) est à nouveau attestée à Étampes en 1226. A cette date, une charte de l’archevêque de Sens Gautier Cornu entérine le partage du centre ville entre les deux paroisses de Notre-Dame et de Saint-Basile (Fleureau, Antiquités, p. 404). L’un des points de répère alors donné est la maison de Sainte-Croix d’Étampes qui est à côté de la maison de Roi de Corbeil (juxta domum Regis de Corbolio), passage qui a d’ailleurs été mal compris par les historiens d’Étampes depuis Louis-Eugène Lefèvre a voulu en tirer la preuve que les locaux de la Boucherie appartenaient au roi (de France).

    (c) Ce patronyme Rex n’est représenté qu’une fois dans les chartes conservées de Philippe Ier, où on le trouve porté à Blois en 1075 par un certain Thibaud Roi, Tetbaldus Rex (p. 190, l. 3 & p. 191, l. 1).
     (d) Un Herbertus Rex est témoin vers 1127 quelque part dans le pays chartrain proche d’Étampes d’un don de 40 arpents (Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°40, p. 25).
     (e) Une charte de Philippe II Auguste de 1187 (Cartulaire de Notre-Dame de Paris, t. II, p. 372) mentionne un Eudes Roi (Odo Rex) du côté d’Itteville.

Rosceline (Roscelina, C 27)
     Fille de Thiou et d’Ermentrud, sœur de Rainaud, Pierre, Arembour et Asceline. Elle consent à la donation de la terre de Lomlu opérée par son frère Rainaud (transaction 16).
     Elle fait ensuite partie de la parentèle qui reçoit les contre-dons des moines (transaction 17).
Roux, ou Raoul (Amalricus Rufus de Ableis, B 19, 20, Amalricus Rufus, D 37, Guillelmus Rufus de Coina, B 33)
Amalricus Rufus de Ableis      Le surnom Rufus n’est pas tant porté qu’on pourrait le croire, et n’est représenté que sept à huit fois dans les chartes conservées de Philippe Ier. Il peut représenter les appellations vernaculaires Roux, Le Roux, Roussel ou Rousseau, mais aussi une évolution de l’anthroponyme germanique Radulfus, Rodulfus, Raoul, Rou, Roux, comme dans le cas bien connu de Châteauroux.
Serlon, père de Guy (Serlus, B 26, Serlo, C 28)
     Serlon est le père apparemment défunt d’un certain chevalier du pays chartrain, Guy fils de Serlon (B 26: Guido filius Serli; C 28: Guido Serlonis filius) qui est d’abord témoin, à Auneau, du consentement d’Hugues de Gallardon aux donations de Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11), puis, quelque part dans le pays chartrain, de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 16).
     (a) Il est intéressant de noter que dans la notice B, son nom est latinisé sur la base du cas sujet en ancien français (anc. fr. Serles, d’où lat. Serlus, Serli, 2e déclinaison), tandis que dans la notice C, il l’est sur la base du cas régime (anc. fr. Serlon, d’où lat. Serlo, Serlonis, 3e déclinaison).
     (b) Dans une notice
de l’abbaye parisienne de Saint-Martin-des-Champs, rédigée entre 1079 et 1096 qui parle du même personnage, on opte aussi pour la seconde solution: Widonem scilicet filium Serlonis (Recueil, p.112).
Tamoué, prêtre de Léthuin (Tamueius presbiter, C 32, Tamueius presbiter de Stonno, D 37-38)
     Tamoué est apparemment, pour employé un terme anachronique, le curé de Léthuin, où les moines de Marmoutier possèdent un prieuré dont les terres jouxtent celles de Vierville.
     1) Il est d’abord le premier témoin cité des contre-dons opérés par les moines en échange de la donation de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 17).
     2) Il est d’abord le premier témoin cité (du moins du côté des moines) de la donation par Geoffroy de l’Eau fils de Félicie et son épouse Gile d’une terre d’une charrue et trois tenures à Vierville (transaction 18).
