Maxime Legrand et Émile Huet (Jean
Ballast et F. Errail)
D’Étampes à
Auneau en chemin de fer
16 septembre 1892
Étampes, 16
Septembre 1892.
«Les voyageurs pour St-Hilaire, Ste-Escobille,
Sainville, La-Chapelle-d’Aunainville, Auneau et la direction de Chartres
en voiture! Traversez les voies s’il vous plait!»
Tel est le cri que, dans les environs du mois
d’Avril prochain*, les Etampois entendront
résonner sous les marquises aérées de notre nouvelle
gare. A cette époque fortunée, les plâtras auront
disparu; sans se heurter à des barricades en planches, on pourra
monter prendre son billet en choisissant à son gré la droite
ou la gauche d’un bel escalier à double révolution pour
entrer dans la gare. A la sortie, la pente douce vous amènera mollement
aux omnibus de la cour sans qu’on puisse craindre de dégringoler
dans des précipices. L’employé d’octroi n’en sera plus réduit
à errer avec sa guérite plantée sur pilotis comme
une habitation lacustre.
Et à l’intérieur que de changements!
Des salles d’attente toutes neuves, des guichets spacieux, une salle
de bagages où l’on ne s’écrasera plus. Plus de buffet sur
le quai de Paris, plus de châteaux-d’eau encombrants, mais un vaste
quai couvert d’où la vue plongera sans obstacles dans toutes les
directions.
Enfin, là-bas, tout en face, au pied
de ce beau mur tout blanc qui s’achève sous l’œil vigilant de
M. Camille le représentant de M. Morand, un train flambant neuf,
la machine grondant, impatiente, les portières ouvertes, avides
de voyageurs. «La direction d’Auneau en voiture!» Des claquements
de loquets, un sifllet, un nasillement de corne; un sifflet plus strident,
puis un gros souffle de vapeur; et au bout d’une heure, trente-deux kilomètres
franchis sans trop de hâte, on arrivera en gare d’Auneau.
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Détail. Guérite de l’octroi.
* Elle eut lieu effectivement le 5 juin 1893, d’une
manière assez discrète.
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Aujourd’hui
le voyage n’est pas aussi facile; mais pour peu que l’on ait, comme nous,
la chance de faire la connaissance de l’aimable et actif entrepreneur
de la ligne, M. Mège, qui vient de terminer si heureusement la pose
de son ballast, ou qu’on veuille bien vous recommander à M. Gendreau
qui était chargé de contrôler l’entreprise au nom
de la Compagnie, les difficultés seront vite aplanies; nous avons
eu, du moins, l’heureuse bonne fortune d’en faire l’expérience et
nous voulons sans retard en adresser à tous nos plus vifs remerciements.
Grâce à leur inestimable bienveillance nous avons fait un voyage
charmant. Les lecteurs du Postillon*
ne nous en voudront point de les convier à nous y suivre. Bien
assis dans leur fauteuil ils verront au passage les sites connus se succéder
à leur imagination; avant que la route ne leur soit par 1’usage
devenue familière ils partageront notre plaisir et, comme on serre
jalousement dans son portefeuille une gravure avant la lettre tant que les
épreuves ordinaires n’ont pas vulgarisé le tableau, ils en
garderont le souvenir jusqu’au jour où ils se hâteront de vouloir
en vérifier de visu la stricte exactitude.
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*
On voit ici que cet article a d’abord été publié
dans le Postillon de Seine-et-Oise, journal libéral et indépendant
publié à Versailles, alors chef-lieu de cet ancien département.
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Donc,
hier 15 Septembre, nous montions sur une locomotive qui bouillonnait
sourdement en tête du train de ballast à la bifurcation du
pont de Chauffour. Avec un entrain superbe, elle emmena bientôt
derrière elle quelques wagons et parmi eux, attelée à
son tender, une sorte de baraque en planches construite sur un truc* et que les
terrassiers nomment le Wagon-Salon; d’autres disent, la Bagnole. Ce sera
comme voudra le lecteur.
|
*
Un truc, ou truck, est une plate-forme montée sur
des roues, utilisée alors pour le transport des voitures et des
marchandises.
|
On
raconte que lorsqu’il composa La Bête humaine, Zola** voulut documenter son œuvre et, pour cela, fit de
jour et de nuit un long voyage sur «La Lison» — c’est le nom de sa machine — vivant ainsi
de la vie du mécanicien, partageant son labeur, et analysant ses
sensations. Le grand écrivain eut raison; et vraiment, ce ne fut
pas le moindre attrait de notre voyage que de faire l’épreuve d’un
moyen de locomotion si nouveau pour nous, et de nous rendre compte du
profit que l’on peut retirer de semblables expériences. Que le
lecteur se rassure et nous pardonne une comparaison d’une telle outrecuidance!
S’il suffisait de monter Lison pour écrire comme Zola et animer ses
personnages d’un souffle aussi puissant, nous voudrions monter Lison! Mais
hélas, notre machine à nous s’appelait d’un numéro
tout sec: 371 suivi de ces mots: Poncelet-Est Ateliers d’Epernar. Allez donc
faire de la poésie avec cette phrase de catalogue! Voilà je
pense le lecteur et Zola rassurés.
