CORPUS HISTORIQUE ÉTAMPOIS
 
Montrond, Jouanest et Vivaux
 Liste des sous-préfets d’Étampes de 1820 à 1926
Abeille d’Étampes, septembre-octobre 1926
   
La sous-préfecture d'Etampes vers 1908
La sous-préfecture d’Étampes vers 1908
 
    En 1926 est abolie la sous-préfecture d’Étampes, qui ne sera rétablie quen 1962, sur un territoire nettement amoindri. À cette occasion, un contributeur du journal l’Abeille, qui signe B. et que nous n’avons pas encore identifier, entreprend de reconstituer la liste de ceux qui ont occupé la fonction de sous-préfet d’Étampes depuis l’origine, c’est-à-dire depuis 1800.
     Dans un premier article il s’appuie sur une première liste établie dès 1837 par Maxime de Montrond dans ses Essais historiques sur la ville d’Étampes. La semaine suivante, il fait état des recherches complémentaires d’un secrétaire de la sous-préfecture mort récemment, Jouanest. Enfin, dans un troisième article, il comble une lacune que lui a signalée le descendant d’un sous-préfet oublié, Vivaux.
 
Montrond, Jouanest et Vivaux
 Liste des sous-préfets d’Étampes de 1800 à 1926
Abeille d’Étampes, septembre-octobre 1926

    
Les Sous -Préfets d’Étampes (1/3).

     A partir du 1er octobre prochain , la Sous-Préfecture d’Étampes entrera dans l’histoire. Celle qui la concerne tentera peut-être quelque écrivain; en attendant voici d’après Maxime de Mont-Rond, la liste des premiers sous-préfets d’Étampes:

An IX de la République.
Marie-J.-B. Hénin de Longuetoise.

An XIII.
Charles de Bouraine.
1815.
Jamet.
Id.
Charles de Bouraine.
Id.
La Boulinière (décédé en fonctions 1826).
1827.
Desroys du Roure.
1830.
Foye (Isidore), député en 1833 .
1832.
Pavée de Vandœuvre (maître des requêtes en  1833).
1834.
Édouard Bocher, auditeur au Conseil d’Etat, sous-préfet en  1837.

     Le dernier sous-préfet d’Étampes est M. Léon Moine, qui fut nommé le 6 novembre 1920, en remplacement de M. Viguié, actuellement sous-préfet de Corbeil.

     M. Léon Moine, aux termes du décret présidentiel, est rattaché temporairement à la Préfecture de Seine-et-Oise, à partir du 1er octobre; il fut celui qui le mieux, aux termes mêmes du rapport présenté par  le gouvernement au Président de la République a rempli sa mission d’administrateur régional:
     «Penché plus étroitement sur l’action communale, guide plus actif de ses initiatives, connaissant mieux chaque jour les facultés et les ressources du pays qu’il administre, pénétrant plus profondément surtout sa vie économique et les questions que posent les besoins et les moyens de son développement, le sous-préfet doit devenir une sorte d’animateur  au contact duquel les populations prendront mieux conscience des nécessités du progrès et de ses bienfaits.
     «Éducateur et conseiller, s’instruisant des richesses naturelles de sa région el de celles que l’effort de ses administrés peut faire naître, apportant sa contribution à cet inventaire nécessaire des ressources économiques qui n’a pas encore été dressé dans nos départements, ce qu’il faut cependant mettre à jour, stimulant ou prornouvant l’organisation des productions ou la création des industries jusqu’à présent négligées dans certains domaines de l’activité rurale, homme d’action en un mot et en réalisation, le sous-préfet peut être appelé à jouer un grand rôle dans le redressement du pays, et dans cet épanouissement des forces et des vies locales dont l’amplification est la plus haute garantie de la puissance nationale»
.

