CORPUS DES ÉTABLISSEMENTS ÉTAMPOIS
 
Divers auteurs
L’Appareil d’Auguste de Meaupou
Douze documents, 1834-1878
     
Appareil Meaupou pour la conservation des grains (1846)
Appareil Maupéou pour la conservation des grains (1846)


     L’inventeur Auguste-Louis de Meaupou imagina entre 1832 et 1834 un procédé tout nouveau pour le séchage et la conservation des grains. Il installa sa machine à côté du moulin à Tan d’Étampes, transformé en usine de lavage  et y pousuivit ses expériences semble-t-il au moins jusqu’en 1846. Voici une dizaine de documents sur cette aventure technologique étampoise qui en son temps fit beaucoup parler d’elle, puis sombra peu à peu dans l’oubli jusqu’à aujourd’hui.
Bernard Gineste, 5 mai 2011.

Le moulin à Tan sur le plan du cadastre de 1827
Le moulin à Tan sur le plan du cadastre de 1827

Divers auteurs
L’Appareil d’Auguste de Meaupou
1834-1878
 


Brevets
(1834-1847)
Cresté
1835
Bailly
1836
Pommier
1837

Odolant-Desnos
1838
Cresté
1838
Malepeyre
1846
Alcan
1847
Rollet
1847
Barré de St-Venant
1850
Pontécoulant
1862
Armangault
1878

     L’inventeur Auguste-Louis, vicomte de Meaupou (et non de Maupéou, comme le lit parfois), qui avait déjà travaillé pour la papèterie, imagina entre 1832 et 1834 un procédé tout nouveau pour la conservation du blé.
     Son brevet fut déposé en 1834 et la construction de sa machine à vapeur autorisée et achevée en 1836 à côté de l’ancien moulin à Tan d’Étampes converti en usine de lavage du grain.
     Peu après, l’administrateur du grand dépôt de grains de la Villette lui en fit construire une autre. Un autre encore au moins fut édifiée à Poitiers. Les meuniers d’Étampes, très respectés, ne tarissaient pas d’éloges sur ce nouveau procédé qui paraissait promis à un grand avenir, et dont plusieurs publications du temps firent des description très favorables.
     Cependant, les boulangers déchantèrent un peu par la suite, le blé ainsi traité restant à leur gré trop humide. Malgré des améliorations apportées par l’inventeur dès 1835 puis en 1846, les éloges se font plus rares et d’autres procédés sont adoptés. Le moulin à Tan paraît être devenir un simple moulin à farine à partir de 1852, et le procédé tombe peu à peu dans l’oubli.
     On réunit ici une dizaine de sources sur cette aventure technologique étampoise totalement oubliée aujourd’hui, et dont aucun historien local n’avait jamais parlé, pas même Forteau, dans la notice qu’il avait publiée en 1906, et que nous avons récemment rééditée, sur le moulin à Tan.
Bernard Gineste, 5 mai 2011.




1) Brevets (1834-1847)


1834
N° 5700. — Ordonnance du roi portant proclamation des brevets d’invention (1) délivrés pendant le quatrième trimestre de 1834. — Au palais des Tuileries, le 11 Février 1835. — Louis-Philippe, roi Des Français, à tous présents et à venir, salut. — Vu l’article 6 du titre Ier, et les articles 6, 7 et 15 du titre II de la loi du 25 mai 1791 ; Vu l’article 1er de l’arrêté du 5 vendémiaire an IX [27 septembre 1800], portant que les brevets d’invention, de perfectionnement et d’importation seront proclames tous les trois mois par la voie du Bulletin des lois, — Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit: — Art. 1er. Les personnes ci-après dénommées sont brevetées définitivement :  [...] [p.94] [...] 126° M. de Meaupou (Auguste-Louis), manufacturier à Paris, rue Castiglione, n° 4 (2), auquel il a été délivré, le 4 décembre dernier, le certificat [p.95] de sa demande d’un brevet d’invention de quinze ans, pour des principes , moyens et procédés constitutifs d’un système nouveau d’épuration et de dessiccation ou concentration, généralement applicable à toute substance solide ou liquide, et particulièrement aux grains; [...] [p.106] [...] — 3. Il sera adressé à chacun des brevetés et des cessionnaires ci-dessus dénommés, une expédition de l’article qui le concerne. — 4. Notre ministre secrétaire d’état au département du commerce [p.107] est chargé de l’exécution de la présente ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des lois.— Signé Louis-Philippe. — Par le Roi : le Ministre Secrétaire d’état au département du commerce, Signé T. Duchâtel. Bulletin des lois n°354 (16 mars 1835), pp. 81, 94-95 & 106-107.
      (1) Maupéou avait aussi déjà mis ses talents d’inventeurs au service de la papèterie industrielle (dès avant 1822). Cf. André, 1996, p. 92. (B.G.)

     
(2) Auguste-Louis vicomte de Maupéou avait acheté le 7 avril 1810 une maison à Paris. Cf. Archives de Paris, A. Paris, DQ 18 25, allégué in Collection stendhalienne 14 (1972), p. 55, note 91: “maison formant le passage du Vigan, de la rue des Fossés-Montmartre, n°14, à la rue des Vieux-Agustins, 63 (Montmartre). (B.G.)
1835
“N° 5761. — Ordonnance du roi portant proclamation des brevets d’invention délivrés pendant le premier trimestre de1835. — Au palais des Tuileries, le 23 Avril 1835. — Louis-Philippe, roi Des Français, à tous présents et à venir, Salut. — Vu l’article 6 du titre Ier, et les articles 6, 7 et 1 5 du titre II de la loi du 25 mars 1791; Vu l’article 1er de l’arrête du 5 vendémiaire an IX [27 septembre 1800], portant que les brevets d’invention, de perfectionnement et d’importation seront proclamés tous les trois mois par la voie du Bulletin des lois, — Nous Avons ordonné et Ordonnons ce qui suit: — [...] [p.187] [...] 2. Les cessions de brevets ci-dessous rappelées ayant été revêtues de toutes les formalités prescrites par l’article 15 du titre II de la loi du 25 mai 1791, sont déclarées régulières et devront sortir leur plein et entier effet. […] [p.188] […] 4° La cession faite le 16 janvier dernier, à M. Fourcault de Pavant, demeurant à Paris, rue Saint-Honoré, n° 374, par M. de Maupeou, de tous ses droits au brevet d’invention de quinze ans, qu’il a pris le 4 décembre précédent, pour des principes, moyens et procédés constitutifs du système nouveau d’épuration et de dessiccation ou concentration généralement applicable à toute substance solide ou liquide, et particulièrement aux graines. [...] — 3. Il sera adressé à chacun des brevetés et des cessionnaires ci-dessus dénommés, une expédition de l’article qui le concerne. — 4. Notre ministre secrétaire d’état au département du commerce est chargé de l’exécution de la présente ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des lois.— Signé Louis-Philippe. — Par le Roi : le Ministre Secrétaire d’état au département du commerce, Signé T. Duchâtel.
Bulletin des lois n°360 (14 mai 1835), pp. 173 & 187, 188 & 189.
1835
N° 5948. — Ordonnance du roi portant proclamation des brevets d’invention délivrés pendant le deuxième trimestre de 1835. — Au palais des Tuileries, le 16 Août 1835. — Louis-Philippe, roi Des Français, à tous présents et à venir, Salut. — Vu l’article 6 du titre Ier, et les articles 6,7 et 15 du titre II de la loi du 25 mai 1791; — Vu l’article 1er de l’arrête du 5 vendémiaire an IX [27 septembre 1800], portant que les brevets d’invention, de perfectionnement et d’importation seront proclamés tous les trois mois par la voie du Bulletin des lois, Nous Avons ordonné et ordonnons ce qui suit: — Art. 1er. Les personnes ci-après dénommées sont brevetées définitivement: [...] [p.177] [...]  61° M. Fourcault de Pavant (Pierre), demeurant à Paris, rue Saint-Honoré , n° 374 , auquel il a été délivré, le 15 mai dernier, le certificat de sa demande d’un brevet de perfectionnement et d’addition au brevet d’invention de quinze ans, qu’il a pris le 4 décembre 1834, par M. de Maupeou, dont il est cessionnaire, pour des principes, moyens et procédés, constitutifs d’un système nouveau d’épuration et de dessiccation ou concentration généralement applicable à toute substance solide ou liquide, et particulièrement aux grains; [...] [p.188] [...] — 3. Il sera adressé à chacun des brevetés et des cessionnaires ci-dessus dénommés, une expédition de l’article qui le concerne. — 4. Notre ministre secrétaire d’état au département du commerce est chargé de l’exécution de la présente ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des lois.— Signé Louis-Philippe. — Par le Roi : le Ministre Secrétaire d’état au département du commerce, Signé T. Duchâtel. Bulletin des lois N°381, (16 septembre 1835), pp. 170, 177 & 188.
1835
List of Patentes granted by the French Gouvernment from the 1st fo October to the 31st ff December, 1834. — PATENTS FOR FIFTEEN YEARS.  [...] [p.312] [...]Auguste Louis de Meaupou, for an improved method of purifying, dessicating, and concentrating all kinds of substances, either solid or liquid. The London journal of arts and sciences, and repertory of patent inventions, 1835, p. 311-312
1846
Nouveau brevet de Maupéou: “Ordonnance du roi qui proclame des brevets d’invention. — Au palais des Tuileries, le 21 février 1847. — Louis Philippe, roi des Français, à tous présents et à venir, salut. — Sur le rapport de notre ministre secrétaire d’état au département de l’agriculture et du commerce; vu l’article 14 de la loi du 5 juillet 1844, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit: — Art. 1er. Sont proclamés:  […]  534e Le brevet d’invention de quinze ans, dont la demande a été déposée, le 13 novembre 1846, au secrétariat de la préfecture du département de la Seine, par le sieur de Maupeou (Auguste-Louis), pour des perfectionnements apportés à son système d’épuration des grains, graines, semences indigènes ou exotiques. […] 2. Notre ministre secrétaire d’état au département de l’agriculture et commerce est chargé de l’exécution de la présente ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des lois. — Fait au Palais des Tuileries, le 21 février 1847. —Signé Louis-Philippe. Par le roi: le Ministre de l’agriculture et du commerce, Signé L. Cunin-Gridaine.”
Bulletin des lois N°1384 (21 mai 1847), pp. 417, 463 & 500 (534e brevet).



2) Allusion du maire d’Étampes
 Rapport au sous-préfet du 7 juillet 1835

1835
En ce moment il ne se ferme aucun ancien établissement; il ne s’en ouvre pas non plus de nouveaux [(appel de croix:) si ce n’est, outre la pompe à feu de M. Godin, établie depuis 2 ans, celle présentement projettée par M. de Maupéou; l’une et l’autre ayant une chaudière à vapeur à haute pression.
État des moulins de 1835, édition Gineste (ici)




3) Présentation élogieuse de François-Charles Bailly en 1836
Maison rustique du XIXe siècle. Encyclopédie d’agriculture pratique, pp. 413-414

1836
     Plusieurs de nos plus célèbres économistes, et particulièrement notre Duhamel, frappés des avantage qui résulterait pour le commerce, l’agriculture et l’hygiène publique de l’épuration des grains par le lavage, avaient tenté d’employer la chaleur factice  au séchage immédiat; les résultats obtenus ont été satisfaisans quant à l’épuration en elle-même, mais les moyens employés n’étaient pas manufacturiers, c’est-à-dire que les frais qu’ils nécessitaient étaient au-delà des avantages qu’on pouvait obtenir. Dans le nord de l’Europe, sur la mer Baltique et particulièrement en Russie, on fait sécher le grain à l’étuve pour lui donner le degré de siccité convenable à son exportation sur mer; mais ces blés sont en général de qualité inférieure, et tout prouve que leur mode de dessiccation est vicieux.

     M. de Maupéou vient de prendre (en 1834) un brevet d’invention pour une machine qui semble avoir résolu ce problème depuis si long-temps cherché. Cet appareil lave le grain, l’épure et le sèche dans l’espace de 15 minutes.


     
Sur la fin de l’année 1835, M. de Maupéou a monté à Etampes un de ses appareils, capable de nettoyer en 24 heures 300 hectol. de blé. La meunerie de ce pays si renommée par son habileté, n’a pas tardé de fournir à façon la machine de M. de Maupéou.