     (a) Il nous est aussi connu comme témoin d’une charte du prieuré de Bréthencourt en date de 1080 environ et dont j’ai mis le texte en Annexe 6e.

Thibaud fils d’Étienne (Tetbaldus filius Stephani, A 16, B 12-13)
     Ce Thibaud fils d’Étienne paraît un chevalier vassal du vidame de Chartres Hugues II fils de Guerry, témoin du consentement donné à la donation de Gautier par Hugues et sa mère Helsent, de qui le dit Gautier tenait en fief une part du dit village de Vierville (transaction 5).
     (a) Alors qu’il est cité, dans notre transaction 5, juste après Yves fils de Norbert (testibus istis: Iuone filio Norberti, Tetbaldo filio Stephani, etc.), on le voit aussi témoin d’une transaction non datée enregistrée par le Cartulaire de Saint-Père de Chartres (t.II, p.314), cité juste avant lui: Teobaldus filius Stephani, Ivo Norberti, Hugo de Galardone, et ce en compagnie d’Hugues de Gallardon (cité dans notre transaction 11: Hugo de Gualardone).
     (b) Il est témoin également, quelques années après l’affaire de Vierville, entre 1101 et 1115, d’une transaction relatée par le Cartulaire de Saint-Père (pp.449-451) et cela juste avant juste avant Gounier d’Aunay (Theobaldus Stephani filius, Gunherius de Alneto). La même affaire voit ensuite intervenir Nivelon II fils de Foucher Ier de Fréteval, accompagné cette fois de son fils Ours (Nevelo et filius ejus Urso).
aux moines (éd. Guérard, pp. 561-562).
     (c) Ce même Thibaud fils d’Étienne (Theobaldo, filio Stephani) intervient le 23 février 1103 comme témoin d’une donation de la vidamesse Helsent (Helisendis), veuve du vidame Guerry (Guerrici vicedomini), et de ses fils le vidame Hugues (Hugone videdomino) et Étienne (Stephano), ainsi que de leur sœur Elisabeth (Elisabeth), dans la Cartulaire de Saint-Père de Chartres (éd. Guérard, p. 563).
     (d)
A une date située entre 1102 et 1105, Thibaud (Teobaldus filius Stephani) est encore témoin de la renonciation d’Hugues II, vidame de Chartres, à ses droits sur les hôtes de Saint-Martin à Roinville, avec le consentement de sa mère Helsent et de son frère Étienne et l’autorisation du comte de Chartres Guillaume et de sa mère Adèle (Depoin, Cartulaire de Saint-Martin-des-Champs, 1912, pp. 43-44).
     (e) Il est encore témoin vers 1108 d’une donation dans le même secteur de la vicomtesse Helsent, qui cède au chapitre de Saint-Jean-en-Vallée tout ce possédait à Manterville (Cartulaire de saint-Jean-en-Vallée, n°7, p. 6, bis): nous l’y voyons alors accompagné de son fils, dénommé Fron (Theobaldus Stephani filius; Teobaldus filius Stephani, Frodo suus filius).
     (f) Et encore d’une autre donation de la même, d’une vigne, vers la même date (ibid. p. 7:
[Theobal]dus Stephani filius, Frodo ejus filius), donation dont Garin d’Aunay (témoin de notre transaction 17) est également témoin.
Thibaud prieur de Chuisnes ( Tetbaldus prior, A 12, B 11, domnus Tetbaldus prior Coinę, B 32)
     1) Thibaud, qui dirige alors le prieuré que possèdent à Chuines les moines de Marmoutier y assiste à Chuines au consentement que donne Hardouin Chef-de-Fer à la donation de Vierville par son beau-frère Gautier d’Aunay, à un moment où le prieur du cloître de Marmoutier lui-même, Robert, a fait le déplacement. Sont ensuite cités cinq moines (Évain, Évroin, Gaston, Foulques, Gimard Ernèse) et leur serf serf Eudes (transaction 4).