Quoiqu’il en soit, «Poncelet 371 etc....»
est une vaillante machine et il est vraiment curieux de voir ce gros
corps noir, massif, lourdaud, obéir si docilement au moindre geste
de celui qui le conduit. La pente en descendant lui fait une route facile
qu’elle dévore à l’aise sans souffler; si le chemin est plat,
elle va tranquille, scandant la marche de sa respiration régulière;
mais, voilà que la route monte, son souffle s’accélère,
elle avale en gloutonne des monceaux de noir charbon, elle le crache en
blanche fumée, elle gronde comme furieuse de se sentir ralentie
par la pente. Aussi, là-haut, la crète franchie, quelle allure
de bête victorieuse elle part, court, toute gaie de son effort utile;
les passages à niveau ont leurs contre-rails remplis de pierres,
qu’importe! elle fait un bond, un autre, et, lâchée, ivre de
vitesse, elle part dans la plaine dandinant en lacet son ventre qui mugit.
Le mécanicien qui la dompte, M. Bigot, est à coup sur un
bon guide, et c’est plaisir avec lui de courir pendant quinze minutes sur
le pied de 60 k. à l’heure. |
** La Bête humaine (1890),
roman d’Émile Zola (1840-1902), évoque le monde du chemin
de fer; l’action se déroule tout au long de la ligne Paris-Le Havre.
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C’est
avec une vitesse infiniment moindre que nous partons du pont de Chauffour;
la ligne descend sur le remblai de sable tout blanc et laisse bientôt
à sa gauche, après avoir dépassé le Camp
dont nous parlerons à la fin, le moulin à Tan qui envoie
tranquillement l’eau de la rivière aux réservoirs de Guinette*.
|
*
Ce réservoir désaffecté existe encore au bord de
la promenade de Guinette, à demi-enterré.
|
La
vallée toute verte est ravissante. Ses prairies dont la fraicheur
s’épand est sillonnée par la Louette sinueuse, et les grands
peupliers lui font la plupart du temps une voûte quasi-continue
que l’automne commence à dorer par endroits. La voie est descendue
au fond de la vallée et court, tant déblais et remblais
sont insignifiants, sur le sol même recouvert d’un demi-mètre
de ballast caillouteux. Le premier objet rencontré, à gauche,
est un château-d’eau primitif, composé d’une large cuve supportée
par un bâti de traverses entre-croisées; — rien de la tour Eiffel*. — Une pompe aspirante et refoulante prend l’eau de la rivière
et la porte dans la cuve sous l’effort repété d’un pompier
qui nous regarde passer d’un air tant soit peu railleur. N’aurions-nous
pas encore l’air de gens du métier, pourtant nos mains commencent
à noircir! Tout au bas de son château-d’eau l’homme s’est
bâti une cahute, véritable habitation des prairies lointaines,
et dans laquelle il a rassemblé les animaux les plus disparates:
poules, renard, pies, corneilles, chien, chat, etc.... une arche de Noé
en miniature. Tenez! voici les affreuses carrières de pavés
de Vaujouan qui semblent vouloir dévorer la route et la voie, et
dégringoler jusqu’à la rivière même. C’est
bien utile, parait-il, les pavés, mais que ça gâte
le paysage!
|
*
La tour Eiffel, érigée en 1889, n’a alors que trois ans.
|
A
gauche, en face les carrières, on côtoie le moulin de Vaujouan
et pour peu qu’on aie de bons yeux, à travers les frondaisons vertes
on peut apercevoir, de l’autre côté de la vallée,
le château de Valnay. Le spirituel chroniqueur qui vient y passer
l’été*, après avoir acheté
deux canons pour s’y défendre des maraudeurs, va-t-il être
obligé de se tamponner les oreilles pour ne pas entendre le sifflet
du chemin de fer?
|
*
Allusion à Aurélien Scholl (1833-1902), chroniqueur au
Figaro, à l’Événement,
à l’Écho de Paris et au Matin, l’une des plus
grandes plumes de la presse française sous le Second Empire et
au-delà.
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Sur
la droite bientôt s’accrochent à flanc de coteau les maisons
éparses du hameau de Pierrefite à l’entrée duquel
un antique Menhir monte sa garde séculaire. A partir de cet endroit,
la machine semble rouler avec un bruit moindre, et ses trépidations
s’amortissent. La sensation est très nette et l’on se rend fort
bien compte que l’élasticité du sol sur lequel la voie est
directement posée, est la cause de cet effet. C’est d’ailleurs le
seul endroit où l’on ait rencontré la tourbe. Nous avons
en face de nous, à gauche, Longuetoises, puis, plus loin, les premières
maisons de Chalô-St-Mard, et la machine stoppe sur une immense emplacement
nivelé dans le tuf blanc: «St-Hilaire, tout le monde descend!»
St-Hilaire à la gorge coquette, où
les sapins noirâtres font une marge d’ombre à la blancheur
du tableau. La gare est montée à son premier étage
et elle repose dans le sous-sol sur des pieux de dix mètres enfoncés
dans la tourbe. Le café de la Gare, lui, est depuis longtemps
à sa place, soupirant après le jour où le premier
train qui emmènera les grains de la plaine, amènera chez
lui les clients scellant d’un petit verre la livraison d’un marché.