     Nous pouvons ajouter qu’il  n’en fut pas de plus sympathique; pour nous, pour ses amis, pour tous les habitants de l’arrondissement, M. Léon Moine, bien qu’il soit appelé à Versailles, restera le Sous-Préfet d’Étampes, et son bon souvenir restera attaché pour toujours à l’histoire de notre ville et de la région étampoise.
     Abeille d’Étampes 115/36 (18 septembre 1926), p. 2.
Les Sous-Préfets d’Étampes (2/3)

     Comme suite à notre article de la semaine dernière, nous donnons ci-dessous la nomenclature complète des sous-préfets de 1820 à nos jours qui ont été appelés à diriger l’arrondissement d’Étampes.

     Nous devons ce travail à notre regretté concitoyen M. Jouanest, employé de la Sous-Préfecture qui avec beaucoup de patience a reconstitué cette liste jusqu’à sa mort; quelques différences apparaissent jusqu’en 1834 avec les renseignements puisés dans l’ouvrage de Maxime de Mont-Rond; à titre documentaire nous ne changeons  rien comme désignation, date ou orthographe à la liste de M. Jouanest:
 
1820.
La Boulinière.
1828.
Desroy du Rouvre [Lisez: du Roure (B.G.)].
1830.
Fayet.
1832.
Boivin.
1836.
Rocher.
1839.
Blanc.
1849.
Paulin Laurens.
1849.
Massias.
1852.
Guillaume d’Auribeau.
1852.
 De Lassus.
1852.
De La Guerronnière.
1855.
Cheveigné.
1865.
Randouin.
1869.
Comte de Guernon-Ranville.
1873.
Tramont.
1874.
Saint-Quantin.
1876.
Vicomte du Couédic.
1879.
Paulin Laurens.
1881.
Granet.
1881
Dornois.
1885.
De Varenne.
1889.
Martin-Feuillée.
1893.
Georges Francière.
1898.
De Raïssac.
1899.
A. Bernard.
1901.
Ernest Merlin.
1903.
Lambert-Rochet.
1916.
René Jouannaud.
1911.
Pierre Darras.
1917.
A. Viguié.
1920.
Léon Moine.

     Dans les périodes 1849, 1852 et 1881 des changements rapides eurent lieu. Notre sympathique sous-préfet actuel M. Moine fut un de ceux que nous eûmes le plaisir de conserver le plus longtemps.

     Le comte de Guernon-Rainville en 1870, et M. Pierre Darras en 1914 eurent tous deux à subir le choc des deux invasions. Tous ces fonctionnaires ne sont devenus nos concitoyens que par leur nomination, sauf M. Paulin Laurens qui était installé dans notre ville depuis fort longtemps; M. Laurens fit deux périodes comme sous-préfet d’Étampes, la première très courte en 1849; la seconde trente ans plus tard en 1879. M. Laurens eut deux fils dont tous les Étampois ont gardé le meilleur souvenir, l’un fut avoué à Étampes, le second notaire à Angerville.

     Nous finissons avec M. Léon Moine de qui nous gardons le plus agréable souvenir du séjour dans notre ville comme magistrat, et comme homme du monde.

B.
     Abeille d’Étampes 115/37 (25 septembre 1926), p. 1.
Les Sous-Préfets d’Étampes (3/3)

     Notre article de la semaine dernière sur les sous-préfets d’Étampes, basé sur les renseignements qui nous avaient été fournis, contenait une lacune assez importante que nous nous empressons de réparer grâce à l’obligeance de M. Vivaux, propriétaire à Lardy dont le père M. François-Antoine-Alphonse Vivaux, né à Versailles le 6 septembre 1832 fut sous-préfet d’Étampes en 1870.

     Nous en avons une attestation dans le numéro de l’Abeille d’Étampes du 18 septembre 1870 à la veille de l’occupation allemande. C’est, en tête du journal, l’avis suivant:

     Sous-Préfecture d’Étampes.
     Dépêche télégraphique.
     Paris, 17 septembre 1870.
     Intérieur à préfets et sous-préfets.
Circulaire:
     Le mouvement des corps d’armée prussiens autour de Paris se dessine très nettement.
     Leurs têtes de colonne enveloppent tout le côté de l’Est de la capitale, depuis le chemin de fer du Nord qui est coupé à Pontoise, jusqu’au chemin de fer d’Orléans que l’ennemi a détruit à Juvisy.
     La garde nationale mobile, la garde nationale et l’armée se montrent pleines de confiance.
     La résolution de la population parisienne est admirable.
Pour copie conforme:
Le Sous-Préfet: F. Vivaux.