     Le lavage, comme nous l’avons déjà dit, n’était pas difficile à opérer, mais la grande difficulté, la difficulté qui jusqu’ici n’avait pas été résolue, c’était de sécher immédiatement le grain, sans tâtonnement, sans danger de le brûler ou de le laisser trop humide. Pour atteindre ce but, M. de Maupéou a appliqué au séchage la dilatation de l’air, au moyen d’un foyer disposé d’une certaine manière. Ainsi, dans une grande chambre bâtie en briques, de forme pyramidale et faisant cheminée, sont disposés une série de cylindres en toile métallique. Le blé lavé pénètre successivement dans chacun de ces cylindres, dont la disposition intérieure est telle que le grain est constamment maintenu dans un état aérien. Cependant, un courant violent d’air sec dilaté tend à s’échapper par l’ouverture supérieure de la cheminée et enveloppe ainsi les cylindres sécheurs, y pénètre à travers les mailles de l’enveloppe et pompe avec avidité l’humidité des grains.

     A l’extrémité de ces cylindres sécheurs se trouve un autre appareil, également de 5 cylindres superposés, dans lesquels le blé, au sortir des 1ers, se refroidit à l’air libre, en sorte qu’au bout de ces refroidisseurs le grain soit froid et net, et propre à être mis de suite sous les meules ou conservé dans des sacs sans aucune espèce d’inconvénient.

     Toutes ces diverses opérations, lavage, épurage, séchage, refroidissement se font sans interruption aucune, et tout est si bien calculé que les laveurs et les cylindres sont toujours chargés de blé.

     Le grand avantage de cette méthode, c’est que, par le lavage, non-seulement le grain se nettoie mieux, mais que tous les corps [p.414] plus légers que l’eau, comme paille, cloques, grains mal murs ou percés des insectes, montent à la surface de l’eau et sont entraînés dans des réservoirs particuliers, en sorte qu’il ne reste plus réellement à la mouture que les grains non altérés, opération qu’on est loin d’obtenir complète par l’effet des ventilateurs.

     M. de Maupéou prétend aussi que, par suite du gonflement que l’écorce du blé éprouve lorsqu’elle se lave et du retrait qui s’opère sur cette enveloppe par l’effet du passage du grain dans un courant d’air sec dilaté, la mouture du grain est plus facile, le son plus léger et, en définitive, le rendement en farine blanche plus fort de 3 à 5 p. 0/0. Il y a beaucoup de probabilités en faveur de ces assertions.

     Un autre avantage signalé par M. de Maupéou, c’est que le blé ainsi traité est dégagé de tous les insectes et de tous les germes qu’ils ont pu déposer sur le grain; la conservation en devient ainsi plus facile et plus certaine.

     Tout porte donc à croire que cette méthode sera adoptée dans nos moulins; elle exige moins de force employée que les appareils de nettoyage à sec, et, tout compensé, elle doit présenter de l’avantage au fabricant, condition du reste indispensable et sans laquelle une méthode, quelque ingénieuse qu’elle soit, ne peut jamais devenir manufacturière.





4) Présentation élogieuse en 1837 par A. Pommier, directeur de l’Écho des Halles
Encyclopédie du commerçant de Guillaumain, à l’article “Étampes”
    On remarquera que cet article est reproduit sans changement dans les rééditions de 1841 et de 1852 de ce même dictionnaire, alors que les données en sont complètement périmée, l'appareil étant peut-être même déjà abandonné en 1851.

1837
     On voit qu’Étampes peut être regardé , sans contredit, comme le point le plus important du rayon où Paris s’approvisionne des farines nécessaires à l’alimentation de ses 600 boulangeries; et c’est non seulement à cause de l’importance de cette fabrication, que cette ville mérite d’être citée, mais encore par la qualité de ses produits. Nulle part, dans le rayon d’approvisionnement de Paris, l’art de la meunerie n’a fait plus de progrès qu’à Etampes; ses moulins ont pour la plupart adopté les perfectionnemens que la science, aidée de l’expérience, a introduits dans les mécanismes, et les usines de Pierre-Brou, de Vaux, de Chagrenon, de Bourray et de l’Épine, peuvent être citées comme de magnifiques manufactures, où la transformation du blé en farine est un art véritable, soumis à des règles et à des calculs fixes, comme l’art de filer la laine et le coton.

     Depuis bientôt deux années on voit fonctionner à Etampes une des applications les plus ingénieuses et les plus utiles de la science à l’épuration des grains. M. de Maupeou y a établi, comme modèle, un appareil qui lave et sèche les blés avec une rare perfection, dans l’espace de quinze à dix-sept minutes. Cette machine nettoie 300 hectolitres de grains en vingt-quatre heures. Jusqu’ici elle a été appliquée presque exclusivement aux blés cariés qui se trouvent toujours en assez grand nombre sur les marchés d’Etampes; mais il est démontré que tous les blés, quelles que soient leur netteté et leur propreté apparente, ont besoin, pour être véritablement nettoyés, d’être soumis à ce mode d’épuration. Nous n’hésitons pas à dire que cette découverte est une des plus belles et des plus généreuses qui aient été faites depuis long-temps.

A. Pommier, in Guillaumain, Encyclopédie du commerçant, Paris, Victor Lecou, 1837, p. 904.



5) Présentation élogieuse par Odolan-Desnos en 1838
(après l’adoption du système Meaupou par les entrepôts de la Villette)
Rapport à l’Académie de l’industrie
     On reproduit ici tout le rapport, même la longue partie consacrée à l’entrepôt de la Villette (où arrivait entre autre le blé à destination d’Étampes), parce qu’il contient des considérations et même des informations intéressantes sur la place d’Étampes dans le commerce du grain et de la farine. (B.G.)

     L’économie politique est une science tellement nouvelle, et qui s’étend avec tant de lenteur dans les classes même les plus élevées de la société, qu’il n’est pas rare de souvent entendre discuter, à l’époque encore où nous vivons, la liberté du commerce des grains; aussi ne faut-il pas s’étonner de voir quelquefois demander quelle peut être l’utilité et l’importance de ce commerce à Parts, où les boulangers ne doivent avoir besoin que de farines?

       Néanmoins cette liberté commerciale commençant à ne plus être en réalité une question que pour le petit nombre d’hommes à préjuges du milieu du dernier siècle, lesquels semblent vivre encore afin de nous donner une preuve des [p.103] difficultés que nos pères durent avoir à vaincre pour pénétrer dans la voie des progrès, nous ne nous occuperons pas ici de la défense de ce principe, et nous renverrons ses antagonistes aux ouvrages et aux excellentes leçons des économistes contemporains.

      Quant à l’utilité de ce commerce des grains à Paris, c’est une question dont la solution se présente immédiatement avec le plus léger instant de réflexion car, si les boulangers reçoivent leurs farines des localités voisines où s’exerce tout spécialement l’art de la meunerie, croit-on qu’il soit possible, aux environs de ces diverses localités, de leur fournir la masse immense de grains que consomme leur fabrication? Nullement, Il faut que ces grains leur viennent de divers points plus ou moins éloignés; ainsi la Beauce même ne suffit pas toujours aux nombreux moulins de la ville d’Etampes, et ils sont forcés d être alimentés, non-seulement par les grains de la Picardie, de la Flandre ou de l’Alsace, mais quelquefois par ceux de Dantzick ou d’Odessa. Dès-lors ces grains, comme on le voit, sont nécessairement obligés de passer par Paris, qui, naturellement, devient l’entrepôt de ce commerce, c’est-à-dire le point central où les vendeurs et acheteurs se réunissent pour conclure leurs transactions; puis, de cette place, devenue ainsi véritable entrepôt de transit, ces grains de la Beauce, de la Picardie, de la Brie. de la Champagne, de l’Alsace ou de l’Etranger, s’expédient sur Saint-Denis, Corbeil, Gonesse, Melun, Etampes et autres lieux où se trouvent un grand nombre de moulins.

     Ainsi nous trouvons un exemple de l’utilité du commerce des grains dans l’approvisionnement des blés de cette année (1837-1838) car tout le nord tel que les environs de Roye, d’Arras, de Péronne, de Saint-Quentin, de Cambray et de Soissons, fournissent et fourniront d’ici la récolte prochaine, et cela en partie par l’entremise des marchands de grains de Paris, plus d’un cinquième de ce qui est nécessaire a la meunerie de Saint-Denis, de Gonesse, de Corbeil et d’Etampes, une autre année peut-être tirera-t-on ces grains de l’Anjou, du Saumurois et de la Champagne, ou même de l’Etranger. Tel est le mécanisme de ce commerce.

     Paris reçoit donc en réalité en transit tes grains des contrées qui en ont trop, pour les diriger sur les pays qui n’en ont pas assez, et où ils doivent être réduits en farine, laquelle lui est retournée pour alimenter son immense population. [p.104]

     Dès-lors, avec ce commerce à Paris, point de disette à craindre pour cette ville. Voilà son utilité!

     Maintenant, si nous cherchons quel peut être le chiffre sur lequel roule le commerce des grains à Paris, et que bien du monde considère comme à peu près nul, nous le trouvons variable suivant l’abondance des récoltes dans les contrées où les farines se fabriquent. Cependant on peut affirmer qu’il se vend habituellement à Paris dans les années ordinaires, au moins huit mille hectolitres de blé par semaine, ou  416 mille par année, et cela sans parler des menus grains, ce qui donne, au prix de 20 fr. l’hectolitre, une vente régulière représentant une somme de huit millions. Nous ferons observer que ces ventes et achats n’ayant lieu que sur échantillons et sans le bruit habituel qui accompagne la vente des autres denrées, il n’est véritablement point étonnant que les habitants mêmes de la capitale n’aient qu’une fausse idée de ce commerce, dont l’importance est, comme on le voit, en raison de son utilité.

     Nous disons donc, voilà l’utilité du commerce des grains, de ce commerce seulement, car il ne faut pas le confondre avec celui des farines, qui a lieu entre les boulangers et les meuniers, tandis que le premier s’exerce entre les meuniers et les fermiers ou les marchands de grains.

     En effet, le commerce de farine est tellement différent, que, pour subvenir à la consommation de la population de Paris, de ses hospices, de ses prisons et de sa garnison, il se vend chaque jour sur le carreau de la halle de cette ville plus de 2,000 sacs du poids de 159 kilog., y compris la tare de deux kilog. pour le sac, ce qui donne par année, pour les 309 jours environ pendant lesquels tient la halle, plus de 618,000 sacs de farine, qui se vendent au moins 52 fr. le sac, l’un dans l’autre, c’est-à-dire que ce commerce des farines coûte à la population de Paris plus de 32 millions car tel est le chiffre de cette consommation à laquelle subviennent les boulangers de Paris, qui, pour garantir les facteurs faisant leurs achats, doivent laisser 12,000 sacs en dépôt à la halle ou aux greniers d’abondance, et doivent en outre, pour garantir l’approvisionnement de Paris avoir également déposé à l’avance, soit chez eux, soit dans les greniers d’abondance, 39 mille sacs de farine.

     Ainsi, comme on le voit, le commerce des grains diffère entièrement de celui des farines; mais quoique mettant en [p.105] mouvement à Paris une masse de capitaux moins forte, n’en est pas moins essentiellement utile à cette ville par ses résultats, puisque, sans ce commerce, la meunerie de ses environs pourrait souvent venir à manquer d’une quantité suffisante de grains, et, par suite, la consommation de cette capitale pourrait quelquefois en souffrir, car les meuniers seraient dans l’impossibilité de fabriquer toutes les farines qui lui sont indispensables, tandis qu’avec ce commerce, nous le répétons, point de risques à craindre pour cette consommation.

     A la marche silencieuse de ce commerce des grains, on doit le peu d’attention que le publie et l’administration lui ont toujours portée. Aussi jamais n’a-t-on pensé à lui fournir un local où il fût possible aux négociants qui s’occupent de cette branche commerciale si importante, de mettre à couvert leurs marchandises : longtemps ils furent obligés de les loger dans des milliers de petites chambres qu’ils louaient dans les divers quartiers de Paris, et où il leur fallait, à grands frais, les porter pour les ramener au point d’expédition, et cela sans
pouvoir leur donner les soins multipliés qu’ils exigent. Aussi la perte que ces grains subissaient dans ce passage ne faisait-elle qu’aggraver le déchet de 10 pour 100 qu’ils éprouvent par suite des insectes ou des maladies, depuis l’instant de leur récolte jusqu’à celui de leur mouture.

     Cependant l’un des négociants qui se livrent le plus en grand à ce genre de commerce, M. Victor Thoré, ayant compris depuis bien des années que la construction d’un vaste magasin, destiné à servir spécialement d’entrepôt aux grains passant en transit à Paris, était une nécessité de l’époque, a pris enfin, en 1838, la généreuse résolution d’en établir un au profit de cette ville, et en quelques mois cet établissement fut élevé tel que nous le voyons aujourd’hui.