En attendant nous faisons connaissance avec
M. Hochet surveillant des travaux et M. Binquey, surveillant du ballastage,
exilés temporaires dans ce calme repli de notre vallée,
et grâce à l’amabilité de M. Dupré, représentant
de l’entrepreneur qui a bien voulu ainsi que M. Gendreau nous accompagner
et nous fournir avec lui les renseignements les plus complets et les plus
circonstanciés, nous examinons avec intérêt les
moindres détails du travail. Voies, garages, aiguilles, prises
d’eau, halles et signaux, rien, au bout de cette première étape,
ne conserve pour nous de secret. Au besoin nous serions en mesure de solliciter
un poste sur la nouvelle ligne.
«Les voyageurs pour Ste-Escobille, en voiture»! Et l’on repart,
laissant sur la droite le château et les terrasses de St-Hilaire,
où le voyageur voit avec envie le soleil dorer espaliers et couches
chaudes d’un plantureux jardin.
Jusqu’ici la ligne a suivi la rivière
et la route en cheminant à plat, serpentant de-ci de-là,
suivant des courbes dont le rayon varie entre cinq et huit cents mètres.
Il va maintenant falloir grimper sur le plateau et, si les courbes se
succèdent encore avec des rayons semblables, la route, de plate
qu’elle était, s’en va monter régulièrement par
des rampes variant entre cinq millimètres et huit millimètres
et demi par mètre; ce sera en somme une hauteur verticale de 76
mètres franchie sur un parcours de 8 kilomètres.
La montée ne commence pas tout de
suite. La ligne court d’abord sur un remblai assez élevé;
sur le territoire des Boutars, elle laisse à gauche une belle
plantation de peupliers dont les rangées régulières
s’élancent au ciel en belle ordonnance, passe sur un petit pont
dont la construction sur le sol sans consistance a demandé beaucoup
de travail, puis traverse le hameau, où d’antiques substructions
révèlent le souvenir de la conquête romaine. Si c’était
le lieu de faire de l’érudition, en locomotive, nous pourrions
ajouter que Boutervilliers, qui sur le plateau du côté droit
de la colline se hausse au-dessus des bois pour apercevoir le hameau en
question, tire son nom du lieu dit: de Boutars-Villa on a fait
le nom moderne. Nous ajouterions encore qu’on a découvert sur le
dit plateau des Boutars des instruments de silex et un polissoir. Mais
on va si vite que Gaulois, Romains, silex, polissoirs et étymologies,
tout disparait comme une vision dans le blanc panache de fumée
qui serpente dans la vallée et se perd sous le feuillage comme
les matinales vapeurs de la prairie.
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|
La
vallée dès lors sans eau, s’élève par une
pente rapide; une tranchée importante a dû même, pour
éviter une courbe trop prononcée, éventrer une tertre
important qui servait de soubassement à la tour de Cenive; il a
fallu user de la poudre pour désagréger les rochers de grès
qui le composaient en majeure partie. La tour est restée sur la
droite, spectatrice impassible des écroulements de son voisinage;
c’est un des coins les plus pittoresques du parcours et c’est avec raison
que l’historien des rues d’Etampes, M. Léon Marquis, l’a célébré
en vers*. Que fut-elle autrefois? Tour de défense?
C’est peu probable, dominée qu’elle est de toutes parts par des
hauteurs d’où le moindre caillou, le plus mince carreau aurait
eu raison du plus hardi combattant. Un signal? Pas davantage, les signaux
veulent des points culminants et non pas des abîmes. Un signe féodal,
sans doute? C’est bien le plus probable: une de ces tours, réprésentant
aux yeux de tous le droit du seigneur auquel on devait foi et hommage.
Et encore, ce signe ne doit pas être très ancien, car l’appareil
de la tour ne dénote pas une construction d’époque primitive.
Toujours est-il qu’il est là immuable, sur sa butte mutilée,
témoin des âges anciens. Que diraient ses pierres, si elles
pouvaient parler, de ces bruits nouveaux venant troubler sa solitude?
Autrefois monté sur son palefroi, le vassal venait à ses
pieds déposer l’hommage à son féal suzerain le cor
retentissait dans les halliers voisins; aujourd’hui, goguenarde, la locomotive
mugit et passe, et la corne du chef de train jette aux échos sa note
nasillarde. Le voyageur regarde, salue, et admire un beau site; c’est tout.