     2) Plus tard, le même Hardouin Chef-de-Fer donne aux moines quatre familles de colliberts de Denonville
, à savoir le serf Geoffroy avec ses filles et ses filles. Hardouin en investit l’abbé de Marmoutier en donnant une tige de sureau au prieur Thibaud, son représentant (transaction 14).
     (a) Le prieur Thibaud est aussi mentionné avec le moine Évain et Eudes, serf des moines de Chuisnes, comme témoin d’une donation d’Hardouin Chef-de-Fer à leur prieuré (dont nous donnons le texte en Annexe 6f): Voici les moines: le prieur Thibaud, Moïse, Évain, Giraud. Les laïcs: le prêtre Raoul, son frère Sichier, Geoffroy de Beaumont, Guillaume Roux, Arnoux, Gauslin Serve-en-gré, le serf Eudes, le cuisinier Gauslin, les prêtres Jeannou, Thierry et Jean. Lors de cette donation Hardouin emprunte malicieusement au prieur son couteau, sous prétexte d’en faire l’objet qu’il déposera symboliquement sur l’autel; en fait il n’y déposera qu’un bout de bois, et gardera le couteau.
     (b) Il serait intéressant d’établir quand ce Thibaud a été prieur de Chuines. Nous voyons qu’en 1083 c’est un certain Thierry qui occupe cette fonction (Theodoricus prior de Chonia), d’après le Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée (éd. Merlet, p. 2 et note de la p. 1) et que le 29 novembre 1119 (ibid., p. 14) c’est un certain Henri (Henricus Choiniae prior).
Heaume (Xe-XIe siècles) Thion Chef-de-Fer (domnus Teudo Caput Ferri monachus, B 18, 26, Teudo monachus Caput Ferri, A 22, Teudo Caput Ferri monachus, B 22, domnus Teudo qui Caput de Ferro dicitur, C 29, domnus Theudo Caput Ferri, B 8, 13-14, 29, domnus Teudo Caput Ferri, D 39, Teudo Caput Ferri pater ipsius Harduini, B 11, Teudo Caput Ferri, A 24; B 15, 16, 32, 33, Theudo Caput Ferri, B 6, Teudo Caput de Ferro, A 8, 12, Theudo monachus, A 10, Teudo, D 39), chevalier puis moine, ex-époux d’Hersent, père d’Hardouin Chef-de-Fer et de Milsent, beau-père de et de Gautier d’Aunay.
     Nous ne résumerons pas tout ce que disent nos dix-sept notices, qui toutes le mentionnent, puisqu’il est à l’origine de toutes les donations et transactions qu’elle enregistrent.
     Pour ce qu’on sait de lui par ailleurs, voyez ce que nous en disons à l’article Chef-de-Fer. Remarquons qu’il était encore laïc en 1079, d’après une notice éditée et précisément datée par Depoin (Cartulaire de Saint-Martin-des-Champs, éd. de 1912, pp. 41-42).

Thion de Crémisay, chevalier (Theudo miles de Cramisiaco, A 10; B 7)
     Ce chevalier Thion, évidemment possessionné à Crémisay, hameau aujourd’hui disparu de Saint-Avit-les-Guespières, se porte témoin de la donation de Vierville effectuée à Saint-Avit par Milsent selon le rite (transaction 2).
     C’était sans doute un homme-lige de Gautier d’Aunay, le seul laïc qui témoigne avec lui est de
régisseur de Saint-Avit pour Gautier et Milsent, Robert.
Thiou père de Rainaud (Tetulfus, B 25, Teuldus, B 10), époux décédé d’Ermentrut, père de Rainaud, Pierre, Arembour, Asceline et Rosceline.