     Le choix de la position de cet important établissement dans une ville où le terrain est si précieux, dépendait, comme on peut le croire, de volontés multiples, qu’il était difficile de mettre d’accord, même au nom de l’utilité générale; néanmoins les difficultés, il faut le dire à la louange de l’administration locale, s’aplanirent assez promptement, et la concession pour 99 ans, déjà faite à la compagnie des canaux de Paris, des terre-pleins qui sont situés à l’extrémité amont du bassin de la Villette, fut transférée au profit de M. Victor Thoré, à la charge de laisser au bout de ce délai, à la Ville de Paris, toutes tes constructions qu’il aura cru devoir élever sur ces terrains. [p.106]

     Pour commencer à utiliser cette concession, M. Thoré a construit un premier magasin sur le terre-plein de la rive gauche, à l’angle de la rue de Bordeaux et du quai de la Loire.

Etablissement.

     Placé en tête du bassin de la Villette, il eût été difficile, de le poser plus au centre des arrivages de grains. En effet tous les blés du Nord et du Midi qui se transbordent au Havre et à Rouen, arrivent au bassin de la Villette par la Basse-Seine et le canal Saint-Denis; et, d’un autre côté, viennent de la Loire par le canal Saint-Martin, la Haute-Seine et la Marne, tous les grains de la Champagne et des autres provinces traversées par ces rivières ou par leurs affluents et les canaux qui y aboutissent; puis le canal de l’Ourcq met en communication ce bassin avec la Brie, le Multien, le Soissonnais, tandis que les routes de l’Alsace, de la Champagne, de la Flandre, de la Picardie et de la Normandie, qui aboutissent à ce même bassin apportent par terre à cet entrepôt tous les grains qui peuvent arriver à Paris.

     Diminuer autant que possible les frais de déchargement et déchargement des marchandises, soit par terre, soit par eau, était une condition indispensable dans laquelle il fallait nécessairement se maintenir; aussi, pour vaincre la difficulté, M. Thoré a-t-il voulu que le rez-de-chaussée du bâtiment fût élevé au-dessus de la surface du sol suffisamment pour arriver au niveau ordinaire des voitures, qui viennent au dehors s’acculer devant les baies de service, de telle sorte que le déchargement ou le rechargement des marchandises par la voie de terre n’exigent qu’une seule manutention et, afin d’obtenir le même résultat dans le mouvement des marchandises provenant de la voie d’eau, il a fait creuser dans l’axe de l’établissement un chenal qui aboutit et ouvre sur le bassin et permet ainsi aux plus grands bateaux d’entrer dans l’intérieur même du magasin, et d’y avoir leur pont également au niveau du rez-de-chaussée, de sorte que des tire-sacs font, avec trois hommes seulement, tant sur les voitures que sur les bateaux, un travail qui, sans ces précautions, aurait exigé une foule
d’ouvriers.

     Ce magasin, long de 58 mètres 90 et large de 35 mètres 60, occupe une superficie de 2,006 mètres 84 centimètres, qui se réduit à1,950 mètres en déduisant l’épaisseur moyenne des murs; et, comme il a sept étages, y compris le rez-de-chaussée, [p.107] il présente pour surface des planchers de service une superficie totale intérieure de 13,650 mètres, d’où il faut déduire environ 3,650 mètres pour la surface occupée par le chenal et les diverses machines, tant au rez-de-chaussée qu’aux étages supérieurs, ce qui réduit la surface libre pour l’emmagasinage à 10,000 mètres, c’est-à-dire à un emplacement égal à celui que présenterait la surface d’un hectare. L’on peut donc recevoir dans ce magasin jusqu’à cent mille hectolitres de grains, sans qu’il soit utile de les étendre en tas de plus d’un mètre de hauteur, afin qu’il soit toujours facile de les pelleter ou remuer à la main toutes les fois qu’ils en auront besoin.

     L’ensemble de ce magasin, dont la surface des étages au-dessus du rez-de-chaussée n’est coupée par aucune cloison, est divisé en quinze travées transversales et sept travées longitudinales, toutes espacées de 3 mètres 80 d’axe en axe, à l’exception des deux travées extrêmes dans le sens de la longueur, et de la travée du milieu dans le sens de la largeur, laquelle, se trouvant au-dessus du chenal intérieur, est obligée d’avoir 8 mètres 90.

     A tous les points d’intersection de ces lignes de travées s’élèvent des poteaux superposés d étage en étage, et coupés de longueur à laisser à chacun de ces étages une hauteur de 2 mètres 85 entre les planchers, et de 2 mètres 3 sous poutre, élévation suffisante puisque les tas de grain ne doivent pas monter à plus d’un mètre dans toute leur surface.

     Quant aux poteaux extrêmes des travées dans l’un et l’autre sens. ils sont à un mètre de distance des murs extérieurs, de manière qu’ils forment autour des tas de grain un chemin de ronde, et dégagent les murs de toute charge étrangère à leur propre poids. Chacun de ces divers poteaux est couronné d’un chapeau en fonte, bien supérieur à ceux en bois dont on a l’habitude de se servir: car ils sont plus légers, plus simples d’assemblage, et d’une solidité beaucoup plus grande. Sur ces chapeaux viennent se relier a chaque étage des moises longitudinales et transversales qui aboutissent, à leurs dernières extrémités, aux murs extérieurs servant d’enveloppe à ce magasin.

     La toiture, divisée en cinq toits occupant chacun trois travées longitudinales, repose sur les poteaux de l’étage supérieur, et se trouve également indépendante de tons les murs, [p.108] ce qui ne fait éprouver à ceux-ci aucune poussée ni aucune surcharge.

     La salubrité de l’établissement exigeant de nombreuses ouvertures, on a cru devoir en ménager 327 sur l’ensemble de ses façades, savoir: 105 au nord, autant au sud, 61 à l’ouest et 56 à l’est, et toutes sont munies de croisées ou de persiennes. Les unes et les autres sont à bascules, pivotent sur la moitié de leur hauteur et peuvent être facilement plus ou moins ouvertes, & volonté, au moyen d’une crémaillère dont elles sont armées à leur partie inférieure D’abord on avait pensé à les faire ouvrir et fermer toutes à la fois comme celles que l’on voit à Londres dans un magasin du même genre. Mais les réparations nombreuses exigées continuellement par ce mécanisme ont dû eu faire ajourner l’adoption et jusqu’à ce que son utilité ait été positivement démontrée, M Thoré a cru devoir s’en tenir à faire exécuter à la main la manœuvre des croisées et des persiennes.

     L’idée primitive et l’organisation générale de ce vaste et magnifique établissement sont entièrement dues, comme nous l’avons vu, aux connaissances pratiques de ce négociant; ais l’exécution et la direction de ces diverses constructions ayant été confiées à M. Emile Vuigner, ingénieur civil et inspecteur des canaux de Paris, il est juste de rendre hommage à l’activité qu’il a déployée dans la marche de ces travaux. Nous savons même que, pour se mettre plus en état de bien exécuter le projet confié à ses soins, il n’a pas craint d’aller visiter à ses propres frais les plus beaux établissements du même genre qui se trouvent en Angleterre et à ce voyage, fait sous les puissants auspices de M. Thoré, l’on doit, il faut l’avouer, la perfection que l’on remarque dans cet utile et important magasin.

     Sous le rapport de la position, de l’utilité, de la salubrité et de l’économie du service, cet entrepôt générai des grains de la Villette remplit donc entièrement le but que M. Thoré s’était proposé.

     Mais dans un temps de progrès comme celui où nous vivons, cela ne pouvait complètement satisfaire un homme pratiquement et véritablement habile dans ce commerce généralement si peu connu des habitants des grandes villes, et il fallait à M. Thoré la faculté de pouvoir offrir aux personnes qui voudraient se servir de ses magasins des moyens positifs, [p.109] rapides et économiques d’épurer et de conserver les qrains qu’elles viendraient confier à ses soins.

     Il fallait donc pouvoir guérir les blés attaqués de miellée, de brûlure de rouille, de charbon, de carie et de toutes les autres maladies auxquelles il leur arrive trop souvent d’être sujets il fallait pouvoir les purger de toute mauvaise odeur ou saveur résultant de l’humidité ou de la fermentation, et les débarrasser des causes qui donnent lieu à ces accidents; il fallait pouvoir combattre victorieusement le charançon et l’alucite ou papillon, ainsi que tous les autres insectes nuisibles qui s’adressent particulièrement aux grains il fallait les en chasser et mettre ces grains à l’abri de nouvelles attaques, soit de ces maladies, soit de ces insectes.

     Pour arriver à ce but, beaucoup de moyens furent proposés à M. Thoré. Tous furent pour lui l’objet d’un sérieux examen, et il soumit tour à tour à de nombreux essais et les caisses de Duhamel et les silos garnis diversement à l’intérieur mais chacun de tous ces moyens ne résolvait qu’une fraction du problème, et pas un seul, y compris la roue de M. Allier et même le cylindre de M. Vallery, qui vient de recevoir l’approbation de l’Académie des Sciences, ne remplissait complètement les conditions que devait exiger M. Thoré: car, homme pratique, il ne pouvait y avoir pour lui d’illusion et comme déjà il s’était sans doute aperçu que l’expérience industrielle fait quelquefois faute à la science, il ne voulut pas s’en rapporter, dans cette importante recherche, au seul jugement des savants, et il préféra, tout en s’éclairant de leurs lumières ou de leurs erreurs, examiner et essayer par lui-même tous les anciens et nouveaux procédés qui lui furent soumis. Dans le nombre cependant il en vit un qui, par ses résultats, attira particulièrement son attention; il porte le nom d’appareil Meaupou. D’abord il était fort incomplet ; néanmoins son auteur, d’après les diverses observations qui lui furent faites par les hommes les plus intéressés à l’épuration et à la conservation des grains, l’ayant amélioré par de nombreux changements, et ayant monté un de ces appareils à Etampes, M. Thoré en suivit les essais avec le plus vif intérêt, car, ainsi perfectionné, il semblait parfaitement remplir le but qu’il se proposait d’obtenir. il s’assura donc de la régularité de sa marche et de la valeur de ses produits; puis, après en avoir reconnu pratiquement, pendant plusieurs mois, les avantages, il ne craignit pas d’en faire construire un semblable pour son entrepôt de la Villette, et il nous invita dés cet instant à vouloir bien suivre nous-mêmes les expériences qui se continuaient à Etampes.

Appareil de Meaupou
Appareil de Maupeau:
1)
un exemplaire à Étampes au moulin dit à Tan (1836)
2) un exemplaire à Viillette (1838)


































Appareil de Meaupou
Appareil de Maupeau:
1)
un exemplaire à Étampes au moulin dit à Tan (1836)
2) un exemplaire à Viilette (1838)
































Appareil de Meaupou
Appareil de Maupeau:
1)
un exemplaire à Étampes au moulin dit à Tan (1836)
2) un exemplaire à Viilette (1838)






























Appareil de Meaupou
Appareil de Maupeau:
1)
un exemplaire à Étampes au moulin dit à Tan (1836)
2) un exemplaire à Viilette (1838)

     Le principe de cette machine que l’on voit actuellement fonctionner à l’entrepôt général des grains de la Villette, est basé sur le lavage des grains, et le séchage au soleil et au grand air, qui se pratiquent aux environs de Marseille et dans tous les pays méridionaux. Dès-lors, aussi, comme dans ces mêmes contrées, les grains atrophiés ou rongés par les vers, venant à surnager sont enlevés, les portions malades des grains, ainsi que les œufs des insectes et tous les germes des maladies sont détruits, puis le séchage exécute artificiellement ce que la nature permet de faire au grand air sous le beau ciel de la Provence. [...] [p.118] [...]*
     * Nous empruntons le texte de ce Rapport d’Odolan-Desnos, en date de 1838, à saon édition par Malapeyre en 1846. Ici Malepeyre intercale une description détaillée de l’appareil qu’il a tirée de “la spécification même du brevet de l’inventeur”. Il est donc possible qu’il manque ici quelques phrases du raport de 1838 (B. G.).
     Au premier abord, cet appareil, dont l’auteur s’est réservé le privilège de l’exploitation par un brevet de quinze ans, paraît très-compliqué mais, en l’examinant en détail, on reconnaît promptement qu’il est des plus simples, et qu’il remplit parfaitement toutes les conditions que l’on peut demander à une machine de ce genre.

     En effet, il permet, comme dans les pays méridionaux, de soumettre les grains au lavage sans les détériorer, de les dégager ainsi, par suite de leur différence de densité des grains morts, percés ou attaqués par les vers, et des graines étrangères, de les épurer de la poussière dont ils sont assez souvent recouverts, toutes impuretés qui, habituellement, ternissent l’éclat et la beauté de la farine, et la rendent même quelquefois nuisible à la salubrité.