C’est encore cela! Que de choses et des plus neuves ne sauraient se vanter
de mériter même un regard au passage! |
La Tour de Cénive (gravure de Léon Marquis)
*
Léon Marquis a écrit La Tour de Cenive, poème,
suivi de notes sur les antiquités de la vallée de Chalo
St-Mard, Seine-et-Oise [55 p.], Étampes, Fortin, 1870.
|
Par
une suite de lacets charmants, la ligne monte alors d’une façon
sérieuse; à droite, un puits et le chemin qui monte à
Boutervilliers; au-delà, des sapins, des taillis, au dessus desquels,
à droite, on apercoit les toits de Boutervilliers, à gauche,
les flèches pointues qui dominent les tourelles du Tronchet. Le
Tronchet, encore un manoir féodal coquettement assis sur le coteau
boisé, fief en 1789 d’un oncle d’Alfred de Vigny*, notre grand poëte beauceron, aujourd’hui
ferme.
|
*
Alfred de Vigny (1797-1863), poète et dramaturge romantique, a
laissé quelques paragraphes sur ses séjours au Tronchet.
|
Dans
un trèfle à graine, un pauvre lièvre effrayé
galope vers les bois, et son pelage roux fait un jaune sillage au travers
du champ brun. N’y avait-il pas assez du chasseur, sans ce monstre de
feu pour empoisonner son existence et lui faire fuir son gite? La vallée
se dénude, nous brûlons une maison de garde que les cheminots
ont baptisée du nom de Maison des Glands, irrespectueux
sobriquet tiré des ressources que présentait ce coin de
chantier; puis les bois se font boqueteaux; seules des maisons de garde
construites aux passages à niveau peuplent le vallon qui s’en va
mourant. Des perdrix en compagnie se lèvent au bruit et volent
avec le train, de conserve. Quel joli coup de fusil nous aurions pu faire!
Mais la loi de 44* permet-elle la chasse en
locomotive? Le gendarme est sévère, chacun le sait et, devant
un tel procès, nous eussions fait piètre figure. A coup
sûr, c’eût été original. Mais s’il est bon d’être
dans le train, il n’est pas plus sûr d’y chasser qu’il n’est licite
de pêcher dans une rivière à sec. |
* Il s’agit
de la loi de 1844 sur la police de la chasse.
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Tout
d’un coup, derrière le dernier boqueteau à droite se profile
la pointe d’un clocher, puis, à gauche, le sommet d’une tour carrée.
L’un et l’autre émergent peu à peu, c’est le clocher de
Ste-Escobille et la Tour de Mérobert. Nous voici en plaine et bientôt
à quelques cent mètres, sur le premier palier qui descend
un peu, nous passons la limite des deux départements de Seine-et-Oise
et Eure-et-Loir*. |
* Aujourd’hui
entre Essonne et Eure-et-Loir.
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On
laisse à gauche le hameau d’Aubray, où les religieux de
St-Jean-en-Vallée-de-Chartres** tenaient jadis un bénéfice;
on traverse la grande route de Limours à Angerville et la machine
stoppe: «Ste-Escobille, cinq minutes d’arrêt».
Cinq minutes ou davantage, c’est pour l’instant
au gré du voyageur et c’est vraiment commode de mettre ainsi le
temps qu’il faut pour bien voir et s’instruire, surtout lorsqu’on peut
mettre à contribution le savoir obligeant des autres. Ici comme tout
à l’heure, le surveillant des travaux, M. Jeansin, se charge avec
la plus grande affabilité de nous mettre au courant de tout ce qui
peut nous intéresser et nous n’avons qu’à ouvrir les yeux,
à tendre les oreilles. Pendant que M. Gendreau, se renseigne et se
met en rapport avec le personnel, nous regardons et nous écoutons
de notre mieux.
Le gros œuvre de la gare est fini et l’on
va poser le hall des marchandises. Un puits de 30 mètres est foré
et il a déjà deux mètres d’eau. Une machine fixe
est là en morceaux prêts à monter; on y joindra une
grue, un château-d’eau… On taille en plein drap; bref, la gare
sera d’importance. Et voyez, nous dit, M. Alaurent, l’entrepreneur de
la construction, les cultivateurs se lamentent et trouvent qu’on ne fait
pas assez grand! Dieu les entende! Qu’ils emplissent le hal à le
faire craquer, qu’ils fassent ployer la grue sous le faix! ce sera tant
mieux pour eux, tant mieux pour Étampes et tant mieux pour nous.
Je gage que la compagnie criera tant mieux aussi et que c’est avec joie
qu’elle construira nouveaux hangars et nouvelles grues.
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** C’est en ces années-là sans doute
que René Merlet travaille à l’édition du Cartulaire
de Saint-Jean-en-Vallée qu’il donnera en 1906.
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A
quoi bon maintenant décrire le paysage? Chacun ne le connaît-il
point? qui n’admire, sans jamais se lasser, cette grande plaine aux horizons
infinis où la terre dans son immuable calme est toujours en continuel
labeur; où les matins sans brume donnent à l’herbe rase
leur rosée vivifiante, où la chaleur du jour fait pousser
les semences et transforme l’espace en océan d’or fin; où
le soleil au soir éteint sans heurts sa radieuse clarté en
profilant en noir sur le ciel qui s’empourpre les lourds clochers que l’ombre
grandit. Poésie radieuse et large harmonie où la querelle
humaine détonne en apportant ses choquants hiatus et ses criardes
dissonnances. 0 querelle! laisse-nous! laisse-nous voir à l’aise
le sillon de Rosa Bonheur*, l’Angelus
de Millet** et l’admirable
aquarelle de notre Berchère***, où,
comme il l’a si bien écrit, la terre se repose****.
