CORPUS DES ÉTABLISSEMENTS ÉTAMPOIS
 
Gilles Villemaire, aubergiste à Étampes
À la Fontaine, rue Saint-Jacques, 1766-1801

Enseigne A la Fontaine (enseigne de pierre à Liège)
Enseigne A la Fontaine
conservée in situ à Liège

     Cette page a pour modeste ambition de retracer progessivement la vie et la carrière de l’aubergiste étampois Gilles Villemaire (1733-1801). Ni sa famille en effet ni son auberge ne semblent à ce jour avoir attiré l’attention des généalogistes ni des érudits locaux.

Gilles Villemaire, aubergiste à Étampes
À la Fontaine, rue Saint-Jacques, 1766-1801


Auberges de la rue Saint-Jacques selon Léon Marquis (1881)
Tentative de reconstitution dun plan du quartier et de ses auberges sous lAncien Régime par Léon Marquis en 1881

Signature de Gilles Villemaire en 1769
Signature de Gilles Villemaire en 1769


Renseignements
Sources
1733-1801
Gilles Villemaire (1734-1801), marchand hôtelier à Étampes où il tenait l'auberge de La Fontaine, était le fils et successeur de Simon Villemaire, mort à Étampes en 1766 et de Marie Anne Godin, morte aussi à Étampes avant 1769. Le 17 janvier 1769 il s’était marié à Chaussy (Loiret) avec Marie Lejeune (1743-1814), fille de Pierre Lejeune (1711-?), fermier (Loiret), et de Louise Joigneau (1718-1799). Il eut pour successeur son fils aîné Simon-Pierre Villemaire. Il nous faut ici remercier la généalogiste Bénédicte Laurent , seule à s'être intéressée semble-t-il à ce jour à Gilles Villemaire (“Généalogie”, in Geneanet, consulté en 2020) et grâce à qui nous avons trouvé son acte de mariage à Chaussy.
1734
Naissance de Gilles Villemaire. “Le quatorze février mil sept cent trente quatre a été batisé par moy vicaire soussigné Gilles né d’hyer fils de Simon Villemaire hostellier et de Marie Anne Godin son épouse. Le parain qui a donné le nom Gilles Chaudé, la maraine Marie Catherine Godin, lesquels ont signé avec nous. Ainsi signé : Gilles Chaudé, Catherine Godin, Gudin vic. avec paraphe.
AD 4E 1109 (saisie de B.G., 2020).
1740
Mention des Villemaire comme tenant La Fontaine. “Nous rencontrons les Villemaire, à La Fontaine, au moins de 1740 à 1778.
Michel Martin, Les corps de métiers dans la région d’Étampes du XIIe siècle à la Révolution. 3. Hôteliers et cabaretiers dans le sud de l’Essonne du XlVe siècle à la Révolution (Collection Mémoires d’Étampes n°14), Étampes, Archives municipales d’Étampes, 2017, p. 20.
1751
Liste des 20 aubergistes d’Étampes. “En 1751, ils sont 20: Jean Delaroche, Étienne Charpentier, la veuve d’André Thibault et Louis Davoust, à Saint-Martin; Jean Baron et Denis Anseaume, à Saint-Pierre; à Saint-Basile, Saint-Gilles et Notre-Dame nous trouvons Alexis Charpentier, Claude Lecomte, Étienne Lecomte, Étienne Barbier, Étienne Belanger, François Darblay, François Dupuis, Julien Salomon, la veuve Guesnée, la veuve de Pierre Desforges, Nicolas Salomon, Pierre Darblay, Pierre Dupetit, Rodolphe Darblay et Simon Villemaire.
Michel Martin, op. cit., p. 11, alléguant “le rôle de la taille de 1751” (apparemment aux Archives municipales Étampes  sous la cote FA 66).