     Ce lavage, en outre, fait disparaître les portions de grains tachées par la carie, et les assainit de toutes les maladies dont ils peuvent être attaqués.

     Il ne met pas seulement en fuite les divers insectes qui lui font journellement une guerre si redoutable, mais bien plus, il anéantit tout particulièrement les œufs des charançons et du papillon, dont aucun mécanisme n’a encore pu seul les garantir. ·

     Enfin ce lavage, qui ne dure jamais plus de 5 à 6 minutes, secondé par une ventilation rapide et successive d’air modérément chaud et d’air froid, enlève les mauvaises odeurs ou saveurs des grains, fait totalement disparaître cette humidité que l’on remarque si souvent dans les blés du Nord, et résultant de leur mauvaise maturité; humidité qui, la, plupart du temps, ne permet pas de les exporter, et les expose quelquefois à une fâcheuse fermentation.

     Vingt minutes suffisent pour faire passera un état de pureté et de propreté véritablement inconnu avant l’invention de cette machine, les grains les plus viciés, sans qu’elle leur fasse subir la moindre altération car ils ne restent pas assez de temps dans l’eau pour s’en pénétrer, et la chaleur ne peut qu’améliorer également leur surface sans jamais pouvoir t’attaquer.

     Tel est l’avantage produit par le travail de cette machine, [p.119] que les grains de la plus basse qualité, épures ou nettoyés par leur passage dans cet appareil, sont rapidement élevés de valeur et sont amenés en peu d’instants à pouvoir fournir des farines aussi belles que ceux de première qualité, et cela sans pour ainsi dire aucun déchet, puisque les blés simplement à nettoyer n’en donnent que 1 pour 100, les blés noirs ou cariés de 1 à 3 pour 100, et les blés attaqués par les insectes, suivant le degré de leur détérioration. Les frais de manutention, pour bonifier ainsi la qualité et la valeur des grains, sont également très-faibles relativement à cette bonification, puisque, pour laver, sécher et cribler à chaud les grains les plus charbonnés, il n’en coûte que 1 fr. 20 c. par hectolitre, et seulement 75 c. quand les blés, étant sains, ne demandent qu’à être lavés, séchés et criblés ; 50 c. s’ils n’ont besoin que d’être séchés à chaud et criblés sans lavage, et 40c. lorsqu’il ne faut que les sécher à froid et cribler.

     Telle qu’elle est montée à Etampes et dans l’entrepôt de la Villette, cette machine, ayant une batterie de 4 barriques, peut laver et sécher par jour 300 hectolitres de blé, et peut en sécher jusqu’à 500 lorsque le lavage est inutile.

     Cette machine est donc d’une fort grande dimension, et tout-à-fait en rapport avec l’importance de l’établissement qu’elle doit desservir; mais il est possible d’en établir sur une plus petite échelle car, au lieu de ce grand appareil que l’auteur vend et livre monté sur place pour une vingtaine de mille francs, il est facile de le dédoubler et de construire même de petits appareils à une seule barrique, dont la valeur pourrait ne pas aller au-delà de 6 ou 7,000 fr., tout en pouvant encore laver et sécher de 75 à 80 hectolitres de grain par jour, et en nettoyer et sécher jusqu’à plus de 125 hectolitres.

     Les avantages de cet appareil que nous avons constatés nous-mêmes à la suite de nombreuses expériences, sont affirmés généralement d’une manière positive par les assertions suivantes des meuniers d’Etampes, les plus habiles de France dans l’art de la meunerie.

     Les meules, disent-ils, alimentées par un blé épuré au moyen de cet appareil, sont avantagées du quart au tiers par vingt-quatre heures, en raison de l’habileté du meunier car, au lieu d’écraser dans cet espace de temps 26 setiers, ou 39 hectolitres de blé, elles vont jusqu’à en écraser 35 setiers ou 5 hectolitres 1/2. [p.120]

     Cette épuration, ajoutent-ils, permet de ne rhabiller les meules que deux fois, au lieu de trois, en vingt-un jours, ce qui fait gagner au moins dix-sept jours de mouture de plus par année et elle fournit des farines de deux ou trois nuances plus blanches que celles des mêmes grains nettoyés par tout autre procédé.

     Ce nettoyage, d’après leurs observations, fait rendre sous les meules de 2 à 5 p. 100 de plus en farine que ne pourraient le faire les mêmes blés non épurés; ce qui tient à ce que l’eau, s’étant vaporisée pendant l’opération, gonfle d’abord le son, puis l’étend, et le laisse ensuite retomber sur lui-même, ce qui produit une véritable décortication et permet aux meules de n’enlever qu’un son tres-léger, et de réduire en farine d’une manière absolue toute l’amande.

     Les blés glacés, observent-ils encore, qui, naturellement, font des farines grises, en donnent au contraire de très-blanches après l’épuration, et il en est de même de ceux qui font des farines rouges.

     Les boulangers, par suite de nombreuses expériences, ont aussi obtenu des résultats assez curieux.

     Ainsi, les farines de blés épurés par l’appareil Meaupou prennent mieux l’eau au pétrin et tombent plus blanches à la cuisson.

     Enfin tel est l’état extérieur que cette préparation donne aux grains, qu’une fois ainsi épurés l’expérience de plus d’une année nous a prouvé, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont fait des expériences sur cette machine, qu’ils se conservaient fort bien sans être attaqués par les insectes, et cela sans aucun pelletage ni aucune autre manutention. Seulement nous devons ajouter que, pour obtenir la certitude de cette bonne conservation, il faut indispensablement que les préparations de ces grains, par cet appareil, aient été faites à chaud ou sans lavage, résultat qui ne serait pas obtenu si le séchage était fait à froid.

     L’on assure même que des grains ainsi lavés et épurés, ayant été mis en terre, ont germé et se sont reproduits; mais ce résultat, que nous n’avons pu vérifier et qui nous paraît avoir besoin de nouvelles preuves pour obtenir notre conviction, est entièrement sans importance, car les blés qui demandent t’épuration sont des blés marchands nullement destinés à se reproduire, vu que les cultivateurs ont toujours le plus grand soin de prendre leur semence, aussitôt après la récolte, [p.121] dans le blé nouveau, afin de l’obtenir aussi pure que possible.

     Le problème que l’on cherche vainement à résoudre depuis près d’un siècle, a donc paru à votre commission résolu de la manière la plus heureuse et la plus pratique par la découverte de cet appareil, qui donne, il faut en convenir, les résultats les plus avantageux et les plus économiques; il est destiné a rendre les plus grands services à la meunerie, aux gros fermiers assez riches pour n’avoir pas besoin de vendre immédiatement, en temps de baisse, les produits de leurs moissons, et aux négociants qui se livrent au commerce des grains car, en admettant qu’elle puisse sauver seulement la moitié des 10 p. 100 de blé qui, chaque année, sont perdus pour la consommation, l’on gagnerait, à s’en servir, sur les 48 millions environ d’hectolitres de blé fournis par la France, 2,400,000 hectolitres, lesquels, au prix de 20 fr., présenteraient un capital de 48 millions de francs.

     Maintenant, si à ces 48 millions d’hectolitres de blé on ajoute les 22 millions d’hectolitres de seigle, les 16 millions d’hectolitres de méteil, les 10 millions d’hectolitres d’orge, les 40 millions d’hectolitres d’avoine et les 16 ou 18 millions d’hectolitres d’autres menus grains, que l’on peut supposer être à peu près annuellement fournis par le sol de la France, et qui, privés de tous moyens de conservation se détériorent et perdent plus de 10 p. 100, l’on pourra se former une juste idée de l’importance que devrait avoir l’appareil Meaupou, si son usage arrivait à devenir populaire.

     C’est donc le faire adopter dans tous les grands magasins de grains et chez la plupart des meuniers, que doivent tendre les efforts de M. Meaupou. Déjà les plus grandes difficultés sont vaincues, car, grâce au jugement habile de M. Thoré, qui a su, dès la naissance de cette machine, en apprécier les résultats, ses avantages ne sont plus de ceux pouvant être mis en doute et grâce aux relations étendues de ce négociant, ils seront bientôt connus en Prusse, en Suède, en Pologne, en Allemagne et dans tout le Levant. On peut donc affirmer que, par suite de l’adoption de cet appareil à l’entrepôt de la Villette, son succès est positivement assuré.

     Un fait important vient tout nouvellement de fournir à la ville de Paris une preuve de la haute utilité que pourra acquérir ce magnifique établissement. Un bateau chargé de 750 hectolitres de froment et d’une assez grande quantité d’avoine [p.122] ayant coulé au fond de la rivière de l’0ise, vis-à-vis l’île Adam, ces grains ne purent être retirés de l’eau que deux, trois et quatre jours après l’accident, une portion même est restée cinq jours sous l’eau.

     Dans la croyance générale, tous ces grains devaient être perdus. Néanmoins ils furent transportés mouillés et en fermentation à l’entrepôt général de la Villette, puis soumis aussitôt au séchage de l’appareil Meaupou séchage qui fut répété à plusieurs reprises car les grains, entièrement pénétrés d’eau, ressuaient dès qu’ils étaient mis en tas, et se couvraient d’une nouvelle humidité. Cependant, tel fut l’heureux avantage, pour tes propriétaires de ces grains, d’avoir trouvé sous la main d’aussi vastes magasins et l’appareil Meaupou, que tous ces grains, dont les germes de plusieurs étaient déjà sortis de 5 et 7 millimètres (2 et 3 lignes), purent être séchés, et la plupart purent être livrés aux moulins, ce qui a économisé à leurs propriétaires une perte de plus de 12 a 15 mille francs.

    
Cet appareil paraît en outre, depuis quelque temps, destiné à avoir une utilité beaucoup plus étendue que celle que nous venons de vous faire apprécier, car son action sur les menus grains, et sur les graines mêmes de la droguerie, donne à ces produits une bonification de qualité et de valeur telle qu’il sera souvent de l’intérêt de leurs propriétaires de les faire épurer par cette machine. Ainsi, les fèves, les haricots, les pois, les lentilles, les grains de lin, de chanvre, de colza, de navette, ainsi que tes poivres, les riz, les cafés et les cacaos, criblés et épurés à chaud par cet appareil, en éprouvent tous de sensibles et quelquefois de très-grands avantages.

    
Nous devons ajouter aussi que l’entrepôt de la Villette ne sera pas seulement utile au simple dépôt des grains, car il est encore destiné à servir et à faciliter la spéculation des boulangers qui pourront ainsi, avec son secours, acheter d’avance des farines propres à subvenir à la consommation de Paris, et assurer alors cette consommation d’une manière positive pour deux, trois et quatre mois, tandis que leur 51,000 sacs de dépôt de garantie et d’approvisionnement suffiraient à peine, à eux seuls, pour 25 jours car toutes les mesures sont prises à cet entrepôt pour que ces farines ne puissent s’y détériorer, comme elles le faisaient si rapidement à la halle, obstacle qui, toujours, empêcha les boulangers de pouvoir acheter et y maintenir de grands approvisionnements à l’avance.
Appareil de Meaupou
Appareil de Maupeau:
1)
un exemplaire à Étampes au moulin dit à Tan (1836)
2) un exemplaire à Viilette (1838)

























Appareil de Meaupou
Appareil de Maupeau:
1)
un exemplaire à Étampes au moulin dit à Tan (1836)
2) un exemplaire à Viilette (1838)


















Appareil de Meaupou
Appareil de Maupeau:
1)
un exemplaire à Étampes au moulin dit à Tan (1836)
2) un exemplaire à Viilette (1838)

















6) Mention par le colonel François-Charles Cresté maire d’Étampes (1838)
Rapport au sous-préfet (janvier-février 1838)

Rivières et cours d’eau non navigables traversant le territoire de la ville d’Étampes (Seine et Oise)

[...] SUR LA LOUETTE [...]

— Nom de l’usine
Moulin à Tan
— Nom du propriétaire
Veuve Lesage Pierre Dominique
— Qu’y fabrique-t-on?
Lavage et nettoyage de blé
— Quel est le nombre de ses roues
mu par une roue,
— Combien d’ouvriers emploie-t-elle?
occupe 2 hommes.
— Son deversoir et ses vannes sont-ils réglés? la date du règlement, et par qui rendu?
Le deversoir et les vannes sont reglés par arrêtés préfectoraux des 22 novembre 1825 et 6 juin 1826.
— Nom de l’usine
Pompe à feu annexée au dit moulin.
— Nom du propriétaire
de Maupeou [sic]
— Qu’y fabrique-t-on? Lavage et nettoyage de blé
— Quel est le nombre de ses roues
Machine à vapeur de la force de 2 chevaux
— Combien d’ouvriers emploie-t-elle?
Occupe 2 hommes
— Son deversoir et ses vannes sont-ils réglés? la date du règlement, et par qui rendu?
Autorisée par le sous-préfet de l’arrondissement d’Etampes le 14 novembre 1836.