Et voyez la contradiction! Voilà le
train qui marche comme un furieux avec un déhanchement terrible,
grondant, sifflant, roulant, sautant. Rapides, passent au loin Oysonville
et son parc, oasis touffu au milieu de ce désert fécond,
demeure de M. le comte de Rilly, un descendant de la fameuse famille des
Briçonnet, puis Garancières, Manterville, autre bénéfice
de l’abbé de St-Jean-en-Vallée, puis Guillerville, Paponville,
et tant d’autres. Tout au bord du chemin, la cheminée de la Râperie
de Sainville. Enfin, après un train d’enfer, nous entrons en gare:
«Sainville, dix minutes d’arrêt, buffet».
|
*
Allusion probable à l’un des tableaux les plus célèbres
de Rosa Bonheur (1822-1899), l’Attelage Nivernais (1849), dont
le premier plan est occupé par des sillons. Voir notre Annexe 4.
** L’Angélus est un tableau
de Jean-François Millet (1814-1875), peint en 1858. En plein travail
des champs, deux paysans ont posé leurs outils pour se mettre
en prière.
*** On voit par se passage
que l’auteur est étampois, comme Berchère.
**** Narcisse Berchère (1819-1891), peintre orientaliste
et paysagiste étampois, est alors mort l’année précédant
cet article. Dans l’article que lui consacrera Maxime Legrand en 1909, et
que nous avons mis en ligne (cliquez ici) cite au Musée d’Étampes
une aquarelle de lui intitulée La Terre repose, “don de M.
G. Manen”.
|
Oui
buffet, ne riez pas, vous avez bien lu: Buffet! Au bout d’une jolie avenue
plantée d’arbres, large, bien droite, se trouve l’Hôtel-de-Ville,
à la façade coquette faite de murs briquetés, et
à droite un café: c’est là le Buffet. On y
est du mieux du monde et le champagne qu’on y boit, comme il convient
de le faire à toute inauguration, y est de la bonne marque. A votre
prochain voyage, je vous le dis en vérité, goûtez-y,
vous vous en trouverez fort bien... et le café aussi. A Sainville
le travail de la gare est à peu près terminé, la place
des marquises s’indique déjà. Le surveillant des travaux
M. Pons, un gai et aimable méridional, ne doit plus avoir longtemps
à rester au milieu de ces braves populations qui nous regardent
débarquer et ne paraissent ma foi pas du tout refractaires aux
progrès de la civilisation; s’en plaindra-t-il?
|
|
Chaque
chose se fait en son temps, avec méthode, la ligne maintenant
est presque finie, elle est bonne et prête à recevoir le passage
des trains; nous n’avons pas besoin que M. Darrou, le piqueur* de la ligne, nous le dise, on le sent facilement.
Mais la locomotive que sa grosseur attache
sur ses rails, souffle d’impatience. Le mécanicien fait jouer
son Giffard** et envoie dans ses flancs
une abondante provision d’eau; c’est son champagne à elle et,
bien désaltérée, elle s’élance dans la plaine
qui s’étend devant nous à perte de vue.
|
*
Dans les chemins de fer, le piqueur est un agent technique qui
seconde le conducteur de travaux en surveillant les équipes d’ouvriers
et la bonne marche des travaux.
** Injecteur automatique imaginé en 1857 par
Giffard pour l’alimentation des chaudières à vapeur.
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On
passe, laissant à gauche Maisons, célèbre dans
les fastes de l’abbaye de Morigny***, et à
droite le château et la ferme du Chêne, puis on arrive devant
la station de La Chapelle-d’Aunainville.
Comme l’heure presse et que le tableau de
marche souffre pour l’instant quelque fantaisie nous passons sans nous
arrêter, histoire de faire de l’esbrouffe en nous donnant les allures
de train express. Aunainville, La Chapelle-d’Aunainville, puis Aunay-sous-Auneau
disparaissent derrière nous dans la ligne droite. Alors, les rails
s’infléchissent selon une courbe régulière au rayon
de 800 mètres et nous entrons bientôt sur une voie parallèle
à la ligne de Vendôme, dans la gare d’Auneau.
C’est fini; c’est dommage!
Oui c’est dommage, car un plaisir nouveau
qu’on acquiert laisse toujours avec lui le regret de ne pouvoir le conquérir
encore. Il passe dans le domaine du souvenir après avoir quitté
celui de l’attente. Mais attente et souvenir ont pour nous été
si joyeux, si aimables, nos compagnons, nos initiateurs, si remplis de
courtoise obligeance et d’aménité, que le regret s’enfuit
ne laissant que l’empreinte d’un plaisir dont nous remercions bien cordialement
tous les auteurs. A quoi bon vous dire le retour avec ses arrêts
nouveaux aux mêmes endroits connus? La brume du soir qui descend,
estompe doucement les détails de la plaine, et la descente de la
vallée est plus charmante encore. Au lieu de se rétrécir
comme à la montée, le paysage s’élargit et paraît
s’ouvrir comme le ferait un éventail; la machine en descendant semble
éventrer de son éperon la mer des frondaisons vertes comme
ferait l’avant d’un navire dans l’océan qu’il laboure.
Nous descendons au pont de Chauffour où,
comme tableau final, s’offre à nos regards un original spectacle.