1766
Inventaire après-décès de son père François Villemaire. — “Enfin, en 1766, à la mort de François Villemaire, hôtelier de La Fontaine, à Saint-Gilles, l’inventaire mesuré atteint seulement 1.350 livres. [...] Lors du partage de François Villemaire, hôtelier à La Fontaine, place Saint-Gilles, le patrimoine immobilier atteint 18.300 livres en 1766. Le bâtiment de l’hôtellerie n’a pas grande valeur (1.350 livres), mais la communauté possède une autre maison à Saint-Gilles, outre une maison et des terres sur le plateau (au hameau du Chesnay), ainsi qu’une petite exploitation agricole à Saint-Hilaire; des rentes complètent les revenus.”
Michel Martin,  op. cit., pp. 10 et 14, alléguant AD91 B 1299.
1769
Mariage à Chaussy (Loiret). “Après la publication de trois bans canoniquement faits tant aux portes des messes paroissiales de Saint Gilles d’Etampes diocèse de Sens domicile de l’epoux qu’au prone de cette paroisse les premier, six et huit du mois de janvier de la presente année sans qu’on ait decouvert d’empechement ni formé d’oppositions comme il nous a paru par le certificat du sieur curé de Saint Gilles signé Doches, les fiançailles celebrées hyer, nous pretre soussigné avons le dix sept janvier mil sept cent soixante neuf, pris le mutuel consentement de Gilles Villemaire, marchand hotellier à la Fontaine à Etampes fils des deffunts Simon Villemaire et Marie Anne Godin d’une part, et de Marie Lejeune âgée de vingt cinq ans fille de Pierre Lejeune laboureur et de Loüise Joigneau, leur avons conferé le sacrement de mariage et donné la benediction, dispense de non diocese préalablement obtenue et signée Paris vic(aire) gen(eral) ; en presence et du consentement du costé de l’epoux de Jacques Rose et Grégoire Rioton beaux frères à cause de Marie et de Jeanne Villemaire leurs femmes, Alexis Theodore Charpentier cousin germain et de plusieurs autres du costé de l’epouse, de ses susdits père et mère, de Pierre et Hyppolite Lejeune ses frères, de Genevieve, Françoise, Marie et de Therese Lejeune ses sœurs et de plusieurs autres parents soussignés. — [Signé:] Marie Lejeune — P. Lejeune [paraphe] — Villemaire [paraphe] — Jacques Roze [paraphe] — Godin [paraphe] — Marie Anne Chenard —J. Lejeune — Riventon — H. Lejeune —Rigault fils — [trois points maçonniques] Parmentier [paraphe] — Godin [paraphe] — Lejeune Godin [paraphe] — Marie Villemaire Godin [paraphe] — Grancour curé.
AD45 AD45 353 O-Suppl GG 66 (saisie de B.G., 2020).
1770
Baptême de sa fille Marie Louise. “Aujourd’huy cinq octobre mil sept cent soixante et dix a été baptisée par moi vicaire soussigné Marie Louise née d’hier, du légitime mariage de Gilles Villemaire aubergiste et de Marie Lejeune son epouse. Le parain François Antoine Rigault marchand de cette ville, la mareine Louise Jouanneau qui a declaré ne sçavoir signer, le parain a signé avec moy. — [Signé:] Rigault — Leclerc vic.
AD91 4E 1110 (saisie de B.G., 2020).
v. 1776
Baptême de son fils et futur successeur Simon-Pierre.