[...]


Appareil Maupéou pour la conservation des grains (1846)



7) Description détaillée et favorable par Malepeyre (1846)
(après des améliorations brevetées la même année)
Nouveau manuel du boulanger

     On notera que la description très élogieuse que donne en 1846 Malepeyre dans son Manuel du boulannger, du négociant en grains, du meunier et du constructeur de moulins, paraît mal informé de la situation, car dès l’année suivante commencent à se faire jour des critiques ouvertes contre cet appareil qui plaît moins aux boulangers qu’aux meuniers; mais il vrai aussi que cette même année Meaupou a déposé un nouveau brevet pour des améliorations apportées à son appareil. (B. G.)


     On peut voir dans le Bulletin de la Société d’encouragement, tome XXII, pag. 49 et 250, la description et la figure d’une étuve employée à Berne, pour la conservation des grains. Mais nous ne saurions terminer ce que nous avons à dire sur ce sujet d’une manière à la fois plus utile et plus instructive, qu’en donnant la description de l’entrepôt général des grains de Paris, qui a été établi à la Villette, et de l’appareil Meaupou, adopté dans cet entrepôt pour la conservation des grains. Nous emprunterons la description de l’entrepôt à un très-bon Rapport fait en 1838 à l’Académie de l’industrie, par M. Odolant-Desnos, et celle de l’appareil à la spécification même du brevet de l’inventeur.

     «L’économie politique, dit M. Odolant-Desnos
, etc.» [Malepeyre cite ici tout du long le début du texte du rapport de 1838  reproduit ci-dessus (B. G.)]

     Dans cet appareil, inventé en 1834 l’épuration des grains s’exécute au moyen d’une série d’appareils dont on voit la disposition générale fig. 124 et 125. Cette épuration commence par séparer les bons grains des mauvais, ce qui s’exécute de ta manière suivante

     Le blé est introduit dans un vase rempli d’eau, où les grains qui sont sains tombent au fond par suite de leur gravité; ceux qui sont altérés, ainsi que tons les autres corps légers qui peuvent se trouver mélanges au blé flottent à la surface.

     Une trémie de dimension quelconque, mais d’une capacité suffisante pour recevoir une grande quantité du grain nettoyé, est placée immédiatement au-dessus d’une trémie plus petite, de dimension propre à contenir la quantité de grain adaptée à la capacité de l’appareil. La grande trémie s’ouvre par son extrémité inférieure dans la petite, et toutes deux sont fermées, à cette extrémité inférieure, par des soupapes, manœuvrées par des tiges et des leviers disposés de façon à ouvrir alternativement la soupape de décharge de l’une de ces trémies, quand celle de l’autre se ferme. En abaissant la tige, la soupape de la trémie supérieure s’ouvre, et celle de la trémie inférieure se ferme le grain contenu dans la trémie supérieure descend dans l’inférieure, où s’accumule sous forme pyramidale jusqu’à ce qu’il ferme complètement la soupape, et détermine ainsi, sans qu’on y mette là main la quantité de grain qui doit être admise successivement dans chacune des opérations de l’appareil. En soulevant la tige, la soupape de la trémie supérieure se ferme, celle de la soupape inférieure s’ouvre, et la quantité de grain contenu dans cette trémie [p.111] inférieure s’écoute par la soupape. Cette disposition a été adoptée pour que le grain tombe en pluie fine dans une large gouttière, à bords relevés, qui le reçoit et le conduit dans une barrique ou tonneau rempli d’eau, au moyen de quoi chaque grain tombe pour ainsi dire séparément dans l’eau. Si c’est du grain sain, son poids le fait aller au fond; s’il est avarié, et par conséquent léger, il flottera sur la surface.

     Deux portions du bord supérieur des barriques, l’une en avant et l’autre en arrière, sont plus basses que les cotés, à ces portions est attachée une auge courbe, mais inclinée vers un tuyau de décharge, qui se vide dans un panier placé à un étage inférieur. Le grain, en tombant dans la barrique, déplace un volume proportionnel d’eau, qui, en débordant et s’écoutant dans t’auge circulaire qui entoure la partie supérieure de ce vase, entraîne avec elle le grain avarié, les semences légères et autres matières qui flottent à la surface. Alors, d’un réservoir supérieur, on fait arriver dans la barrique de l’eau en quantité suffisante, au moyen d’un tuyau
pourvu d’un robinet régulateur.

     L’eau s’élève donc dans la barrique, déverse dans l’auge circulaire, chassant devant elle tous les grains défectueux et les substances étrangères qui peuvent encore se trouver dans le grain, ce qui complète la séparation du bon grain d’avec le mauvais.

     Le bon grain étant ainsi séparé des déchets, et encore immergé dans l’eau, est soumis a une violente agitation, au moyen d’une série de bras tournant avec rapidité, établis sur un arbre vertical, qui fonctionnent dans l’espace intermédiaire que laissent d’autres bras fixés sur les parois du tonneau. Cette opération est répétée dans plusieurs eaux, après des intervalles de repos, suivant que l’exige l’état du grain; au moyen de quoi le grain est complètement lavé et débarrassé de toutes les matières étrangères qui pouvaient adhérer à sa surface. Après que le lavage du grain a été effectué sans arrêter le mouvement de rotation des bras, on ouvre une soupape placée au fond de la barrique, et le grain se précipite par cette ouverture dans un tube, d’où il descend dans une trémie placée au-dessous. La trémie est formée d’une toile métallique à travers laquelle l’eau s’écoule pendant la descente. Cette eau est reçue dans une trémie en bois qui entoure celle en toile métallique. Ces deux trémies sont placées au-dessus d’un égout pour l’écoulement et l’évacuation de l’eau. L’extrémité [p.112] inférieure de la toile métallique repose sur une auge en bois, à parois plates et à fond demi-cylindrique doublé d’un métal convenable, au-dessus duquel est uu faux fond de toile métallique de la même forme.

      Cette auge est portée sur des pieds et inclinée vers la trémie. Elle renferme une vis d’Archimède, en métal propre à ce service, et dont l’extrémité inférieure est placée sous l’ouverture basse de la trémie en toile métallique, et reçoit le grain qui tombe. Ce grain, par le mouvement de rotation de cette vis d’Archimède, est graduellement conduit ou mieux repoussé un peu en haut vers l’appareil sécheur, c’est-à-dire vers l’extrémité opposée de l’auge, où il tombe, par une ouverture pratiquée dans la toile métallique, du faux fond dans une caisse de décharge; l’eau qui s’est égouttée en traversant l’auge, s’écoule dans l’égout de décharge, par suite de l’inclinaison de l’auge.

     La caisse de décharge a un fond demi-cylindrique et une poulie tournant à l’intérieur sur un axe horizontal, et à laquelle correspond une autre roue placée à la partie supérieure du bâtiment pour mettre en action une chaîne sans fin à godets ou une noria, dont les godets circulent dans deux tuyaux ‘verticaux. Ces godets, en montant, se remplissent de grain lavé contenu dans la caisse inférieure, et le montent au sommet du bâtiment. Ce grain ainsi élevé est déchargé successivement par les godets dans une manche, d’où il descend dans l’appareil
sécheur.

     Cet appareil sécheur consiste en une série de cylindres ou tambours en toile métallique tendue sur une carcasse en métal, placés l’un au-dessus de l’autre dans une étuve à air chaud, et montés sur des axes légèrement inclinés au plan de l’horizon, mais alternativement en sens contraire. Ces tambours sont tournés au moyen d’un engrenage ou autres moyens semblables, et ils sont disposés de manière à recevoir successivement le grain, qui descend graduellement de l’un dans l’autre, à mesure qu’ils circulent. Les axes de ces cylindres tournent sur des appuis convenables, établis dans l’étuve à air chaud, dans la partie inférieure de laquelle on allume un feu de coke ou de charbon de bois, ou bien dans laquelle on a établi un poêle à air chaud.

     Le grain, après avoir été ainsi séché, passe du tambour inférieur de la série dans une trémie qui 4e conduit dans une caisse de dépôt. Là, ce grain encore chaud est repris par une [p.113] autre série de godets appartenant à une autre noria semblable à la première, qui le déchargent de la même manière, par l’entremise d’une manche, dans le tambour supérieur d’une autre série de cylindres creux en circulation, établis dans une tour à air de la même manière que ceux contenus dans la cheminée à air chaud;’ici le courant ne consiste pas en air chaud, mais en un fort courant d’air frais, qui arrive par le bas de la tour, y circule et refroidit parfaitement le grain, avant qu’il soit définitivement décharge par le cylindre ou tambour inférieur. Le grain, par cette série d’opérations consécutives, est parfaitement nettoyé de toutes les matières étrangères, rendu propre à être mis immédiatement en œuvre ou à être déposé en magasin.

     Le caractère général de nouveauté de cet appareil, a donc consisté à combiner un appareil ou un mécanisme propre à exécuter successivement une série d’opérations, sans qu’il y ait de perte de temps et d’interruption entre chacune d’elles, et dans l’ordre qui suit:

     1° Séparer le grain avarié et léger du corps du bon grain soumis à cette opération, en faisant tomber le grain en pluie fine sur la surface de l’eau dans un vase approprié, au fond duquel le bon grain descend par son propre poids, tandis que les grains avariés sont enlevés par le déversement de l’eau par-dessus les bords du vase;

     2° Soumettre le grain à une violente agitation dans le vase rempli d’eau pour le laver et le débarrasser de toutes les substances étrangères adhérentes à sa surface;

     3° Sécher ou évaporer l’humidité des grains lavés, au moyen de l’air chaud qu’on fait passer à travers, tandis qu’on les sépare les uns des autres par un mouvement rapide de secousse qu’on leur imprime;

     4° Soumettre de la même manière le grain à un courant d’air froid pour le refroidir et le ramener à la température où il est propre la mouture, ou à être conservé en magasin.

     Maintenant qu’on connaît la marche générale et le but de l’appareil Meaupou, nous allons en donner une description complète avec figures.

     La fig. 124 représente une coupe en élévation de la série des appareils employés pour séparer, laver et sécher le grain, établis et disposés les uns près des autres dans un même bâtiment.

     La fig. 125 est aussi une coupe en élévation, mais sur une [p.114] plus grande échelle de l’une des barriques où on sépare et lave le grain avec les dépendances et les mécanismes qui mettent l’appareil en action.

     A, dans la fig. 124, est une grande trémie dans laquelle on introduit d’abord le grain à laver, et présentant par le bas une manche à travers laquelle le grain descend dans une trémie plus petite B, et de là dans le vase de lavage G. L’orifice de décharge de la grande trémie est clos par une trappe A, et celui de la petite trémie par une semblable trappe t, toutes deux liées à un levier articulé c. L’extrémité de ce levier c est attachée à une tige à manivelle d, et cette manivelle portant une poulie sur son axe, on peut la tourner avec des cordes pourvues d’une poignée. En tirant une de ces poignées, la manivelle fait, par l’entremise du levier c, glisser les trappes a et & de manière à ouvrir celle de la grande trémie A, et à clore celle de la petite trémie B au moyen de quoi le grain descend de la grande dans la petite trémie, et s’accumule dans cette dernière jusqu’à ce qu’il soit élevé assez haut pour fermer l’ouverture de décharge de la grande trémie. Les trappes a et b permutent alors en tirant l’autre manche de la manivelle, c est à-dire qu’on clos l’orifice de décharge de la trémie A, et qu’on ouvre celui de la trémie B. Par ce moyen, la quantité de grain contenu dans cette dernière trémie s’écoule avec lenteur ou en filet mince par la grande gouttière plate f, dans la barrique G. Un réservoir D, placé dans une situation convenable au-dessus, fournit, par un tuyau g qui conduit au milieu de la barrique G, l’eau nécessaire pour remplir complètement celle-ci; après quoi on ferme le robinet dont ce tuyau est pourvu. Le grain tombe alors à la surface de l’eau par la gouttière f en filet délié, ainsi qu’il a été dit et comme la majeure partie du grain léger et avarié flotte naturellement, on l’entraîne par le déversement de l’eau, ainsi que l’indique la fig. 125. Le robinet du tuyau y étant alors ouvert de nouveau, l’eau continue à passer en courant dans la barrique G; et en montant soulève les grains défectueux qui auraient pu plonger, les fait flotter et les déverse par-dessus les bords de la barrique pour les décharger dans une auge circulaire E qui conduit à un tuyau de décharge e, où les grains avariés sont recueillis dans un panier placé sous le tuyau.