Sur la droite de la voie un terre-plein encombré de rails couverts
de rouille, boulons étêtés, traverses brisées,
crampons édentés, wagonnets boiteux, tonneaux éventrés,
le tout dans un pèle-mèle de bric à brac, musée
rétrospectif de la ligne non encore inaugurée. Au centre
de ce fouillis, une cabane chancelante qui a servi d’abri à la petite
machine de l’entreprise Morand s’affaisse sous un angle inquiétant,
soutenue tant bien que mal par un tas de briquettes. C’est au milieu
de ce chaos que les cheminots dont nous avons rencontré tout à
l’heure les équipes ont établi leur Camp. Des wagonnets
renversés couverts de mottes de gazons, ressemblant au Cairn de
l’esquimau plus qu’à la hutte de l’Indien des prairies, leur servent
de domicile et entourent un brasier qu’alimente... — Dieu nous pardonne! — la provision
de briquettes destinée aux machines.
|
*** Allusion au premier
livre de la Chronique de Morigny, du début du XIIe siècle,
qui raconte l’achat et la mise en valeur de ce village par les moines
de Morigny. L’auteur a lu ce récit, sans doute, traduit dans la
préface donnée par Menault à son édition du
Cartulaire de Morigny, publiée en 1867 (pp. VI-VIII).
|
Au
moment où nous passons il est déjà l’heure de la
rentrée; sur le toit d’une de ces étranges habitations
un terrassier racommode à grand renfort de ficelle son costume
endommagé; plus loin, comme à la gueule d’un terrier, nous
entrevoyons deux énormes semelles de bottes ferrées qui
révèlent un dormeur allongé sous sa tente d’un nouveau
genre, tandis qu’à côté montrant dans un rire béat
ses dents blanches au milieu d’un visage barbouillé de charbon,
le maître coq de l’endroit découvre, cuiller à la main,
une marmite ou s’entasse un monceau de succulentes pommes de terre. La
marchande n’est pas loin. D’ici nous apercevons sur le coteau voisin les
pampres jaunis du farineux légume. Nous passons, rêvant à
Callot* et à Claude Lorrain**, regrettant amèrement
le photographe qui nous eut laissé l’image instantanée de
ce pittoresque et étrange campement***.
Quand tout cela aura disparu, quand sur la
place nettoyée, un aiguilleur, gardien vigilant, se sera installé,
quand le mur sera fini, quand la gare sera achevée et qu’elle
aura cessé de ressembler à une caserne de bastion au lendemain
d’un bombardement, quand l’employé d’octroi aura fini d’errer sur
ses pilotis branlants, la compagnie d’Orléans ajoutera une nouvelle
date au tableau des ouvertures des lignes de son réseau. et nos
oreilles entendront avec joie résonner sous les voutes aérées
de notre nouvel «embarcadère» ce cri sonnant clair:
«Les voyageurs pour St-Hilaire, Ste-Escobille, Sainville, La Chapelle-d’Aunainville,
Auneau et la direction de Chartres, traversez les voies s’il vous plaît!»
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* Jacques Callot
(1592-1635), dessinateur et graveur, connu surtout pour ses eaux-fortes,
notamment Les Grandes Misères de la guerre.
** Claude Gellée, dit le Lorrain (1600-1682)
surtout connu comme paysagiste.
*** Les auteurs se sont
consolés de cette occasion manquée en faisant graver, le
mois suivant, la gare encore en chantier, y compris la pittoresque guérite
de l’octroi mentionnée au début du récit.
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ANNEXE 1
Les auteurs: Maxime Legrand,
Émile Huet
par Bernard Gineste
Les noms des supposés
auteurs de cet article, Jean Ballast et F. Errail, sont
très évidement des pseudonymes adoptés par plaisanterie,
en rapport avec son sujet. Il reste à déterminer quel est
l’auteur réel ou quels sont les auteurs réels de cet article
d’abord publié dans le Postillon de Seine-et-Oise.
L’auteur est un Étampois (qui parle
de notre Berchère). Il connaît et cite une aquarelle
de ce peintre conservée au Musée d’Étampes. Or c’est
Maxime Legrand qui a rédigé la notice biographique du catalogue
de vente après décès des œuvres de ce peintre en
1891, l’année précédent cet article. Bien plus, il
a ensuite donné trois articles sur le même sujet, précisément
dans le Postillon de Seine-et-Oise (6, 13 et 24 décembre
1891).
L’auteur cite de plus avec éloge l’historien
local Léon Marquis, et notamment son poème sur la tour
de Cénive (qui avait au contraire été moquée
par Paul Pinson). Or précisément Maxime Legrand est alors
en train d’éditer en collaboration avec Léon Marquis, Les
trois États du bailliage d’Étampes aux États-Généraux
(deux tomes respectivement publiés en 1892 et 1893).
Il s’intéresse aussi aux antiquités
préhistoriques locales, comme au polissoir des Boutars, comme
son ami le Dr Duhamel d’Étréchy, qui a écrit un
article de son côté sur le polissoir des Émondants
à Souzy, avec qui il a collaboré à plusieurs reprises
et dont il rédigera aussi la notice nécrologique en 1897.