     Ce ne fut donc pas le comte de Guernon-Rainville nommé sous-préfet en 1869 qui soutint le choc de la guerre de 1870 comme la liste que nous avons publiée nous le faisait supposer, mais M. Vivaux qui nommé à sa suite le 31 janvier 1870 y resta jusqu’au 9 février 1871.

     L’autorité allemande s’étant emparée des pouvoirs publics à cette époque, M. Vivaux fut réintégré à nouveau le 20 avril 1871, poste qu’il conserva jusqu’au 15 février 1873 alors qu’il fut nommé sous-préfet de Bayonne.

     M. Tramont lui succéda

     M. Vivaux fut ensuite nommé préfet de la Lozère, de la Dordogne, de l’Ille-et-Vilaine et enfin de l’Hérault où il termina sa carrière. Il mourut à Paris le 25 décembre 1889.

     M. Desjardins, l’archiviste de Seine-et-Oise, a consacré à M. Vivaux les lignes suivantes que M. Léon Marquis a reproduites dans son volume: Étampes et ses monuments.
     «M. Vivaux, sous-préfet d’Étampes, resté en fonctions fit payer les employés et les rentiers sur les caisses des receveurs des contributions indirectes et des domaines.
     «Il continua à remplir les dangereuses fonctions d’intendant militaire et à délivrer des feuilles de route. Il s’appliqua à entretenir avec les maires des relations clandestines pour leur donner des conseils de fermeté, et à envoyer aux généraux de nos armées et au gouvernement tous les renseignements qu’il put recueillir sur le mouvement de troupes ennemies.
     «M. Vivaux alla en outre à Bordeaux toucher une somme de 100.000 francs qui fut répartie entre les créanciers de l’État»
.

     Nous devions donc cette rectification à notre ancien sous-préfet et compatriote M. Vivaux, qui à cette époque tragique partagea sa valeur de patriote et de magistrat  avec le maire M. Brunard dont on se rappelle l’énergie.

     Sur ce même volume des Rues d’Étampes, M. Vivaux a annoté de sa main et signé un passage au crayon, où avec effroi, il relate qu’en sa présence M. Brunard voyant braquer sur lui les canons des fusils de quatorze soldats allemands se fit un rempart du corps du chef qui les commandait. Cette attitude en imposa à l’ennemi qui consentit à imposer à la ville de meilleures conditions.
     Abeille d’Étampes 115/38 (2 octobre 1926), p. 1.
        
Annexe
Sur Jounest, secrétaire de la sous-préfecture d’Étampes



M. BARTHOU EN EURE-ET-LOIR
     Étampes, 28 juin.

     M. Barthou, qui se rend en Eure-et-Loir, a été reçu à son arrivée à Angerville (Seine-et-Oise) par MM. Amodru, député, Jouhannaud, sous-préfet d’Étampes, et par les autorités et la députation d’Eure-et-Loir.

     Il a remis les palmes académiques à MM. Desmolins, maire d’Angerville, Chantereau, pharmacien à 
Étrechy, Jouanest, secrétaire de la sous-préfecture d’Étampes, Hacault, ancien instituteur à Étampes; le mérite agricole à M. Langlois, cultivateur à Angerville, et des médailles du travail.
     La Presse 5865 (29 juin 1908), p. 1 = Le Rappel 13990 (30 juin 1908), p. 2 = Le XXe siècle 13990 (30 juin 1908), p. 2 (saisie de Bernard Gineste, 2016).
    
Source: les numéros de l’Abeille d’Étampes cités.

BIBLIOGRAPHIE PROVISOIRE
       
Édition

     Bernard GINESTE [éd.], «Montrond, Jouanest et Vivaux: Liste des sous-préfets d’Étampes de 1800 à 1926 (Abeille d’Étampes, septembre-octobre 1923, in Corpus Étampois, www.corpusetampois.com/che-20-1800sousprefets1926abeille.html, novembre 2016.

 
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