     Lorsque le grain contenu dans la trémie B, qui renferme toute la quantité qu’on se propose de purger et laver en une seule opération, a passé en entier dans la barrique G, la trappe [p.115] b est fermée, et celle a est ouverte de nouveau pour remplir la petite trémie pour une nouvelle opération.

     La séparation du bon grain du mauvais grain ayant ainsi été effectuée, on tourne te robinet du tuyau g, et le grain pesant qui est descendu au fond de la barrique G est soumis à l’opération du lavage.

     A cet effet, l’arbre vertical F, avec tous ses bras h, h, h, ainsi qu’on le voit, fig. 125, monté dans la barrique G, est mis en mouvement de rotation entre les bras fixes i, i, i, afin d’agiter le grain, ce qui s’opère au moyen d’un engrenage conique, ainsi que le représentent les figures.

     Le mouvement circulatoire de l’arbre et des bras doit être lent d’abord, mais peut augmenter de vitesse à mesure que le lavage du grain avance.

     Lorsque l’opération du lavage du grain a eu tien ainsi pendant quelque temps, l’eau sale est évacuée de la barrique G, en ouvrant la trappe k, dont l’orifice est couverte d’une toile métallique, pour empêcher que le grain ne s’échappe. Après qu’on a refermé cette trappe, on introduit l’eau de nouveau pour procéder à un nouveau lavage, et ce changement d’eau peut être répète deux, trois, ou un plus grand nombre de fois, suivant que l’exige la condition du grain.

     Lorsque l’opération du lavage est terminée, l’eau est évacuée comme il a été dit auparavant, et on ouvre une trappe au fond de la barrique, pour décharger ce grain, par une chausse m, dans une grande trémie en toile métallique G, qu’on voit en plan fig. 124. Le grain humide, en tombant dans cette trémie, s’égoutte à travers la toile métallique, et descend au fond pour passer de là dans t’auge inclinée H, où circule une vis d’Archimède I. La surface extérieure de cette vis I roule presque en contact avec un faux fond en toile métallique, placé sur la longueur de l’auge, et à mesure que cette vis tourne, elle entraîne graduellement en avant, dans l’auge, le grain qui descend de la trémie, qui s’égoutte encore sur le faux fond, et dont les eaux d’égouttage coulent, par suite de l’inclinaison de l’auge, dans une décharge placée plus bas.

     La vis d’Archimède tourne par le secours d’un engrenage, et, par sa rotation, le grain est conduit dans une caisse demi-cylindrique K. Dans cette caisse K, les godets n, n, n d’une noria, en circulant sur une poulie L, ramassent le grain dans cette caisse, et le portent au sommet du bâtiment. [p.116]

     Dans une pièce, au sommet du bâtiment, est établie une autre poulie M, correspondant à celle L inférieure, et sur laquelle circule aussi la chaîne sans fin des godets de la noria. Derrière la roue M, est placée une trémie N, qui reçoit le grain à mesure qu’il tombe des godets, d’où il passe, par une manche o, dans le cylindre supérieur d’une série de cylindres 0 tournant sur leur axe.

     Ces cylindres sécheurs, ou tambours, sont établis en toile métallique, tendue sur une carcasse formée d’anneaux minces en métal, dont quelques-uns portent des croisillons qui les rattachent à l’axe. Les anneaux sont reliés entre eux par des barettes longitudinales larges et peu épaisses, s’étendant intérieurement et formant des tasseaux qui, avec les anneaux, constituent autant de compartiments à l’intérieur des cylindres. Ces compartiments ont pour objet d’interrompre la marche des grains à mesure qu’ils avancent dans le cylindre, à les rejeter et à ne les faire marcher que progressivement vers l’extrémité, suivant une marche hélicoïde.

     Les cylindres sécheurs sont montés dans une étuve P, P, P, et disposés de façon que leurs axes forment un angle d’une faible ouverture avec le plan de l’horizon, et que, situés les uns au-dessus des autres, l’inclinaison de chacun d’eux alterne avec celle du cylindre qui le suit, c’est-à-dire sous des angles à sommets opposés; de manière que le grain en descendant du cylindre le plus supérieur, tombe dans celui immédiatement au-dessous, et voyage ainsi en zig-zag d’un cylindre à l’autre, à mesure qu’il descend. Les cylindres tournent par le secours d’engrenages auxquels l’arbre te plus inférieur communique le mouvement.

     Supposons que le grain délivré par les godets a été versé dans le cylindre supérieur, et y ait circulé ainsi qu’il a été dit ci-dessus, il tombera définitivement, par l’extrémité de ce cylindre, dans la trémie r, et de là dans le second cylindre, où il circulera de la même manière.

     L’extrémité de ce second cylindre est fermée par un disque de métal portant une ouverture à travers laquelle le grain passe dans l’intérieur. Ce disque est fixé à la partie inférieure de la trémie, et l’extrémité du cylindre tourne sur lui, le bord du disque étant embrassé par un couple d’anneaux fixés sur l’extrémité du cylindre.

     L’étuve est construite, à la partie inférieure, d’une maçonnerie en briques, et la partie supérieure consiste en un bâtis [p.117] avec volets en bois, qu’on aperçoit en partie dans la figure t, afin de permettre un accès facile aux cylindres. Le foyer est construit de façon à ne pas permettre qu’il y ait introduction de l’air, si ce n’est par les espaces entre les barreaux ou
tubes qui forment la grille de ce foyer. Un courant d’air, produit par l’ignition du combustible placé dans le foyer, se charge de chaleur eh passant par le feu, monte avec une rapidité proportionnée à celle de la combustion ou du tirage, emportant avec lui l’humidité dont le grain qui descend est charge.

     Le grain qui descend, après avoir parcouru tous les cylindres, est reçu, au sortir du dernier de la série, dans une manche V, qui le conduit dans une caisse qu’on ne voit pas dans la figure, mais semblable à celle K décrite ci-dessus. En arrivant dans cette caisse au sortir de l’appareil sécheur, le grain est repris par une seconde noria, qui le monte au sommet d’une tour à courant d’air froid, que nous avons jugé inutile de faire représenter. Les godets, à mesure qu’ils le déversent, le font passer par une trémie et une manche, dans l’extrémité d’un premier cylindre refroidisseur, en tout semblable au cylindre O, où il éprouve précisément les mêmes opérations que dans le procédé de séchage; de là il s’écoule dans un second, et ainsi de suite jusqu à ce qu’il ait parcouru toute la série de ces cylindres, et arrive au dernier qui le déverse, par une manche ou un tuyau, sur le carreau du magasin ou dans des récipients placés pour le recevoir, ce qui complète l’opération, puisque le grain est alors nettoyé, lavé, séché et refroidi, et par conséquent propre à être livré à la meule, ou déposé en magasin pour les approvisionnements.

     La tour à air froid est pourvue de fenêtres par le bas, et de volets sur les côtés; pour permettre un libre accès aux cylindres, afin de les disposer, de les raccommoder, ou pour tout autre objet.

     L’appareil qu’on vient de décrire a deux norias, deux séries de cylindres sécheurs dans l’étuve, et autant dans la tour à air froid, pour quatre barriques de lavage; mais, quand on ne fait usage que de deux barriques, il ne faut qu’une noria et une série de tubes sécheurs ou refroidisseurs et c’est d’après ce rapport qu’on peut, en cas de besoin, donner plus d’extension à l’appareil.

     La force motrice qui donne le mouvement à l’ensemble du mécanisme de cet appareil, ainsi qu’aux tire-sacs qui desservent [p.118] tout rétablissement, est produite par une machine à vapeur de dix chevaux, construite dans les ateliers de M. Halette, d’Arras.

     «Au premier abord, continue M. Odolant-Desnos, , etc.» [Malepeyre cite pour finir tout du long la fin du texte du rapport de 1838  reproduit ci-dessus (B. G.)]

Appareil de Meaupou
Appareil de Maupeau:
1)
un exemplaire à Étampes au moulin dit à Tan (1836)
2) un exemplaire à Viilette (1838)




Appareil de Meaupou






Appareil de Meaupou





Appareil de Meaupou





Appareil de Meaupou







Appareil de Meaupou







Appareil de Meaupou








8) Mention neutre par Alcan et Laboulaye (1847)
Dictionnaire des arts et manufactures


1847
     On cherche depuis longtemps une bonne méthode de nettoyage par voie humide. Ce mode de purification présenterait beaucoup d’avantages, mais jusqu’à présent la solution complète de la question n’a pas été obtenue. Le lavage du grain est assez facile à exécuter, mais le desséchage paraît offrir de grandes difficultés. Quoi qu’il en soit, M. de Maupeau [sic] a pris, en 1834, un brevet d’invention pour une machine qui paraît assez satisfaisante. Le blé, après avoir été lavé, parcourt successivement une série de cylindres animés d’un mouvement de rotation, et disposés dans une chambre de forme pyramidale faisant cheminée, et dans laquelle passe un courant d’air sec et chaud. En sortant de cette chambre, le grain circule dans une nouvelle série de cylindres et reprend rapidement la température ordinaire.

     
L’appareil construit par M. de Meaupeau [sic] peut nettoyer, laver et sécher 300 hectolitres de grain par 24 heures. Nous n’avons pas été à même d’apprécier jusqu’à présent ses résultats économiques.
Alcan et Laboulaye, Dictionnaire des arts et manufactures, 1847, colonnes 2761-2762.



9) Description bienveillante mais défavorable par Augustin Rollet (1847)
Dictionnaire des arts et manufactures


Appareil de M. de Meaupou.

     L’appareil dont on attendait les plus grands avantages, et qui, lors de son apparition, avait été signalé comme devant être la cause d’un progrès réel, est sans contredit celui de M. de Meaupou. Nous avons eu occasion de l’examiner en détail chez M. Mainiel, à Poitiers, et nous l’avons vu fonctionner à la Villette, dans le superbe entrepôt de M. Thoré.

     Ce système se divise en trois parties distinctes : le laveur, un appareil de séchage par la chaleur, et un appareil refroidisseur.

     Une trémie ouverte dans le plancher du deuxième étage conduit le grain jusqu’à une cuve au centre de laquelle est un arbre vertical traversé par des barres ou batteurs qui se meuvent entre d’autres batteurs fixés à la cuve. L’arbre vertical reçoit un mouvement de rotation par un arbre de couche garni de pignons qui s’engrènent sur des roues d’angles fixées à l’extrémité des axes.

     Lorsqu’on commence à laver, on introduit une certaine quantité d’eau par la partie inférieure des cuves, et les batteurs font cent trente tour s à la minute ; après une agitation qui a duré environ trois minutes, on désembraye, et on laisse entrer l’eau jusqu’à ce qu’elle passe par-dessus les bords, de manière à entraîner les mauvaises graines et les corps légers qui sont montés à la surface. On laisse échapper l’eau sale, on la remplace par de l’eau propre; on agite de nouveau, on arrête le mouvement, puis on fait encore entrer de l’eau jusqu’à ce qu’elle passe par-dessus les bords, de manière à entraîner les corps légers qui sont venus à la surface; puis on laisse écouler l’eau et l’on répète cette opération deux, trois et quatre fois, suivant que le blé est plus ou moins sale. Ces lavages durent toujours six à huit minutes.

     Si le blé n’est pas très-salé, ou si l’on ne tient pas à le laver parfaitement, on ne donne aux agitateurs qu’un mouvement de vingt-cinq tours à la minute, et l’eau n’est pas renouvelée aussi souvent que nous venons de l’indiquer.

     Lorsque le lavage est terminé, on ouvre les soupapes pratiquées au-dessous des cuves; le grain tombe avec l’eau dans une auge dont le fond est en toile métallique; l’eau s’écoule à travers les mailles de la toile, et [p.85] le grain est conduit par une hélice vers une chaîne à godets qui le transporte au troisième étage. Il est alors soumis à l’action de l’appareil sécheur qui se compose de sept cylindres superposés les uns aux autres, également inclinés deux à deux, et ayant un mouvement de trente tours à la minute. Le grain passe de l’un à l’autre des cylindres sans le secours de l’homme et sort très-sec, en apparence, lorsqu’il abandonne le septième cylindre.

     Ces sortes de cribles cylindriques en toile métallique sont chauffés à feu nu par un fourneau placé au rez-de-chaussée, alimenté avec du coke. Pour empêcher les petites graines qui passent à travers les cylindres de tomber dans le feu et de produire de la fumée, et pour éviter que l’eau qui suinte des cylindres supérieurs ne communique un excès d’humidité aux cylindres inférieurs, on a disposé au-dessous de chacun d’eux des feuilles de tôle formant diaphragme; mais ces plaques ont le désavantage d’empêcher l’air chaud d’arriver directement aux cylindres. Pour concentrer la chaleur dans l’appareil on le revêt d’une chemise en tôle.