D’une manière générale,
notre auteur principal est un grand connaisseur des antiquités
de la région d’Étampes, et il a un goût certain pour
le pittoresque. Ceci encore nous oriente vers Legrand, auteur
d’Étampes pittoresque, guide du promeneur dans la ville et l’arrondissement,
ouvrage monumental en plusieurs volumes, publié à partir
de 1897.
De plus il est avéré
que Maxime a utilisé des pseudonymes, par exemple celui de J.
des R., alias Jean des Roseaux, pour une publication de 1906 selon Paul
Pinson, au n°400 de sa Bibliographie d’Étampes et de son
arrondissement de Paul Pinson, publiée en 1910 (p. 39). On
remarquera l’identité des prénoms: Jean des Roseaux,
Jean Ballast
C’est une fois arrivé à cette
conclusion qu’il m’a semblé utile de consulter la bibliographie
que Michel Billard a composé en 1984 sur Maxime Legrand dans le
premier tome de son ouvrage sur Morigny. Or c’est bien à Maxime
Legrand que Michel Billard attribue cet ouvrage, ainsi qu’à un
certain Huet, dans cette bibliographie, p. 12.
Michel Billard en cette occasion ne précise
pas sa source, qui est certainement manuscrite; en tout cas il est clair
qu’il n’a pas eu entre les mains cet item, qu’il qualifie de rarissime
et rapporte avoir essayé de se procurer jusqu’en Eure-et-Loir.
Il n’en donne de fait ni le format, ni le nombre de pages, et le croit
non signé, ne paraissant pas connaître même l’existence
des pseudonymes utilisés par nos deux auteurs.
Quoi qu’il en soit, voilà donc notre
énigme résolue, grâce à la communication
que François Jousset vient de nous faire du contenu de cet ouvrage
soigneusement scanné, et l’attribution de notre article à
Maxime Legrand est pratiquement prouvée par le précieux
témoignage de Michel Billard et de sa source inconnue.
Reste à déterminer
qui était ce Huet, co-auteur de l’article. Il s’agit sans doute
d’un certain Émile Huet, avocat à la cour d’appel d’Orléans,
que nous voyons avec Maxime Legrand, dans la liste des souscripteurs
à l’édition de la Bibliographie d’Étampes
de Paul Pinson, en 1910.
Cette hypothèse se transforme en certitude
lorsque l’on découvre que le dit Émile Huet, avocat, a
lui même en 1900 donné de son côté, entre autres
publications érudites sur le pays orléanais, un ouvrage
de plus de 700 pages, illustré de gravures, et intitulé
Promenades pittoresques dans le Loiret, châteaux, monuments,
paysages, et qu’il fut,
au moins en 1908, secrétaire de l’Association archéologique et historique de l’Orléanais. Il faut aussi noter
que, toujours selon Billard, qui le tenait lui-même de la comtesse
de Saint-Périer, Maxime Legrand était lui aussi avocat, ce
qui n’a pu que rapprocher nos
deux auteurs.
CQFD.
Bernard Gineste, 12 novembre 2008
Bibliographie:
Michel BILLARD (né
en 1952), «La vie et l’œuvre de Maxime Legrand», in ID. [éd.] & Maxime LEGRAND (1854-1924), Morigny-Champigny [25,5 cm
sur 16,5; 104 p.; 11 folios de planches], Étampes, Éditions
du Soleil, 1984, pp. 3-26.
Émile
HUET (avocat) [auteur] & Paul PIGELET [dessinateur], Promenades
pittoresques dans le Loiret, châteaux, monuments, paysages [32
cm sur 23; IV+644+XXXII p.], Orléans, P. Pigelet, 1900.
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BIBLIOGRAPHIE
PROVISOIRE
Éditions
Maxime LEGRAND
(1854-1924) et Émile HUET (sous les pseudonymes de Jean BALLAST
& F. ERRAIL), «D’Étampes à Auneau en chemin de
fer» in Le Postillon de Seine-et-Oise [“journal libéral
et indépendant”] (septembre 1893).
Maxime LEGRAND et Émile HUET (sous les pseudonymes
de Jean BALLAST & F. ERRAIL) & Georges
ROUX [illustrateur], D’Étampes à Auneau en chemin de fer [in-12;
pièce; 1 gravure; texte daté du 16 septembre 1892 et s’adressant
aux lecteurs du Postillon], Dreux, J.-B. Achard, 1893.
François JOUSSET [éd.],
«Maxime Legrand et Émile Huet: D’Étampes à Auneau en chemin de fer (1892)»,
in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/che-19-18920916detampesaauneau.html,
2008.
Sur la ligne d’Étampes à Auneau
David RAYNAL
(1840-1903), Projet de loi ayant pour objet la déclaration d’utilité
publique et la concession définitive à la Compagnie du chemin
de fer de Paris à Orléans de la ligne de la limite de Seine-et-Oise,
vers Auneau, à Etampes..., présenté au nom de M. Jules
Grévy,... par M. Raynal,... 5 avril 1884 [in-4°; 4 p.], Paris,
A. Quantin [«Chambre des Députés, 3e législature,
session 1884» n°2771], 1884.