     (a) On notera l’existence d’un Thibaud fils de Thiou (Teobaldus filius Teoli) premier témoin cité d’une donation d’Hardouin Chef-de-Fer et de son fils Hugues à Roinville, dans le Cartulaire de Saint-Martin-des-Champs, texte que nous rééditons en Annexe 6h. Comme il apparaît en lien étroit avec les Chef-de-Fer, on peut songer à en faire un autre fils de notre Thiou, frère de Rainaud; mais il faut alors supposer qu’il serait mort avant les transactions 16 et 17, où il n’apparaît pas dans la liste de la parentèle de ce dernier.
Vaslin (Vaslinus, C 28), surnom ou patronyme porté par un certain Aubert, Albertus Vaslinus
     Ce surnom ou patronyme, bien représenté à cette période dans le secteur, est ici porté par un certain Aubert Vaslin qui paraît être un chevalier; en tout cas il est plus considéré que le forgeron et le meunier du village où il se porte témoin de la donation de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou; il est cité en sixième position: le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard (transaction 16).
     (a) Dans notre secteur le Cartulaire de Saint-Jean en Vallée de Chartres conserve une charte de Thomas, abbé de Morigny mentionnant vers 1123 un certain régisseur Vaslin et son frère Morin (n°31, p. 18: S. Vaslini majoris, S. Morini fratris ejus; id. n° 32, p. 19: Vaslinus major, Morinus frater ejus).
     (b) Vers la même date (ibid. n°33, p. 20) nous voyons une charte (AD28, H.3261) relative à la même affaire signée par deux Vaslin distincts, parmi lesquels il est difficile de se retrouver: un Vaslin de Louville-la-Chenard (Vaslinus de Laudovilla) et un Vaslin de Mongerville (Vaslinus de Mongervilla) apparenté visiblement à Morin/Marin frère du régisseur Vaslin: Vaslinus de Mongervilla, Adelina uxor Haaberti, Naintoldis uxor Marini, Bertha filia ipsius Marini, Rostha filia Vaslini de Mongervilla, tout ce petit monde se trouvant dans le château d’Auneau (in castro Alnetello).
     La curieuse graphie Haabert
doit représenter une évolution d’Adalbert distincte de celle que reflète le plus classique Albertus, et peut-être une prononciation dialectale Abert de l’anthroponyme usuellement prononcé Aubert.
     Quoi qu’il en soit ce Haabert est probablement notre Aubert Vaslin. Il est probable que notre Haabert-Aubert Vaslin a eu de sa femme Adeline deux fils, le premier, Vaslin, régisseur de Mongerville et père de Rosthe, le second, époux de Nainthaut (
Naintoldis) et père de Berthe.
     (c) Entre 1123 et 1128, une charte de Saint-Jean-en-Vallée enregistrant la donation par Jean d’Étampes de tout ce qu’il possède à Manterville (n°38, pp. 22-23) mentionne un témoin Garin fils de Vaslin d’Eddeville (p.23: Garinus filius Vaslini de Eddevilla); vers 1125 (n°37, p. 23), un certain Vaslin de Denonville (Vaslinus de Danumvilla) est fidéijusseur d’une donation d’une rente sur la métairie d’Aubray (apud Alberetum).
     (d) On notera aussi un Vaslin fils d’Arnoux, Vaslinus filius Arnulphi, chanoine de Saint-Martin d’Étampes en 1112 (d’après la charte de Louis VI de cette date), ce qui signifie qu’il l’était dès 1106 (date à laquelle la nomination de nouveaux chanoines fut interdit, les prébendes devant aller aux moines de Morigny au fur et à mesure de l’extinction du corps).

Veau ou Leveau (Vitulus, B 27), surnom ou nom de famille d’un certain Jean.
     Ce surnom ou nom de famille est porté par un certain Jean, qui paraît être un chevalier du pays chartrain, témoin avec d’autres, à Auneau, du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations de Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11).
     (a) Nous avons vu que ce Jean Veau (
Iohannes Vitulus) apparaît comme témoin d’une donation d’Hugues de Gallardon lui-même (voyez l’Annexe 6i).
     
(b