     A la sortie des cylindres étuves, le grain est transporté par une chaîne à godets au troisième étage, pour être versé ensuite dans les cylindres refroidisseurs qui sont disposés de la même manière que les cylindres chauffeurs; seulement cet appareil est pourvu d’une cheminée d’appel destinée à opérer une ventilation. Le blé, après avoir parcouru la série des cylindres refroidisseurs, tombe sec et à la température de l’air ambiant dans des sacs disposés pour le recevoir.

     Le système complet, qui est composé de quatre trémies, quatre cuves, deux hélices, quatre chaînes à godets, quatorze cylindres étuves, quatorze cylindres refroidisseurs, disposés sur deux rangs, et d’une pompe capable de fournir l’eau nécessaire au lavage, exige l’emploi d’une force de six chevaux. La dépense en coke est de 5 hect. 50 pour le séchage de 100 hectolitres de blé, et l’appareil peut laver et sécher environ 430 hectolitres par jour. (Voir pl. VI, fig. 8 et 9.)

     On nous a assuré que les machines proprement dites que nous avons vues à Poitiers, sans y comprendre le moteur, les transmissions de mouvement, l’érection des bâtiments et divers accessoires, etc., etc., ont coûté 22,000 fr. ; je ne rapporte cette particularité que pour faire sentir combien l’industrie de la meunerie, qui sur plusieurs points de la France, [p.86] a mis en essai le moyen de M. de Meaupou, sans malheureusement en avoir tiré le parti qu’elle en attendait, est portée à attacher un grand prix à des procédés qui dans tous les temps lui donneraient la possibilité de laver et de sécher parfaitement le blé.

     Lorsqu’on examine le système que nous venons de décrire, on se demande pourquoi, avant de soumettre le blé au lavage, on ne l’a pas débarrassé des pierres et d’une partie de la poussière qu’il contenait. Car le blé ainsi préparé, à l’aide de moyens simples et exigeant peu de force, n’aurait pas eu besoin de rester autant de temps dans l’eau pour se nettoyer, et il aurait eu moins de chances de se charger d’humidité.

     On peut aussi regretter que dans cet appareil le blé ne soit qu’agité, et qu’il ne reçoive pas l’action d’un frottement assez fort pour le débarrasser des corps adhérents à sa surface. De plus, le grain se rend avec l’eau de lavage dans des conduits dont les parois sont toujours très mouillées, et qui communiquent avec les vis sans fin conservant aussi beaucoup d’humidité; il arrive très-mouillé à une noria dont les godets percés par le fond égouttent les uns dans les autres, et c’est dans cet état qu’il est versé dans le premier cylindre sécheur. Si au sortir des cuves le blé eût été parfaitement essuyé et porté immédiatement à l’étuve, c’eût été remédier à un inconvénient, et les trois premiers cylindres chauffeurs n’auraient pas toujours été remplis d’une grande quantité de vapeur dont on ne peut se débarrasser qu’en faisant une dépense considérable de combustible.

     On a remarqué que le blé en sortant de cet appareil se trouvait plus lourd qu’avant d’y avoir été soumis; ainsi 100 kilogrammes de blé lavés et sèches pesaient, par exemple, 101 ou 102 kilogrammes. Le blé ainsi nettoyé était lisse et coulant à la main, et il avait cependant absorbé 1 ou 2 p. 0/0 d’humidité.

     Les rapports des boulangers viennent confirmer cette remarque; ils constatent que la farine provenant de blés ainsi lavés ne rend pas au pétrin, et que pour obtenir la manipulation facile de cette farine et autant de pain qu’avec les farines ordinaires, il faut la conserver pendant deux mois sur les planchers, afin de lui faire perdre la quantité d’humidité qu’elle avait acquise par l’opération du lavage du blé et de son séchage imparfait. [p.87]

     En résumé, le blé lavé et séché a une belle apparence; et, bien que la farine qui en provient soit très-blanche, elle se prête difficilement au travail de la panification : cependant la pâte qu’on en obtient est d’une grande blancheur; seulement la mie du pain affecte, après la cuisson, une teinte légèrement colorée en bleu.

     Nous avons cherché à nous rendre compte de ce dernier phénomène, et voici l’explication que nous pensons pouvoir en donner.




Appareil de Meaupou (1847)
Planche VI, figures 8 et 9 (scan de la BNF)
Légende de la pl. VI (p. 551)
Laveur et sécheur de blé par M. de Meaupou (Fig. 8 et 9).
A. Trémies.
B. Auges en forme de tonneaux.
C. Vis sans fin.
D. Chaînes à godets.
E. Cylindres sécheurs.
F. Foyer.
G. Chaines à godets.
H. Cylindrs refroidisseurs.
I. Soupapes servant à mesurer le blé répandu dans les tonnes.














Appareil de Meaupou (1847)
Planche VI, figures 8 et 9 (scan de la BNF)
Légende de la pl. VI (p. 551)
Laveur et sécheur de blé par M. de Meaupou (Fig. 8 et 9).
A. Trémies.
B. Auges en forme de tonneaux.
C. Vis sans fin.
D. Chaînes à godets.
E. Cylindres sécheurs.
F. Foyer.
G. Chaines à godets.
H. Cylindrs refroidisseurs.
I. Soupapes servant à mesurer le blé répandu dans les tonnes.
     II nous a semblé que le grain, qui tombe encore mouillé dans des cylindres en toile métallique exposés à une haute température, entraîne une certaine quantité d’oxyde qui ne peut manquer de se former dans de pareilles conditions. Cet oxyde, suivant nous, adhère au grain, ou se fixe entre ses lobes, et il reste mélangé à la farine en si petite quantité qu’il n’en altère pas sensiblement la blancheur. En présence du tannin contenu dans la farine (1), et sous l’influence de l’eau qui entre dans la pâte et de la chaleur du four, cet oxyde de fer se combine avec l’acide gallique provenant du tannin et forme ainsi un gallate de fer d’une couleur brun bleuâtre. Les expériences que j’ai fait faire à la boulangerie de Rochefort sont confirmatives de l’explication donnée ci-dessus: ainsi, lorsque l’oxyde de fer est employé à la dose de 5 grammes sur 1,200 grammes, le pain n’affecte plus la couleur brun bleuâtre, mais bien une couleur brune; à la dose de 1 ou 2 grammes sur 1,200 grammes, la teinte est un peu bleuâtre.
    (1) Dans la farine la plus blanche il existe toujours des particules d’écorce de blé qui contiennent du tannin.
     Le système ingénieux de M. de Meaupou a été presque abandonné; néanmoins nous espérons que les recherches auxquelles il a donné lieu ne seront pas entièrement perdues pour l’industrie.

     Du reste, voici le parti qu’on en tire aujourd’hui : M. Thoré, gérant de l’entrepôt général des grains, situé à La Villette, qui se sert de l’appareil Meaupou, n’en fait que très-peu d’usage pour laver et sécher les blés: le lavage est presque abandonné; mais le système de nettoyage à sec et de séchage des blés humides et avariés reçoit fréquemment d’utiles applications.


     Je crois devoir mentionner ici deux résultats obtenus pendant l’année 1841. [p.88]

     En mai, il a été donné à sécher 1,702 quint. 03 kilogrammes de blé qui était dans un état complet de fermentation.

On a obtenu en blé séché, bien coulant à la main, mais d’une anture un peu pâle
1,617 q. 46 k.
(Totaux)
En criblure belles
26 q. 70 k.
1,644 q. 16 k.
Déchet d’évaporation 3 p. 100
56 q. 67 k.

Déchet en poussière et mauvaises criblures
1 q. 20 k.
57 q. 87 k.
Total égal

1,702 q. 03 k.

      Dans le même mois il a été donné à nettoyer et à sécher 2,399 quint. 10 kilogrammes de blé très-humide, mélangé de blé d’Odessa qui menaçait de se gâter entièrement.

Le grain passé à l’appareil, on a obtenu en blé séché
2,283q. 15 k.
En criblures bonifiées
81 q. 60 k.
Déchet d’évaporation
54 q. 35 k.
Total égal
2,399 q. 10 k.

Poids brut
Première opération
1,644 q. 16 k.

Deuxième opération
2,283 q. 15 k.
3,927 q. 31 k.
A déduire le poids de 2,426 sacs de 1 k. ½
36 q. 39 k.
Reste en blé propre à la consommation
3,890 q. 92 k.

     Sept mois après l’opération du séchage, l’entrepôt a remis à son client 3,890 quint. 92 kilogrammes de blé parfaitement sain, bien qu’il eût été conservé sur une épaisseur de 90 centimètres et qu’il n’eût subi aucun pelletage, et il lui a remis en outre 81.60 de criblures bonifiées.

     J’ai dû rechercher si la dépense nécessaire pour arriver à de pareils résultats ne dépassait pas les frais de conservation des blés par les moyens ordinaires, et voici où je suis arrivé:

Conservation des blés par les moyens ordinaires, par quintal métrique pendant 7 mois. [puis] Conservation des blés à l’aide du séchage, par quintal métrique pendant 7 mois.


Déchets sur les planchers
0,37

Pelletage et criblage
0,49

Entrées et sorties
0,19
0,19
Séchage

0,60
Magasinage et assurance
0,49
0,49
Pour 7 mois par quintal métrique
1,54
1,28
[p.89]
 
     Ainsi le client de M. Thoré, tout en lui accordant un bénéfice, a non seulement évité de perdre ses grains, qui étaient très-avariés, mais encore il a dépensé, par quintal, 26 c. de moins que s’il avait eu à conserver par les procédés ordinaires des blés de bonne qualité.

     L’appareil de M. de Meaupou, bien qu’il soit imparfait, pourrait donc recevoir une application utile; car, tel qu’il est, on doit le préférer à la touraille des brasseurs, dont on fait un usage si multiplié dans tout le nord de l’Europe.




10) Note négative de Barré de Saint-Venant (1850)
Programme proposé pour le cours de génie rural

1850
De la Meunerie.
Nettoyage plus parfait du blé.

1°. Sans emploi de l’eau.

     Chute du blé d’une grande hauteur sur une surface raboteuse, pour le débarrasser de la poussière et des villosités.
     Méthode saxonne consistant à le faire passer entre deux meules non serrées. — Meules eh bois sillonnées de fils de fer. — Méthode analogue de MM.Fairbairn el Alexander. — Meules en pierre très-légères non rayonnées; ensuite ventilateur.
     Méthode de M. Gravier. — Chute du blé dans deux boîtes où des batteurs tournants le lancent sur des parois en tôle piquée.
     Ramoneries ou emploi de brosses. — Appliquées sur deux meules en bois. — Sur un cylindre tournant ou oscillant dans un autre cylindre de toile métallique.
     Inconvénient des brosses.
     Tarare à émotteurs. — Cylindre vertical à ailettes à l’intérieur de ce tarare. — Sas à marteau. — Action du tarare ventilateur ensuite.

2°. Par la voie humide.

     Méthode de lavage du blé employée dans le midi de la France. — Méthodes de lavage et de séchage de MM. Gosme, de Meaupou, Cartier. — Inconvénients du trop long séjour du grain dans l’eau, de l’absence de frotttage et d’essuyage, et de l’imperfection du séchage manifestée par une augmentation de poids.
     Appareil de M. Hébert, de Londres. — Mélange et agitation du grain avec du gravier. — Mêmes inconvénients, outre celui des grains de sable restés parmi les grains de blé.
     Appareil de MM. Lasseron et Rollet fonctionnant d’une manière continue. — Grain froissé par deux meules, el immergé pendant deux minutes seulement dans une cuve, d’où une toile sans fin le retire et le porte contre des cylindres garnis d’éponges qui l’essuient, el qui, aussitôt pressées d’un autre côté par d’autres cylindres pour expulser leur eau, reviennent en contact avec d’autre grain, qu elles essuient de même avant que ce grain passe dans un cylindre séchenr en bois garni de tringles qui le tiennent en suspension dans un courant d’air tiède.






11) Critique du comte de Pontécoulant (1862)
Société d’agriculture, sciences et arts de Meaux

1862
     [...] Voici maintenant l’expérience à laquelle je me suis livré avec M. Ch. Fougeroux : j’ai pris dans un sac que l’on m’a présenté une certaine quantité de blé atteint par les charançons, qui se montraient à l’oeil à l’état vivant. Ce blé a été mis dans une balance, il pesait 4 k. 200 gr.; la température des coffres fut élevée à 110 degrés centigrades constatés par un thermomètre adhérent aux coffres; le blé introduit dans l’espace réservé entre les deux boîtes, le thermomètre est descendu aussitôt à 95 degrés centigrades. Après être resté à cette température pendant 90 secondes, on a ouvert la trappe inférieure et le blé est tombé sur un crible.