Hippolyte MOREL (sénateur de la Manche),
Rapport fait au nom de la Commission chargée d’examiner
le projet de loi ayant pour objet la déclaration d’utilité
publique et la concession définitive à la compagnie du chemin
de fer de Paris à Orléans de la ligne de la limite de Seine-et-Oise,
vers Auneau, à Etampes. 2 août 1884 [in-4°; 5 p.],
Paris, A. Quantin [«Chambre des Députés, 3e législature,
session 1884» n°3065; «Sénat. Session extraordinaire
1884» n°231], 1884.
David RAYNAL (1840-1903), Projet de loi,
adopté par la Chambre des députés, ayant pour objet
la déclaration d’utilité publique et la concession définitive
du à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans,
de la ligne de la limite de Seine-et-Oise, vers Auneau, à Etampes,
présenté, au nom de M. Jules Grévy,... par M. D. Raynal.
22 décembre 1884 [in-4°; 7 p.], Paris, P. Mouillot [«Sénat.
Session extraordinaire 1884» n°213], 1885.
Paul-Louis-Joseph CUVINOT,
Rapport... (Déclaration d’utilité publique et
concession définitive à la Compagnie du chemin de fer d’Orléans
à Paris, de la ligne de la limite de Seine-et-Oise vers Auneau à
Étampes), par M. Cuvinot,... 23 décembre 1884 [in-4°;
4 p.], Paris, P. Mouillot, 1885.
François
JOUSSET [éd.], «Maxime Legrand et
Émile Huet: D’Étampes à Auneau
en chemin de fer (1892)», in Corpus Étampois,
http://www.corpusetampois.com/che-19-18920916detampesaauneau.html,
2008.
Bernard GINESTE
[éd.], «Auguste Allien: Inauguration
de la ligne d’Étampes à Auneau (Abeille d’Étampes,
mai-juin 1892)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/che-19-18930605inaugurationlignedauneau.html, 2008.
AUTEURS A DÉTERMINER
(noms illisibles sur le scan d’un exemplaire en vente en octobre 2008), Ligne
d’Auneau à Etampes. Départements d’Eure-et-Loir et de Seine-et-Oise.
Rapport sur l’exécution des travaux et dépenses effectuées
[26 p.; illustrations; descriptif du vendeur: “plan
général et profil en long, historique, infrastructure, longueur
de la ligne, alignements et courbes, déclivités, acquisitions
des terrains, terrassements, ouvrages d’art, maisons de garde, livraison
à la Compagnie d’Orléans, dépenses totales, superstructure,
stations, etc.; plans détaillés avec cotes: type de bâtiment
des voyageurs avec halle aux marchandises accolée; gares d’Etampes,
Saint-Hilaire, Saint-Escobille, Sainville,La Chapelle-d’Aunainville, Auneau;
daté de Versailles, 14 mai 1893”], Versailles,
éditeur à préciser, 1893 [non conservé à
la BNF].
Sur le dessinateur
Georges Roux (?)
Le monogramme
que porte notre gravure en bas à droite est peut-être
celui du célèbre illustrateur Georges Roux.
Paul-Noël ARMAND (1921-1989) [dir.],
Paul Yvon ARMAND (né en 1944) [éd.] & Albert THINLOT
(né en 1914) [collaborateur], Dictionnaire de la cartophilie
francophone, réalisé par et sous la direction de Paul-Noël
Armand (….) achevé par Paul-Yvon Armand avec l’assistance de M. Albert
Thinlot [26 cm; 798 p.; relié; illustrations; bibliographie pp.
797-798], Herblay, P. Armand, 1990, p. 715 (rang du bas, 3e en partant de
la gauche).
Sur le graveur Victor Michel
Notre gravure
est signée V. Michel. Il s’agit sans doute du même
que le graveur d’un portrait gravé de Lévy-Dhurmer paru
dans le Figaro illustré de décembre 1904 et
signé Victor Michel, et c’est encore peut-être le même
qui est en 1925 président de la Chambre syndicale de la photogravure.
MUSÉE NATIONAL DE L’ÉDUCATION,
«V. Michel» [11 notices sur des illustrations due à
Victor Michel, essentiellement des couvertures de cahier, datées
de 1890 à 1905], in Mémosyne [site de l’INRP, Institut
National de la Recherche Pédagogique], http://www.inrp.fr/mnemo/web/rebond.php?interf=fr&tabLiee=aut&nom=Michel%20(V.)&sort=typeDown&nom_bouton=rech_simple&passage=,
en ligne en 2008.
Victor MICHEL (président de la Chambre
syndicale de la photogravure), «Préface», in Georges
DEGAAST (ingénieur-conseil pour les arts et industries graphiques,
professeur au Cercle de la Librairie et à la Maison du Livre),
Photogravure et Imprimerie. Avec nombreuses illustrations, schémas
et hors texte démonstratifs, mono et polychromes [in-8°;
40 p.], Paris, Bibliothèque universelle des arts et industries
graphiques, 1925.
ARCHIVES NATIONALES,
«Imprimerie Les fils de Victor Michel (203 AQ)» [“Dates extrêmes
des documents: 1893-1970”], in Archives Nationales [Site officiel],
http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt/fr/inventairesaq/203aq.html,
en ligne en 2008.
Toute critique, correction ou contribution sera
la bienvenue. Any criticism or contribution welcome.
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