Bénédicte Laurent, “Généalogie”, in Geneanet, consulté en 2020; mais nous n'avons pas retrouvé la date exacte ni l'acte de naissance de l'intéressé.
1779 Naissance et baptême de sa fille Marie Rose Adélaïde. “Aujourd’huy dix neuf septembre mil sept cent soixante dix neuf a été par nous curé [de Saint-Gilles d’Étampes] soussigné batisé Marie Rose Adelaide née de ce jour, fille de sieur Gilles Villemaire, aubergiste à la Fontaine, et de Marie Lejeune son épouse. Le parain Nicolas Carnevillier maitre boulanger, le mareine Marie Villemaire veuve du sieur Jacques Rose, lesquels ont signés avec nous. — [Signé:] M. Villemaire — Nicolas Carnevillier — Doches curé.
AD91 4E 1111 (saisie de B.G., 2020). D'après Boncerf (cf. ci-dessous) c'était le septième enfants survivant du couple, mais à cette heure nous n'avons pas trouvé trace des actes de naissance correspondants sauf ceux de Marie Louise (1770) et de Marie Rose 
1779
Récit des maladie, cure et guérison de cette nouveau-née. “La dame Villemaire, aubergiste à  Étampes, est accouchée le 20* septembre 1779, d’une fille qui ne paroissoit avoir aucun vice de conformation; elle ne rendoit cependant aucun excrément par l’anus , quoique l’ouverture fût naturelle à l’extérieur. Les parens, inquiets de ne |255 trouver dans ses langes aucune déjection de matières fécales, mais seulement de l’urine, quoiqu’ils eussent introduit des suppositoires ,administré des lavemens et des médecines avec le syrop de chicorée composé, désespéroient de la sauver. Ces secours ne remplissoient pas leurs vues, leur enfant refusoit le tetton, et la nourrice étoit obligée de lui rayer du lait dans la bouche pour le faire subsister. Ce dégoût a persisté pendant huit jours, après lequel temps il a tetté et a bû; mais les boissons, ainsi que le lait, étoient presqu’entiérement rendus par la bouche, après avoir séjourné quelques momens. Une parente zélée, désirant conserver cet enfant, me l’apporta pour l’examiner et remédier au désordre qu’il éprouvoit. Je présumai, après quelques questions, que l’obstacle étoit dans le rectum ou autre intestin, plutôt qu’au pylore, attendu qu’il n’avoit pas même rendu le méconium: j’introduisis un petit navet en guise de sonde, qui ne pénétra qu’à un pouce et quelques lignes. Je m’assurai ensuite, par tous les moyens possibles, qu’il y avoit une membrane ou bride qui ne pouvoit être qu’une union des parois de cet intestin. Je déclarai que, pour guérir cet enfant, il falloit donner issue aux matières en introduisant le trocar, et en agrandissant |256 ensuite cette voie par les bougies. On porta en conséquence l’enfant à leur chirurgien ordinaire, qui se contenta d’examiner seulement l’extérieur, et soutint que cette partie étoit bien conformée; qu’il falloit réitérer les remèdes ci-dessus: vingt jours s’étant écoulés, et le vomissement subsistant, sans aucune selle depuis la naissance, le pere et la mere avoient lieu de penser que le fruit de leurs amours ne pouvoit éviter le trépas; ils craignoient aussi que cet enfant ne vécût avec une telle incommodité contre-nature: ils pleuroient sur son fort, quoique cette fille fut leur septieme enfant vivant. Ils se rendirent chez moi le 10 octobre pour me prier de procurer quelques secours à cette petite-malheureuse, je leur répétai que le vrai moyen de guérison étoit l’opération que j’avois proposée; que si leur chirurgien s’opiniâtrait à refuser de la faire, il falloit en voir un autre: enfin il a fait cette opération avec le trocar le 13 de ce mois, en suivant la direction de l’intestin, les matières ont pris leur cours, ainsi que les vents qui ont fait explosion. Le vomissement n’a pas reparu, et l’enfant se porte bien. Avant cette opération, le ventre étoit tendu et commençoit à prendre une teinte rouge pourprée. Il arrive quelquefois que les enfans refusent de tetter, |257 et ne le vuident pas, sans qu’on fasse assez de recherches pour en découvrir la cause; ils deviennent la victime de cette négligence: je ne dis pas cependant qu’un pareil obstacle caché soit fréquent et en soit la seule cause. Mais comme il peut se rencontrer de nouveau, il doit réveiller l’attention des gens de l’art. — Ce récit, ne dût-il sauver qu’un citoyen, est précieux pour le genre humain, et mérite dès-lors d’être recueilli: il confirme qu’il passe de l’estomac dans le sang une partie des fluides qu’on avale, ainsi qu’un suc des alimens ou espéce de chyle, et que le mésentere et les veines lactées ne sont pas les seules parties destinées à rafraîchir et à renouveller le sang; car cet enfant, après avoir refusé le tetton pendant huit jours, tettoit ensuite avec plaisir, et urinoit passablement: de plus, quoique tourmenté par des déjections contre nature, il n’a pas diminué d’embonpoint. Ne pourroit-on pas aussi en inférer que s’il arrive quelquefois dans les hernies que le malade résiste trois semaines et davantage avec les vomissemens, et manque de déjections par bas, cela ne provient que parce que l’étranglement n’est pas porté, dans les premiers momens, à un degré à attirer l’inflammation et la gangrene; mais cet accident survient le |258 plus souvent malgré un long retard. Le cas présent n’auroit pas eu une autre issue sans l’opération qui a été faite. — Ce 24 octobre 1779.
Claude-François Boncerf, «Observation sur une obturation du rectum, par M. Boncerf, docteur en médecine, etc.», in Journal de médecine, chirurgie et pharmacie 53 (1780), pp. 254-258 (saisie de Bernard Gineste, 2020)