     Le grain passé à ce crible a été de nouveau pesé et il a présenté un poids de 4 k. 150 gr. ou 50 gr. de déficit. Le résidu que j’ai eu soin de vous rapporter vous montrera les charançons et leurs larves à l’état de dessication complète.

     Voilà donc la dessication et l’épuration du grain bien constaté, mais il me restait une dernière expérience à faire : il me fallait savoir si ce haut degré de température auquel on avait tenu le grain ne lui avait pas fait perdre ses qualités germinatrices. Je soumis donc une partie de ce grain à l’acte de germination, mais vainement. Je m’empressai, au bout de quelques jours, de faire part à M. Fougeroux de l’état dans lequel se trouvait le grain soumis à l’expérience: il était mou, renfermant une matière visqueuse.

     M. Fougeroux, qui de son côté avait fait la même expérience, et qui n’avait pas mieux réussi, fut aux informations sur l’origine de son blé, eil apprit que ce grain avait été déjà soumis au moyen de dessication imaginé par M. Meaupou. Ceci nous prouva deux choses : 1° l’inefficacité de ce procédé pour la destruction du charançon et de ses larves, car ce blé en était rongé malgré la manipulation que l’on lui avait fait subir, et 2° la destruction complète du germe.

     Je pris alors avec M. Fougeroux un nouveau rendez-vous; nous opérâmes sur un autre blé. Pour bien constater l’expérience, on éleva le degré de température des boîtes à 120 degrés centigrades, on y introduisit 2 k. 500 gr. de blé. Après son introduction, le thermomètre indiqua 105 degrés centigrades; on maintint la température à ce degré pendant 90 secondes qu’on y laissa le grain. Pesé après avoir été passé au crible, le grain présenta un poids de 2 k. 470 gr., environ 30 grammes de déficit. Une petite partie du blé fut soumis à l’acte de la germination et il a parfaitement réussi. [...]







12) Mention des efforts pionniers de Meaupou par Armangault aîné (1878)
Publication industrielle des machines, outils et appareils 24 (1878), pp. 364-365


1878
     [...] Le premier en date est M. de Maupéou, qui, l’un des plus persévérants propagateurs de l’épuration des grains par lavage, avait monté à l’Entrepôt général de la Villette, un système complet avec lequel le directeur, M. Thoré, a pu traiter des blés humides et avariés à des […] [La suite du texte n’est pas accessible pour l’instant sur la Toile (mars 2011)]. [...]





Brevets
(1834-1847)
Cresté
1835
Bailly
1836
Pommier
1837

Odolant-Desnos
1838
Cresté
1838
Malepeyre
1846
Alcan
1847
Rollet
1847
Barré de St-Venant
1850
Pontécoulant
1862
Armangault
1878



B.G., 5 mars 2011.


Toute critique, correction ou contribution sera la bienvenue. Any criticism or contribution welcome.
BIBLIOGRAPHIE PROVISOIRE

Édition

    Bernard GINESTE [éd.], «Divers auteurs: L’appareil dAuguste de Meaupou (1834-1878)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cee-meaupou.html, 2011.

Premières éditions de ces textes

     Bulletin des lois du royaume de France. IXe série. Règne de Louis-Philippe Ier n°360, Paris, Imprimerie nationale, 14 mai 1835, pp. 173 & 187-188.

     Bulletin des lois du royaume de France. IXe série. Règne de Louis-Philippe Ier. N°381, Paris, Imprimerie nationale, 16 septembre 1835, pp. 170, 177 & 188.

     William NEWTON & Charles Frederick PARTINGTON, The London journal of arts and sciences, and repertory of patent inventions, London (Londres), Sherwood, Gilbert & Piper, 1835, p. 311-312.

     Charles François BAILLY DE MERLIEUX [dir.], Alexandre BIXIO, François MALEPEYRE, Maison rustique du XIXe siècle. Encyclopédie d’agriculture pratique contenant les meilleures méthodes de culture usitées particulièrement en France, en Angleterre, en Allemagne et en Flandre; — Tous les bons procédés pratiques propres à guider le petit cultivateur, le fermier, le régisseur et le propriétaire, dans l’exploitation d’un domaine rural; les principes généraux d’agriculture, la culture de, la culture de toutes les plantes utiles; l’éducation des animaux domestique, l’art vétérinaire; la description de tous les arts agricoles; les instruments et les bâtiments ruraux; l’entretien et l’exploitation des vignes, des arbres fruitiers, des bois et des forêts, des étangs, etc.; l’économie, l’organisation et la direction d’une administration rurales; enfin la législation appliquée à l’agriculture; terminée  par des tables méthodique et alphabétique, par la liste des figures et cellle des abréviations et ouvrages cités; cours élémentaire, complet et méthodique d’économie rurale, avec plus de 2000 figures représentant tous les instruments, machines, appareils, races d’animaux, arbres, arbustes et plantes, bâtimens ruraux, etc., rédigé et professé par une réunion d’agronomes et de praticiens appartenant aux société agricoles de France, sous la direction de M. Malepeyre aîné, de la société centrale d’agriculture. Tome troisième. Arts agricoles [480 p.], Paris, Librairie Agricole, 1836, pp. 413-414 [Sur l’invention de Maupéou breveté en 1834 et appliquée à Étampes en 1835-1836].
     Dont une numérisation par Google sur son site Google Books, http://books.google.fr/books?id=M0tEAAAAYAAJ&pg=PA413&dq=#v=onepage&q&f=false, en ligne en 2011.
     Dont une saisir en mode texte corrigée par Bernard GINESTE, in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cee-meaupou.html#1836bailly, 2011.

     Colonel François-Charles CRESTÉ (maire d’Étampes), Rapport au sous-préfet, 1835, édité par Bernard GINESTE, in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cee-moulinsdetampes-etats.html#1835 , 2011.

     Archives des découvertes et des inventions nouvelles faites dans les Sciences, les Arts et les Manufactures, tant en France que dans les Pays étrangers, pendant l’année I834, avec l’indication succincte des principaux produits de l’Industrie française; la liste des Brevets d’invention, de perfectionnement et d’importation, accordés par le Gouvernement pendant la même année, et des Notices sur les Prix proposés ou décernés par différentes Sociétés savantes, françaises et étrangères, pour l’encouragement des Sciences et des Arts, Paris & Strasbourg, Treuttel & Würtz, 1836, p. 463.
     Dont une numérisation par Google sur son site Google Books, http://books.google.fr/books?id=6yQAAAAAMAAJ&pg=PA463&dq=#v=onepage&q&f=false, en ligne en 2011.

     350. A M. de Meaupou (A.), rue Castiglione, n. 4, à Paris, un brevet d’invention de quinze ans, pour des principes, moyens et procédés constitutifs d’un système nouveau d’épuration et de dessiccation ou concentration, généralement applicable à toute substance solide ou liquide, et particulièrement aux grains. (Du 4 décembre.)

     A. POMMIER (directeur de l’Écho des Halles), «Étampes», in GUILLAUMIN [dir.], Encyclopédie du commerçant. Dictionnaire du commerce et des marchandises contenant tout ce qui concerne le commerce de terre et de mer. Tome premier (A-F), Paris, Victor Lecou, 1837, pp. 903-904.
     Rééditions en 1841 et 1852, sans changement dans le texte de cet article, aux mêmes pages (et ce alors qu’il est nettement périmé, spécialement en ce qui concerne l’appareil de Meaupou, en 1852).
    Bernard GINESTE [éd.],
«A. Pommier: Étampes en 1837 (Encyclopédie du commerçant, tome 1)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/che-19-pommier1837etampes.html, 2011.

     Colonel François-Charles CRESTÉ (maire d’Étampes), Rivières et cours d’eau non navigables traversant le territoire de la ville d’Étampes (Seine et Oise) [rapport adressé au préfet de seine-et-Oise], 1838, édité par Bernard GINESTE, in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cee-moulinsdetampes-etats.html#1838, 2011.

     Joseph-Jacques ODOLANT-DESNOS, Rapport à l’Académie de l’industrie, 1838, réédité en deux parties par MALEPEYRE 1847, pp. 103-109 & 118-122.

     Bulletin des lois du Royaume de France N°1384 (21 mai 1847), pp. 417, 463 & 500 (534e brevet).
     Réédition: Bulletin du Ministlere de l’Agriculture et du Commerce: partie officielle, Volume 8, Imprimerie Nationale & Librairie Administrative, 1847, p. 164.

     François MALEPEYRE (1794-1877) [dir.], Philippe-Martin-Narcisse BENOIT (ingénieur pour les usines, manufactures, machines, etc.; l’un des fondateurs de l’Ecole centrale des Arts, 1791-1867), Jean-Sébastien-Eugène JULIA DE FONTENELLE (1790-1842), «Appareil Meaupou pour la conservation des grains», in ID., Nouveau manuel complet du boulanger, du négociant en grains, du meunier et du constructeur de moulins. Nouvelle édition entièrement refondue, et enrichie de toutes les découvertes et perfectionnements qui se rattachent à la fabrication du pain, à la construction des moulin set à la connaissance des céréales et des légumineuses. Ouvrage orné de planches. Tome premier [2 volume in-8°], Paris, Roret [«Manuels-Roret»], 1846, tome 1, pp. 102-122.
     Dont une numérisation par la BNF sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2040027/f109.image.r, en ligne en 2011.
     Dont une saisir en mode texte corrigée par Bernard GINESTE, in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cee-meaupou.html#1846malepeyre
, 2011.

    Augustin ROLLET, «Appareil de M. de Meaupou»,  in ID., Mémoire sur la meunerie, la boulangerie et la conservation des grains et farines, contenant la description des procédés, machines et appareils appliqués à ce jour au nettoyage, à la conservtion et à la mouture des blés, à la fabrication du pain et à celle du biscuit de mer, en France, en Angleterre, en Irlande, en Belgique, en Hollande, etc., précédé des Considérations sur le commerce des blés en Europe, par Augustin Rollet, directeur des subsistances de la marine, officier de la légion-d’honneur [XVI+594 p. ; avec un atlas], Paris, Carilian-Goeury et Victor Dalmont, 1847, pp. 84-89.
     Dont une numérisation par la BNF sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k116109s/f101.image.r, en ligne en 2011 (atlas assez mal numérisé).
     Dont une numérisation par Google sur son site Google Bookshttp://books.google.com/books?id=KdgqAAAAYAAJ&printsec=, en ligne en 2011.

     Michel ALCAN & Charles LABOULAYE, Dictionnaire des arts et manufactures: description des procédées de l’industrie française et étrangère, Volume 2, Paris, Decq, 1847, colonnes 2761-2762 [sur l’invention de Maupéou].

     Adhémar-Jean-Claude BARRÉ DE SAINT-VENANT (1797-1886), Institut national agronomique. Programme proposé pour le cours de génie rural [in-4°; 94 p.], Paris, Bachelier, 1850, p. 51.
     Dont une numérisation par la BNF sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5830240z/f54.image.r, en ligne en 2011.

     M. le comte de PONTÉCOULANT, «Rapport sur l’appareil de M. Fougeroux pour la dessication et la conservation des fermes», in Société d’agriculture, sciences et arts de Meaux (1862/1), pp. 114-119.
     Dont une numérisation par la BNF sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5775532v/f136.image.r, en ligne en 2011.

     ARMANGAULT aîné, Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents employés dans les différentes branches de l’industrie française et étrangère 24 (1878), pp. 364-365 & 398 [sur l’invention de Maupéou].

Autres sources sur cet inventeur

    Le Provincial Recueil périodique dédié à 85 departemens 1 (1828), p. 157 [On signale que De Meaupou a fait creuser un puits artésien à Écharçon près Essonne (Seine-et-Oise, aujourd’hui département de Seine-et-Oise, aujourd’hui département de l’Essonne)].

     Louis ANDRÉ, Machines à papier: innovation et transformations de l’industrie papetière en France: 1798-1860, Paris, École des hautes études en sciences sociales [«Recherches d’histoire et de sciences sociales» 69], 1996, p. 92 (sur Meaupou et la papéterie).

Sur le moulin à Tan

     COLLECTIF, «Le moulin à Tan (compilation)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cee-moulinatan.html, depuis 2010.

Site de la FFASM

     FFASM (Fédération française des Associations de sauvegarde des moulins), Le monde des moulin [site oficiel], http://www.moulinsdefrance.org/, en ligne en 2011.
   
Autres moulins d’Étampes

     COLLECTIF, «Les moulins d’Étampes (compilation)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cee-moulinsdetampes.html, depuis 2010.

 
 
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