* En fait le 19 d’après l’acte de baptême ci-dessus.
1780
Baptême de son fils Charles-Dominique.
Bénédicte Laurent, “Généalogie”, in Geneanet, consulté en 2020; mais nous n'avons pas retrouvé la date exacte ni l'acte de naissance de l'intéressé.
1789
Incendie en 1789.Fontaine (la) Cette auberge du même nom était située à l’emplacement de l’actuel n° 158 rue Saint-Jacques. [...] Les bâtiments de l’hôtel ont été incendiés au cours des émeutes de la Grande-Peur en juillet 1789.
Frédéric Gatineau, Étampes en lieux et places, Étampes, A Travers Champs, 2003, article “Fontaine (la)” (ici).
1791
Rachat d’un bien national. “Quant à la chapelle [du Petit-Saint-Mars], elle était encore en la possession des dames de Saint-Cyr à l’époque de la Révolution. Elle fut vendue comme bien national, avec 8 perches de terre, le 2 juillet 1791, à Gilles Villemaire, aubergiste à La Fontaine, moyennant 1.030 francs.
Léon Guibourgé, Étampes, ville royale, Étampes, chez l’auteur, 1957, p. 211 (ici)
1801
Mort à Étampes le 18 décembre 1801 (27 frimaire an 10). “41. Villemaire époux de Lejeune.  — Du vingt sept frimaire an dix de la république. Acte de décès de Gilles Villmaire, époux de Marie Lejeune, décédé d’hier deux heures après midi, âgé de soixante huit ans, demeurant à l’auberge de la Fontaine, rue Saint Jacques n°66. — Sur la déclaration faite par Simon Pierre Villemaire, son fils, et par Alexis Inger, meunier, son gendre, majeurs domiciliés de cette ville, j’ai maire de la ville d’Étampes constaté le décès et rédigé le present acte que les déclarans ont signé avec moi — Signature de Simon-Pierre Villemaire en 1801 [Signé:] Simon Pierre Villemaire — Alexis Inger — Baudet — Bessiers — Lejeunne —Caillaux — C. Argent — Gosme Come (?) — Bouraine.
AD91 1324 (saisie de Bernard Gineste, 2020)
1881
Localisation précise de cette auberge. Léon Marquis, lorsqu’il tente de localiser les auberges d’Étampes sous l’Ancien Régime, liste d’abord celles qui se trouvaient rue Saint-Jacques, à gauche en partant de la rue d’Enfer, c’est-à-dire en venant du coté de Saint-Martin, ou, si l’on préfère, du côté d’Orléans, et remarque qu’après celle du Dauphin on trouve en deuxième lieu l’auberge de la Fontaine, dont Marie Fleureau était hôtelière en 1650”, d’après un certain d’après un manuscrit des actes de la paroisse Saint-Gilles”. Pour le reste il l’identifie sans aucun fondement à des auberges ou maisons qui au moyen âge ont porté à Étampes la même enseigne, ce qui n’a aucun caractère de vraisemblance.
Léon Marquis, Les rues d’Étampes et ses monuments, Histoire - Archéologie - Chronique - Géographie - Biographie et Bibliographie, avec des documents inédits, plans, cartes et figures pouvant servir de suppléments et d’éclaircissement aux Antiquités de la ville et du duché d’Etampes, de Dom Basile Fleureau, Étampes, Brière, 1881, p. 113 (ici).
2017
Mentions. Michel Martin, dans son beau cahier Hôteliers et cabaretiers dans le sud de l’Essonne du XIVe siècle à la Révolution donne une “liste non exhaustive” des hôteliers qu’il a relevés dans les registres paroissiaux, liste qui cite comme tenant l’auberge de la Fontaine: Simon Villemaire en 1740, madame Villemaire en 1756, puis Gilles Villemaire en 1775 et en 1778.
Michel Martin,  op. cit., pp. 21-22.


Toute critique, correction ou contribution sera la bienvenue. Any criticism or contribution welcome.

 
APPEL À CONTRIBUTION

     Nous faisons appel ici à tous les Étampois pour regrouper d’autres documents intéressant l’histoire de tous les établissements privés et publics du pays étampois à travers les âges. Ce corpus conservera la mémoire de toutes les entreprises étampoises (entreprises étant pris dans un sens très large), ne serait-ce que sous la forme de modestes documents.
BIBLIOGRAPHIE PROVISOIRE

Édition

     Bernard GINESTE et qui voudra [éd.], «Gilles Villemaire, aubergiste à Étampes (À la Fontaine, 1766-1801)», in Corpus Étampois, www.corpusetampois.com/cee-villemaire.gilles.html, depuis 2020.

Autres établissements au pays d’Étampes à travers les âges

     
«Corpus des établissements étampois», in Corpus Étampois, www.corpusetampois.com/index-cee.html, depuis 2007.  

 
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